





DVD : Notre Histoire, Delon et Baye. Blier a un style de dialogue, qu'il utilise souvent, qui consiste à faire jongler le personnage avec de la narration. Baye ne dit pas à Delon "Je suis attirée par vous", mais lui dit "C'est une fille, elle monte dans un train, elle voudrait coucher avec le type...". Quand ça embraye, ce style-là, ça marche, c'est très bien, ça infuse suffisamment de bizarrerie pour qu'on s'intéresse...
Grandes joies, dans le tram, à lire les textes sur l'Italie de Stendhal ("Chroniques Italiennes", Folio), en particulier "Les Cenci", famille de fous. Je rigolais tout seul, provoquant l'irritation d'une demoiselle, en face de moi, qui téléphonait à son petit copain toutes les minutes pour lui dire "qu'elle arrivait".
Je récupère une pile de livres. Quelqu'un - que je n'apprécie pas beaucoup - me regarde, arrêté, me disant "Mais pourquoi faire ?". Euh, ben. Pour les lire !
Typique de Gary Larson, le dessin du bas de cette page. Fusée à plusieurs étages. Réalisme magique (ce qui tracasse madame, ce n'est pas qu'un crocodile l'observe, la nuit, mais si c'est crocodile ou un alligator).
Du temps seul. Regarder... Amarcord, le docu de Scorcese sur Dylan, Los Olvidados, Walking with Monsters, un documentaire sur les Stradivarius (au bout du Violon Rouge)
Je ne sais pas s'ils ont mis un turbo : sur le Net je télécharge à 730 Ko/s aujourd'hui !
J'écoute et je jette Meat Puppets, mais je me délecte de certains Mercury Rev. Je suis intrigué par Kings of Convenience (modérément).
Conversation, à partir du film Italien "La Clef", autour de Tanizaki, Deleuze, Proust et Maupassant. Lire "Une Vie", qui semble un très Tchékhovien roman sur la désillusion amoureuse.
Trouvé pour les filles plus tard : Jane Austen, Jean Giono, etc. Regardé Le Train (Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant). Quasi douleur de voir la beauté de Romy Schneider. Effrayant !
L., 7 ans, dévore les Images-Doc que je lui achète par piles entières. Elle me pose ensuite de grands cycles de questions. Je m'amuse beaucoup à l'idée qu'elle commence à développer son savoir non pas avec ses parents ou l'école, mais toute seule, autonome, avec des bouquins.
En exploration : Syd Matters, Sia, Imonsters, Telefon Tel Aviv, Lamb, Notwist, Kings of Convenience, Thievery Corporation, Telepopmusik, Bent ou... Aromabar ! Un nouveau Mike Oldfield est sorti et je ne le savais même pas. Signe de quoi ? Trouvé des tonnes de Eels et de Nits.





Ane Brun chantonne "Little Lights" avec Syd Matters. Mignon. De Matters, je trouve Obstacles, petite chanson blanche qui monte joliment, et To All of You, fort insuffisant. Je ne vais pas plus loin.
Sia. Breathe Me : monte bien, et mademoiselle la chanteuse fait des manières. Il manque du piment. A creuser plus tard.
Cook's Tune, de Mike Oldfield, commence comme du René Aubry, puis se lance comme une danse folklorique un peu brumeuse. C'est rigolo, et fade.
Constat très intéressant. Je tombe sur un Remix par Royksopp d'un morceau de Coldplay. Coldplay, c'est un groupe qui a des atouts, et un chanteur à la voix originale. Analytique, j'écoute, décortique et cherche, en décomposant... : Royksopp apporte son délicieux savoir faire habituel : un choix de sons "Années 80", une production limpide, confortable et détaillée, un talent pour le crescendo et la relance, un plaisir évident à faire de la musique, mais mais mais, c'est un remix et ils ne peuvent pas apporter leur sens mélodique (ça, c'est du domaine de Coldplay). On dirait, alors, du Royksopp sans couleur. Le principal intérêt de la musique, pour moi, est absent. C'est riche de détails, mais "harmoniquement fade". C'est un superbe exemple.
