





J'ai imaginé un classement ou une invention des cauchemars à double paramètre. Par exemple "chaud + sucré", un beau cauchemar (manger une pomme au soleil, les mains collent, les guêpes tournent, il fait trop chaud). Lister les termes du désagréable et les combiner par deux.
Obscurité, salé, amer, intensité, pression, tourner, bruit, foule, froid, collant...
DVD : In America, petit bijou. Très touchant.
J'écoute Hergest Ridge, Part I dans le calme après-midi ensoleillé, me faisant la réflexion que vraiment, plus personne ne fait ce genre de musique. Des plages de 20 minutes qui ne sont pas du jazz (c'est écrit à mort), lyrique, planant et étrange, sans être basées sur une rythmique, et dans des tonalités complexes et modulantes, avec une guitare électrique ondoyante, des trompettes, des choeurs et une voix de femme pétrifiée, et un hautbois (à 9 minutes du début). L'automne et de grands espaces ouverts inquiétants, douloureux. En fait, c'est une branche que j'ai adoré, le rock complexe du Lizard de Crimson au Rock Bottom de Wyatt, du Hergest Ridge d'Oldfield au Wind and Wuthering de Genesis. Tiens, c'est très Anglais tout ça...
Exercice : trouvez et écoutez la partie II d'Hergest Ridge. Ecoutez le début et calquez cette mélodie-infiniment-modulante sur chacune des trois pochettes ci-dessus. Ah !




Belle page musique d'un passionné : http://www.atoma.org/fred/cdtek-1970.htm.
Belle page de photos en Japonais : http://www2.gol.com/users/fruupp/texts_03/030611.html.
Ecoutez : King Crimson : Dangerous Curves. Crescendo frappant monstre. Totalement jouissif à mon goût ! Le genre de morceau, vous savez bien, qui fait qu'on se surprend à faire les "gestes d'un batteur". Ha ha ! Détendez-vous avec Yello : Ciel Ouvert.
Lire : La Sorcière, de Michelet.
Incompréhension totale quand je vois un groupe moyen sur scène. Comment oser monter sur scène et faire du rock moyen, du sous Mano Negra ou du rock "engagé" débile ? La France par ci, la guerre c'est vilain, les humains sont comme ci. Comment oser monter sur scène pour faire un "solo de guitare" ? Mon incompréhension est totale. N'importe quel groupe de province monte sur scène et je ressens la même chose que si je voyais Annie Cordy jouer du kazou.

Piano Lessons de Porcupine Tree, sorte de Tears for Fears du rock progressif. Bien emballé. Even Less (toujours Porcupine Tree), une sorte de Pink Floyd plus éveillé. Ils sont doués, hein, mais bon...
J'écoute des chansons Russes. Je lis les Mémoires de Vidocq, mélange étourdissant entre aventures rigolardes et observations humaines d'une grande acuité. Rigolo, et parfois tragique, et très fort (portrait d'un fou, au bagne).
DVD : Pollock, pour moi un bijou parfait. La fin des Incorruptibles, pour la scène du landeau.
J'écoute la musique du jeu ICO, Greenland de Richard Pinhas.
Great Artists of the Century, 25 Launch Releases, double CD EMI gratuit (demandez à votre disquaire !), dans lequel j'ai trouvé moult trésors, dont un Callas/Puccini hanté, des chorales magiques de Britten ou une Mephisto Waltz de Liszt par Cziffra. Se mettre à l'Opéra, oui, mais par quel bout commencer ?
Memorial sur le Web, du 11/09 (photos) : http://www.cnn.com/SPECIALS/2001/memorial/. Constatation première : les origines multiples de tous ces gens. Japonais, Autrichiens, Hindous. Symbole des USA, oui, mais surtout milliers de visages de femmes, d'hommes, et d'enfants (dans les avions...).

