
Le Robert - Dictionnaire des Expressions et Locutions





J'écoute "Cosmic Country Noir" (c'est quoi ce titre ??) de Stereolab, du plaisir bon comme du suc' candy ! Toutes les trentes secondes, on dirait qu'ils changent de morceau... dans le même morceau. Derrière, je jette beaucoup de choses (Piers Faccini, qui fait bien des poses, Girls in Hawaii ou Electrelane, insuffisants). Je m'aère avec Colin Towns - Full Circle (Main Theme), une perle de musique d'horreur, fausse gymnopédie un peu inquiétante... Trouvé enfin un Coldplay qui se tient (un peu) : Beautiful World. Mais c'est trop court. Every me Every you des Placebo me plaît : bonne énergie. Mélodiquement paresseux, mais c'est une belle course rock.
Je rigole avec le You Spin Me Round des Dead or Alive, le son "Gothico SAW" qui, à son époque, était bien frappant avec son allure d'hymne des pistes. C'est tellement TROP que c'en est fascinant...
N'en croyant pas mes yeux : on trouve sur le Net (ici) le texte complet des textes entomologiques de J.-H- Fabre. Ouah !!
DVD : Le Château du Dragon de Mankiewicz, avec le jeune Vincent Price (aristocratique raide, étrange) et Gene Tierney. Beaucoup d'aisance et de plaisir. Et puis il y a un château, un orage, une lettre, un tableau/fantôme, une tour, de la neige, et une servante boîteuse...
DVD : Cléopâtre, de Mankiewicz toujours. Je regarde, et je rigole, j'ai un peu honte. Rex Harrison en César désinvolte, face à Liz Taylor en petite boulotte qui fait des mines : impossible d'y croire une seule seconde. Je vais de chapitre en chapitre, honteux et affligé. Stop.

Elle me touche, cette dame qui regarde l'eau. Elle est un peu triste non ?
Parfois, on n'est simplement pas à la hauteur. C'est bien désagréable, et agaçant comme une dent fêlée. Que faire. Rien. Attendre un signe ? Dans mon kharma il y a "décevoir".
"Génial" : Pour les nouvelles générations, tout ce qui apporte un peu de plaisir, par n'importe qu'elle composante, est dit "génial". Il devient difficile de qualifier ce qui est VRAIMENT génial (c'est à dire, "digne d'un génie"). On peut constater le même phénomène avec le mot "très". Ce qui avant était "très bien" est devenu "trop bien", trop cool ou trop marrant, ceci étant probablement dû à une sorte d'usure du mot "très". Ainsi, ce qui était intéressant, passionnant, original ou très bien, c'est maintenant "génial", ou, si on combine cette inflation : "trop génial". Ce qui me conduit à dire aujourd'hui : que dira-t-on demain ?
On peut faire faire à peu près tout ce qu'on veut à quelqu'un qui n'est pas très fûté (ou au "romantique", ce qui est un cas particulier) en lui disant : T'ES PAS CAP'.
Suite à un article du Monde sur les chrétiens américains, je me suis retrouvé sur http://www.family.org/, site qui, après un peu de lecture, provoque en moi une grande nausée. Ce peuple sera bientôt mûr pour une dictature telle que le règne de Bush fils sera un eden démocratique. La question est : où faudra-t-il s'enfuir ?
Je regarde, plus ou moins désolé, le DVD du Live au Budokan de Dream Theater. Le sentiment qui se dégage est très net : à part le chanteur, qui est quelconque, nos bonshommes sont de sacrés techniciens. Tout y est, dans le style heavy metal progressif à la Yes. Mais il manque quelque chose - dont on peut se passer, j'en conviens - mais qui pour moi donne un goût de flotte à l'ensemble : ces gens là ne savent pas se servir de l'harmonie (et tout ce qui s'ensuit : tension harmonique, modulations, majeur/mineur, etc). Que l'on s'entende bien : ils savent ce que c'est, mais ils s'en servent avec... désinvolture. Pour moi, c'est vraiment comme s'ils savaient construire une fusée (belle, brillante, grande, différente, même), mais ne se rendaient pas compte que ça pouvait s'envoler ! J'engage le fan de Dream Theater à écouter cet album puis le Close to the Edge de Yes, en comparant le travail harmonique...
Tout seul pendant encore une semaine. Me suis fait un gros plateau (cassoulet majestueux + 1/2 bouteille de Bergerac) devant l'Abécédaire de Gilles Deleuze). De J à M : bon repas et beaucoup de rires avec le philosophe, qui parfois semblait me parler ("manger seul") ou lire dans mes pensées ("quoi de plus abject qu'un bon vivant ?"). Touché quand il parle de Faulkner, de Tchékhov. Magnifique explication de Kant. Jubilation sur la "fatigue", ou sur le Vieux (celui qui, simplement "est"). Quelle bonne soirée !





