



Ces trois CD de David Sylvian viennent de ressortir en version "remasterisée", et je m'en délecte. Ce sont des disques que j'ai écouté des milliers de fois probablement. Ils constituent, pour moi, une sorte d'idéal pop, une branche du rock assez précieuse, et rare : sophistication extrême, lyrisme retenu, complexité et douceur, tonalité bizarre et calme. Parfaite trilogie. On pourrait la compléter avec Avalon de Roxy Music et Colour of Spring de Talk Talk.
Les âmes simples ont tendance à se gargariser d'une qualité qu'elles n'ont évidemment pas : la franchise. "Moi au moins je suis franc". A la moindre occasion, c'est le contraire qui se produit.
Ecouté l'album de AIR et y ai trouvé exactement ce à quoi je m'attendais. C'est une "harpe à une corde" (en gros : mélancolie et douceur distanciée). Dans un monde musical en pleine déroute d'inventivité, leur petit talent fait mouche. C'est la même histoire que Moby, qui sait aussi ce qu'est un accord et une modulation. Mais c'est inoffensif...
A trouver et lire, Le Guépard, de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.
Je déguste La Steppe, de Tchékhov, comme du petit lait. L'auteur a écrit des centaines de nouvelles, et des pièces de théâtre, mais jamais de roman. La Steppe, c'est presque un roman : il essaye de faire quelque chose de plus long qu'à l'habitude. Et c'est très réussi (avec quelque chose de Giono dans la gourmandise de la langue peignant la nature, quelque chose de Faulkner dans la miraculeuse sécheresse épisodique d'un trait (ou "la formule qui tue, en deux mots")). Bref, c'est épatant de talent...
Nous lisons pour savoir que nous ne sommes pas seuls
dit un personnage, dans Shadowlands.
Debra Winger, donc, s'est retiré du jeu, et a renoncé a sa carrière d'actrice. On trouve un bel article sur ce sujet ici : http://film.guardian.co.uk/interview/interviewpages/0,6737,767406,00.html. On y parle d'autres actrices : Holly Hunter, Susan Sarandon, Barbara Hershey, Meryl Streep et Jessica Lange. Une catégorie d'âge qu'Hollywood n'aime pas beaucoup...
Shirley McLaine à propos de Winger (j'adore cette phrase) :<< She marches to the beat of a different drummer than the rest of us >>
Quoi de plus sympathique que quelqu'un qui veut passer inaperçu ? A une époque où tout le monde veut rester et être aperçu, pourrait-on dire, celui qui veut passer inaperçu est digne de confiance, ou même d'intérêt. Quand on regarde de près cette expression, on voit deux éléments qui vont dans le même sens : "passer", c'est être en mouvement et disparaître, et... bon...
Je suis tombé sur un chef-d'oeuvre, dans le DVD d'Imagina, un drôle de court-métrage nommé Rascagnes. Les auteurs ont un très beau site web ici : http://www.rascagnes.com/.
L'histoire est simple : un petit bonhomme est harcelé par d'énormes chauve-souris poussiéreuses sur une sorte d'aéroplane en bois. Il se réfugie chez une petite communauté habitant au milieu des nuages. Entendant l'histoire du petit bonhomme, l'inquiétude grandit dans le groupe, qui finit par faire de la musique et des danses pour ne pas y penser. Alors...

Vous trouverez sur le site des versions DivX à télécharger. Pour moi, c'est une grande réussite (travail sur le son, les regards, l'étrangeté, les types de personnage). Ces gens-là iront loin... Je l'espère !
Sur un site de blogs, tombé sur des "ebooks gratuits". Si vous ne savez pas quoi lire sur votre Palm, c'est ici : http://www.ebooksgratuits.com/livres.php. Zou.
En ce moment, je n'arrête pas de lire cette petite parabole bien connue sur la grenouille dans la casserole : si on la met dans l'eau froide et qu'on fait chauffer ensuite, la grenouille se laisse mourir et cuire; si on la jette dans l'eau déjà chaude, elle saute et se sauve. J'ai bien l'impression que tout le monde opine du chef, "ah oui c'est pas bête". Il est judicieux de donner un coup de patte quand l'eau commence à chauffer. Boum, nous revoilà dans l'Eloge de la Fuite de Laborit.
Effarant, et comique. D'une naïveté suprême, la "désillusion" de celui qui est viré de son entreprise "après x ans de bons et loyaux services". Ah ah ah ! L'entreprise n'utilise ses employés que pour gagner le plus d'argent possible. Il n'y a aucune "loyauté" ni rien du tout, en être dupe est une ânerie. Celui qui est mis dehors ne doit pas se retourner une seule seconde. Terrrrible !
