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Fait-sécher-les-choses
C'était son métier de sécher le poisson
Certains jours vous pouviez la voir
Ou bien ils y allaient d'eux-mêmes voler dans l'eau
Elle les attrapait et les tenait
Elle séchait aussi sa peau mouillée Toutes les trois séchaient au soleil. En partie son nom vient de là.
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DVD : 21 Grammes, certainement prodigieux, mais trop intense pour moi, trop dramatique. Je marche à fond dans le truc, et c'est insupportable.
J'écoute avec délectation des extrait du Orfeo, de Gluck, par Janet Baker. Et Arianne à Naxos. Trouver la version Von Otter.
Belles promenades et bonne journée douce. L'automne est tout doux et prend son temps. Le soleil joue dans les arbres. Je vois des hommes qui courent ensemble. Courir entre hommes le dimanche, voilà qui m'interloque. Je me marre. Les gens sont probablement tous fous (sauf moi, évidemment :-).
Je déambule, je regarde deux ou trois feuilles qui tombent, et le ciel :

Le son de guitare de Richard Pinhas. J'écoute : Dedicated to KC (le KC étant évidemment King Crimson). Monstrueuse chose à plusieurs étages. Moteurs principaux : mélodies en escaliers et modulantes, alternances diaboliques entre passages sur-rapides et d'autres plus lents, et pour soutenir le tout, une sorte d'énergie mécanico-grouillante. Je regrette fortement que le monde techno méconnaisse cette science-là.
Trois claques made in Pinhas : Iceland / L'Ethique / East & West.
Une photo de Days of Heaven (Les Moissons du Ciel) de Terence Malick :

Zoo. Ecriteaux à l'entrée d'une salle: ne pas frapper sur les vitres. A l'intérieur, une dame pleine de stupeur frappe, toc toc, puis refrappe sur la vitre des petits singes. Plus loin, un enfant de 2-3 ans donne de grands coups. Etc.
Les zoos rendent toujours tristes les gens attentifs. La chouette voudrait dormir mais les gosses rigolent. La famille singe se resserre, ils semblent malheureux et perdus. Un pélican (dont on a coupé une aile, pour l'empêcher de partir) me regarde passer. Il écoute comme tout le monde les cris infernaux du Singe Hurleur. Les quelques dizaines d'humains qui écoutent cela sont pétrifiés. Le grand singe noir se tient aux cordes. Il remplit une poche d'air sous sa tête en produisant un son doux, flûté, presque aéré par un souffle, puis pousse de grands cris qui ressemblent à un rire de grand diable fou. Impression d'être en danger. Surpris.


Allez chez http://soundspectrum.com/, trouvez G-Force, installez-le (Mac ou PC), puis lancez le en plein écran. Ecoutez-la musique qui vous chante, vous aurez toujours l'impression que le logiciel sait ce qu'il écoute. Pour ma part, je viens d'envoyer 10$ à l'auteur...

DVD RKO : La Splendeur des Amberson (Orson Welles). La Maison dans l'Ombre. Beaucoup de plaisir...

Il faut bien, de temps en temps, faire ses courses ! Je me suis rendu dans un "grand centre commercial", voilà, comme il convient. J'y vais tous hublots fermés, je fais le plus vite possible, et reste assez hermétique à l'avalanche de vulgarité propre à ces endroits infernaux. A l'entrée, dans une petite casemate, l'hôtesse d'accueil arborait une ridicule perruque rose fluo, probablement en rapport avec une animation locale ou un concours. Ce visage désolé dans sa petite casemate est le seul élément qui me soit resté. Si c'est un signe presque trop simple de la crasse ambiante, c'est un levier pour un raisonnement sur le monde du travail...
Il est à peu près certain que les gens qui ont remarqué la petite demoiselle ont eu deux types de réaction. 1/ "Pauvre fille, devoir s'affubler de ce truc !". 2/ "Ce magasin, c'est vraiment n'importe quoi". Une telle idée à la con ne peut venir que de "la direction".
Le problème avec les cadres, c'est que ce sont en général de parfaits abrutis. Je ne vais pas expliquer ici le Principe de Peter. L'incompétence est générale, les ordres stupides, et la méconnaissance de ce que font réellement leurs subordonnés est complète. Plus vous montez dans la hiérarchie, et plus c'est vrai. Donc, ici, le directeur et son assistante préposée à la communication inventent une animation quelconque, mettent tout en rose, et mettent une perruque sur la tête de l'hôtesse d'accueil, probablement une étudiante en sciences humaines qui se fait un peu d'argent de poche (et en profite pour étudier à quel point l'humanité va à sa perte).
Le grand souci de l'employé consciencieux, c'est de naviguer dans l'existence (au travail) en tenant compte du bombardement quotidien, permanent, d'âneries proférées par les cadres, des ordres et instructions formidablement stupides, des fausses bonnes idées bourrées d'effets pervers et de la méconnaissance éperdue de ce qu'il faudrait faire en fait. On peut s'amuser à créer la typologie de ces employés, profs, infirmières ou ouvriers, en fonction de la façon dont ils réagissent aux ordres stupides.
On peut obéir aux ordres stupides avec zèle, en connaissance de cause, c'est à dire dans le but de saboter l'entreprise. On peut se mettre en colère (et donc se faire catégoriser comme "mauvais élément"). On peut avancer masquer, en corrigeant en douce les nombreux problèmes générés par les ordres stupides. On peut obéir en faisant le zombie ("moi je ne réfléchis plus"). On peut obéir en bloc, puis désobéir en rabotant, en érodant les indications stupides. On peut ne pas du tout en tenir compte, en faisant semblant de.





