
Jean Richepin





Et aussi : Qui s'associe fait naufrage.

To characterize this 'post-surrealist' phenomenon, a number of expressions have arisen in the French language: l'art onirique, l'art fantastique, l'art imaginaire, le réalisme fantastique, les marginaires and, above all, l'art visionnaire.
DVD : Mondovino, passionnant. Semble, par résonance, parler aussi d'autres choses que du vin. Passages stupéfiants, surtout chez les américains (condescendance pour les mexicains, par exemple). Sensation de tournis, à cause des différences de personnalités (de la dignité du vieil exploitant italien à la plus inouïe arrogance d'un autre "ricanant"). Frappant, aussi, d'entendre, c'est rare, ceux qui assument et sont très contents de la "globalisation".

Two Trees
Dévoré avec bon appétit la sélection des lettres de Marguerite Yourcenar chez Folio (presque 900 pages !). Culture, précision. Un côté cinglant, parfois. "De la Littérature" d'Umberto Eco, souvent agaçant par son côté "universitaire petit malin" et ses ressassements (Joyce, Dante, Cervantes, Borges), mais y ai trouvé quelques bonnes idées à picorer. Très déçu par Les Vagues de Virginia Woolf, que l'on ne peut probablement lire qu'en anglais. Lu quelques pages de Walden de Thoreau, qu'on ne peut lire qu'au ralenti. Epatant personnage, tout en bon sens et exagérations, vivifiant (Walden a été édité en 1854). Jünger me déçoit quelque peu avec ses Approches, Drogues et Ivresse. Livre construit en morceaux. Longs passages passionnants, ou pertinents, génie à la Nietzsche, mais aussi divagations et préciosités inutiles, ou confuses, loin du lecteur...
Trouver "Historiquement Correct", de Sevilla.
Tous ces jeunes zozos qui affirment espérer "mourir jeune"... et qui deviennent vieux.

Oui, c'est Katharine Hepburn.
J'écoute : Royksopp : Only This Moment, qui me plaît parce que c'est une course, parce que les idées fusent, parce que c'est musicalement inclassable, parce que ça change toutes les dix secondes, parce que c'est frais comme une limonade.
Je lis des nouvelles, avec appétit. L'anglais Saki (brillant, acide, rigolo) et Fitzgerald (j'ai trouvé Loveboat dans un carton en bas de chez moi - précis, inventif, fluide). Les deux auteurs ont le don du "détail qui fait mouche", comme on dit. Je rôde autour de Paul Morand. J'ouvre une page au hasard, et à chaque fois, une paire de bonnes idées me saute à la figure - je referme alors le volume avec la gourmandise différée de celui qui sait qu'il va lire, un jour, un bon bouquin.
Se souvenir d'acheter en poche Le Rideau de Kundera et Parlons Travail de Roth.
DVD : Alexandre. J'étais impatient de le voir, car j'aime beaucoup les bizarreries et les excès d'Oliver Stone (Natural Born Killer, quand même, ça ouvrait une drôle de porte...). Et bien, pour moi, ça ne fonctionne pas.
Farrell n'est pas bon. Il n'a pas la stature. Il est plein de bonne volonté - comme acteur - mais on sent qu'il voudrait être plus lourd qu'il ne l'est. Plus grave : il porte en lui une sorte de vulgarité. Il me semble que Brad Pitt était un Achille bien plus convaincant (sauf dans quelques scènes, je pense à la rencontre avec Peter O'Toole) dans Troie, et j'ai souvenir du surgissement de Russell Crowe dans Gladiator... C'est d'autant plus regrettable que le reste du casting me semble à sa place (Jolie est bien comme tout, Kilmer étonnant, Hopkins à son aise...).
Du coup, les scènes "dramatiques" ne marchent pas souvent. Mais Stone est un pro, et quand ça décolle, ça marche avec une puissance... redoutable.
Il y a de quoi s'interroger sur le thème de la "bataille au cinéma". Se souvenir des grandes ouvertures de portes que furent les scènes d'ouverture de Saving Private Ryan et de Gladiator, puis des masses en mouvement chez Jackson pour Lord of the Rings. Ici, la bataille contre les Perses est redoutablement efficace. Stone connaît son affaire, et s'engouffre par les portes précitées. Chaotiques, sanglantes, graphiques, les armées qui s'entrechoquent génèrent chez les spectateurs ce qu'elles doivent générer : fascination, jouissance ET horreur/dégoût. J'avoue ma perplexité devant ce genre d'émotion...
Passé une demie-heure dans les skyblogs, en suis sorti dans un SALE état. Quel chaudron !