Groupes à succès que je n'aime pas du tout : Arcade Fire, Placebo.
Bent me fait lever le sourcil avec quelques bonnes astuces (samples, sens percussif original, grandes reverbs), mais c'est très paresseux sur la durée (Cylons in Love, ou Exercise 1). Bran Van 3000 est distrayant. Electric President : petit chanteur amusant (timide dans une petite boîte), chansons brisées et calmement pas sérieuses, production originale. Bonne surprise, avec le Heaven, ou What Sound de Lamb, bonne ritournelle pour l'un, lyrisme sec et étrange pour l'autre. De la tenue, des idées placées dans tous les coins. Ces gens-là connaissent leur boulot ! Trouvé un fou : Max Tundra, qui semble vouloir faire le Amarok de la funk. The Notwist, original, mais sans structure. Chanteur inexistant. Je dois désinfecter, et pour cela trouve la Verdi Prati Valse, d'Irmin Schmidt (ex-membre de Can), plus belle, élégante et triste que chez Tiersen. Sia m'endort (sauf pour Sunday, inspiré). Breathe Me est bien lyrique, et sympatoche, conséquemment. Chanteuse nulle. Telefon Tel Aviv a un atout : s'amuse avec la programmation des rythmiques, qui sont toujours passionnantes - paraissent parfois des insectes indépendants comme chez Emilie Simon. Ne développe aucune musique là-dessus, c'est bien navrant. Je désinfecte avec This Life de Perry Blake (on entre dans le morceau par une série complète de portes, les détails fourmillent, les cordes adorables, les breaks sont partout, la mise en place est élégante, les mutations constantes : quel plaisir !). Un certain Schiller fait une techno spatiale dans Morgentau, et c'est Mike Oldfield qui s'y colle pour la guitare. Du génie ? Certainement pas, mais le mélange est rigolo et agréable comme une carte postale panoramique. Trop de reverb coco !
Le pauvre Mike Oldfield, qui a tant hanté mes envies exaltées de musiques. Je suis effondré devant le dernier album, soupe électronique sans aucun goût. Surnagent ici quelques fantômes (quelques couleurs et la basse d'Angelique, la polyphonie vocale robotique de The Gate, les fractures et petites folies de Tears of an Angel)...
Je replonge dans Amarok.

Voici que je regarde ce mot, "d'accord", et que, soudainement, je le trouve très bizarre.
DVD : I Love Huckabees, du type "humour décalé qui se croit malin". Nul. Poubelle. Mr & Mrs Smith, un régal, étonnant par ses piques d'humour sec, sa façon particulière de jouer avec l'invraisemblance, son sens de l'incongru. Remarquable utilisation, parfois drôle, de la musique. Brad Pitt est craquant, et Angelina Jolie toujours aussi effrayante.
Regarder documentaire sur Joan Crawford. Pour cet été, prendre le Journal de Gombrowiz et continuer Walden, de Thoreau.
C'est assez rare, mais il arrive parfois que l'hiver, un jour se mette à sentir comme l'été. Ce n'est pas un avant goût du printemps, pas du tout. Il fait toujours aussi froid, et gris, mais il y a un je ne sais quoi, une allure du ciel, de la lumière, ou quelque chose dans l'air, qui sonne comme l'été, ces journées grises, venteuses et chaudes, avec les nuages qui font les intéressants, des drames et des décors.
Rentré dans un grand calme avec la version Jon Hassel du Nature Boy, composé pour Nat King Cole, à l'origine, par Eden Ahbez.
Cette curieuse mélodie m'avait fortement frappé dans l'introduction du film Moulin Rouge. Elle est rare, car elle se suffit à elle-même - souvent, ce qui me plaît en musique est d'ordre combinatoire, harmonique. Ici, c'est une mélodie, une simple suite de notes. Il y a de la magie là-dedans, et sans trop savoir pourquoi, je pense à Prokofiev.
