





Regardé avec beaucoup d'intérêt le DVD de Rosanna Arquette, Searching for Debra Winger. Elle y interroge tout un paquet d'actrices sur 1/ comment concilier vie d'artiste et vie familiale 2/ comment gérer l'arrivée de l'âge, et le fait qu'Hollywood dédaigne rapidement les actrices de 40 ans et plus. Tracy Ullman et Whoopy Goldberg y sont très drôles. Debra Winger et Sharon Stone sont impeccables. Très belle interview de Jane Fonda. Touchantes : Holly Hunter, Salma Hayek. C'est un sympathique documentaire... en Anglais sous-titré Anglais.

Acheté deux livres de femmes qui semblent se répondre l'un l'autre. Dans "Une Désolation" de Yasmina Reza, un homme accuse son fils d'être heureux et tiède : "Tu me bravais avec cette ridicule soif d'absolu qu'ont les gens de cet âge et je me disais, le petit est véhément à souhait, il sortira du lot. Mais tu n'es sorti de rien. (...) Ecarter la souffrance, tel est votre horizon. Ecarter la souffrance vous tient lieu d'épopée". N'ayant pas encore ce petit livre, je ne sais pas encore oû se situe l'auteur : à la place du père, ou à celle du fils ?
En parallèle, le "Laissez-Moi" de Marcelle Sauvageot. Une jeune femme malade répond à une lettre de rupture. La préface a déjà le don de m'agacer : "...concevait l'amour comme une lucidité partagée capable de faire naître par fusion le meilleur de chacun; capable même de les fondre l'un et l'autre en un nouvel être pleinement éclairé sur soi". Nous voici, pour sûr, en plein jargon jargonisant et cul-cul la praloche. Elle veut "tout voir, tout connaître" et ne fait (évidemment) aucune concession. J'ai envie de pouffer en constatant que l'amant a fait sans doute ce qu'il fallait faire avec une telle duduche exaltée par la "fusion amoureuse" : en trouver une autre. N'ayant pas encore lu le livre, mon opinion va peut-être changer...
Ce qui me fait penser à cette hilarante et très tchékhovienne scène-double de Comédie Erotique d'une Nuit d'Eté, de Woody Allen. Il y incarne un inventeur farfelu dont le mariage est en train de s'écrouler. A la campagne, il se promène avec une ancienne conquête (Mia Farrow) sur le point de se marier, et lui raconte qu'il n'avait pas osé l'embrasser, dans leur jeunesse, alors qu'ils faisaient la même promenade. Surprise, elle se trouble et lui dit qu'à l'époque elle n'attendait que ça ! Le pauvre Woody est désemparé : sa vie aurait peut-être été tout autre s'il avait osé. Plus loin dans le film, il refont cette sortie, la nuit, sous les étoiles, et ils ne peuvent s'empêcher de le faire, pour voir, et c'est un échec ridicule et plutôt embarrassant, la terre est dure, ils ont froid et les grenouilles cassent l'ambiance romantico-fusionnelle... Cette scène me fait beaucoup rire par son exactitude. Qui n'a pas connu cette fusion amoureuse interrompue par un gros gargouillement d'estomac ? Et la balade parfaite d'amour, l'été, toujours distraite par quelque moustique, ou trois scooters qui font la course, etc.
Un peu de tendresse, que diable ! Se "fondre l'un en l'autre", oh la laaaaa... Bon. Hum. Pardon. Je vais appeler cette page "éloge de ce qui est doux, mesuré et tiède". Hi hi ! Par quel livre je commence, le Sauvageot ou le Reza ?
Les Moments Parfaits ne viennent pas lorsqu'on les organise, ou lorsqu'on les traque.

Je buvais pour noyer mes peines, mais les vilaines apprirent à nager.
Frida Kahlo
Je voudrais qu'on me devinât.
Marcelle Sauvageot
Moi aussi je voudrais, mais personne ne me devinât :-)
Movies. Je regarde Cow Boy Bebop the Movie avec un ennui poli, malgré quelques bonnes idées. A Room with a View, parfait, désuet, charmant, et un Daniel Day Lewis étonnant en snob coincé. Memories, animation Japonaise à sketchs, d'une ampleur étonnante : bourré d'idées, et une utilisation fantastique de la musique (Madame Butterfly, dans la première histoire). Ah que c'est bon ! Me faire bientôt : M le Maudit/Dr Mabuse.
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... ça me distrait
infiniment, je me dis que je pourrais tomber amoureuse d'un type comme
ça - tout de suite les grands mots - j'ai cette fascination pure
et très adolescente des gens qui savent se disperser au quatre
coins du monde, s'éparpiller aux langues, aux couleurs, aux idées,
qui ne se formalisent de rien, je m'imagine toujours des types d'une assurance
folle, désinvoltes et sublimes, Corto Maltese, Rimbaud, Byron ou
Laurence d'Arabie ...
Ophélia, L'Immédiate.
Je me demande quelles sont les femmes qui correspondent à ce type "désinvoltes et sublimes".
Je regarde Mort à Venise, suis frappé par l'utilisation permanente du zoom chez Visconti, et trouve l'explication sur cette page. Il faudrait que je me mette à Malher, mais je ne vois pas quand :-). Trouver une biographie du compositeur et de sa femme, un livre sur le contexte de l'époque, puis ses symphonies. Et quelques DVD... Next year...
Commandé : Le Tour du Monde en 80 Jours, Maria's Lovers, La Comtesse aux Pieds Nus et Les Raisins de la Colère, en DVD Zone 1.
Grosse émotion musicale en écoutant des extraits de Dido and Aeneas de Purcell, dirigé par Emmanuelle Haïm. De la vie et du plaisir. A ranger de suite dans la Boîte à bonheurs...

