






Quand vous avez des enfants, toutes sortes de "rotations" se produisent en vous, tout votre être doit s'ajuster. Votre vigilance s'aiguise quand vous êtes à l'extérieur. Votre idée de la prévoyance devient plus tendue. Que vous soyiez un crispé ou un total libéral, vous êtes bien obligé de déterminer toutes sortes de seuils et de limites (à quelle heure va-t-on dormir ? à quel âge peut-il sortir seul dans la rue ?). Vos seuils de tolérance reculent d'une distance remarquable. Et vous observez...
Music. Stop Breathing de Perry Blake, des petites idées sur de la délicatesse, mais une bonne dose de paresse. Manque de développement, de bizarrerie, piano qui dort. Aurait besoin d'un Eno pour complexifier le son, d'une Emilie Simon pour les surprises et les variations d'épaisseur, d'un David Sylvian pour les toiles et les décors, d'un Brian Ferry pour l'élégance. Souvent ressenti ça avec les musiciens pop récents.
Ordinary Day, du même, est plus ample mais tourne à vide. Du Swing Out Sisters sans le luxe. Quelques détails, dans ce grossier tissu, me séduisent : la basse, bien tournée, certaines surprises sonores. Mais tout ça manque de modulations. Le travail vocal est bien médiocre. Je découvre que Blake a bien travaillé avec Emilie Simon : Graine D'Etoile. Et là, alors, oui ! Le beat, comme organique, balançant. Le son est sali par les insectes électroniques qu'elle aime mettre partout. Et puis, surtout, le morceau gonfle, devient sale et lourd. Rien de génial, mais quotient de bizarrerie relevé. Ha !
Je désinfecte avec Ima Suri Dondai de Magma, très poilant. Beaucoup de respect pour le "déroulement" de tout ça. Cette musique est en mutation permanente, se casse, repart, accélère, respire. Je n'ai jamais compris pourquoi les musiciens techno ne se sont jamais servi de cette énergie pulsante, entre Stravinsky et Steve Reich.
Bon. Cherchons. Intéressant T. Fehlmann. Timbres rigolos, production étagée, musique sur plusieurs plans. Bref, ça cherche. Tonalement/Harmoniquement/Mélodiquement : totalement nul.
Conclure avec Vertige, de Camille (Camille comment ?). Des arrangements rigolos en France ??? A explorer.
Trouver aussi : Zenzile, le nouveau Tikaram, Devendra Banhart, Goldfrapp, Angela McCluskey, Mandalay.





Goldfrapp - Utopia (New Ears Mix) joue avec mes souvenirs. Le début mellotronesque (flûte et choeurs) me fait penser à Genesis. Les arrangements dansent sur les pistes de John Barry. Tout le monde me prévient : seul le premier album est superbe. Je retrouve l'original du Utopia, qui me fait jouir tout autant les oreilles (le New Ears Mix est l'instrumental du même, en quelque sorte).

Les gens écrasés par les problèmes, juste parce qu'ils ne savent pas dire non.
Plongé dans la suite de 39-45. Envie de lire les bios de Staline et de Roosevelt. Il y a de quoi être épouvanté par la mainmise des Soviétiques sur tous ces pays (de la Roumanie à la Hongrie - mais pas l'Autriche, qui, me semble-t-il, a bien failli y passer aussi). Feuilleté un livre sur la Russie Soviétique et ses millions de morts "politiques", purgés ou déportés en Sibérie.
Il y a un âge où l'on nettoie avec les doigts, miam, le plat de pâte à gaufre ou du gâteau au chocolat que vient de faire votre maman. Il y un âge où c'est vous qui prenez plaisir à laisser plein de pâte au fond du plat, pour que vos enfants s'en régalent...
Si j'avais un blog, je ricanerais en pointant la bêtise de ceux qui "accusent" les Chinois d'exporter des vêtements à bas prix. Comme si ses choses-là tombaient toutes seules du ciel, polom polom. Si le textile Chinois arrive en Europe, c'est parce que des entreprises européennes les IMPORTENT. Boudiou !
J'écoute Daphnis et Chloé de Ravel. Commandé L'Utopie Meurtrière de Pin Yathay, sur les conseils d'un lecteur. Vais sans doute me payer le Staline de Jean-Jacques Marie. Vérifier pour Vie et Destin de Vassili Grossman. Voir l'histoire de la Russie au XXème Siècle, chez Point. Me v'là reparti là-bas !