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DVD sur le cinéma. The Kid Stays in the Picture, ou la vie de Robert Evans, documentaire mené à un train d'enfer, très bien roulé. Puis un documentaire de presque une heure et demie sur la vie de Joan Crawford, troublant et passionnant. Deux trajets (un producteur/une actrice) en forme de montagne : on monte, on touche le sommet, on dégringole.
Donne toujours à penser, le fait que les plus grandes stars de certaines époques sont presque oubliées aujourd'hui. Je ne peux m'empêcher de m'amuser à imaginer, dans le futur, des documentaires sur les plus grandes stars du passé, Sharon Stone ou Keanu Reeves à 85 ans...
Me suis trouvé La Ligne Rouge, analyse du film (et de la carrière de Mallick) par Michel Chion. Il faudrait que je me trouve la biographie de Kazan, un livre sur Cukor, sur les grands magnats de Hollywood (Thalberg, Warner, Mayer, Selznick).
Proust joue avec le narrateur de La Recherche. Jeune homme, il va voir en concert une grande cantatrice, la Berma, trouve le concert assez décevant, puis reconsidère son opinion en combinant ses souvenirs avec ce qu'il lit dans la presse, et ce qu'il entend dans les conversations : "Sublime !". Ce soir, je regarde un documentaire sur les violons Stradivarius. On fait entendre quatre violons - dont un Stradivarius - à des journalistes, musiciens ou luthiers, en aveugle, pour tenter de leur faire deviner lequel est le meilleur. Evidemment : ils se trompent. Le même genre d'expérience avait été réalisée avec les "grands vins", pour le même résultat. Moi, constructiviste, tout ça me fait beaucoup rire. La valeur des choses est conférée, et est donc susceptible de nombreuses altérations du jugement (ah, le prestige des Stradivarius...). Le mot de la fin revient aux musiciens, Amoyal ou Anne Sophie Mutter, qui, avec du bon sens, parlent de l'amour entre un grand interprète et son instrument, quasi "vivant". Et on ne peut pas MESURER en chiffres le son d'un violon et en expliquer la "fantastique sonorité". Et pour cause...

DVD : La Règle du Jeu, de Renoir. Superbe introduction du metteur en scène plein de gouaille, expliquant qu'il voulait montrer une société pourrie. Le film semble un ouragan, une pièce de théâtre avec portes qui claquent, du Tchékhov, de la virtuosité, une grosse comédie avec amants maîtresses et coups de revolver. Film à revoir rapidement.
Une idée superbe avec le héros du jour, pilote glorieux, "terriblement amoureux" de l'épouse du marquis - qui le dédaigne. Lorsque cette dernière, comme sur un coup de tête, lui dit qu'elle l'aime, il veut discuter avec le mari, régler certaines affaires, puis la mettre "chez sa mère". Le personnage joué par Renoir, gourmand : "Et toi, tu t'attendais à quoi ?". "Qu'il me prenne dans ses bras, qu'il m'embrasse, qu'il m'emmène !". Ha ha !
Jealous Husband, Faithful Wife, Despairing Lover, and Intervening Friend
Ramené Camino Royale de Steve Hackett, du Muse et du Sonic Youth en quantité.
A l'époque des piercings, elle s'était fait faire des piercings.
Abez m'intéresse, parce que c'était une sorte de hippie avant que les hippies n'existent. A creuser. Ajouter Thoreau à Gombrowicz, this summer. Un ermite qui part vivre dans la forêt, construit sa propre maison, et qui a une têtre remplie à ras-bord d'idées. Lire Thoreau est épuisant, comme Nietzsche souvent, ou pour moi Faulkner. Il est question de la densité de l'écriture.
La Règle du Jeu, c'est bien embêtant. Le film a bonne réputation ("un classique"), mais il date de 1939, et on s'attend à de l'habileté, ou à des dialogues brillants, de l'astuce. Et voilà que vous déboule sur la tête une sorte de monstre parfait et foisonnant, un flux formidable de bonnes idées (de casting, de dialogue, de rythme, de mise en scène). Il faudrait étudier ça pendant des mois ! La Règle du Jeu, c'est bien embêtant.
