
<< faire un feu >>





DVD : Joni Mitchell - Woman of Heart and Mind, qui me touche profondément - et m'injecte beaucoup de mélancolie, accessoirement. Trouver un livre sur elle / Imprimer ses paroles.
Quelques phrases de "Both Sides" :
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Rows and floes of angel hair And ice cream castles in the air And feather canyons ev'rywhere I've looked at clouds that way But now they only block the sun They rain and snow on ev'ryone So many things I would have done But clouds got in my way I've looked at clouds from both sides now From up and down, and still somehow It's cloud illusions I recall I really don't know clouds at all I've looked at love from both sides now From give and take, and still somehow It's love's illusions I recall I really don't know love at all But now old friends are acting strange They shake their heads, they say I've changed Well something's lost, but something's gained In living ev'ry day |
J'écoute avec un sourire méchant un groupe comme Sopor Aeternus. Décalage désastreux entre les intentions (faire intense, dramatique, grandiose ou supertriste) et les moyens gothiques habituels et très (très) insuffisants. Je ressens de la pitié, mais aussi une sorte de tendresse : ils veulent tellement bien faire !
Je voudrais faire la liste, comme chez Bridget, des musiques qui m'ont fait sourire cette année.

Sur mon iPod, déception continue pour Tahiti 80. C'est très "compétent" mais l'étincelle ne vient jamais. Déception totale pour Shivaree, et la plupart des Hooverphonic. Mes trois grandes joies de cette année : Joni Mitchell, Metric, Röyksopp - presque inépuisables. Et puis quelques perles, chez Perry Blake, dans le dernier Brian Eno, ou M83.
"Vivre de rencontres", voilà bien quelque chose qui m'emmerderait.

Living on my guard (guarded)
Wind is on my neck (fateless)
Sun is on my face (have courage)
Beautiful day without you (ah)
Beautiful Day Without You (!) de Röyksopp, forme "course cotonneuse à grandes enjambées", me fait sautiller (vraiment) comme une jeune fille en plein centre ville, ce matin. C'est malin !! La recette, pourtant, est simplissime : ça change tout le temps de tonalité, de forme, et... ça monte. J'ai compris ! Röyksopp , ça ressemble à du AIR d'un seul coup réveillé, dans l'air vif, Air en moins affalé, ou à du MOBY avec de l'huile et plus de légéreté.

DVD : Sin City, affreux. C'est mauvais jusqu'à la nausée, et violent comme tout. Je sauve Marv, joué par Mickey Rourke, pour quelques regards. Vodka Lemon, l'Arménie et la Neige. Désespérant.
J'écoute Mingus, de Joni Mitchell. Clairement : zéro, shit, nothing.
Discussions avec un monsieur (de 20 ans mon aîné, au moins), qui arpente Proust et Napoléon. Voilà qui me semble sympathique. De quoi occuper son temps avec profit (en tout cas plus que le collectionneur de taille-crayons, il me semble).
Je cherche une légende pour le regard de la demoiselle webcam ci-dessous. Voyons... "Je suis folle / Venez chez moi / LOL". Ou bien "Tu n'aurais pas dû dire ça". Ou bien "Tu veux que j'enlève QUOI !?". Ou bien "J'ai un peu bu, ne me faites pas pleurer s'il vous plaît".

j'ai un peu bu ne me faites pas pleurer s'il vous plaît
Idée d'histoire : : un couple marié reçoit pour un week end la meilleure amie de la dame. Mais en fait, le mari et la copine invitée sont devenus amants. Classique hein ? Lors, par exemple, des repas, montrer les jeux de regards, les frôlements. Montrer surtout la différence des réalités. Lorsque l'épouse apprend plus tard ce qui se passe, elle repense au week end, devine les frôlements et les regards, et pense que c'est ignoble, une saleté. L'amie, elle, romantique, est envahie par la chaleur de l'amour, qu'elle sent dans le regard de son amant. Le mari, lui, est lui troublé par le désir qu'il sent dans le regard de sa maîtresse. Ah mes frères humains ! Comment une même chose peut-elle être une saleté de trahison, une fleur bleue, et une érection ?