Habiter au coeur de la ville, écouter, la nuit, du Steve Roach, diffuser le G-Force sur un écran mural, voilà mon idée du futur :-)
A part évidemment les longues conversations amoureuses les nuits d'été, un grand plaisir fut pour moi de composer des musiques avec synthés, samplers et ordinateur, la nuit, au casque. Organiser les pistes, écouter la musique monter (je fais souvent des crescendos), voir les petites lumières des différentes machines clignoter...
Ichtya, c'est le nom d'une petite araignée, un "bébé". Après un orage, tout est calme, les dernières gouttes tombent dans la forêt. Sous une petite feuille, Ichtya, encore un peu apeurée, observe. Ses pattes, lentement, se déploient.
Cela fonctionne-t-il ? jeanpascal@wanadoo.fr .
Suis tombé par hasard sur un morceau de Tears for Fears (Laid so Low) qui m'avait épaté à l'époque par ses drôles d'harmonies. Après une intro bateau, le couplet commence en planant puis mute - c'est facile : la basse semble se séparer des accords du fond, créant une drôle de dissonnance, plutôt inattendue dans un morceau de cet acabit.
Gros pirate pas normal, j'ai des CD-ROMs remplis de vrac bizarre. Ici 1/ La scène du pont et du train de Dancer In the Dark, seul moment un peu magique de ce film raté 2/ Un morceau de Guem aux percussions 3/ Un épisode fulgurant de Wolf's Rain (un loup impressionnant, l'attaque d'un train dans une tempête de neige) 4/ La dernière partie de Memories (celle aux canons) 5/ La fin de Zatoichi, gros crescendo de claquettes 6/ Une heure de mp3 de rossignols.
Bande annonce de Alexander the Great d'Oliver Stone, qui a l'air d'avoir réussi à injecter sa sur-énergie, ses tensions. Cf l'Enfer du Dimanche. Je rôde autour du Angels in America, environ 5 heures avec Al Pacino, Meryl Streep et Emma Thompson. Par le metteur en scène du Lauréat...
J'écoute The Way we Were de Barbra Streisand (j'adore c'te bonne femme - et le film dont c'est tiré, avec Redford (Nos Plus Belles Années)). Nature Boy de David Bowie. Vu d'Ici d'Emilie Simon (joli quotient de bizarrerie).
Amusant à explorer, les listes de http://www.filmsite.org/, les 100 meilleurs films, les meilleures séquences, etc...