DVD : Amarcord, un enchantement. Galerie de tronches, souvenirs, rigolades, troubles, musiques. Je prends Amarcord en échange de tout Burton et tout Kusturica. Quel plaisir ! La neige, le déjeuner à la ferme avec l'oncle fou qui crie dans l'arbre, la nymphomane qui crie Fu Manchu sur la plage, le maçon poète, la Gradisca, le mariage de la fin.
http://pserve.club.fr/amarcord.html.
Comme tout le cinéma Italien ancien, le son est post-synchronisé, les voix refaites. Cela donne au film un aspect étrange et rigolo, comme chez Jacques Tati.
Quand je construis ces pages, parfois je trouve les photos puis j'enroule les textes, et ce mois-ci c'est le contraire. Je n'ai pas de photos. Ça viendra !

Je me suis rendu compte qu'en Anglais, grasshopper ("herbesauteur") signifiait sauterelle (ou criquet ?), c'est ravissant. En cherchant ce mot dans le Google Images je suis tombé sur une page terrifiante sur les araignées au Vietnam. Si vous n'avez pas peur, il y en a de bien étranges. C'est ici.
Sigur Ros ont tous les talents pour faire de la musique que j'aime (du calme, des climats, des sonorités surprenantes, des idées) - mais à aucune moment ils ne font de musique. Pauvreté mélodique et harmonique, aucun danger, aucune couleur. Fade, goût de flotte.
Regardé la première partie du documentaire de Scorcese sur Bob Dylan. Un Personnage ! C'est bien emmené, et m'intéresse aussi parce que le Dylan "mythique" du début est un poète, un inventeur de façon de dire, mais en aucune façon un compositeur étonnant. Se confirme ce que disait Joni Mitchell à son sujet : qu'il chantait des textes vraiment remarquables et les posait sur des "plateaux" sans grand intérêt musical, souvent collé à une tradition. Dylan, un homme de MOTS.
Je remets "My Old Man" de Mitchell, pensant en souriant à cet ingénieur du son qui disait qu'elle faisait sursauter tout le monde avec ses risques harmoniques. Dans cette chanson, voir le fabuleux trou harmonique (ouille !) de 1'18" et la façon dont elle remonte au piano à 1'32".
Grâce aux remarquables analyses de disques de chez http://www.warr.org de, ici pour Joni Mitchell, j'explore sa discographie en creusant un peu plus. Ecoutant The Pirate of Penance de son premier album (1968), je suis en colère contre moi-même de n'avoir pas découvert cette artiste plus tôt. C'est digne de Kurt Weill ! Entrelacs de voix, instrumentation minimale (une guitare pensive), vocaux complexes et nuancés, et surtout un trajet harmonique de folie, souvent proche de la dissonnance, avec de grandes cassures, ou, dès la deuxième mesure, une guitare qui semble s'égarer, s'écarter de la mélodie vocale. Idem avec Songs To Aging Children Come, qui change de couleur toutes les quatre secondes. AH !
J'écoute et je jette : Kate Bush (le dernier), Tori Amos (tout). Amos chante en faisant de grands soupirs de "je suis concernée", c'est aussi révulsant que la vision d'un coeur humain qui palpite hors des côtes pendant une opération cardiaque. J'écoute chaque morceau de Muse que je trouve et je jette tout. Ce groupe est nul. J'ai faim. Je n'ai qu'à m'en prendre à moi-même, à chercher de la bizarrerie et du nouveau dans la pop, alors que je n'ai qu'à replonger dans mes Bartok et mes Prokofiev pour en avoir de grandes doses compliquées.
Trouvé du Kipling (oh joie !), du Colette, un beau livre illustré sur Lincoln.
Pas d'update, désolé. Suis occupé :-)