La situation de celui qui va au concert ou au spectacle de quelqu'un qu'il ne connaît pas. Surprises possibles, dans les deux sens. J'ai emmené un jour quelqu'un voir des chants Bulgares. De l'allant, des costumes rigolos, des acrobaties vocales incroyables, mais au bout d'un quart d'heure, envie de fuir en courant. Quelle rigolade ! Je me suis ainsi bien souvent ennuyé dans la danse contemporaine, oùs aux fresques Hindoues pleines de masques de dragon et de doigts qui dansent devant des sourcils relevés (pfff...), devant Laurie Anderson ou Barre Phillips. J'ai vu bien des concerts "corrects" (Nusrat Fateh Ali Khan, Ruychi Sakamoto, Michael Nyman) quand je m'attendais à bien mieux. Et j'ai eu d'étonnantes surprises là où j'attendais peu : Bittova et Fajt (passionnants), David Hykes (expérience mystique) ou Magma (quelle fête !).
Jamais (par empathie, je crois), je n'ai eu envie, moi, de rencontrer ces gens célèbres. J'ai bien trop peur de m'incarner en "enthousiaste local". Le syndrome du biggest fan qu'évoque avec agacement Brian Eno, ou avec cruauté Woody Allen dans Stardust Memories. Parvenir à pénétrer sérieusement la sphère d'intérêt d'un personnage public ? Le courrier postal me semble plus adapté - et encore...

Ayez toujours dans votre cuisine un apéritif que vous n'aimez pas ET un plat en conserve que vous n'aimez pas. Si vous détestez la Suze, ou le Whisky, il faut avoir une bouteille. Si vous ne supportez pas la choucroute en boîte, ayez en une. Si.
Ma théorie est que lorsque la vie est amère, il faut se "mettre en adéquation". Vous détestez la Suze. C'est jaune pisseux, et c'est amer comme du thé chinois moisi, beurk. Si, comme ça arrive parfois, la vie est amère, vous foirez tout, vous avez honte, vous ne supportez plus rien, vous pouvez manger du chocolat ou vous gaver de sucreries - mais ça ne marche pas.
C'est quoi alors ? Je ne sais pas. Beurrer le beurre, un côté "Au point où on en est". Une fuite en avant. Je n'oublie pas que le sérum antivenimeux est fait avec du... venin. Quand ça ne va pas, il faut aller voir plus loin. Pas question de se saoûler, non non non. Juste, ajouter du raté au raté. Avertissement : ça ne marche pas non plus :-).





Joni Mitchell et son léger "Big Yellow Taxi", contine élaborée, dont j'admire beaucoup la mélodie vocale. And It's Gone. JP radoteur.
Ecrire une série de nouvelles sur l'idée du "guetteur guetté". Sentinelle nocturne en 14-18. Voyeur au téléscope.

Excellente soirée en compagnie du très gros volume Quarto sur l'animalité "Si les Lions pouvaient parler". Texte limpide de Foucault sur la folie et un Conte de Flaubert ("Julien") gorgé de jus, textes sur l'éthologie et sur Lamarck/Darwin. Festin pour les neurones.
Trouver GILES (Comics) et Forster (Howard's Ends, etc).
Je me retiens de trop développer ici mon côté vieux con. Plusieurs constats :
- Les mots croisés sont remplacés peu à peu par le Sudoku. Je ne peux m'empêcher de penser à Jünger, qui disait que lorsque les chiffres arrivent, quelque chose se retire...
- Conversation avec quelqu'un qui s'est occupé une après-midi d'une classe de dessins, d'enfants de 7 ans, et y a vu deux types de petits garçons. Les excités, courent et crient, dessinent avec beaucoup d'énergie du sang qui gicle et des tueries diverses autour des nom de Dark Vador et Gandalf. Les autres, et bien, articulent leur pensée, travaillent l'espace de leur dessin, enfin, c'est autre chose...
Star Wars, pour moi, c'est idéal à 9-10 ans. Le Seigneur des Anneaux, un peu plus sans doute, 11-12 ans. Je suis (donc) un affreux ringard, mais je ricane en sachant que c'est une histoire de seuil qui recule. Si Star Wars est commun, aujourd'hui, chez les CE1, alors dans une décade ce sera en maternelle, les CE1 trouveront tout ça ringard, et regarderont Massacre à la Tronçonneuse, etc. Je sais, c'est pas grave... et donc, je voudrais aller voir ce qui sort de King Kong ces jours-ci. Jusqu'où descend-on ? 5 ans ("vous comprenez monsieur, il est très avancé pour son âge") ? Ce qui est amusant avec ces raisonnements, c'est que tout le monde est ringard, ça tourne. Le papa qui montre Jurassic Park à son fils de 3 ans parce qu'il adore les dinosaures sera un jour lui aussi effrayé (lorsque son fils jouera au football avec des bébés, par exemple). Il y a toujours une limite.
Bon j'arrête.
DVD : Une Semaine de Vacances de Tavernier. Sorti du plaisir de retrouver l'époque (fin des années 70), le sourire de Nathalie Baye et l'allure pas possible de Gérard Lanvin, je suis ravi de l'excellent cinéma qui nous est proposé. Montage, mise en place, mise en scène, c'est remarquable. Guerre et Paix. Audrey Hepburn pure lumière. Mel Ferrer toujours risible et Henry Fonda habité, toujours superbe. Moi je marche.
Je sais bien, il faudrait creuser la filmo de John Ford (me suis procuré Mary Stuart et Mogambo). Je vais attaquer John Huston avant. Et Nicholas Ray.