Solitude pendant deux semaines. Regarder : Les Amants de la Nuit (Ray), Amarcord (Fellini), Misfits (Huston), Ghost in the Shell II, The Cardinal (Preminger), Balthazar, et Mouchette de Bresson...
Que dire, face à un homme visiblement très fier de garer sa décapotable rouge ?
Au parc municipal, observé la grosse tondeuse à gazon comme gourmande de tout ce bon trèfle, qui m'a semblé, du coup, pour elle, gras, copieux, appétissant.
Les enfants qui savent à peine marcher, que l'on conduit au parc, jouer, faire du toboggan. En fait : apprendre la typologie des autres enfants d'humains, la brute épaisse, le sournois, l'imbécile heureux, le petit gros, le gavé de télé, la nunuche, la décideuse, le casse-cou. Tout un bonheur...
Comme ce sont les vacances, je n'entends que des histoires d'accidents : le papa qui s'endort au volant et tue ses deux enfants (pas attachés, à l'arrière) me terrorise comme les contes terrorisent les petits enfants. Seules les personnes sensées ont peur de monter en voiture.





Le peintre ne peint pas sur une toile vierge, ni l'écrivain n'écrit sur une page blanche, mais la page ou la toile sont déjà tellement couvertes de clichés préexistants, préétablis, qu'il faut d'abord effacer, nettoyer, laminer, même déchiqueter pour faire passer un courant d'air issu du chaos.

Ce n'est pas trop brillant. Je relis des entretiens avec Yourcenar, une nouvelle de Fitzgerald, un tome de Soixante Dix s'Efface de Jünger. Je regarde : Ghost in the Shell II, et c'est raté, malgré quelques images étonnantes.
J'écoute La Complainte de la Serveuse Automate, par Fabienne Thibeault. Elle voudrait cultiver ses tomates, et elle m'attendrit beaucoup. Eurythmics, Here Comes The Rain Again, qui m'a toujours étonné avec son alliance improbable de synthétiseurs new-wave et ses arrangements de cordes. Bon. Je viens de découvrir Le Printemps à Paris de Jacqueline Taieb avec une flûte pas possible.
J'essaie de trouver une bonne chanson de Coldplay. The Scientist est un crescendo balourd sans idée. Speed of Sound a un peu plus d'ampleur mais ne décolle point. Low n'est pas bien brillant (et qu'est-ce que c'est que ce bassiste ?). Clocks est fade. Talk, on dirait du Duran Duran. Tiens, je finis par Trouble, slow parfait. Voilà, bon, tracez un triangle, dont voici les trois points : Barclay James Harvest, Simple Minds, Duran Duran. Rapprochez les trois points. Vous avez Coldplay.
Tout à la poubelle, et voilà pour eux.
Ah ! Je cherche ! J'ai faim de musique ! Epple, de Royksopp, me fait rire et danser (ils sont fous). J'écoute des Felix da Housecat (qui lui, a souvent des idées), dont Cyberwhore (!), empilement gras, ou la dance sèche de Miss Kitten (Rippin Kittin), d'une allure intéressante.

"Oh ! Oh ! Je danse ! ..."
Coup de foudre pour les nouvelles de Paul Morand (Ouvert la Nuit) : une prose pleine de jus et d'invention. Ecoutez la première phrase de La Nuit Catalane :





Ernst Jünger : Eumeswil


Quelles sont les "formes basses de la gaieté" ?
Dans la presse, on parle souvent de "l'homme le plus influent de". A chaque fois, je me méfie. Le plus influent du cinéma, du monde politique américain, d'Internet, du commerce mondial, de l'édition, patati, patata, il y a toujours un "l'homme le plus influent de". Mais c'est jamais le même...
Pourquoi "localiser" un blog, une page web ? Les visiteurs de ces lieux ne savent point d'où j'écris. Et alors ? Il faudrait développer, mais je pense simplement qu'un lieu comme cette page existe... sur le réseau. Point.
Absolument toutes les stars, vedettes, personnages des médias et autres imbéciles heureux affirment, dans tous les cas : "Quand j'étais petit je détestais l'école". Et aussi : "Mes parents ne voulaient pas que je fasse ça, et me disaient de faire un métier plus sérieux". Ha ha ha !
Faire une page "Obéissez !".