De la même façon, sont hilarants les clients d'une entreprise commerciale (dont l'UNIQUE raison d'être est de moissonner du fric) qui chipote sur ci ou ça, estime qu'il a des droits, se réjouit de ses "privilèges", se rengorge d'émotion devant les paillettes et la poudre aux yeux (avantages quelconques, cartes, "le client est roi"). Cette indignité, cette médiocrité...
L'être humain est un chef-d'oeuvre de la nature, pour cette raison suffisante que, plongé dans le déterminisme, il croit agir en tant que créature libre.
Lichtenberg : Aphorismes.
Chez la plupart des hommes, l'incroyance en une chose est fondée sur la croyance aveugle en une autre.
Lichtenberg : Aphorismes.
Trouvé cette terrifiante photo d'un cactus... "monstre", malformé, quoi. Quand la nature se met à faire ce genre de choses...

Acheté un paquet de bouquins : L'Histoire de l'Art de Gombrich, Le Guépard de Lampedusa (pour cet été, ça sera parfait), Au Fil des Jours Cruels d'Alexandre Adler (recueil de dizaines de chroniques pour Courrier International), le premier Le Petit Nicolas de Sempé, les Petits Contes de Printemps de Soseki. Miam !
Revu avec plaisir Runaway Train de Konchalovski, avec Jon Voigt, qui y est prodigieux en monstrueux personnage, quasi-inhumain. Le film est écrit par Kurosawa, possède une belle force de caractère, et finit divinement dans la neige. J'aime beaucoup le travail de Jon Voigt, visage d'ange capable de surprendre beaucoup (dans Délivrance, il est la figure de l'intelligent qui doit se mettre au boulot, dans Macadam Cowboy, il est prodigieux). Il fait maintenant de très suaves et dangereux méchants (Mission Impossible).
On entend dans ce film "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", citation de Nietzsche, probablement la plus utilisée au cinéma.
C'est la Saint-Valentin ! On les voit tous à peu près partout courir avec leur petit cadeau. Les petits moutons de Panurge, les bons moutons, ils sont bien dressés ! C'est la Saint-Valentin, achetez ! C'est la fête des mères, des pères, des trucs et des machins. Achetez, puisqu'on vous le dit...
Il y a toutes sortes d'ignorances crasses, mais la pire est celle des gros cadres bien cons, ceux qui travaillent tout le temps et gagnent plein plein d'argent. Voitures énormes et coûteuses, gadgets partout, et cons comme des balais.
Jünger dit quelque part (mais je ne retrouve pas la citation, c'est dans quel livre ?) qu'au Royaume de l'esprit, le Prince est en quête de petite monnaie.
Grâce à un email je retrouve l'hilarante page http://jesuisgothique.free.fr/index/.
----------Regardé le documentaire Palettes sur Matisse, avec... plaisir. Y ai trouvé cette silhouette avec amphore, tout en longueur verticale.
Dans un dépôt semblable à ceux d'Emmaus, j'ai trouvé une statuette de "Don Quichotte tenant un livre", objet qui n'a rien de rare, mais que je me suis procuré pour son élégance. Trouvé de même des livres sur la Russie (tous, quasiment, avant ou juste après la révolution), un ouvrage sur l'Invicible Armada et un luxueux volume des Mémoires Inutiles de Carlo Gozzi (autour duquel je tourne depuis des années).

Une idée de la grâce : Romy Schneider, ici avec Sami Frey dans César et Rosalie. Que serait-elle devenue dans notre XXIème siècle ?
Un de mes livres Russes s'intitule Ma Russie Habillée en U.R.S.S., il est écrit par une femme qui appartenait à la plus haute aristocratie moscovite, chassée de Russie par la Révolution (elle avait alors 11 ans). Devenue femme de diplomate, elle put revenir en 1957 pendant trois cents jours...
Ces femmes qui klaxonnent, énervées dans leur petite voiture. Une seconde d'attente et elles klaxonnent avec leur vilaine figure et leur cheveux courts, POUETTT.
Le monde est ce que nous sommes. Chacun de nous est donc capable de le transformer : c'est l'immence pouvoir qui est accordé à l'homme. Et c'est pourquoi il importe autant que nous travaillions à notre propre formation.