Je lis J'étais Médecin à Stalingrad. Médecin Allemand fait prisonnier par les Russes après la bataille...
Lu un bel article sur le Web, sur ce qui s'est passé pour Napoléon et son armée à partir de l'incendie de Moscou, jusqu'à la décision de faire retraite.
Celui qui se dit "fan" de tel acteur Américain, et qui regarde les films doublés en Français, et n'a, donc, absolument et exactement aucune idée du travail de cet acteur.
L'anarchiste salarié.
DVD : Bogart et Bacall dans Le Grand Sommeil, de Hawks. Ah oui, c'est le film écrit par Faulkner ! Fluide, intelligent, magique. Et très compliqué :-)

Il faudrait que je regarde les films de Watkins, dont, surtout, Edward Munch.
Trouvé sur Amazon une liste de "Movies with little or no dialogue".
Apogee : Life in Motion - Michelle Ford
Anima Mundi - Godfrey Reggio
Atlantis - Luc Besson
Le Bal
Baraka - Ron Fricke
Begotten - Brian Salzberg
Berlin: Symphony of a Great City - Walter Ruttmann
By Brakhage - Anthology - Criterion Collection DVD - 2 Discs 26 Films
Un Chien Andalou
The Cinema of Jean Genet : UN Chant D'Amour by Jane Giles
Chronos (Special Collector's Edition) DVD - Ron Fricke
Dementia/Daughter of Horror DVD
Le Dernier Combat
Invitation to the Dance / Movie
Koyaanisqatsi - Life Out of Balance - Godfrey Reggio
The Last Laugh DVD - Emil Jannings
Man With the Movie Camera - Dziga Vertov
Maya Deren : Experimental Films - Maya Deren
Microcosmos
Naqoyqatsi - Godfrey Reggio
Powaqqatsi - Life in Transformation
The Red Balloon
The Thief
Tavalu (Ws) DVD - Denis Lavant
WTC - The First 24 Hours DVD - Etienne Sauret
Explorer : Huston, Ray, Ford, Hawks, Penn, Aldrich. Je commence par qui ?

Ce n'est pas drôle du tout. Je croise des vingtenaires sur la route vers la trentaine, l'âge des furieuses désillusions, comme on sait.
- Celui qui travaille dans le commerce finit par être totalement épouvanté par cet univers (les cadres, dans le commerce, c'est tout un programme). Il finit par "tout plaquer", comme on dit, pour travailler dans le monde de l'Art. Hélas, il constate vite qu'on n'y respire pas l'air des altitudes ! Des m'as-tu vu, le fric partout, les imposteurs, les trahisons. Quelle désillusion !
- Celle qui a une bonne place de cadre, dans une boîte de consultants, devient rapidement folle, elle "si sensible dans un univers de requins", décide de "tout plaquer", comme on dit, pour devenir institutrice, le beau projet. Seulement, les encadrants n'encadrent rien du tout, les programmes sont absurdes, et les enfants de maintenant sont des tueurs, comme on sait. Quelle désillusion !
- Celui qui décide de "tout plaquer" pour faire un roman, ou répéter avec son groupe. Et le roman est publié ! Et tout le monde s'en moque, ventes nulles. Et le groupe fait des scènes, signe un contrat, la belle affaire. Quelle désillusion !
- Et puis il y a celui et celle qui a "rencontré l'amour de sa vie", mariage et tralala. Et - oh ! surprise ! - vivre avec un autre être humain, c'est bien compliqué ! Voilà on va divorcer, en cas de problème, on divorce, et voilà. Mais non, on rencontre enfin le "grand amour" ! C'est le remarié. Mais... mais... mais...
- Et puis alors, ma préférée, c'est celle qui "veut être connue", top-model ou chanteuse. Un jour, elle est connue. Ouaaaaaah...
Et alors ? Et alors, rien.
Le désenchanté, le furieusement désullisionné, il m'intéresse, il m'a toujours intéressé. Il a envie de prévenir les plus petits que lui qui lui rient au nez : "Et alors, je vais réussir, moi !". Et si c'était vrai ?
- Mais pourquoi a-t-il envie de prévenir, le désenchanté ?
- Par empathie !
- Et pourquoi est-il dés-enchanté ?
- Parce qu'il fut enchanté, pardi !
Le désenchanté a toujours quelque chose de l'imbécile heureux, qui, soudain, n'est plus du tout heureux, pour le coup. L'imbécile heureux devient juste un imbécile, ô frère humain, juste comme vous et moi...

