





Ces pages de mon p'tit journal sont écrites avec beaucoup de désinvolture. Pourquoi est-ce ainsi que je m'avance ?

Bonne récolte ! Poèmes de Th. Gautier, L'Esprit du Temps d'Edgar Morin, deux Julien Green, une grande biographie de Voltaire, des histoires de fantômes, Les Jours Sombres de Fey Von Hassel et quelques curiosités : un livre sur la vie quotidienne en Russie au XVIIème siècle (écrit par une princesse !), un grand livre sur le chef-opérateur de Truffaut, Rohmer ou Mallick, un ouvrage sur les "villes assiégées", un 1372 pages en anglais joliment intitulé Everything Shakespeare Ever Wrote, les Profils et Jugements Littéraires de Sainte Beuve (comprendra qui a lu Proust) et l'Heptaméron de Marguerite de Navarre, très intriguant...
Y suit retourné, pour trouver enfin un livre sur Cromwell, la vie de Nina Berberova, un Sempé, un livre sur les tendances du théâtre contemporain, de vieux récits de voyages (en Espagne, ou le capitaine Cook), ainsi qu'une belle édition en trois volumes de Guerre et Paix. Miou !

Je ne vois pas, dans le discours des sorcières de Macbeth, ce qu'est ce "hurlyburly". Un carnaval ? Je demande de l'aide à mes amies anglophones. Help !
DVD : Eternal Sunshine, bien vu et bien joué (Winslet), mais je ne marche pas, pour un bouquet de raisons. Collateral, pas parfait, mais beaucoup de classe, d'invention, d'élégance. Paire d'acteur parfaite, qui fonctionne. Très remarquée scène de séduction au tout début du film. Splendide tension dans le rituel de "la fusillade dans la boîte de nuit". Je me demande ce qu'en pense un De Palma.
Repéré (j'en ai révé, ils l'ont fait) les essais de Sontag, puis un gros Michel Chion sur Kubrick. Commander : Lettres de M. Yourcenar (Folio). Entre deux parties de Proust, je lis avec jubilation Et Pourtant je Tourne, une autobiographie de Claude Chabrol.
"A fine, fluid actor", dit Pauline Kael à propos du merveilleux acteur qui joue le Dr Aziz dans La Route des Indes, de David Lean. Un film "grande fresque", mais d'une grande puissance. Mais qu'y fait donc Alec Guiness ?
Je feuillette le livre d'Arno Schmidt, Vaches en demi-deuil (ah, le titre bien vu). Epuisant par son style bizarre et tordu. Me fait penser à du Céline rigolo, typographiquement plus risqué. Nausée...
Heptaméron :

Trouver du Gary Larson.
Dans un volume encyclopédique de 1921, suis tombé sur ce portrait frappant, d'apré un peintre nommé Chaplin. Il m'est impossible de retrouver l'original sur le Web : visiblement, le peintre est oublié, et, évidemment, la quasi totalité des résultat aboutissent à Charlie Chaplin. Comble de malchance, comme on dit, le dit peintre s'appelait... Charles !

Trouvé grâce à un lecteur (qu'il en soit remercié) : Chaplin.
Dont voici le portrait d'une inconnue. Semble un peintre bien académique, mais qui "trouve" quelque chose, dans les visages...

Si j'avais le temps et l'énergie, j'écrirais le Decameron du Waldgänger. J'en ai trouvé quelques uns :
- Il y a une fête. Le W prend un bouquin et va lire sous un arbre en solo, en écoutant l'animation.
- Trajet en ville d'une femme enceinte.
- Otaku dialoguant sur son ordinateur.
- Monologue du "volontairement pauvre".
- Cancéreux qui regarde le monde.
- L'enfant observateur (d'un dîner d'adultes ?).
- L'amoureux.
- Celui qui n'a ni TV ni téléphone - discute avec ses collègues de travail.
- Guerre. A la campagne, un homme "prend le maquis"... tout seul.
Ni rebelles, donc, ni ermites : là, dans le monde, mais ne jouent pas le jeu.





Et si cet été je lisais enfin Don Quichotte ?

J'ai découvert (en lisant un magazine qui traînait) qu'il existait quelqu'un qui collectionnait les représentations d'animaux en train de lire. La collectionnite, un des aspects de l'humanité qui me fascine, carrément. Mais il faut bien s'occuper.
Je fais de la plongée. Dans Proust.
Vu le documentaire sur Lartigue. Personnage opaque, mais quelles photos !!
DVD : Allez Coucher Ailleurs, de Hawks, avec Cary Grant. Me fait beaucoup rire. Cluny Brown de Lubitsch, extrêmement nuancé. Suis content de corriger mes ignorances des vieux classiques...
Une matinée claire et pleine de bon soleil s'est transformée en après-midi "j'attends l'orage". Les chiens sont fous, les enfants énervés. Un gamin frappe sur un arbre avec un grand bâton, mais au-dessus de lui, les feuillages se sont immobilisés. Partout autour de moi les arbres fixes. Le ciel, en effet, développe de grandes trouées dramatiques au-dessous de nous, on dirait qu'il annonce la guerre, ou qu'il est gravement malade. Et pouf : il pleut !

Le grand parc de la grande ville, le "poumon vert" et tralala, dimanche matin : les humains courent, ils sont TRES nombreux, et c'est, du coup, très comique. Il y a un promeneur pour dix coureurs, et c'est en fait une autoroute. Le poumon vert de la ville est une autoroute surpeuplée d'humains essouflés, ouf ouf ouf ouf. J'ai le tournis. Je fuis. Je suis assis dans les taches de soleil sous un arbre près de l'eau.

Cette page d'Avril est, je sais bien, bien peu satisfaisante. Esprit de JP en sommeil, soucis. Je ne me vois pas encore, ce qui serait plutôt une "solution de facilité", comme on dit, commenter l'actualité comme dans un blog. Je souhaite que ce journal puisse être lu sans soupirs dans, disons, quelques années.
Me suis regardé quelques passages de Rashomon de Kurosawa, avec Toshiro Mifune (photo au-dessus). Extrêmement virtuose. Je tente d'avoir en boutique la totalité des DVD des meilleurs films, par exemple selon la liste de Maltin (tapez "Maltin 100 must see" dans Google, par exemple, ou cliquez là pour un exemple (it's in english, dear reader). Le danger, comme dans toute la culture, est de rester collé, le cul à son époque. Kill Bill ou Million Dollar Baby, oui, mais aussi Cool Hand Luke, The Apartment et John McCabe...
Il y a derrière chez moi, il est 21 h, un anniversaire. Une horde, donc, de têtes ivres, beugle la chanson rituelle dans un jardin quelque part. D'où cela vient-il donc ? Dès que j'entends parler d'une fête, je tourne les talons. Je déteste ça, c'est très net. Voilà une fête remplie de cons hurleurs, et je suis tout seul, quelque part, ailleurs.
Je continue Proust, tout doucement, sirotant, en liqueur, et je vide de grandes bouteilles de gros livres parallèles. Souvenir de Chabrol, Histoire des Villes Assiégées (envie de creuser : Gordon à Khartoum, Baden Powell à Mafeking (pendant la Guerre des Boers)). Je reviens, complètement fasciné par la démesure de cette guerre, sur la fin de 39-45 : Les Cents Derniers Jours, du toujours excellent John Toland, qui décrit la fin de l'Allemagne hitlérienne.