Belle pochette non ?
Me suis trouvé le gros volume des Lettres de Marguerite Yourcenar, et les Années de Guerre de Grossman, sur Stalingrad. Trouver "L'Indifférence des Etoiles", de Jean Carrière. A Trouver un jour : Journal d'une Ecolière Soviétique, et Nos Journaux Cachés..
Je dévore Les Années de Guerre, de Grossman, qui nous plonge dans le chaudron de Stalingrad ou dans la torpeur des villages de la steppe. Entre l'article du journaliste de guerre et la nouvelle pittoresque.
J'ai renoncé à la biographie de Staline (trop d'horreurs), mais me suis commandé le fameux, donc, Vie et Destin. Lu quelque part qu'il faut procéder comme avec Guerre et Paix de Tolstoï : faire une fiche des personnages. Pour ceux que ça intéresse, le livre ressort en poche à la fin mai.
DVD : Ten de Kiarostami.
Pourquoi décider de faire appel à un référendum, si c'est pour affirmer ensuite qu'une seule réponse est "correcte" ?
Livres pour les vacances : Lettres de Yourcenar, Approches, de Jünger, Vagues de V. Woolf (en anglais et en français). Trouver un 4ème.
S'il y a cinq ou six ans que je n'ai plus la TV (enfin, j'ai une grosse Sony - pour les DVD - mais l'antenne est débranchée), je m'informe sur le net ou en achetant Libé / Le Monde une ou deux fois par semaine, je suis encore régulièrement agacé par les médias liés au Spectacle. Il m'est facile, sans les acheter, de lire les hebdos (Télérama Inrockuptibles etc). Dès qu'un écrivain meurt c'est le meilleur écrivain du siècle. M'agacent comme des mouches les interviews des "groupes et chanteurs", qui se croient vraiment intéressants avec leurs petites crises artistiques (entre "j'ai changé de producteur" à "ma voix s'est enfin libérée", "j'ai eu quarante ans et je me suis un peu assagi" ou "nous avons engistré, cette fois, rapidement, pour garder l'urgence", ha ha ha). Il faudrait, donc, que je fasse l'impasse, comme la TV.

Le DVD de L'Eclipse d'Antonioni est sorti. Je suis amoureux de Monica Vitti, pas de Jennifer Lopez !
Music. 2 Many DJs - Britney Spears vs. Prince - Slave For Your Kiss Soulwax(DJ Que Remix), ça va pas non ? C'est rigolo et je jette. Where is the Line, de Björk, n'importe quoi. Mouth's Cradle, de la même, idem. Voix et choeurs partout, mais aucun propos. Comment s'en sortir ? Franz Ferdinand - Bang bang, c'est rigolo, mais on dirait bien du Cure non (j'ai bon ?) ? J'ai trouvé l'antidote : Antarctic, d'Emilie Simon, puis les trucs qui traînent encore sur mon disque dur : Slowly d'M83 (pour le final tricoté), Weeping Willow de Schuller, Surface to Air des Chemical.
Différents apports d'énergie me donnent envie de redéfinir la position du Waldgänger, d'attaquer sérieusement mon Pilonnage du Romantisme. Si ça pouvait empêcher ce Journal de s'endormir...
Ayant la "maladie de l'imprimé" décrite par Cavanna, je feuillette le catalogue d'un grand magasin. Impossible de finir, la nausée des lieux communs m'a fait fondre le cerveau. Il y en a 50 pages, de ces trucs : "portrait sans concession", "bons mots et situations hilarantes se succèdent à un rythme effréné", "un thriller fantastique de haute volée", "à dévorer à pleines dents !", "une bande son rythmée par des tubes imparables", "qui ravira toute la famille", "un gage de qualité", "le résultat est à hurler de rire !", "le complément idéal pour saisir...", "on en redemande", "une perfection jamais démentie", beuuhhh, excusez, je vais vomir...
Je reprends Jünger : La désagrégation du langage est moins une maladie qu'un symptôme. La source de vie se tarit. Le mot a encore une signification, mais plus de sens. Il est, dans une large mesure, remplacé par des chiffres. Il devient impropre à la création poétique. Les voluptés grossières chassent les plaisirs de l'esprit.





Quand je vois tout ce qu'on peut trouver sur le web et sur les sites eBay du monde, je regrette presque de n'avoir plus 12-15 ans, ou l'âge où l'on se passionne à mort sur tel ou tel sujet. Alimenter sa passion, voilà une activité saine !
On me dit toujours de regarder les nouveaux films violents, mais moi je n'ose pas. Pas vu : L'Effet Papillon, Old Boy, Man on Fire. Mais pas non plus Audition, ni Bang Rajan.
Idée pour une thèse : relier l'étrangéisation des auteurs russes avec la distanciation chez Brecht :-)
Il faudrait faire la liste des passages euphorisants du cinéma : en tête, pourquoi pas, le 17ème chapitre de Devdas.