Il y a sans doute un bouquin par mois qui sort avec un titre combinant 1/ un terme élogieux (du style "éloge", "puissance" ou "merveilleux") et 2/ un défaut ou un terme négatif. Voici "Puissance de la mélancolie", un "Merveilleux Malheur" ou "Eloge de la paresse". Usant. Je n'ai que bien peu de respect pour cette "créativité" littéraire oxymoresque de petit malin. Développer le "syndrome du petit malin".

Je dévore avec passion et gourmandise l'autobiographie de Jim Harrison, en parallèle avec les Mémoires de Vidocq, le mélange est détonnant.
Réflexions sur la Synchronicité
Joli titre non ? Qui sonne bien prétentieux et tout... Il faudrait toutefois que j'en fasse une page/Mais je n'en ai point le courage. Tralala. Voyons... mes souvenirs sont vagues. Il me semble que c'est à peu près ça :
- La synchronicité est inventée et étudiée par C. J. Jung. Il s'agit de deux événements non reliés à priori (sans lien de causalité, dit Jung) dont la conjonction prend un SENS pour un observateur donné. En somme : une coïncidence.
- Jung dit, et je trouve ça très remarquable et respectable, que de chercher à connaître la source de ces coïncidences, leur raison, est frivole, et non pertinente. En fait ça ne l'intéresse pas. Ce qui l'intéresse, c'est non pas la coïncidence elle-même, mais le choc qu'elle crée chez l'individu qui la constate.
- Vous recevez ainsi de curieux signes. On a parfois l'impression que quelqu'un d'invisible vous aide. De savoir pourquoi n'est pas important.
- Il existe un risque de ne plus voir QUE des signes, de sentir partout du sens. C'est peut-être une maladie. Il y a un roman à faire sur ce sujet là.
- Si, lorsque vous vous engagez dans une nouvelle activité dans la vie, les coïncidences commencent à pleuvoir, c'est peut-être le signe (hi hi !) que c'est la bonne voie. Cela arrive très souvent lorsqu'on est amoureux.
- A l'inverse, lorsqu'on est fatigué ou dans une mauvaise passe, plus rien n'arrive. Mais non, c'est pas grave.