Journée bien triste, heureusement illuminée par la lecture de Proust. Evocation du Bois de Boulogne, de la lumière de l'automne, de Mme Swann dans les rues de Paris. Quelle sensibilité !
Troisième DVD des entretiens avec Gilles Deleuze (jusque la lettre P). Le bonhomme, curieusement, semble rajeunir, s'aiguiser. De plus en plus souvent, je suis frappé par la pertinence du discours, de la ritournelle (de Bartok/Malher à la territorialisation) au rôle du professeur. Extraordinaire discours sur l'idée de l'Ecole ou du Mouvement philosophique (se réconcilier avec sa solitude).
Deleuze a, outre ce côté synthétique qu'il a sans doute acquis en tant que philosophe/professeur (sa façon de "donner des exemples", sa façon d'expliciter sa pensée en deux ou trois points), a vraiment un côté effarant : on dirait qu'il parle à vous-même. Ma jubilation, conséquemment, est intense.
Grande envie de relier les cours de Deleuze avec Richard Pinhas, musicien dont je connais bien les travaux, et qui a assisté à ses cours... Deleuze lisait Le Voyageur de Nietzsche, sur un album de Pinhas...
Sur la musique populaire, question fondamentale : "Qu'est-ce que ça apporte de nouveau ?".
Passionnante (comme toujours) interview de Brian Eno dans Le Monde, ici.
Je m'amuse avec les stéréogrammes. Tentez de voir ce qui nage dans l'eau : ici. Ou ce superbe cheval. Chercher : "Stereogram" ou "stéréogramme" sur Google.

Joie, et challenge. Je me suis procuré le coffret Criterion de Fanny & Alexandre, de Bergman, qui contient 5 DVD, la version cinéma du film ainsi que la version TV (312 mn, soit plus de cinq heures). Je m'en régale d'avance, comme un enfant. C'est multizone, mais hélas les sous-titres sont en Anglais. Je pense y arriver en parties d'une heure, et je commence... ce soir.
Même si je ne m'y tiens pas toujours, je commence à réfléchir à mon voyage d'hiver - littéraire, s'entend : quoi de plus emmerdant qu'un "vrai" voyage ? J'ai ajouté à la pile chancelante de mes livres... des récits de Kipling, mais surtout les récits d'enfance de Tolstoï. Pas question d'attaquer Guerre et Paix ou Karénine de front. Il va falloir que je trouve une bonne biographie du bonhomme. En attendant, j'avance un peu plus vite dans Proust. C'est l'été : faut-il regarder Lost à la TV ou lire "A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleur" ?
Donc : le narrateur - encore bien jeune - nous envoie un flot de réflexions sur sa déception face au récital de la fameuse Berma (on dirait du Thomas Bernhard !), puis passe à un repas avec ses parents et un diplomate, M. de Norpois, qui la veille dînait chez les Swann, et discute avec Marcel de l'église de Balbec. Quoi vous n'y comprenez goutte ? Quand on est plongé dans le flot, toute cette prose "roule", s'emboîte, et lire devient un régal.

Je repense aux réflexions communes à Faulkner et de Tchékhov : lorsqu'on écrit, faut-il explorer le monde et des tas de choses qu'on ne connaît pas (afin "d'alimenter la machine" ?), ou faut-il juste décrire ce que l'on connaît ? Faulkner a fait l'un (jusqu'à vouloir faire la guerre, devenir aviateur), puis l'autre : se fixer et décrire son comté (qu'il nomme Yoknapatawpha).
Sur ce principe, si je devais écrire un roman, je le baserais sur une journée extrêmement détaillée.
Comment raconter une telle journée ? Le "narrateur omniscient" est exclu. Dès que je lis "Il pensait que" je lève un drapeau : comment peut-on savoir ce qu'il pensait ? Le monologue intérieur me plaît toujours. Ou bien : jouer à fond le behaviorisme. Comprendre les pensées d'un personnage en examinant ses actes...
"Indulgence", sorte de qualité modeste, qu'on aime posséder, peut-être plus encore que la trouver chez les autres.