Ernst Jünger : Jardins et Routes
Une pensée qui nous échappe ressemble au poisson qui se détache de l'hameçon. Nous ne devrions pas le pourchasser; il continue à se nourrir dans les profondeurs pour nous revenir ensuite, plus lourd.
Ernst Jünger : Jardins et Routes
Reçu par la poste deux volumes de la correspondance de Tchékhov. Je me délecte du livre de Grenier. J'écoute la Missa Solemnis de Beethoven, par Klemperer, chez Emi.
Grenier pense aussi que Woody Allen est un héritier possible de Tchékhov, cite Faulkner ("Tchékhov, artiste de premier ordre"), affirme des choses qui se calent en face du Waldgänger de Jünger ("Tchékhov est un solitaire, mais à la manière russe, presque caricaturale, c'est à dire pratiquant la solitude (intérieure) au milieu d'une cohue..."), cite les Carnets de l'auteur ("Ma devise : je n'ai besoin de rien").
Entre Marc-Aurèle et les Stoïciens, Don Quichotte, Borges, Pascal Bruckner, l'ataraxie, le Zen et Tchékhov, Schopenhauer, Bernhard, Jünger, Gombrowicz ou Alberoni, je sens bien que dans quelques années, si tout va bien, j'aurai suffisamment "encadré" mon idée du non-romantisme pour en élaborer un plan. J'ai du boulot : il est vrai que l'époque est bien loin de l'éloge de la mesure.
Plus je me frotte à Tchékhov, sa vie ou ses textes, plus je ressens cette douleur insistante et bizarre, mélange entre "Diable, que j'aurais voulu le connaître !" et "C'est incroyable à quel point il peut avoir raison..." et "Comment ai-je pu passer à côté de lui jusque là ?". Stein avait raison, qui disait que son pouvoir était quasi divin. Et c'est comme si c'était un frère décédé depuis longtemps : on y pense avec tendresse et douleur...
Quand j'ouvre ma Pléiade de Borges, j'ai toujours l'impression d'ouvrir un coffre magique. C'est tout empli de prodiges. (re-)Lu ce soir "La Postulation de la Réalité" (dans Discussion), jeu passionnant sur la façon de décrire un événement dans la littérature.
Il cite cet exemple :
J'adore, je jubile, je danse ! C'est sans doute ici le noeud de ce qui m'intéresse le plus en Art, ce "détail laconique à longue portée", cette petite chose, par exemple, qui cloche, qui fait qu'on s'arrête avec un "ah ?". Borges cite à ce propos Wells et Defoe...
Dernières acquisitions :
Le calendrier de Jamie Wyeth. Le numéro spécial Tchékhov d'Europe. Un livre sur l'Invincible Armada. Deux DVD Zone 1, Mort à Venise et Blow Up. Le Magazine Littéraire sur Tchékhov. Miam ! J'ai trouvé les deux revues sur Tchékhov sur http://www.galaxidion.com.
Il est toujours amusant de séparer les humains en deux clans. C'est toujours très signifiant. Dans notre monde occidental, il y a ceux qui regardent les films en VOSTF, et ceux qui regardent en version française. C'est EXTREMEMENT signifiant. Et irréconciliable, évidemment. Pour ma part, j'ai décidé de refuser absolument de voir un film doublé.
Quand je trouverai le temps, je ferai une page web sur le "désenchantement positif".
- Avant d'être désenchanté, il faut être... enchanté :-) Qui est enchanté ? Les imbéciles heureux : romantiques, militants, assoiffés du "bonheur permanent"...
- Comment sont-ils enchantés ? Médias, les romans, l'eau de rose.
- Le désenchantement comme moteur du Spectacle : vogue des "chanteurs trentenaires" et des illusions perdues. Se mettre en représentation en "Je suis malheureux d'avoir perdu mes illusions".
- Stoïciens. Schopenhauer. Cioran.
- Déenchantement amoureux.
- Désenchantées tragiques. Héroïnes tchékhoviennes. Refuser de "plier".
- Suicidaires. Alcooliques du désenchantement.
- Nihilisme à la Scarface "Tout est pourri, faisons tout péter".
- Désenchantement positif : "la vie n'a pas de sens, et après ?". La désillusion comme passage nécessaire.
- Demander l'impossible et n'obtenir rien du tout.
- "Je suis tout seul et personne ne me comprend".
- Le vieillissement du corps comme "désenchantement concret".
En tapant sur Google je suis tombé sur le Journal d'une demoiselle qui lit Tchékhov : http://www.anniestrohem.com/archives/000126.html. Journal remarquable. Ecriture précise et joueuse à la fois..