DVD documentaire sur Philip Glass, passionnant bonhomme, avec un côté distrait, maladroit, et qui travaille tout le temps.
DVD : Mildred Pierce, avec Joan Crawford... sublimement belle et cassante. Je pensais voir un bon polar - et il y a bien un meurtre - mais c'est surtout le trajet et le portrait d'une femme. Tout cela est bien cruel !
Lu textes sur les enfants loups, en Inde, puis des carnets de Zola, puis des extraits de Germinal (sur le cheval aveugle au fond de la mine).
Trouver du Foucault, et les cinq volumes de L'Histoire de la Vie Privée (Point).
Deux personnes m'ont confirmé avoir vu plusieurs enfants de 5-7 ans dans les salles diffusant King-Kong. Alors moi je suis dépassé depuis longtemps, avec mes questionnements. Mais pourquoi pas à 3 ans ? 2 ans ? 1 an ?...

Journée instructive. Regardé avec profit le documentaire en DVD (en bonus du Grand Sommeil) sur Howard Hawks. Entretien et extraits. Beaucoup de jubilation autour des noms de Bogart, Katharine Hepburn ou Cary Grant, et Faulkner aussi (qui a écrit pour Hawks).
DVD "Classic Albums" du Dark Side of the Moon des Pink Floyd, passionnant et détaillé. Et j'ai appris que Money était écrit en 7/8, puis en 4/4 (?!!). Curieuse impression de voir Alan Parsons (ingénieur du son de l'album), les différentes énergies actuelles des membres du groupe. Waters, de l'acuité et un côté presque réconcilié avec lui-même. Mason, bonhomme. Wright, fragile, délicat. Gilmour, que j'adore, sorte de "cachalot solaire" avec sa tête impossible, sa jubilation intacte...
Ce week end, on va regarder The Great Race (Blake Edwards) avec les filles. Yahoups !





Waters dit quelque chose d'intéressant dans une partie d'interview. On connaît le grand torturé/révolté qu'il est (c'est quand même le monsieur qui a écrit The Wall, ça rigole pas, The Wall !). Père mort à la guerre, étouffé par sa mère semble-t-il, qui lui disait qu'enfance et adolescence étaient fait pour se préparer à la vie adulte, la "vraie vie" en quelque sorte.
A l'époque de Dark Side of the Moon, la préparation de l'album fut un tel plaisir de groupe de Waters eut une sorte de "choc existentiel", comme on dit, que je comprends très bien, et qui est d'une simplicité étourdissante, comme tous les "chocs existentiels" : il était en train de vivre. Ici, tout de suite, et pas "plus tard, un jour, si ceci ou si cela", et il se rendait compte qu'il était en train de vivre, comme tout le monde, depuis le jour de sa naissance.
On a tous, un jour ou l'autre, je pense, ce genre de révélation sur nous-même, un truc un peu oriental.
Je connais plein de gens qui sont restés dans la position de Waters, ils attendent la vraie vie et le bonheur, pour plus tard, si telle ou telle condition apparaît, ne réalisant jamais que la seule vraie vie est "ici, maintenant".
Quels sont les autres "chocs" que l'on peut imaginer ? Se rendre compte que... la méchanceté existe, on a peut être raté sa vie, on s'est trompé sur ses parents, on s'est mis un masque qui ne convient pas, on est tout seul, etc..., il faudrait en trouver de plus positifs.
Il y a quelque chose du Koan là-dedans, de l'extase orientale. Vivre ce genre de choc provoque une grande satisfaction vitale, comme si on avait trouvé la place d'une pièce importante du puzzle. Il me semble aussi qu'il y a un aspect "renoncement" lié au soulagement. "Il y a un apaisement au fond de toute grande impuissance", dit Yourcenar en 1929, et je pense que c'est vrai.

They're cutting down trees
They're putting up reindeer
And singing songs of joy and peace
Oh I wish I had a river
I could skate away on
But it don't snow here
It stays pretty green
I'm going to make a lot of money
Then I'm going to quit this crazy scene
I wish I had a river
I could skate away on
I wish I had a river so long
I would teach my feet to fly
Oh I wish I had a river
I could skate away on
Joni Mitchell





Toutes les photos de cette année (donc quelques unes pas utilisées :-) Images