Peu courageux, j'ai fini par regarder La Dame au Petit Chien, film Russe édité par Ruscico, surprenant par bien des aspects. Je replonge dans Tchékhov et Yalta. Parfois le jeu de nos acteurs est bien exagéré, mais l'atmosphère tchékhovienne est très présente (la fin est très réussie, et la petite musique "Il doit bien y avoir une autre vie"). De longs passages sans dialogue ni musique rendent le film étonnamment moderne. J'aimerais bien revoir Les Yeux Noirs.
Deleuze distingue les Ecoles (par exemple : le Surréalisme - L'Ecole avec des règles, des chefs, des tribunaux etc) et les Mouvements. Voici ce qu'il dit sur un des rôles du professeur : "Le rapport qu'on peut avoir avec des étudiants, c'est leur apprendre qu'ils doivent être heureux de leur solitude" (c'est moi qui souligne). Ils se sentent seuls, et aiment, pour cela, les Ecoles. Et non, dit Deleuze ! (DVD 3, 70'00" environ, Chapitre 8) :
"Moi je voudrais pas lancer des notions qui fassent école (...) mais qui deviennent des idées courantes, c'est à dire maniables de plusieurs façons. Or ça ça peut se faire que si je m'adresse aussi à des solitaires, qui vont tordre les notions à leur manière, s'en servir comme eux ils ont besoin".
Voilà, à mon goût, quelque chose de très important.
Comme l'Abécédaire existe en Anglais, je recopie in english :
"The second aspect is a bit the same: rather than introduce notions that would constitute a "school," he wanted notions or concepts that circulate in the course. Not that these become something ordinary, but of common use, that can be manipulated in several ways. That could only occur, Deleuze says, if he addressed this to other solitary people who will twist these notions in their own way, use them as they need them. So all of these notions relate to movements and not to "schools."
On peut dérouler en s'amusant, puisque dans le numéro du Magazine Littéraire sur Deleuze, on trouve un article d'un Américain qui explique qu'il ne compte plus les analyse deleuziennes, rhizomes et autres déterritorialisations proliférant dans bien des textes (le DJ, par exemple, avec ses platines, est un "déterritorialisateur de musiques", hi hi !). On peut tordre, comme dit Deleuze, ses concepts pour S'EN SERVIR. Par exemple, certains ont pu voir la rencontre amoureuse comme une "double déterritorialisation". Ce qui, ma foi, me semble assez juste, pour le coup...





"Il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour", dit La Rochefoucauld.
Et c'est bien vrai. Et je pense qu'on peut maintenant "transposer" ce constat sur les artistes. On voit des "artistes" partout (on aura bien du mal bientôt à trouver un homme, dit Cravan), une grande masse qui n'est faite (presque) que d'imposteurs, des soi-disant artistes (dit-il, pensais-je) qui sont animés par autre chose que "j'ai quelque chose à dire que personne, jusqu'ici, n'a dit". Les raisons sont multiples, facilitées par l'époque et la technique, facile à lister :
...parce que je veux être connu, parce que je veux passer à la TV, parce que c'est cool, parce que "Je ne suis pas comme les autres" (rien de plus répandu que l'idée qu'on est pas comme les autres), parce que l'incomplétude m'accable (il faut bien que autre chose existe, quelque chose me manque, mais quoi ?). Etc.
"Il y a des gens qui n'auraient jamais été artistes s'ils n'avaient jamais entendu parler des artistes".
La technique facilitant beaucoup de choses, de nombreux pseudo-artistes arrivent très rapidement à produire quand même. S'il me paraît difficile de s'improviser sculpteur ou romancier, on trouvera très facilement de faux poètes, photographes ou musiciens, etc.
Descendons encore. Si ce "produit" artistique correspond à l'air du temps, cela peut très bien marcher. Quel terrible monde... :-)