Faire un Dictionnaire du Journalisme Fadasse, liste des expressions toutes faites qu'on rencontre dans les articles de la presse ou du web. Les "salles obscures" pour le cinéma, etc...
Oh et puis non.
Idée d'histoire : quelqu'un offre un chat à un papi un peu triste, avec ce discours "c'est un être vivant, il va te déranger un peu, tu en as besoin". Il s'avère que le chat va tuer le papi sous les bêtises.
"Les Affreuses Désillusions du Tempérament Romantique", ferait un joli titre.
Fini la lecture des Années de Guerre, de Grossman. Je suis partagé : certains articles écrits sur le vif sont du domaine de la propagande soviétique. Les années 1941-42 (le début du livre) sont vraiment remarquables. Etant dans Proust, je ne me vois pas attaquer maintenant Vie et Destin. Prochain livre à ouvrir : Brecht. Mis de côté la biographie de Claude Berri, et La Guerre n'a pas un Visage de Femme, de Svetlana Alexievitch (dont j'avais beaucoup apprécié le bouleversant livre sur les victimes deTchernobyl).

Stalingrad, de JJ Annaud, ce genre de film qu'on pense raté à la première vision, puis qu'on reconsidère. Pas si mal...
Je visionne avec beaucoup beaucoup de plaisir l'Abécédaire de Gilles Deleuze. Ce petit bonhomme, dans son pull, qui discute en jubilant, ce monsieur malade, qui respire mal, qui s'allume, littéralement, sous les questions de Claire Parnet (charme bizarre, voix troublante, visage comme "volé" dans le miroir - moi j'adore). Suis souvent d'accord avec lui. Joie trop grande pour expliquer : regardez-le.


Nietzsche : "Die Wüste wächst : weh Dem, der Wüsten birgt.". En français, donc : "Le Désert croît : Malheur à celui qui recèle en lui des déserts.".
Donc : à une époque culturellement désertique (comme dirait Deleuze : où est le Beckett, le Proust, le Malher de notre époque ?), comment "faire" ? Je m'amuse, car je retombe toujours dans la forêt du Waldgänger. S'y cacher.
Deleuze, encore, parlant de 1945 ou 1965, sourit en disant qu'aux déserts succèdent des périodes riches, mais se navre en évoquant ceux qui "naissent" en période de désert. Conséquence : la solitude. Envie d'aller embrasser ce monsieur, s'il était encore vivant.





Petits soucis pratiques de l'occidental moyen. Cette nuit, impossible de dormir à cause d'une "fête" dans l'immeuble en face. Enfin, cette conception de la fête qui consiste à hurler en groupe en buvant diverses boissons alcoolisées. Me suis réfugié au centre de mon appartement. Ce matin, jubilation à l'idée de lire Proust au soleil devant les arbres. En bas, une équipe survient : camion et marteau-piqueur. Ainsi vont les choses...
En général, si vous voulez bien faire votre travail dans une entreprise, il faut le faire CONTRE vos supérieurs hiérarchiques - mais évidemment sans qu'ils le sachent. Mais avancer ainsi masqué est bien épuisant. Et puis il faut se débarrasser du besoin d'être approuvé, ce qui n'est pas toujours évident. Il vaut mieux connaître un peu la nature humaine, apprendre à désobéir aux ordres stupides sans le montrer, jouer la "comédie de la hiérarchie" et en connaître les principes (de Peter, ha ha ha), déterminer vos propres lois, et objectifs. Solitude, autonomie : samouraï !
Le Petit Waldgänger Pratique, voilà un bouquin à faire...
Proust, pour Un Amour de Swann, choisit de faire un zoom sur l'amour puis la jalousie de Swann pour Odette, et décrit avec une extrême précision les plus délicats mouvement des esprits. Le résultat, et c'est étonnant, c'est qu'il reste presque toujours dans ce territoire presque abstrait, et ne décrit plus aucun lieu, ambiance ou odeur, alors que le début de la Recherche regorge de sensations.
On pourrait s'amuser à cataloguer (quelqu'un l'a peut-être déjà fait) les lieux communs de l'histoire. Ainsi le Moyen-Âge est une période obscure, de stagnation. L'Egypte n'était dirigée que par de grandioses pharaons géniaux, et les gentils Indiens d'Amérique ont été asservis par de méchants blancs. Oui mais... la culture indienne est essentiellement guerrière et cousue d'atrocités. Et le livre "L'Egyptomanie, cette Imposture" s'attaque aux gnangnanteries égyptiennes. Etc.
Une des raisons pour lesquelles je ne fais plus de musique, pour moi, pour la danse, ou pour le théâtre, c'est... pour ne plus avoir d'échéances, de choses à faire "pour telle date", de ces pressions-là... Ou outre, je suis probablement un grand paresseux social, et j'ai fait mienne la réflexion de Schopenhauer, qui dit que le bonheur, c'est... l'absence de souffrance.
Un des plaisirs d'avoir une bibliothèque fournie, c'est de prendre un volume presque au hasard lorsqu'on on part en voyage. Aujourd'hui, pour un trajet en train, j'ai attrapé Mensonge Romantique et Vérité Romanesque, de René Girard, dont je me suis régalé, lui qui parle du désir chez Don Quichotte, Stendhal, Proust et Madame Bovary...