Oui, je sais, faut regarder Kill Bill. Je vais m'y mettre, mais quand j'aurai les deux DVD. Pas question de marcher dans le jeu du "J'arrête le film au milieu histoire de bien vous faire criser pendant six mois".
Architecture : en cherchant des renseignements sur un architecte mexicain nommé Luis Barragan, je suis tombé sur la page d'un Prix prestigieux : le Pritzker Prize. De l'excellent travail, tout ça...
Music : I Ran, des A Flock of Seagull, englué dans les années 80. Dire qu'un jour toutes les musiques technoïdes seront engluées dans les années 2000... 6 Danses sur un Rythme Bulgare, au piano, par Bartok, réjouissant de complexité (ruptures et dangereuses dissonances). Je jette Coral, Caetano Veloso, un Cafe del Mar, un Califone, tout sec comme paille et bois, voilà pour les C. Tomorrow de Durutti Column, épatant tissage de guitares en échos, me réjouit infiniment, comme toujours. Senteurs de dimanches gris et cotonneux. Pauline, du même, duo guitare/violoncelle, triste et chantant comme du Brahms. Bon, les E : Shepherd Moons d'Enya me va très bien parce que "trop" à tous les niveaux : trop doux, trop cul-cul, trop de reverb, trop tonal, trop simple, trop monochrome. Je m'égare, avec I Fall in Love too Easily de Miles Davis, pô mal. Godard samplé dans Ne Change Rien de Jeanne Balibar ("Ne change rien pour que tout soit différent", me fait penser au "Plus de la même chose" thérapeutique de Palo Alto). Il faudrait du Brian Eno là-dedans... Je me remets Kelis pour voir si ça tient la route (marrant comment et pourquoi c'est plus inventif que la branlette nunuche de Balibar/Burger). Barré. Lark's Tongue in Aspic de King Crimson, progression serpentine, jazz des morts, danse entre cafards, rictus et folie organisée. Mais où est donc le rock actuel ? Un mouvement de quatuor de Chostakovitch par le Kronos Quartet (Allegretto du 8), pas si loin du précédent. Dissonances et danses, dans un aspect serré. Plaisir très fort pour moi. Un Westwind de Kurt Weil par Ute Lemper, tourbillon. Mmm Donuts des Lunachicks, que j'adore pour son énergie brutale, sa concision et ses paroles très complexes ("Mmm Donuts", c'est tout). Ah ah ! Spock's Beard, c'est bien, et ils sont doués, mais pourquoi imiter autant Genesis/ELP ?
Zappeur. Traqueur.
Zappé des DVD : Elephant, sans opinion. Les Côtelettes de Blier, où Noiret et Bouquet déclament du Blier. Tourne en rond dans le Blier. Dancer in the Dark, ridicule et plein de détails répugnants (caméra qui bouge "pour bouger", misérabilisme terrible). Le tout, petit cinéma à astuces et "coups de coude", qui semble dire "regardez comme je raconte mon histoire de façon intéressante".
Pour virer toute cette merde, Citizen Kane. En dépassant le statut du "classique" et l'observation de la mise en scène, je suis toujours touché par l'innocence de la fin, l'enfance expliquant probablement les échecs successifs de ce gros bonhomme Kane. L'image de la luge à la fin est très belle, très touchante...
Acheté trois gros bouquins sur l'architecture du XXème siècle. Je commence à paqueter ce que je lirai en vacances : Le Guépard, Mort à Venise de Mann, Les Lois de l'Attraction d'Easton Ellis, et La Vie Quotidienne au temps de la Ruée vers l'Or. C'est débile, hein, mais ça me fait plaisir !
Il faudrait que je fasse la liste des proverbes et expressions françaises qui disent qu'il vaut mieux être raisonnable. "Lâcher la proie pour l'ombre" est un avertissement, une autre façon de dire "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras". Les deux expressions parlent du désenchantement et de l'imagination. On imagine ce que sera "l'ombre", probablement meilleure et plus grosse que la "proie". Et le "tu l'auras" imaginé risque de n'être qu'imaginé.
"Tuer la poule aux oeufs d'or" ne dit pas autre chose. La poule morte, éventrée, ressemble à une autre poule et n'a pas de trésor. Tuer cette poule, c'est vouloir plus que ce qu'on a (un oeuf d'or par jour).