Petite conversation sur les musiques "à quelque chose" (rêver, penser, danser, pleurer, créer un décor, etc). Constatation : il me semble que la musique "à écouter" (c'est à dire, attentivement, assis dans un fauteuil, sans rien faire d'autre que plonger dedans) est probablement en diminution par rapport à il y a 10 ou 20 ans. Voyons...
Pour moi :
- Musiques à faire naître des images. Ecoutées au casque. Je n'en écoute presque plus. C'était : Klaus Schulze (Dune), Mike Oldfield (Hergest Ridge), Richard Pinhas (Iceland), Robert Wyatt (Rock Bottom), King Crimson (Lark's Tongues in Aspic), puis tout Eno, Hassel, Budd, Vangelis (Soil, ou Heaven and Hell).
- Musiques décors. Harold Budd pour l'automne hiver, Eno tout le temps (Thursday Afternoon !), Jon Hassel pour l'été, les fresques de Sibelius, la musique de chambre de Brahms, Ravel, Debussy, Poulenc... Tout le piano de Bach. Les répétitifs (Glass, Reich).
- Musiques à écouter. Le classique (tout ou presque de : Bartok, Prokofiev, Brahms, Stravinsky, Ravel, Debussy) parfois une oeuvre seulement d'un compositeur (la 9 de Brückner, le Concerto 3 pour piano de Rachmaninoff, le Christus de Liszt, les pièces pour orchestre de Webern, le concerto pour violon de Berg, les derniers lieder de Strauss par Schwartzkopf, les deux symphonies de Dutilleux). Le rock progressif (Yes !). En fait, ce sont les musiques les plus.... "complexes".
- Musiques pour un travail intellectuel (études, écrire un article) : Thursday Afternoon, d'Eno, qui apporte une sorte de clarté et de calme-des-cloîtres (ou des dimanches matins). Music for 18 Musicians de Steve Reich, qui apporte une longue énergie électrique.
- Musiques "tubes", quelque chose d'assez irrationnel. Morceaux variés qui vous font jouir par leur perfection mystérieuse (et parfois totalement cul-cul).
- Musique pour danser chez soi en rigolant/Musiques qui rendent heureux.
- Musiques magiques-madeleines-de-Proust : c'est très personnel, et attaché à une époque. Parfois totalement nulles. Pouvoir d'évocation permanent. Toujours ou presque en rapport avec l'adolescence. Pour moi, la petite enfance surgit avec un morceau nommé Ekkoleg ou le Avec une Chanson, de l'Ile aux Enfants. Toute mon adolescence et le collège, tout revient avec Song for Guy d'Elton John ou Walking on the Moon de Police, Porque te Vas de Jeannette ou Amicalement Vôtre de Barry et Super Trouper d'Abba. Et la musique de Mon Nom est Personne. Et si !

Ah ! La bonne idée du tourbillon-au-dessus-de-la-tête du fou ! C'est sans doute névrotique, mais j'utilise souvent cette image avec mes contemporains. Je rencontre un "fan de Star Trek" et je lui mets un petit tourbillon. Je passe la tête dans un magasin de vêtement et vois les femmes qui soupèsent, et hop, un petit tourbillon au-dessus de toutes ces têtes ! Je vois quelqu'un qui fume une cigarette : tourbillon. Je rentre dans une pièce dans laquelle tout le monde écoute la radio (voix contentes d'elles-même, publicités non-stop) : tourbillons. Une maman vient chercher son fils à l'école distraitement (elle téléphone) et s'éloigne : tourbillon. Le fils a la tête de celui qui donne la main à un robot. Pas de tourbillon...

Je lis un livre sur le tremblement de terre de San Francisco en 1906. Je tape "earthquake" dans l'Online Archive of California (http://www.oac.cdlib.org/search.image.html) et récolte 1556 images. Dont ce tableau sur l'évacuation de la ville par mer pendant l'incendie qui a suivi.





