





En faisant mes recherches sur la fécondités des limites, je retrouve cette idée :
- Kundera fait dire dans un roman à un de ses personnages que la dernière aventure de l'homme occidental, c'est de vivre en couple et de tenir.
- Yourcenar dit dans ses entretiens qu'il faut être très romantique pour oser faire appel... à la raison.
- J'ai lu plusieurs fois qu'on avait constaté que les enfants qui étaient "dans les jupes de leur mère" donnaient des adultes plus équilibrés et plus dynamiques.
- Boulez affirme dans plusieurs entretiens que la transe musicale la plus forte (il me semble qu'il parlait du Sacre du Printemps de Stravinsky) ne s'obtenait pas par la transe du chef d'orchestre et des musiciens, mais par le travail, la discipline et la précision. Je vais essayer de retrouver le texte...
- Tous les textes sur la fécondité des limites semblent dire que, dans le cadre des limites fixées ou que l'on s'est fixé, on est encore plus libre.
Il y a là un territoire - c'est encore une "troisième voie" - que je voudrais encadrer encore plus largement, mais je ne sais comment faire. Quel est-il ? On pourrait dire : "Une fois placé à l'intérieur d'un territoire défini par certaines limites, on est bien plus libre que sans". Non. "La qualité de création est plus grande dans un cadre limité qu'en espace ouvert". Non. "Les renoncements auxquels on est confronté dans un certain cadre... sont source de plus de satisfaction que dans l'absence de cadre". Non. "Les limites doivent être créees pour féconder autre chose, un approfondissement, des idées d'un autre type, une exploration plus subtile". Pfff...

Je m'amuse, dans les vieilles BD, à trouver les bulles inutiles. Regardez Sylvette : Elle ne dit rien que ne dit déjà le dessin. On peut prendre des pages entières et enlever les bulles...
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DVD : Les Oiseaux (ou plutôt "The Birds" : seul le Zone 1 est en Cinémascope). Tippi Hedren, qui ne me fait ni chaud ni froid en photo, se révèle absolument craquante en mouvement. Je suis amoureux.
Je travaille en rigolant à une page sur mon iPod.
J'écoute : Swing Out Sister, mais je m'ennuie un poil, sauf sur You On My Mind, assez dynamique malgré les découlinades d'arrangements. Mais ils sont combien ? :-) J'ai un peu la nausée, et je jette le reste. Depeche Mode : Precious est habile mais un peu moumou. J'en zappe d'autres en rigolant : des farceurs ont déposé de fausses chansons sur les réseaux. Suffer Well a de quoi lever un de mes sourcils, mais c'est tout. Zut !
Metric





Ça fait bien longtemps que je cherche un groupe de rock progressif récent qui tienne la route. J'en ai écouté des dizaines, toujours des copies de Marillion, de Genesis, des virtuoses vides. Kaipa a quelque chose. Mindrevolutions (25'47" !) est dans mon iPod. J'explore les autres.
Regardant un concert de Joni Mitchell d'un oeil, suis soudain happé par une chanson superbe (Amelia) - je l'avais déjà repéré sur l'album Hejira, puis oubliée.
En concert, Mitchell est seule avec sa guitare, c'est moins "lisse" que sur l'album, naturellement. Frappant : le côté flottant et complexe, les trous sans mots, l'étrange rythme de la voix, la tonalité qui vacille tout le temps. Passaient des images de cette Amelia mystérieuse, aviatrice...
Recherche sur Google et Wikipedia : Amelia Earhart, aviatrice disparue mystérieusement en vol, comme Saint Ex. Une célébrité de l'époque visiblement, plutôt oubliée (never heard about her). Ce visage magnifique :

