





Un DVD énervant : Just a Kiss, dénonciation un peu lourdingue du communitarisme-qui-ne-peut-barricader-l'amour.
Je me suis payé le meilleur appareil photo dans sa catégorie, le Canon A610, qui me fait de merveilleuses photos. Vous risquez donc de voir des photos partout sur ces pages, cette année ! Projet No 1 : Portraits de Jouets. Je voudrais faire aussi mes BD-Photos sur "Indien le Disquaire Cruel".
En attendant, voici une inquiétante chevrette. Elle est assez âgée, et a beaucoup travaillé. Je la sens habitée par un pouvoir, dont elle ne se sert pas, car il est trop dangereux. En somme, il paraît évident qu'il ne faut pas trop l'embêter. Si elle se tourne vers vous avec colère, vous êtes cuit !

Ces gens qui, lorsqu'ils sont confrontés à quelque chose qui ne leur convient pas, affirment "C'est pas normal !".
Le monde, certes, n'est pas "normal", si on considère que le "normal" est ce qui vous procure satisfaction. La guerre, c'est pas normal, les violeurs d'enfants, c'est pas normal. Le monde est complexe, c'est pas normal, etc...
Discussion avec un monsieur qui venait de constater que le prix d'un même objet n'était pas le même dans tous les magasins. "C'est pas normal !", disait-il, offensé. Ah ben si vous le dites...





Les enfants qui se réveillent tôt le matin pour aller retrouver leurs jouets, qu'ils avaient abandonné à regret la veille au soir. Je me souviens très bien de ce plaisir-là.
Petit plaisir : DVD de Un Jour Sans Fin, comédie parfaite. Le final est chanté par Nat King Cole ("Almost Like Being in Love"). Je déroule, pirate curieux, les versions. Trouvé Sonny Rollins (jazz, très bien), Sinatra (vulgaire), Nat King Cole (parfait), et Gene Kelly (dans Brigadoon : sucré). Je ramène plein de Nat King Cole (quelle voix !), dont cette chanson qui me poursuit depuis Moulin Rouge : Nature Boy, que j'ai déjà par David Bowie et... Jon Hassel.
Artist: Nat King Cole
- from his "The Greatest Of Nat King Cole" LP-Capitol SLB-6803
- peak Billboard position # 1 for 8 weeks in 1948
- competing versions charted by Frank Sinatra (#7), Sara Vaughn (#8), and Dick Haymes (#11).
- Words and Music by Eden Ahbez
There was a boy
A very strange enchanted boy
They say he wandered very far, very far
Over land and sea
A little shy and sad of eye
But very wise was he
And then one day
A magic day he passed my way
And while we spoke of many things
Fools and kings
This he said to me
"The greatest thing you'll ever learn
Is just to love and be loved in return"

Voici Clotilde :

Juan Garcia Esquivel, à voir. Et Eden Ahbez m'a l'air d'être un sacré olibrius.
DVD : Batman Begins. Des choses à dire sur le casting. Bale est pas mal du tout en Batman. Caine, parfait en gentleman domestique (ça façon de dire "never !"...). Katie Holmes, aucun charisme. Idée intéressante : faire de Liam Neeson un méchant (osseux, grand, impressionnant - cet acteur a bien des choses à offrir) et de Gary Oldman un gentil flic en retrait. L'épouvantail est suave à souhait. Les dialogues sont souvent étonnants pour un film de cette catégorie : on s'adresse aux "adultes normaux" plutôt qu'aux ados soi-disant-idiots. Plaisir de voir Rudger Hauer, qui vieillit très bien. La barbe de voir encore Morgan Freeman (on se dit "Tiens ! C'est Morgan Freeman !") dans l'éternel rôle du noir sympa mais malin, qui en a vu d'autres. Passionnant : motoriser l'action par le "réalisme", comme pour "La Mémoire dans la Peau". Le personnage du père de Wayne est remarquablement croqué en quelques paroles, regards, actions, dans le type du "père parfait, attentif et intelligent".
Je suis encore avec Joni Mitchell, avec un vieil album, Blue. Il y a du Kate Bush avant l'heure, c'est la même famille. Il faudrait, par exemple, comparer la façon dont elles se servent du piano "en tension". Il y a toujours quelque chose de pas carré, de "trop". Quotient de bizarrerie plus élevé que la moyenne.
J'écoute Vonal Declosion, de Stereolab, dont l'intro est passionnante : la musique semble bloquée, tendue autour de la voix qui demande un changement d'accord. J'ai toujours trouvé rigolo cette démarche, assez rare, des arrangements qui n'en font qu'à leur tête. Dominique A le fait dans une chanson, j'ai oublié laquelle.
Je tombe sur Both Sides Now, de Joni Mitchell : la voix est âgée, voilée, posée sur un orchestre à cordes tout en nuances. Les paroles sont celles d'une sage : elles disent qu'on voit les choses d'une façon, puis qu'on corrige, on les voit d'un autre angle, et qu'enfin on comprend... qu'on ne sait rien du tout :-) Tout cela est très satisfaisant, mais... je tombe sur la même chanson : voix limpide et blonde sur guitare folk toute bête. Je cherche, et trouve que cette chanson était... sur son deuxième album, Clouds - 1967 ! Roulé, le JP !
Rows and floes of angel hair
And ice cream castles in the air
And feather canyons ev'rywhere
I've looked at clouds that way
But now they only block the sun
They rain and snow on ev'ryone
So many things I would have done
But clouds got in my way
I've looked at clouds from both sides now
From up and down, and still somehow
It's cloud illusions I recall
I really don't know clouds at all
Moons and junes and ferris wheels
The dizzy dancing way you feel
As ev'ry fairy tale comes real
I've looked at love that way
But now it's just another show
You leave 'em laughing when you go
And if you care, don't let them know
Don't give yourself away
I've looked at love from both sides now
From give and take, and still somehow
It's love's illusions I recall
I really don't know love at all
Tears and fears and feeling proud
To say I love you right out loud
Dreams and schemes and circus crowds
I've looked at life that way
But now old friends are acting strange
They shake their heads, they say I've changed
Well something's lost, but something's gained
In living ev'ry day
I've looked at life from both sides now
From win and lose and still somehow
It's life's illusions I recall
I really don't know life at all
I've looked at life from both sides now
From up and down, and still somehow
It's life's illusions I recall
I really don't know life at all
DVD : Hustle d'Aldrich, avec Deneuve et Reynolds, brutal et tendre, bien huilé, très "polar des seventies".
J'essaie de trouver un bon morceau de Genesis récent. Sur le net, c'est Land of Confusion qui est le plus populaire, ce qui m'étonne un peu. Des bonnes idées, mais des arrangements lourdingues...
My Fair Lady me surprend. C'est délicieux, mais parfois bien long, et le personnage de Rex Harrison, imbuvable, ronchon et misogyne, c'est trop, et on ne comprend pas pourquoi Miss Doolittle/Audrey Hepburn peut revenir vers lui à la fin. Je compte creuser cette question en faisant deux choses : trouver et lire Pygmalion de G. B. Shaw (c'est fait : 90 centimes sur PriceMinister). Ce soir : DVD de Comment l'Esprit Vient aux Femmes. C'est plus ancien, en noir et blanc, et un peu sur le même thème (une duduche que l'on "éduque", et qui devient... difficile à contrôler). Si My Fair Lady est parfois bien longuet, celui-ci est pimpant, drôle et bien plus nuancé - autant le linguiste de My Fair est imbuvable, autant le caïd de Comment l'Esprit est hilarant de bêtise...

