





Les atouts de Giles :
- Son sens du décor, extraordinaire.
- Ses personnages récurents, qu'on finit par connaître et aimer (la grand-mère !).
- Sa façon de placer des micro-gags dans des coins de la planche.
Sait faire : les reflets, en ville; les sourcils froncés, les décors.
Hélas, bien des choses m'échappent, car ses dessins sont parfois liés à l'actualité ou à la culture anglaise.

DVD : Le Mystérieux Docteur Korvo, de Preminger avec Gene Tierney, puis ce soir Un Pyjama pour Deux avec Doris Day (mauvaise) et Rock Hudson (minaudant et charmeur). J'ai quelques Palettes de côté, des docs sur Bonnard ou Levi-Strauss, et du Godard à foison, ou La Nuit d'Antonioni.
L'araignée, tout en bas, c'est moi qui l'ait prise, et je suis plutôt fier de mon coup.
DVD : Final Fantasy VII. Comme d'habitude, images troublantes, mise en scène terriblement manièrée (genre catalogue d'effets regardez-comme-je-sais-tout-faire) et scénario profondément débile/incompréhensible, niveau 12 ans, avec planète, gênes altérés et autres géolésions. Poub'.
DVD : Klimt, Schiele, Moser, Kokoshka, peintres de Vienne. C'est un peu léger, mais ça donne à penser. Il faudrait y plonger sérieusement, car j'ai vu des choses étonnantes. Il faudrait faire un coup de sonde sur un an : ces quatre peintres, Mahler puis Schoenberg/Berg/Webern, l'Autriche, les Habsbourg, Freud, Vienne, le tout conduisant à 14-18. Voir la littérature aussi. Voir aussi dans quelle proportion des artistes peuvent prévoir la destruction qui vient.
Donne à penser pour plusieurs raisons. Qui est le Klimt de notre époque ? Vers quelles déflagrations va conduire nos années 2000 ? La très grande platitude artistique de notre "période pauvre" (dirait Deleuze) en musique, peinture, littérature, est le signe de quoi ?

L'artiste actuel comme figure intéressante : L'Imposteur. Qu'ils aillent tous au diable. Je me demande si ça a été étudié, cet animal-là.
Précisons. Il me semble qu'avant, disons, les années 1960, ne se posaient comme "artistes" que bien peu de gens, ceux qui, pourrait-on avoir envie de dire, qui ne pouvaient pas faire autrement, ceux qui avaient le feu sacré. Je me trompe peut-être. Mais depuis la TV, se posent comme artistes toutes sortes d'abrutis, qui suivent les médias et les belles tendances fabriquées, voir les "DJ", qui sont des troupeaux, juste parce que c'est l'époque des DJ. Encore une fois : "A l'époque des DJ, il était DJ". Ouarf !
Discuté une heure, pour passer le temps, j'avoue, avec un homme un peu triste, visiblement seul, complètement passionné par les Harley Davidson.





Des choses très pertinentes - surtout à la fin - dans La Haine de la Musique, de Pascal Quignard. Mais il faudrait réécrire tout ça, en enlever toutes les poses élégantes et les préciosités "à la Quignard", cet affreux style français qui jouit de son esprit de sérieux. Bobin n'est pas loin, et Le Clézio non plus. Pouah !
Sur le fond, il a raison.
Passé la journée tout seul. Je m'aperçois que, ravi de me "retrouver", je ne mets ni la télé (sauf le soir) et pas du tout de musique. Je pense comme Quignard, qui dit que puisque la musique est permanente, usante, partout diffusée, alors le plaisir est dans le silence. Etes-vous de ceux qui mettez la musique pour l'écouter activement, ou pour faire un fond ("une présence") ?