J'écoute le nouveau Metric, bof, bof, et bof. 4 (Too Little Too Late) : très bien. 5 (Poster of a Girl) : ô joie !
DVD : L'Etrange Noël de Monsieur Jack, avec L. en l'absence de sa petite soeur. Plaisir de regarder un truc "un peu plus pour les grands". Discussion à deux, rigolades, explications sur la Guerre 14 (dessiné un grand axe au tableau avec les naissances des enfants parents et grands-parents). Inquiétudes sur Attila et les barbares. Je lui ai lu le passage de Sainte Geneviève qui sauve Paris :-)
Une des choses importantes à avoir quand les enfants grandissent : un tableau noir.
Ces films sur lesquels je m'interroge : à quel âge montrer Mon Oncle, de Tati ?
Idée d'histoire : une grande bringue d'étudiante, passionnée et intelligente, vient de prendre son appartement, elle apprécie cette indépendance. Tombe amoureuse d'un bellâtre. Première soirée ensemble. Notre étudiante se régale à l'avance. Bellâtre arrive, mais allume la TV. De son arrivée à la fin de la soirée, il est un peu distrait, car il surveille d'un oeil sa série préférée, qui passe en plusieurs épisodes à la suite. Ensuite elle a cet homme pour elle, mais il est bien tard et tout le monde est fatigué. Soirée ratée, mais il lui plaît tellement, avec son air italien. Les autres soirs confirment. L'amour, ça n'est pas se regarder les yeux dans les yeux, c'est regarder dans la même direction - vers la télévision, pense-t-elle. Elle prend l'habitude de ces soirées vides et fatiguantes à commenter avec lui les images qui défilent... Mais il lui plaît tellement ! Ils se marièrent, donc, et tralala.
Idée d'histoire : Le Constructiviste Converti. Un pays est envahi par des barbares, qui veulent convertir le peuple à leur religion. La majorité, romantique, refuse avec beaucoup de pompe - "je ne croirai jamais en votre dieu", lalère. On leur coupe un peu la tête, et voilà pour eux. Les constructivistes, qui ne croient pas en dieu et se moquent d'avoir l'air de ceci ou cela, disent : "d'accord, convertissez-moi, polom polom". Les idiots de barbares semblent contents. Le constructiviste aussi, puisqu'il est vivant, libre comme toujours. Dieu n'existe pas, alors...

Emmené les filles entendre divers madrigaux et autres musiques anciennes Italiennes à viole de gambe ou basse continue à l'opéra : elles se sont bien barbées, et voilà pour moi.
Silent Encounters ?
Sur un site de rencontres, deux personnes se trouvent et décident de... se rencontrer, donc, érotiquement, sans dire un seul mot, silent encounter.

Je m'amuse à chercher le mot "landernau" dans Google. C'est le landernau politique, religieux ou militaire. J'aimerais bien savoir d'où vient ce mot. Il y a bien le Dictionnaire Historique de la Langue Française, que j'ai encore vu ce matin dans un magasin : 60 euros. On verra plus tard :-)...
Double Contrainte : quel que soit votre choix, vous êtes dans une position inconfortable. Et choisir la troisième voix est tout aussi inconfortable.
Je commande des Peanuts et des Gary Larson sur eBay. Deux Dollars pour neuf Snoopy, it's OK for me.
Rentré de la ville sous la bruine, le ciel comme une couverture grise assez lumineuse, bizarrement. Mon iPod me sert "We Have All The Time In The World", de John Barry, tissage d'horizontales et d'obliques en violons soyeux, et je ris beaucoup en marchant le long des voitures immobiles agglomérées devant je ne sais quel feu rouge. Toiles d'araignées emperlées d'eau le long des haies. Ce soir j'ai tué un moustique. Un moustique en Novembre, quoi en Décembre ? Tempêtes ?
Je regarde enfin les versions longues de Lord of the Rings. C'est excellent, mais je regrette un peu de ne pas les découvrir à 15 ans. Il faut un certain sens du casting pour trouver ceux qui incarnent si bien Frodo, Gandalf, Aragorn ou Legolas. J'admire aussi l'aplomb des acteurs pour servir sans rigoler des phrases du type : "I am Isildur de Gondar, king of Cardowyn !". Yesss, My Lord !
Raconté aux filles dans leur bain... le début du Seigneur des Anneaux, l'anniversaire de Bilbo et les Hobbits qui piquent un feu d'artifice à Gandalf.
Amis, que dieu vous protège d'un conjoint qui "veut du changement". Très loin de la sagesse d'orient ("ici et maintenant") ou de Schopenhauer (bonheur = absence de souffrance), on a bien programmé ces humains pour "avoir des projets", "se réaliser soi-même" et autres "un jour on sera heureux". Un jour oui. La grande course au bonheur quand-j'aurai-ci-quand-on-fera-ça, truffée d'"axes de progrès"... Manque plus que des listes, comme dans Bridget Jones. Bref, comme disait l'autre, se demander toujours comment vivre bien (plus tard), sans, jamais, vivre ce qu'on vit. Le problème est culturel : dès que vous êtes bien, vous êtes accusé de stagner, de flotter repus, ou mieux, d'être vieux. Prenez garde à ces mantes religieuses, dirait Cavanna, celles dont l'absence au présent est chronique, parce qu'elles VEULENT.
Je sais, je radote, je me plains souvent de l'agitation des autres, de leur intranquillité. Me rendaient fous les exemples de Watzlawick : "Si tout va bien, alors ça cache quelque chose". Innombrables autour de moi les cas concrets du type "Tout est OK : inventons un problème/une crise". Il est probable que l'humain préfère courir après un bonheur illusoire plutôt que d'apprécier un bonheur réel. La paisibilité est vue comme une tare...
Je radote, parce qu'en errant, je trouve la même idée dans mes propres pages en Mars 2004.

