





La pochette de disque la plus laide de tous les temps.

J'écoute avec bonheur le nouveau Dominique A. Ses grands textes articulés m'intéressent très peu, mais la musique est assez colorée pour que fasse des oh et des ah. Il prend des risques que je trouve culottés, comme celui de terminer une phrase vocale par une note non atteignable dans le grave pour sa voix, ce qui termine par un "couac mou" (la voix se pose alors sur "le plus grave qu'on peut" - mais pas la bonne note). Surprises d'arrangements et de structure ("Music Hall", faut le faire !). Excellente production. Harmonies élaborées et modulantes. Il est un des seuls à oser faire diverger (harmoniquement) une partie d'une autre, comme si une branche de chanson partait en parallèle.
Beaucoup d'intérêt pour le Emilie Simon, paradoxe : c'est fort décevant, mais ce qui reste est diablement intéressant quand même. Elle - grand danger ! - a des facilités. Elle fait son truc. C'est très pas bon du tout, comme pente.






J'ai vu, le 8 Mars, chez une femme les plus beaux yeux de toute la terre. Je ne me souviens plus de la couleur (je pense : gris brillant), dans un visage fin, un peu comme celui de Mia Farrow jeune. Des yeux peuvent-il faire cet effet-là ? J'ai vu bien des yeux, dites, dans mes 40 ans de vie, mais jamais comme ceux-là. Ils m'ont rattrapé plusieurs fois (en souvenir) dans la journée, avec à chaque fois un choc physique : AH !
Mes pensées allaient trop vite : Que veulent dire ces yeux ? Cette demoiselle (dont je n'ai pu, absolument pas, estimer l'âge - entre 16 et 30 ans ?) fait-elle le même effet à tout le monde ?
Tapez dans Google "agafia lykov". Je viens de lire ce livre, Ermites dans la Taïga...

Lorsqu'on rencontre quelqu'un, il faut parfois se demander comment et pourquoi cette personne va partir en vrille, c'est à dire devenir déraisonnablement en colère. Déterminer ce point sensible permet de l'encadrer, et de savoir où ne pas appuyer trop fort.
Je m'amuse toujours de cette forme d'académisme des metteurs en scène, qui consiste à mettre en adéquation l'humeur d'un personnage ou d'une scène avec l'environnement. Idéalement, on met un orage pendant les disputes ou combats, la pluie pendant la tristesse, et patata. Celui qui biberonne du cinéma est, un jour ou l'autre, confronté à un choc esthétique contraire : un accident de voiture une journée de printemps chantant, ou une grandiose rencontre amoureuse dans un restaurant d'entreprise. Ha ha !
Dans l'amour notamment, il peut être amusant d'organiser les choses afin de faire ressembler la situation aux stéréotypes romantiques, coucher de soleil y compris. Je vois deux états d'esprit possible : l'absence à soi et la fusion dans l'amour, ou bien quelque chose de très différent, et finalement d'assez désagréable : la sensation de jouer un rôle, qu'on se joue un spectacle. Si quelque chose rate (en fait, vous avez la colique, ou il y a des méduses partout, ou un groupe de motards), on est alors presque soulagé.

DVD : Nightwatch, cafouilleux et trop violent, mais metteur en scène fou, à surveiller. The Heat, excellent. Le fameux face à face de Pacino et De Niro, dans le bar, est rigolo car ces deux stars font leur tic d'oeil. Pacino regarde à gauche juste avant de sortir sa réplique. De Niro fait pareil. Mann aurait dû surveiller ses monstres.
Regarder : My Architect. Sarraute. Making of West Side Story (Bernstein).