Ces gens qui braillent leur "liberté" à longueur de journée et sautent comme des cabris en se disant libres, ce sont les moins libres de tous.
Dans le monde du travail, vous pouvez faire faire presque tout aux gens une fois que vous leur promettez une prime. Ils se pisseraient dessus sans vergogne, pour 100 euros.
Il est remarquable de voir les humains hurler sur les entreprises commerciales, les traiter de "pompe à fric" (on entend ça de tout ce qui marche, de Nike à Microsoft, de la Fnac à George Lucas), alors qu'eux-même usent la totalité de leur énergie à gagner le plus de fric possible. Il s'agit bien d'un lieu commun, de constater que "y a plus qu'ça qui compte", mais bien peu d'humains semblent libres (tiens...) de laisser tomber cette course là.
Amusons-nous : Vendez votre voiture, n'allez pas dans les magasins quand c'est les soldes, mettez-vous à temps partiel, là, demain. Vous ne pouvez pas hein ? Tatata...
BIEN SUR que les entreprises commerciales sont des "pompes à fric". Tout le reste, tout, n'est que poudre aux yeux, pipeau et perlin pinpin. Le client est roi, cartes de fidélité, privilèges, bonus. Tout est bon, une fois que vous donnez vos sous. La fabuleuse indignité de celui qui se pose en "client est roi".
Je suis épaté, moi, par le discours du monsieur de la télé qui fabrique "du temps de cerveau disponible" pour les publicitaires. C'est le plus honnête de tous. Chapeau ! La phrase (terrible) qu'on entend toujours n'en prend que plus de charme : "je me vide la tête devant la télé". C'est du propre. Videz, videz !
Le livre d'Hélène Grimaud est sorti en poche, j'ai trouvé un recueil d'articles de Jim Harrison, un livre sur les Allemands qui ont lutté contre les nazis, le dernier et si doux Taniguchi, et un livre de Nancy Huston dont le sujet me semble passionnant, d'autant qu'il évoque un paquet d'écrivains marquants pour moi : Bernhard, Schopenhauer, Cioran, Kundera, Houellebecq... Merci à celle qui m'a indiqué ce bouquin :-)
Je sais, moi, de quoi le CD est en train de mourir. J'appelle ça la Maladie de la Nouveauté. Les magasins, les éditeurs de musique, le monde publicitaire et médiatique, tout ce beau monde ne parle QUE de ce qui vient de sortir, et si ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a une occasion publicitaire quelconque (anniversaire de la mort de, par exemple). Les maisons de disque sont assises le cul sur un trésor (les musiques qui ne viennent pas de sortir) et s'en occupent comme d'une guigne. Elles devraient offrir des guides, des compilations de mp3, faire de larges pages web sur leurs groupes, leurs trésors. Virgin devrait se remuer le cul avec Peter Gabriel et XTC, EMI devrait laisser tomber les compiles Callas et Beatles (ce sont les même tous les ans) pour présenter les vieux Kate Bush et Pink Floyd aux fans de Muse. Et pareil pour Warner, Islands, RCA et Universal. Rien du tout. Qu'ils aillent au diable, avec leurs satanées "nouveautés".
Cauchemars possibles : devoir organiser une fête, devenir prof de sport, devoir obéir à un "manager" qui a la tête de vainqueur de celui qui est en couv' de Management Magazine de ce mois.
Vu en kiosque, un magazine sur les Commandos. Dans les titres en couverture : "Sniping : Les Nouvelles Tendances". Voilà qui est un signe des temps. Je lis ça et il me semble qu'un gouffre kilométrique s'est ouvert juste à côté de moi. Puissiez-vous mes enfants échapper à un sniper au courant des Nouvelles Tendances décrites ici...





Quand je faisais des musiques, j'étais obsédé par les "machines chantantes". Il fallait que ce soit musical, mais aussi "machinique". Il fallait des sons naturels (pianos, cordes, cuivres) mais que la construction soit artificielle, il fallait que ça sonne... mécanique.
Klaerio, c'est un univers enfantin, ou de lutin. Il y a une pelouse, un soleil d'été qui est déjà bien bas. Les ombres s'allongent. Klaerio, dans une cave, joue avec une machine, qui se déploie, grimpe, perce. Une machine noire et rouge et pleine de câbles... Et il y a l'idée que ça grandit, et envahit tout.
La Rencontre, c'est une valse, un trois temps. Je voulais ce tambourin dans l'écho, les pizzicatti, et ce gras son ancien de mellotron. C'est un morceau pour danser la valse, il me fallait ce vieux soleil, l'odeur du bois ou du vernis, la lumière du soleil qui dessine des triangles. Et des amoureux qui dansent !
15-Prélude à la Guerre des Aigles.mp3
Juste un balancement nocturne. J'aimais bien les sons, les nappes électroniques et cette plainte de flûte turque...

L'Enfer du Dimanche. Fight Club. 21 Grammes. Requiem for a Dream. Films alliant une énergie en sur-régime et une tension narrative serrée, complexe. Non, ça ne va pas. Qu'ont ces films en commun ?
Le plus grand malheur de l'homme (ou la femme) riche, occidental et moderne, c'est l'incomplétude. "Quelque chose me manque pour être heureux, et je ne sais pas quoi". J'y ai repensé en lisant le livre d'Hélène Grimaud (quand elle était enfant, son père a fini par dire "trop d'énergie psychique") qui a transcendé son incomplétude par le piano, puis avec les loups. Je pense que sans cela, il est probable que cette chose puisse mener à la folie.
Feuilleté trois ou quatre livres sur les loups. Je suis attiré mais c'est trop cher...