Sylvia Plath est une poétesse américaine, suicidée en 1963 à l'âge de trente et un an. Ses Journaux sont publiés en un volume NRF "Du Monde Entier", chez Gallimard. Ce n'est qu'au milieu de ce gros volume que je l'ai laissé tomber, envahi d'une trop grande nausée, dont j'ai mis du temps à déterminer la source.
Le Journal de Plath est épuisant, c'est une velléitaire type : elle VEUT être artiste, mais elle ne sait pas trop quoi dire, ni comment. Alors elle veut tout le temps. Elle se torture avec ça. Elle dit : "Ça Va Venir. Si Je Travaille.". Elle veut se tordre, s'imposer quelque chose à elle-même, jusqu'à un jour, enfin, elle va y arriver, devenir enfin une artiste (c'est à dire : publier). La lire conduit à un agacement de plus en plus considérable : on a tout le temps envie de lui tapoter sur l'épaule et de lui dire de laisser tomber.
L'artiste travaille; il lui arrive bien sûr de s'interroger sur son art, son bien fondé, ses méthodes, etc. Mais bon, il bosse, il peint, il fait des films, il cherche. Mais cherche-t-il "ce qu'il pourrait bien raconter" ? En fait, rien ne m'agace plus qu'un pseudo-artiste velléitaire. Pourquoi ?
Je dénomme Syndrome de Sylvia Plath la maladie qui affecte ces pseudos-artistes.





Quand quelqu'un me dit "T'es pas cap", ma méfiance bondit et un mur de cinq mètres de haut me coupe de cet interlocuteur-là. Je réponds "Non je suis pas cap". Ensuite, je lui tourne le dos et m'en vais.
Fini L'Abécédaire. J'aimerais beaucoup savoir ce qu'est devenue Claire Parnet.
Mon hébergeur m'indique que cette page, par exemple, a été visitée 305 fois depuis un mois. C'est un peu troublant. Heu... Bonjour tout le monde ! :-)
Ma page Koan Jet (qui était, un peu, comme ce Journal, mais exagérant) reçoit dans le même temps 70 visiteurs, puis 24 pour la première partie, 11 la deuxième, 7 la troisième. Mise en chiffre, oui, qui veut surtout dire que ses lecteurs n'aiment pas beaucoup ça :-)
Je viens de regarder 1h30 de Fanny et Alexandre. Je me débrouille avec l'anglais. Si trois ou quatre mots m'échappent, je reconstitue avec-le-contexte. Bergman, dans ce film, donne le vertige. La version longue permet de découvrir des scènes magnifiques (le père qui invente une histoire aux enfants avec une petite chaise). Tout est divinement dialogué et semble s'emboîter avec précision, aisance, du plus trivial (l'oncle péteur) au plus nuancé (les signes de la mort qui rôde, certains regards). Le travail d'acteur est remarquable, et on peut s'émerveiller de la façon dont sont menées les longues scènes à plusieurs tonalités (l'amour, le désir, la gêne), dont la musique vient de l'intérieur du film (carillon, chants, piano). J'adore, moi, ces grands fleuves - comme aussi Le Guépard. Ces deux films ont une facette commune : une délicatesse à la Tchékhov, la tristesse dans les fêtes, l'exaltation et les renoncements, regrets, sourires, une certaine polyphonie. Yopla !





Infortuné, je choisis d'arrêter de regarder Fanny et Alexandre, le personnage du pasteur est bien trop insupportable, et l'abus de pouvoir d'un religieux sur des enfants m'est intolérable.
Rencontré trois fois dans la même semaine cette idée que, dans un couple, la femme est animée par une forme d'indulgence envers ce qu'Albert Cohen dans Belle du Seigneur appelle la "cochonnerie" de l'homme. D'abord dans Proust (voir le scan plus haut), puis dans Fanny & Alexandre (deux scènes magnifiques : le mari volage qui retrouve sa femme - qui sait / la dispute avec l'épouse Allemande - qui comprend), et enfin dans une amusante interview de Nathalie Rykiel qui affirme "Si la femme est rassurée, elle est capable de tout".
D'ailleurs, Shakespeare fait mieux que tout le monde, et place une chanson dans la pièce Much Ado About Nothing :

Feuilletant le Ciné Journal II de Serge Daney, je tombe sur un entretien avec Bergman (très drôle, d'ailleurs), puis sur le texte de Daney sur Fanny & Alexandre, que je scanne ici. J'admire beaucoup son esprit de synthèse, son côté sûr et percutant. Il y a toujours de quoi être fasciné par quelqu'un qui a autant creusé un domaine...
Je sais j'utilise trop le verbe "fasciner".