Cette page n'a aucun intérêt. Il faudrait que j'arrête ce Journal, ou que je lui trouve une autre forme.
La vie c'est conduire son p'tit bateau :
J'aime bien le bout de phrase de René Char, en haut, là : "Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu, il chante avant de s'envoler". On peut le prendre comme tel, un orage, un oiseau, hop. Ou comme un symbole, "il y a toujours de l'espoir". Mais n'y a-t-il pas d'ironie ? L'oiseau est inconnu, et il s'envole. Faux espoir ? Ou alors, c'est juste un inconnu qui "fait un signe" puis s'éloigne ?
Si j'explorais le cinéma "par année", je commencerais par 1950. Il faudrait alors regarder : Eve, Boulevard du Crépuscule, Rashomon, Winchester 73, Quand la Ville Dort, Los Olvidados, La Flèche Brisée. Il faudrait trouver en plus Le Violent de Nicholas Ray, Rio Grande de Ford, les Forbans de la Nuit de Dassin, Panique dans la Rue de Kazan et Le Mystérieux Docteur Korvo de Preminger. Orphée de Cocteau, Stromboli de Rossellini et Comment l'Esprit Vient aux Femmes, que j'ai vu... hier.
DVD 1950 : Sunset Boulevard, un vrai bijou !
"Lisez Guerre et Paix", me dit un monsieur avec qui je discute de Proust et de Tarkovsky.
Entre les plongées proustiennes, je lis les Contes des Mers du Sud, de Jack London, d'une noirceur féroce. Cannibales, noix de coco, esclaves, alcoolisme, pillages et cie. C'est sec et fort savoureux.
DVD 1950 : Winchester 73, très bon western, catalogue de tous les "trucs de western" (indiens, duels, méchants, cavalerie et carabines), et personnages étonnant (James Stewart).
DVD : Le Château Ambulant. Visiblement, je suis le seul humain sur Terre à ne pas penser que Miyazaki est un "génie". Si l'invention scénaristique part dans le n'importe quoi, le film est incroyablement fascinant tout de même, par ses capacités de foisonnement, de grouillement. Ça grouille, oui, d'idées farfelues, d'images étonnantes, de situations bizarres. Le vieux maître, dirait-on, assume et se permet tout. On ne comprend rien, ça tourne à vide, mais chaque scène apporte une cargaison d'astuces visuelles ou de situations étonnantes. Je marche !
Il faudrait quand même faire une liste-Miyazaki des trucs qu'il met dans tous ses films et ça commence à bien faire. Transformations en créature repoussante, bêtes noires sans visages qui grouillent, grand-mres partout, personnages beaux et angrogynes, machines volantes à hélices, moustachus qui s'occupent de vapeur et de machines, alcôves pleines de jouets bizarres, forges, feux et machines à vapeur "sur laquelle tout repose", fille qui tombe du ciel et atterrit sans mal, etc.
Je lis : Proust, c'est par à-coup. A chaque fois, j'avoue que je suis pris.