Il faut que je creuse cette idée d'incomplétude, ou l'intranquillité. Cela peut être :
- Le jeu bien connu du désir. Je veux quelque chose que je n'ai pas. Si ça peut s'acheter, je l'achète, et ça éteint le désir... pour un moment. Une sorte de fuite en avant. Très ordinaire.
- L'incomplétude fabriquée parce qu'on s'ennuie. "Qu'est-ce que je peux faire, je sais pas quoi faire de ma vie, il doit sûrement me manquer quelque chose mais quoi ?".
- La course à l'argent.
- Le pli imprimé par les médias, qui semblent exprimer que la vie se doit d'être fabuleuse et extraordinaire. Dans les faits, évidemment, elle ne l'est pas. "Ma vie est nulle : je ne suis pas devenue chanteuse".
- Donc, l'incomplétude liée au fait qu'on ne parvient pas à faire partie du Spectacle. Mon roman n'a pas été publié. Nani, nanère.
- Lien à l'enfance perdue. Nostalgie sourde.
- Voir, merci : Fado, Saudade.

Bob Dylan avoue dans son bouquin autobiographique que le classique Blood on the Tracks est inspiré... des nouvelles de Tchékhov.
Ça doit être tout de même un peu gênant, quand votre enfant s'appelle Théo ou Marine à l'heure tous les enfants s'appellent Théo et Marine...





Une dépêche AFP : "Le cerveau humain est en conflit perpétuel avec lui-même entre son centre de l'émotion qui recherche la satisfaction immédiate et celui de la raison privilégiant des objectifs à long terme, selon une étude publiée dans la revue américaine Science"





Le livre de Grimaud est un bien joli piège.
Il fait froid, gris, et tout le monde est plus ou moins déprimé. La solution : cuisiner. Salade de concombre à l'ail et huile d'olive, broccolis, poélée de lardons avec pommes de terres aux épices, oignons, piments. Pendant que tout ça cuit, je me couvre de polaires, j'ouvre grand la porte fenêtre de la cuisine, je slurpe des anchois à l'huile avec un ou deux verres de Corbières, tout en lisant le très excellent livre de Jim Harrison, Entre Chien et Loup, qui me fait rire aux éclats. Le soleil d'automne finit par jouer avec les nuages, perce, me réchauffe. Le vent fait crépiter calmement les feuillages. C'est prêt !
"Pour se pousser à travers le monde, il est utile d'emporter avec soi une ample provision de circonspection et d'indulgence" (Schopenhauer)
Trouvé aujourd'hui le Face aux Ténèbres de Styron (qui a écrit le Choix de Sophie), récit d'une dépression. A lire sans doute en parallèle au célèbre (?) Inferno, de Strindberg.
DVD : Devine qui vient Dîner ?, diablement bien tissé.
Sonate pour Piano N17 de Rachmaninoff, par Hélène Grimaud. Son livre m'a piégé gentiment, pour la raison suivante : quand elle raconte son enfance et son adolescence (trop d'énergie psychique, asociabilité complète, patati patata) elle est vraiment agaçante (genre "ah que je suis unique et intéressante"). Mais, avec le piano, puis avec la "rencontre avec le loup", on se prend à la trouver... adorable. Bref. Je ne m'y connais pas assez en piano. J'entends respirer Hélène dans mon casque Sennheiser pendant le passage lent de la sonate. La musique... ne me fait ni chaud ni froid. Le prélude de Bach est noyé dans la pédale (pourquoi pas ?), on dirait que les notes sont reliées par des voiles.
DVD : Usual Suspect. Ressemble tout de même à une arnaque. La fin, évidemment, est emballante, mais le film en lui même... bien obscur (ce qui peut se comprendre, quand on sait la fin, mais voilà du plaisir trop tortueux pour moi).