DVD : The Last Waltz, ce genre de DVD qu'on a depuis des années sans l'avoir regardé. Je ne l'avais jamais vu. Surprises partout. Le visage de Robbertson. Les interventions des invités, pour quelqu'un qui est né dix ans trop tard, font un curieux effet. La bonhommie charismatique de Muddy Waters. Van Morrison, qui a l'air d'un psychopathe serré. Il y a de quoi être foudroyé par la beauté et le port de reine de Joni Mitchell. Le rayonnement d'Emmilou Harris. La sublime voix de Neil Diamond, avec un look de maquereau californien revenu de tout. L'extrême perfection des Staple Singers. La désinvolture pro de Clapton. Le feu intérieur splendide de Neil Young. Et Dylan qui vient tout saboter, hors du coup, comme un loup chez les agneaux. Le final un peu foireux, comme il convient (tout fête possède son moment foireux, non ?).
Trop d'empathie.
- Ne veut déranger personne.
- Donc : ne pas se faire remarquer ?
- Ne téléphone jamais ("sonner quelqu'un ? quelle idée !").
- Se met toujours "à la place de".
- Déteste les farces.
- Prendre garde à ne jamais faire perdre la face de son interlocuteur.
- Avance masqué.
- Mentir par empathie ?
- Double contrainte liée à l'empathie ?
- Paralysie par trop d'empathie ?
- Essaie, en présence des autres, d'effacer ses propres différences (syndrome de Zelig ?).
- Fait semblant pour ne pas gêner.
- Types d'empathie.
- Fin de l'empathie : limites, seuils. Au delà des seuils, empathie impossible. Chercher ces seuils.





Scène vue dans plusieurs films de Bergman : une femme se regarde dans la glace, un homme apparaît derrière elle, ils se regardent ensemble dans le miroir...
Il s'en sert de façon très cruelle dans Cris et Chuchotement, le docteur (et ex-amant) expliquant, dans le miroir, à son interlocutrice comment elle s'est enlaidie, et comment elle a vieilli...
S'amuser à trouver les pages qui pointent vers... ma page.
Liane-vers-JP : http://www.anniestrohem.com/journal5/archives/000627.html.
Le photographe qui dit "Moi je ne fais que du noir & blanc".
J'écoute Jaco Pastorius & Joni Mitchell - Hejira - Black Crow, chanson comme venue d'un autre temps, dessinée sur des hachures (guitares), avec une basse-personnage, et sur (ce que j'adore) des tonalités qui glissent tout le temps. Chanson sur plateaux, étrange, où flottent indépendantes des guitares Frippones. Je continue avec eux : Joni Mitchell & Jaco Pastorius - Hejira - Amelia, de la dentelle, presque immobile, frôlements, petites touches, couleurs qui changent comme sous la course des nuages.
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Black Crow There's a crow flying
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Bonne soirée possible de solitaire. En buvant du vin de Corbières, lu une interview de Joni Mitchell par... Elvis Costello, puis mangé devant un concert de Steve Hackett, guitariste du vieux Genesis. Mangé une glace. Et je me fous de ce qui "passe à la télé". Na !
Comme dans The Last Waltz, je suis très respectueux devant les batteurs qui chantent. Jouer de la batterie, c'est tout de même pas rien (c'est, en fait, faire quatre choses à la fois). Alors chanter en même temps...
Le problème d'Hackett, c'est qu'il a un passé fabuleux (fabuleux : digne d'une fable ?). Dans son concert, les morceaux récents sont loin en dessous des monstres des années 70, plus complexes, fracturés, riches, rigolos, jouissifs, le tout à la fois.
Costello raconte qu'il avait chanté des chansons récentes à Mitchell, que des chansons d'amour (car il était dans ce trip-là), puis explique que Mitchell était morte de rire. Elle, elle venait de divorcer :
Sur le mode de Spielberg et son scénariste font la liste de tous les lieux communs des "films dans lesquels la terre est attaquée" (Manhattan dévasté, monuments détruits, généraux discutant devant des cartes, bulletins TV paniqués) et qu'il ne mettront pas, donc, dans La Guerre des Mondes... Exercices de journaliste. Sur un thème donné, faire la liste des lieux communs, et s'interdire d'utiliser les mots dans l'articles. Les Rolling Stones ? Dinosaures du rock. Chloe Sevigny ? L'égérie du cinéma indépendant américain (Vous ne me croyez pas ? Tapez "chloe sevigny égérie" dans Google... "rolling stones dinosaures" donne 617 réponses).
Cette page du mois est trop longue.