Ce matin le ciel était rouge, puis orange, puis bleu et or. Croisé un trentenaire (probablement dynamique) qui tenait devant lui comme un bouclier un numéro de CAPITAL (c'est écrit en grosses majuscules jaunes). Météo France publie une carte pour Octobre 2005 "Ecart à la normale". La France est rouge, presque tout le pays est à +4 +5 degrés. Le mercredi matin, je passe devant toutes les maisons télés allumées (dessins animés à 8h30 : en fera-t-on des experts en hébétude, ou des dé-concentrés hystériques ?).

Idée d'histoire : Le vieux Al était assis à ne rien faire sur le bord de la route poussiéreuse, devant sa maison, quand passa une voiture pleine de couillons hurlants. Le conducteur klaxonnait comme fou, le passager avant faisait un doigt d'honneur et celui qui était derrière lui montrait ses fesses. L'autre éructait. Le tout soulevant beaucoup de poussière et couvrant le vieux Al d'insultes diverses et variées. Il soupira, replongea dans son livre, puis entendit aussitôt un bruit, un double grand CRAC - il tourna la tête. La voiture avait fauché une vache, puis s'était écrasée en plein sur l'arbre du virage. Dans le calme du soir, Al se leva et devint tout orangé (le soleil se couchait). Une mouche tournait, et dans la voiture, là-bas, on entendait des cris et de l'horreur. Al resta un instant immobile, sans expression, rentra se servir un whisky puis retourna sur son siège, il faisait chaud. La mouche tournait encore, comme pour le prévenir, ou l'embêter. Il lut une dizaine de pages, finit son verre, puis se leva pour aller voir l'accident. Un des idiots était inconscient, ou mort. Un autre criait, vraiment fort, comme devenu fou. Al les considéra un moment. Le conducteur avait la joue arrachée, elle pendait comme un steak et Al pensait on voit ses dents. Le dernier bonhomme gémissait et faisait des bulles avec sa salive, il semblait immobile et furieux, visiblement cassé un peu partout. La vache était plus ou moins répandue sur le capot. L'odeur du sang était forte, les mouches zonzonnaient déjà dans l'ombre chaude, sous l'arbre. Al rentra chez lui, but un autre verre et alla se coucher. Pour les "secours", on verrait demain matin...

Même si cela est vain, je cherche à déterminer les leviers de l'humour de Gary Larson. Parfois, c'est une combinaison de deux choses inattendues - par exemple, un lion dans la savane met une pièce dans un distributeur de gibier (girafe, zèbre, antilope) - par exemple, un ange est assis sur un nuage et dit "J'aurais dû prendre un magazine". C'est (un peu) le cas de l'abeille, dans le dessin plus haut.
Ou bien, il prend un événement et effectue un déplacement de point de vue - par exemple, un oiseau regarde la TV, on y voit un accident d'avion et un présentateur (oiseau) dit "On ne connaît pas encore tous les détails, mais nous pensons que le nom de l'oiseau pris dans le réacteur de l'avion était Harold Meeker".
Parfois, c'est juste de l'astuce. Un requin dans la mer devant une plage crie "Un ours ! Un ours !", et les touristes de se jeter à l'eau dans la plus grande panique...
Parfois, et c'est là sa plus grande qualité, ses dessins ont le "don du Koan", le don de vous arrêter et de vous interloquer. "Détails Laconiques à Longue Portée". Voir celui-ci dessus.
DVD : Douze Hommes en Colère. Voilà ma critique : "C'est excellent ! Je suis épaté !". C'est bon ?
Oh, que Jane Austen est acide ! :
A lady's imagination is very rapid; it jumps from admiration to love, from love to matrimony in a moment.
Jane Austen