Rigoureusement indispensable, l'éteigneur de télévision. Voilà. Vous pouvez le mettre en porte-clef. Il y a un bouton. Ce bouton éteint toutes les télés du monde, et c'est tout. Formidable. http://www.tv-be-gone.com/.
DVD : Ghost World. Produit une délicate sensation... d'irréalité, ce qui me semble normal vu le titre. Un défilé de nigauds, mais pas seulement. Je ne sais pas comment le voir. Comment sortir de l'adolescence et de ses ricanements ? Naaan... Impression bien bizarre de n'avoir pas les clefs, et que c'est pertinent à chaque seconde. Le film est parsemé de détails absurdes et drôles... Le personnage sensé est-il le collectionneur de disques ? Je vais donc... relire la BD.
Bon. Vous avez besoin de coloriages pour une bordée d'enfants chez vous (il pleut). Vous allez sur http://www.altavista.com/image/default, cherchez "colouring" et sélectionnez "graphics" et "black & white". 41.000 coloriages. Choisissez, imprimez. C'est tout !
C'est amusant, les pages de graphistes. Bourrées d'effets spéciaux, de "wait for download". C'est sur fond noir. C'est trop petit. Incompréhensible.
DVD : Hiroshima Mon Amour, envoûtement absolu.
Je fais des copies d'écran de Eva Green dans les Innocents. Curieux visage de trentenaire. Je ne peux m'en détacher, de ce visage, comme un aimant. On a chacun je pense un type de visage qui vous aspire, et les autres n'y comprennent rien. L'un adore Wynona Ryder ou Michelle Pfeiffer, moi, elles ne me font rien (en tant que visage, hein, je ne parle pas ici du travail d'actrice).
Mes visages aimants, je les ai déjà listé ici, même si je me doute que ça n'intéresse pas grand monde : Sigourney Weaver, Eva Green donc, Mouglalis, et peut-être aussi Jodie Foster, Stephanie Seymour, Madeleine Stowe, Maria Bonnevie et... Connie Nielsen.

Je suis désolé pour les dames qui lisent cette page, ceci n'est point passionnant (j'essaie de me mettre dans votre situation : je lis un blog féminin et j'y lis des dithyrambes sur des acteurs (Del Toro, Brad Pitt, Russel Crow, Redford). Oh !
Il ne s'agit plus de dire "elle me plaît", ou "elle est charmante". Il y a quelque chose de plus, complexe, bizarre, une douleur, pourquoi pas, mais aussi un... agacement, une frustration, une envie de trouver un détail humain et ordinaire. Je tourne autour sans trouver.
Donc, Eva Green a vingt et a les traits d'une femme de trente ans. Connie Nielsen a quarante ans et a aussi les traits d'une femme de trente ans. Connie Nielsen jouait face à Russel Crowe dans Gladiator de Ridley Scott. Eva Green a été embauchée par Ridley Scott pour jouer avec Orlando Bloom. Voilà un début de carrière en fusée (Bertolucci/Scott, dites donc ! :-)

Trouvé une quarantaine de bouquins, dont un sublime Don Quichotte en deux volumes, du Montherlant, une superbe anthologie Verlaine, un livre sur la flibuste, sur la libération des camps, les orchidées, une bio de la femme de Tolstoï...
Minuit. Dehors le vent agite les arbres fortement, puis s'arrête d'un coup, disparaît. Une nuit immobile avec des grands traits de vent. Des chats se battent et crient comme des diables fous de rage. Il fait noir. Un des chats se plaint, maintenant, de ses blessures. Il est sous les arbres. Le vent reprend alors, agitant les grands marronniers dans ce bruit de papier sec et ondoyant d'automne.

Pas bien, me suis enfui au coeur de la ville noire de monde. Des jeunes filles parlent en souriant dans leur portable (un amoureux ?), les familles traînent des enfants exténués-à-tétine. Dans les magasins, des jeunes filles affairées installent des machins de Noël. Partout, la musique, un peu funky, avec des voix de jeunes femmes funky qui font ouh ouh ouuuuh. Des ados à lunettes font la queue pour que les dessinateurs de BD leur fassent un dessin en première page (ce soir c'est en vente sur eBay). Vitrine de "canapés de luxe" (genre 10 salaires le canapé). Les deux patrons sont assis effondrés au fond d'un sofa avec un air bien spécial, blasé, essayant d'être cool, on dirait les jeunes riches à cigarette de Sempé...
DVD : L'Impossible Monsieur Bébé (Cary Grant, Katharine Hepburn), exceptionnelle rigolade continue. L.A. Confidential, polar adulte, remarquable.
Page inutile de la fin de l'année : meilleur film, DVD, roman, auteur, CD, chanson en français, en anglais, etc... Bah...