Annie dit quelque part, dans ce Journal, que lorsqu'elle écrit elle s'interdit de lire Albert Cohen, sinon elle ne pourrait plus rien écrire. Que je comprends ça ! C'est le cas, toujours, avec les écrivains qui ont une vraie musique (Thomas Bernhard, William Faulkner, peut-être Marguerite Duras).
Extraordinaire nouvelle de Tchékhov à ce sujet. Longue et tragique, étonnante chez l'auteur : Récit d'un Inconnu. Cet inconnu s'introduit comme valet chez un homme dont il veut probablement assassiner le père. Valet, il assiste à ceci : une femme mariée vient s'installer chez son employeur, l'aime comme une folle, au point de l'importuner. La suite est peut-être ratée et trop tragique, mais quelques passages sont prodigieux.
J'écoute Martha Argerich. Il y a de la magie dans cette femme.
Que sont les talismans, les amulettes ?
N'attends pas le salut d'un principe étranger.
Friedrich Georg Jünger.
Le plus terrible "méchant" du cinéma selon moi : Daniel Day Lewis, le Boucher, dans Gangs of New York. Affreusement crédible, fascinant comme une araignée. Je suis embarrassé avec presque tous les films de Scorcese (Casino, Taxi Driver, Les Affranchis), un des leviers de son art étant... la violence. Je suis bien curieux de le voir évoluer, vieillir, même, pour le voir sortir de là ou complexifier encore son discours.
Je me souviens d'un des chocs précis qui ont fait que je me suis mis à haïr le Spectacle, les photographes et les journalistes, c'est cette photo de Romy Schneider, dans son imperméable, qui rentrait chez elle après avoir appris la mort de son petit garçon. Alors, donc, il se trouvait des mecs pour l'attendre et prendre son visage en photo, et il se trouvait des gens capables de les publier. Nous sommes là dans une zone extrêmement dangereuse, là où la grossièreté devient prodigieuse.
Le soir, fatigué, je lis des Peanuts (Snoopy, Charlie Brown, quoi) en anglais, que j'achète par lots entiers sur eBay. Et puis le Journal de Thoreau. Dans le Journal d'Annie Strohem, je vois qu'elle lit aussi Thoreau, et Plutarque (dans un gros volume très appétissant), tout comme moi. Interrogations récurrentes sur la solitude qui naît quand on lit Plutarque et Thoreau. A qui voulez-vous donc parler de ces deux bonhommes, de l'envie d'explorer le monde de Sparte, ou comment se distille la vie de Walden ? A personne, évidemment, et, sans doute, ça n'est pas très grave.
Réexaminer les mots ordinaires pour en raviver le pouvoir d'évocation.
Michel Granger, Préface à "Désobéir", de Henri D. Thoreau.
Le soleil d'une idée peut réchauffer une journée entière.
Georg C. Lichtenberg : Pensées.
Tombé sur un morceau de NERD (She Wants to Move) qui me fait sauter partout dans mon ventre. On dirait The Cure avec Underworld et le fantôme de Michael Jackson. Sautille, se casse, repart, crie, murmure, badaboume et rigole avec une gratte marrante, un rythme bondissant et des sons qui font les coquins partout dans la pièce. Me réconcilie avec la pop (la funk ?). Youpi !
Mettre le doigt là où ça fait mal, on le fait parfois de façon totalement inopinée. Une simple remarque atteint alors le coeur de la blessure, chez l'autre, pour qui la douleur est vive. Sa réaction crée alors une grande surprise. Si les deux protagonistes sont intelligents, alors ce malentendu peut les faire avancer tous les deux. En attendant (cette situation vient de m'arriver), je me sens comme Charlie Brown sur son banc. Mince :

Il me faudrait développer cette idée (pour ma page sur le désenchantement positif) qui m'avait beaucoup marqué dans le Journal de Sylvia Plath. L'idée est la suivante : un être humain "se sent artiste", et a, de toute évidence, une oeuvre à faire. Mais, pendant des années, à chaque fois qu'une occasion se présente de bien travailler, et bien... rien ne se passe. Le peintre n'a plus d'idées devant sa toile (alors qu'il en a des tonnes, quand il n'a pas le temps). Le compositeur envoie sa sonate au diable et se met à boire. L'écrivain cherche l'inspiration, a la migraine, va se promener, mais rien ne sort de lui. Cette situation crée une grande souffrance, l'artiste se torture les méninges, il s'en veut, et ça le ronge.