Je préfère Scarlett Johansson à Catherine Zeta-Jones. C'est un état d'esprit non ? Je préfère la lumière du Nord aux cigales du sud. Je préfère Janet Baker à Björk (facile hein ?), je préfère Jim Harrison à Anna Gavalda. Et l'automne à l'été...
Il existe des centaines de bouquins sur l'enfer du travail en entreprise, les collègues idiots, les chefs cruels et les patrons stupides. Il faudrait en lister une simple typologie, un catalogue simplifié. Types de gens, de comportements; erreurs types (ex : ne pas voir les "effets pervers" d'une décision). Je vais réviser mes Dilbert.
L'application quotidienne du principe d'observation par grilles de lecture, c'est voir les choses en terme de. Cela peut être en rapport avec le métier, mais pas forcément. Le photographe voit tout en terme de "ça ferait une bonne photo", de cadre et de lumière. Le scénariste voit des histoires partout, etc.
J'avais un ami ingénieur qui passait des heures à jouer à Tetris avant de passer un entretien d'embauche. Ainsi, il voyait les questions qu'on lui posait comme des objets tetris à manipuler pour emboîtement. J'ai discuté avec un "agent de sécurité" dont le discours était "Rhalala, pas moyen de sortir tranquillement le samedi soir, sans qu'on soit obligé de se bagarrer" - avec, évidemment, cette lueur dans le regard qui semblait dire "et tant mieux, de toute façon c'est toujours moi qui gagne". En somme : voir les choses en terme de combat-avec-l'autre.
Oui bon.
Once bitten twice shy, disent les anglophones. On dit "Chat échaudé", par chez nous, mais c'est pas pareil.
J'écoute Steve Tibbets avec circonspection. Tous ces disques ECM qu'on écoute à 25 ans, et dont le goût a disparu.
J'ai enfin trouvé à quelle jubilation me faisait penser le Dangerous Curves de Crimson. A UBIK, de Richard Pinhas (sur l'album DWW, à mon avis il faut vous lever tôt pour le trouver). Pur plaisir modulatoire, ce que je préfère, avec des arrangements électroniques et des saturations.
Ce qui a peu d'importance : le plaisir, c'est la Stratégie de l'Escalier, chez les p'tites notes, comme dans le générique d'Amicalement Vôtre (ce vacillement), la valse dorée du Golden Brown des Stranglers, le White Eagle de Tangerine Dream ou We Have all the Time in the World de My Bloody Valentine.
Moduler, c'est quand on change de tonalité. Un peu comme si on passait d'un morceau à l'autre dans un même morceau.
Le sourire de Jessica Lange.
Il pleut, le vent tord les arbres qui luisent dans le soir. Les nuages font la course sur des kilomètres de ciel gris. C'est l'automne qui se prépare, et je ne peux m'empêcher d'être soulagé. Bizarre hein ? Je me sens chez moi, "enfin revenu". Je parierai que c'est lié à l'enfance, mais je ne saisis pas bien pourquoi et comment.
Le CD est en train de mourir tranquillement. Les majors disent que c'est la faute aux MP3. Les gens sensés savent que c'est la musique qui perd de son importance, au profit des jeux vidéos, des SMS et d'Internet, des DVD. Moi j'ai une théorie, mais personne ne me croit, tant pis. Le CD est mort, parce que les magasins les ont fait écouter.
Au début du CD, le CD était un "objet précieux", qu'on ne déballait qu'avec précaution. Presque un objet magique (en fait, C'EST un objet magique : comment voulez-vous mettre 80 minutes de musique sur une galette trouée de 12 cm de diamètre ??). Jamais un magasin n'aurait pensé à le faire écouter. Et puis, la musique était encore assez rare. La "Pub TV" pour les disques n'est apparue qu'en 1988. Bon. Les magasins installent des platines. "On peut l'écouter ?". A priori, c'est une bonne idée. Mais en fait, c'est un bouquet de désastres. Les fameux effets pervers...
- Le CD n'est plus un objet précieux. Il se déballe à la chaîne, s'essaie avec désinvolture. Pof.
- Le fait d'écouter un CD en magasin (5 minutes maximum par personne) a une conséquence très simple : ne se vendent alors que les CD qui vous séduisent immédiatement. Sans la possibilité d'écouter, on se renseigne, on pèse, on lit les critiques, on discute avec les vendeurs. Un CD acheté s'explore, repose, on l'apprend. Si on peut l'écouter... on prend que ce qui nous plaît tout de suite.
- Conséquences désastreuses. Si l'on admet (tous les mélomanes semblent le confirmer) que les albums importants finissent par vous envoûter... après de multiples écoutes, et bien le "on peut l'écouter" fait s'écrouler instantanément ce jeu du apprivoise-moi. Pas grave...
- Les CD sont écoutés, donc, mais surtout pas achetés (en fait : 1 sur 10 environ). Aucun album sérieux ne peut vous contenter en 5 minutes. Les magasins se remplissent rapidement de CD déjà écoutés. Deux conséquences logiques, simples :
- Les clients qui sont malins repèrent les CD (nombreux) qui ont déjà été écoutés, et prennent les autres.
- Les autres prennent les CD "déjà écoutés" et se retrouvent chez eux avec un objet précieux... plein de traces de doigts (CD + pochette). Ceux-là se méfieront, achèteront probablement moins de CD.
- Du coup, les rayons se remplissent de CD "déjà écoutés" dont plus personne ne veut (un CD de cette sorte se repère facilement : il est rescellé au lieu d'être emballé, les étiquettes sont abîmées ou absentes (ex : les prix des CD classiques "Diapason d'Or")).
- Ainsi, des milliers de CD "dégradés" hantent les linéaires. Référence par référence, les ventes s'arrêtent. Un acheteur qui se retrouve avec un seul exemplaire d'un album manifestement écouté à mort... s'en va.
- Voilà les "x pour cents" qui dégringolent. Trois raisons, en résumé :
- Destruction de la magie (CD rare, dont on médite l'achat), "on peut tout ouvrir et écouter, pas grave".
- Annihilation de la vente des bons albums ("je n'achète que ce qui me séduit tout de suite" - c'est à dire, globalement, la merde).
- Profonde dégradation de l'offre (CD écoutés à mort - ventes stoppées).
Donc, le CD est un truc commun, qui se copie, s'écoute et se déballe comme on veut. La musique est partout, on en fait la "pub". Mort. Personne ne me croit. M'en fous.
Non, d'accord, le CD est mort à cause du MP3 (oui mais la BO des Choristes fait un carton : où sont les pirates ?). Bon, alors, le CD est mort parce qu'il est trop cher. Tout simplement : la musique est de moins en moins importante dans la vie des gens...
Page perso fabuleuse et colorée : www.tubulamarok.fr.st. Quel boulot ! Grands respects...
Quelques Dilbert.
Un des aspects du Wrong Way Up qui me travaille le plus, c'est le retour aux sources (à la con). On veut quitter la ville mais la campagne s'avère un enfer. On quitte son travail mais ailleurs c'est encore pire. Ainsi... En Rade de Huysmans, Delivrance de Boorman, Oreiller d'Herbes de Soseki. Pour ma part, j'ai une haine quasi viscérale pour les vieux-appartements-charmants. Tout y est pourri, le plancher brinqueballe, les fenêtres sont tordues, c'est impossible à chauffer, tout fuit, tombe, grince, les tuyaux sont en plomb, et rien ne marche. Et... Rhaaa !
Me suis refait, donc, les trois Star Wars, comment l'éviter ? J'avais 10 ans quand je bondissais sur mon siège, en 1976. Luke devait envoyer ses torpilles à temps... Bon.
Trouvé cette belle photo d'un spectacle, dans le Monde de cette semaine.