Mon iPod. J'espère que ce sera utile à quelqu'un. Envie de faire une page sur Metric. Je compile les informations.



Merci aux lecteurs qui me conseillent des musiques. On me parle de Built to Spill, Wumpscut et Joanna Newsom. M'y mettre.
Trouvé des clips de Metric sur le site officiel : http://www.ilovemetric.com/.
Idée d'histoire : Une "star" du moment de la télévision (genre animateur d'un jeu populaire, ou personnage agité du Loft) rencontre quelqu'un qui... ne regarde pas la télé. Dérouler :
- Décalage conversationnel : la "star" pense que, comme tout le monde, son interlocuteur l'a reconnu.
- Comment se rend-il compte que l'autre n'a pas la moindre idée de qui il est ? Conséquences.
- Etc (j'ai pas le courage).
Aujourd'hui, parlé de pêche, de Garfield et de King Kong avec mon aînée, puis fabriqué avec elle divers avions en papier, qui n'ont pas volé très loin. Conversation sur Marilyn Monroe et son mythe, puis avons regardé la chanson des Diamonds dans Gentlemen Prefer Blondes. Avec tout ça, bonnes rigolades.
DVD : Star Wars III, évidemment. Débauche (comme on dit) de moyens et de spectacle, mais grand indifférence du spectateur, qui observe le tout comme de derrière une vitre, amusé. Déroulement heurté, personnages faux, c'est bien laborieux. Remarquable profusion d'idées pour le visuel, décors et véhicules. Rien ne tient ensemble. Je vois les "perches" que Lucas tisse avec le numéro suivant, celui de quand j'avais dix ans, avec des sentiments mitigés. Alors c'était ça ?
Me suis commandé et attend pour ces jours-ci le Zone 1 de War of the Worlds.

Jouets. Je vais sur un site de vente de jouets. Tout ce qu'il ne faut pas faire, ils le font. J'ai l'ADSL 8 Mo, et le site met un temps incroyable à charger une interface affreuse, illisible et inutile avec clown. Le site me TUTOIE (!!?). Impossible de trouver ce que j'ai vu sur leur catalogue papier. Les photos sont terribles, pixellisées. Hop, je suis parti !
Quel que soit le type de conversation (dispute, échange, politesses, banalité, informations, rigolade), on trouve souvent un "terrain" entre deux humains qui parlent. Il est très rare que les rouages ne finissent pas par s'accrocher puis à rouler. Dans ce cas, chaque phrase tombe à plat. Chacun cherche une façon d'embrayer, mais ne trouve pas. C'est un peu gênant...
Regardé une dizaine d'épisodes de La Panthère Rose avec les filles. Excellent, et rires de bon coeur.
J'écoute Röyksopp. Je lis Jack London. Je regarde American Graffiti. Plaisir de voir les filles rire de joie, en pyjama, regardant le soir la neige qui tombe. Sur le site de Röyksopp, trouvé un étonnant clip avec des maisons qui volent comme des ballons et une blonde rase-bitume (What Else is There ?).
On me raconte la situation bien connue suivante : quelqu'un trouve qu'il perd son temps au travail, dans la vie sociale, et rêve d'être seul pour étudier un sujet, ou pour être créatif (écrire un roman ? peindre ? etc). Et évidemment, lorsque cette possibilité arrive (allez : deux semaines tout seul, au calme), on n'a plus d'énergie, on se traîne, toutes les bonnes idées se sont évaporées ou ne paraissent plus si bonnes. Et on voit arriver à grande vitesse la fin de cette "pause". Ha ha !
Un peu culturellement endormi, je lis les premiers textes de Jack London avec gourmandise. Klondike, l'or, les indiens, la neige...