Les humains attrapent quelque chose à quarante ans, dans leurs traits. Quelque chose, de mou, se durcit. Ici, Mathilda May a, je dirai, enfin trouvé son visage. Quelle belle photo !
Il y aurait un article à rédiger sur la "fausse bonne ambiance imposée" dans certains forums, sur le net. Il faudrait que je m'arme avec les textes de Watzlawick ("soit spontané !"). C'est un très agaçant exemple de situation kafkaïenne.
Discussion avec une adepte de "Weightwatchers", cas typique de la mise en chiffre du monde. Toute nourriture est notée en... chiffres. Il ne s'agit plus du tout de manger moins, de diminuer les quantités, mais de diminuer les POINTS.
Comment caractériser "trop d'empathie" ? Est-ce une maladie possible ? Quelles en sont les conséquence ? Où sont les seuils ?
Toujours aussi effaré, par les loisirs des hommes qui sont liés aux moteurs. Avion de tourisme, ULM, motocross, etc.
Faire une liste des gros livres que j'aimerais acheter. "Dictionnaire Historique de la Langue Française". "Si les Lions pouvaient Parler" (sur la condition animale). Le coffret du "Roland Furieux". Milles et une Nuit.
Faire un liste des gros livres que j'aime beaucoup avoir dans ma bibliothèque. De tout Shakespeare en anglais à mon gros Plutarque. L'Anthologie Mondiale de la Stratégie. Les Découvreurs. Belle du Seigneur. La Kolyma de Chalamov. Les Nouvelles d'Hemingway. L'anthologie de Nietzsche. Don Quichotte. Guerre et Paix (trois volumes). Flannery O'Connor. La trilogie du Hussard de Giono. Le Monde etc de Schopenhauer. Et les lettres de Lou Andreas Salomé et de Rilke.
Oui, bon, je sais, c'est bête.
DVD : Les Amants de la Nuit, sur un bon conseil.

Faire un topo sur la reverb utilisée artistiquement, en musique. J'écoute Rachel's Song, de Vangelis, Blade Runner, dont le décor musical est une suite de gouttes réverbérées. Une goutte (un point) dans la reverb, ça devient... un trait.
Je me souviens de m'être posé ce problème quand je faisais de la musique. Choix possible : piquer une note courte et mettre une reverb pour l'allonger dans l'espace, ou mettre moins de reverb et mettre une noire à la place d'une double-croche...
Plus précis : si vous avez tel tempo, une mesure dure autant de secondes. Régler la reverb pour 1/ que le son "reste" dans la mesure 2/ que le son "déborde" sur la mesure suivante, créant ainsi une sorte de halo global.
Exemple : Olancha Farewell, de Harold Budd, simple jeu de notes dans la reverb, dans TROP de reverb. Brouillard.
Le "coup classique" : mettre une longue reverb (10 secondes), frapper une note ou deux et laisser résonner dans le vide. Impression visuelle d'espace (cathédrale ? grotte ?), graphique ("ici, je n'ai rien que la trace de ce qui a sonné avant"). Et puis, tout ce que cela peut évoquer (appel ?). Exemple : The Gunfighter, de Budd, toujours (l'album Lovely Thunder).
Cf (dvper). Eno. Schulze. Oldfield. Roach. Peter Gabriel. Art of Noise.
Opus 4, d'Art of Noise. Voix mécaniques emmêlées, et qui jouent avec la reverb (avec/sans). Ce groupe a toujours bien travaillé avec la reverb. Ecouter le premier cri LEGS ! dans le morceau du même nom. Le mot s'entend pendant environ 10 secondes ! Ou la caisse claire dans Instruments of Darkness (avec/sans, 3'00").
Pour aller dodo : Manquait plus qu'ça, de Sandrine Kiberlain. C'est très drôle, et très bon.