Ce n'est pas Chloe Sevigny, mais Marilyn Chambers dans Behind the Green Door...

Voici. J'ai trouvé cette photo bizarre sur le web. Le titre semblait indiquer qu'il s'agissait de ces superballes qui rebondissent partout. Oh ! Ressemble fort à une photo truquée. Et puis : envoyer 50.000 superballes dans les rue de (par exemple) San Francisco, c'est une idée trop, trop, heu...
Truquée, sans doute !... Mais la vidéo est en ligne : ici.
Je vais chez Ed Wood (pas le réalisateur, le faiseur de page français -> et sans doute la meilleure page perso de France) - pour lui piller des idées musicales.
White Stripes m'ennuie (mais j'en ai gardé quelques uns sous le coude). Roisin Murphy m'ennuie (mais Ramalama est quand même rigolo - sans plus). Stephen Malkmus, vraiment nul. Xiu Xiu : on dirait que j'ouvre un coffre-à-fous (je mets de côté). Le Goretex Weather Report, de Shining, est assez impressionnant, dans la famille des "machines hurlantes Crimsoniennes". Une science du contraste effarante, mais un côté flottant qui ne me convient qu'à moitié. Sleater Kinney ne m'impressionne pas une seconde. Futureheads encore moins. Fiery Furnace ("Here Comes the Summer") me fait enfin lever les sourcils : de la joie, de l'énergie, des idées musicales, des surprises : c'est Noël ! Merci M. Ed Wood...
DVD : Atlantic City, de Louis Malle, avec Burt Lancaster (parfait).
Je suis retourné dans ce parc, près d'un monastère, ouvert uniquement le dimanche, et le plus souvent désert. J'ai toujours senti cet endroit étrange. Un endroit maléfique, mais à dose ténue. Endroit habité. Quelque chose vous surveille. On se sent attentif, en éveil comme à la possibilité d'un danger. Avec votre raison qui dans le fond vous chuchote que ce genre de fantôme n'existe pas, allonnnns. C'est comme le pied qu'on ne laisse pas pendre du lit : il n'y a pas de monstre sous le lit, mais tout de même...
Ça fait quelques jours que je rôde autour de Rilke, et puis ce matin, double déclic : émerveillement devant les Cahiers de Malte. Puis trouvé un passage qui me rappelle une facette, un morceau de vie. C'est extrait de la correspondance entre Rilke et Lou Andréas Salomé, parue chez NRF. Rilke écrit en 1903 :

DVD : Speed, j'adore. Excellent film d'action. Moi je marche., j'adore.
Tout un paquet de photos sur le lâcher de balles à San Francisco : http://www.flickr.com/photos/sepiatone/sets/720725/.
J'écoute T. Fehlmann - LOWFLOW - Goldharr, me trouble comme un Pinhas. Balbutiements de machines sur tambourin, décors lisses sertis de surprises. Chapeau. Je zappe derrière des dizaines de morceaux de Future Heads, Bloc Party, Savy Fav, Sleater Kinney, qui ont tout sauf ce que je désire. Intermède avec Wim Mertens (Struggle for Pleasure, course à la Phil Glass, ou Close Cover, pour l'automne. Ah c'est pas encore l'automne ? Mince...).
Je reviens sur Be Wild, des M83, comme un prolongement de l'album East & West de Richard Pinhas.
DVD : Les Tziganes Gagnent le Ciel.
Me suis procuré un petit paquet de "Magazine Littéraire", dont un sur les Passions Fatales (chapitres sur la "jalousie chez Proust"), qui, entre Wilde et Werther, me documente un peu sur certains excès...
Tout le monde semble adorer Oscar Wilde, mais pourtant, ses aphorismes sont un peu faciles (et souvent extraits de romans où ce sont des personnages idiots qui les récitent), et sa vie me semble un exemple remarquable d'échec (ou comment - par nihilisme romantique ? - ne pas savoir jusqu'où ne pas aller trop loin). Wilde aurait dit à Gide, par exemple, qu'il voulait un peu de malheur. Et bien... il a été servi !
Et http://tubulamarok.free.fr/, c'est tout de même une sacrée page perso, et pleine de bonne colère...

DVD : Constantine. Tout le monde me dit "bof", c'est bon signe non ? C'est beaucoup mieux que ça. De l'efficacité et de l'humour sec, des bonnes idées partout (dont un ange Gabriel interprété par Tilda Swinton - indice de bon goût).