Fini le En Marge de Jim Harrison, très bien, truculent, passionnant. Adorable bonhomme, inquiétant par ses excès, touchant par sa fragilité, percutant par son sens de la formule, son intelligence... remarquable. Souvent drôle. Un des rares livres que je n'ai pas du tout annoté : envie de tout souligner ou presque :-)
Star Wars de mon enfance. Couturés d'erreurs lamentables et de gags affreux. En plus, Lucas a refait la moitié des trucs. Yoda est une marionnette, puis de la 3D. Les vaisseaux sont parfaits, mais les explosions sont sur des petites maquettes. C'est que je m'en fous, de Star Wars, en fait. Vieillir est un étrange phénomène.
Mot qui devient bizarre si on l'examine attentivement : Danube.
Humain à ne pas observer : l'amoureux/l'amoureuse.
Trouvé un livre de Chabrol (1976) qui va bien me plaire, et des entretiens de metteurs en scène avec Michel Ciment (dont Wilder, ou Huston).
Image d'Animatrix :

Je régresse totalement. Suis en train d'écouter Oxygène, de Jarre.
Après un hiver avec la littérature féminine Américaine, un hiver avec les Russes, je vais commencer celui-ci avec... Rimbaud. J'ai... les poèmes, bien sûr, la revue Europe spécial Rimbaud, une biographie, et voilà !
Soleil d'automne. Je fais des traductions en écoutant Janet Baker, puis Diana Krall. Tout est calme.
Me suis payé une imprimante Pixma 4000 de Canon. Stupéfiant, le progrès des fabriquants ! Très silencieuse, rapide comme j'ai jamais vu, des photos parfaites. Je suis baba.
Je réfléchis et me demande si je continuerai ce journal l'année prochaine. En changer de "tonalité", sans doute. Se rapprocher de Koan Jet ? Parler de mes proches me paraît inapproprié. Et je ne me vois pas bloguer sur l'actualité. Arrêter, maybe. Je suis déjà un gros radoteur...