Plath, elle, s'est suicidée. On peut imaginer d'autres voies de sortie :
- Le déclic : le travail "sort" alors avec facilité. Tralala.
- Le renoncement, l'artiste se rend compte qu'il n'en est pas un, puisqu'il n'en a que la velléité.
- L'auto-torture ("J'y arriverai je dois faire quelque chose de ma vie").
Une des façon de s'en sortir, c'est d'avoir des "commandes", travailler pour les autres. Les dates butoir, les obligations, l'urgence. L'on travaille alors...
Le fait de se rendre compte que la vie est un échec et n'a pas de sens peut constituer une grande libération, un soulagement. Il y a beaucoup d'humour, si on sait le trouver, dans Bernhard, Cioran et Schopenhauer. Et lorsqu'on demande à Tchékhov ce qu'il voudrait faire passer, transmettre, il répond simplement : que la vie n'a pas de sens, et qu'il n'y a rien à comprendre.
Tiens, retrouvons, toujours et encore. En cas de problème :
J'ai ouï dire que Mme S. était infiniment heureuse... Oh ! La malheureuse !
Anton Tchékhov.
Pain Tulipes et Comédie, film Italien charmant avec Bruno Gans et une belle actrice.
Trouvé un truc, Kelis : Milkshake, bizarrerie fabuleuse. Le refrain me fait marrer, les voix de femmes s'emmêlent de façon savante, le tout étant construit autour d'un son de synthé qui serpente par à-coups. J'adore. En boucle.
Chorus:
My milkshake brings all the boys to the yard,
And they're like, "It's better than yours"
Damn right, it's better than yours,
I can teach you, but I have to charge (2x)
Je n'y peux rien, quand je plonge dans le hasard des découvertes, que je cherche des surprises dans les musiques "populaires", je m'emmerde, sauf dans le hip-hop ou ces funkeries comme NERD ou Kelis. Mes fouilles précédentes m'avaient amenées à Slim Shaddy ou Dan the Automator.
J'ai tant écouté de rock progressif, de Yes à Genesis ou King Crimson, aucun groupe des 25 dernières années ne m'a convaincu, sauf... Pain of Salvation. Ils ont un morceau, "Undertow", qui n'a rien de génial, constuit ainsi : une mélodie qui ressemble à un thème de film, qu'ils mettent en boucle en changeant continuement les arrangements, et qu'ils font gonfler comme un gâteau. Moi, j'aime les gâteaux, heu, je veux dire les crescendos. La version "hard" est lourdingue, mais fait son effet. La version acoustique, toute récente, est particulièrement... bien.
Je cherche une bande son possible pour ce matin glacé immobile du dimanche. La flûte shakuhachi me glace, me gêne comme un moustique. Enfin trouvé : Agon, ballet plus ou moins atonal de Stravinsky, Pièces pour Orchestre de Berg. Je me régale de ces folies grises et de ces danses cubistes. Suivra Bartok, probablement, moins zigzaguant, plus ample...
Nope, c'est Supertramp qui gagne, Crime of the Century, l'album avec les mains en prison dans l'espace, vous savez bien. Me re-vlà aussitôt dans les années 70. La musique comme madeleine de Proust, ça marche fort bien.
he says your soul you have no soul inside only grey matter because he doesnt know what it is to have one yes when I lit the lamp because he must have come 3 or 4 times with that tremendous big red brute of a thing he has I thought the vein or whatever the dickens they call it was going to burst
James Joyces : Ulysses
Il y a "monstrueux", "énorme", ou "gigantesque". Mais les Anglo-Saxons ont TREMENDOUS, un mot extraordinaire pour moi. Tremendous, c'est énorme, mais sans le côté patapouf, gros. Tremendous, c'est plein de nerf, c'est tendu comme une érection, et son pouvoir potentiel est formidable. Tremendous, quoi ! Ah !
Le livre qui m'a le plus fait jubiler : le Journal de Brian Eno. Le CD que j'ai probablement le plus écouté : Thursday Afternoon. La musique la plus calme du monde, soleil des dimanches matins, bulles, cycles, évolution des nuages...

A propos du Waldgänger (voir ma page à ce sujet) : l'homme occidental libre (enfin, c'est un aspect), c'est celui qui n'a pas de portable. On ne peut le trouver. Il est seul, c'est extraordinaire. Dans la forêt du "On ne peut me joindre". Si, c'est une forêt.
Bilan du mois : je brouillonne, j'écris sans faire d'efforts, tant pis. J'espère juste faire naître quelques idées ici ou là. Voyons, passons au mois de...