DVD : Grizzly Man, extrêmement troublant, par bien des aspects. Il s'agit d'un documentaire de Herzog sur un homme qui a observé les ours Grizzly en Alaska pendant des années, de façon un peu curieuse - en les côtoyant (sans arme) comme un animal. Le gars, sorte de grand fou trop sensible, un farfelu coupé des hommes, a été retrouvé avec sa copine... dévoré.
Si le résultat stimule mon intérêt pour les rapports complexes entre les hommes et les animaux (mon Quarto sur ce thème n'est jamais bien loin de mon lit), ce documentaire est un foisonnement de questions et d'interrogations. On se demande sans cesse si ce Treadwell est sain d'esprit, s'il est à sa place. On admire Herzog pour son montage actif et parfois critique. Il fait parler des personnages qui n'hésitent pas à dire qu'il l'a "bien cherché", ou montre Treadwell qui va trop loin. Des séquences (filmées par Treadwell) sont impressionnantes (le combat des mâles est terrible) ou amusantes (les renards), et on sent bien des fois qu'il est parfois mort de peur. Comme je le craignais, il s'agit, donc, d'un idéaliste qui se heurte à la réalité. Herzog montre une séquence en cassant en miettes le discours de Treadwell - l'ours n'a pas d'empathie pour l'homme, il est juste totalement indifférent, le considérant probablement une vague bête bizarre, peut-être mangeable. La mort des deux s'est produite caméra allumée, avec le "bouchon". On dispose donc de la bande son. On voit Herzog l'écouter, puis s'interrompre, bouleversé. Il la fait alors décrire par un interlocuteur. La dévoration, voilà bien une peu animale, primitive...
Et les araignées, pourquoi je tourne toujours autour des araignées ? Je les ai longtemps observées. Ce sont de remarquables prédateurs. Elles sont rapides (avec 8 pattes, faut le faire !), utilisent l'outil (la toile), se cachent, utilisent le poison. Je me promenais cet été dans la forêt, et constatait qu'elles étaient partout, et de toutes sortes. Elles s'en tirent pas mal...
DVD : Rivers & Tides, documentaire sur un artiste qui fait du "Land Art", bricole des bouts de beauté avec des pierres ou des tiges, des couleurs ou de la glace. Plusieurs idées me sautent à la figure. D'abord il ne me semble pas que ce soit de L'Art, mais plutôt un Jeu. Ensuite, il y a une sorte de joie à regarder ce bonhomme jouer avec des cailloux, des feuilles ou des bouts de glace. Et puis, je l'ai trouvé distrait, gentil, et travaillant tout le temps tout le temps, vraiment comme dans Philip Glass dans le bon documentaire que j'ai vu il y a quelques mois. C'est la même énergie. Et puis, il ajoute, et c'est bien navrant, à ce plaisir enfantin, un discours cryptico-mystique assez vulgaire, du style "atteindre le coeur de l'endroit", et bla et bla. Tapez "Goldsworthy" dans Google Image.
DVD : Desk Set, avec Spencer Tracy et Katharine Hepburn. 1957. Fluide, rigolo, élégant, et surtout remarquablement dialogué et mis en place. Je suis fan? Non, mais c'est plaisant...

DVD : Passion de Godard. Comme pour Rohmer, il y a un temps d'adaptation. Godard fait péter d'entrée de jeu une bonne partie des codes du cinéma. La lumière varie pendant les scènes, les dialogues qu'on entend ne correspondent pas à ce qu'on voit, "l'histoire" est fragmentaire, brisée, les personnages sont anti-réalistes au possible. Ruptures de ton, de musiques. Alors : ça marche. Godard semble dire que malgré la brutalité du monde (le film est maillé par les éclats de voix, les sonneries de téléphone, les véhicules à moteur), on peut trouver de la grâce presque pure. Passer le long d'arbres, en voiture, avec le concerto pour piano de Ravel. Le sourire naissant d'Hannah Schygullah. Complexité. Innombrables "effets de réel". Et puis il y a un jeu dans le film, puisque Godard montre quelqu'un qui reconstitue des tableaux (oh ! Goya !). Envoûté je suis.
DVD : Doc sur l'album de Queen A Night at the Opera, intéressant comme tout, et jubilatoire.
DVD : Le Garde du Corps, de Kurosawa. Mifune extrêmement bien à sa place en Sanjuro - se gratte, mange, fait l'ours débonnaire, observateur, amusé, et malin. Excellente utilisation du format Cinemascope. Musique exagérante, galerie de "tronches" impossibles, et longs plans planants : on voit de façon très nette comment Kurosawa a influencé le western spaghetti.
Je rôde autour des nouveaux Macintosh "pro", double-double-core "Xeon" (?!). Je pense m'acheter un modèle (quiiii veut m'envoyer du Paypal ?), pour avoir un peu le syndrome du Gheuu, que connaissent tous les nouveaux possesseurs d'un nouvel ordinateur. C'est quand même mon joujou préféré, le Mac...
Je lis le Tourgueniev de Troyat.
DVD : Claude Levi-Strauss, chez Montparnasse. Quelle élocution ! Explorer : à partir des Mythologiques, puis des derniers livres. Je suis sous le charme.
DVD : Ninotchka, avec Greta Garbo. Amusant et bon enfant, même si Garbo est aussi crédible en agent russe que moi en champion de tennis. Le film est curieux, contient de sacrés moments (j'adore le long plan "des blagues", dans l'auberge, qui conduit au rire de Ninotchka), et me semble plutôt habilement roublard, passant sans crier gare de la comédie "on n'y croit pas une seconde mais amusons-nous" à des instants très grâcieux. Et les trois pieds nickelés russes sont parfaits.
Je prépare mon Mac G4 à laisser la place au Mac Pro Xeon Machin Truc 2,66 Ghz que j'ai commandé.





Après des semaines de temps pluvieux de Novembre, il est 21h12 et le ciel est totalement bleu, s'assombrissant rapidement car les jours racourcissent. Les arbres, eux, sont TOTALEMENT immobiles, c'est impressionnant. Ils semblent faire les statues, semblent dire : "Puisque c'est comme ça, on est de pierre et on ne bougera plus du tout, jamais, nous sommes endormis, et figés, et merde".

DVD du National Geographic sur les crocodiles du Nil, qui me met en transe. L'horreur opaque, les tueries de gnous, de zèbres et de gazelles, leur côté dinosauresque, les dents et la dévoration, leur geste "en embuscade". Je suis atrocement fasciné, et ce soir me replonge dans La Condition Animale. Des moustiques volent, je serais absolument partant pour les torturer longuement, si c'était possible. Je déteste les animaux piqueurs, ainsi que les embusqués comme les crocodiles dans les eaux boueuses qui laissent passer nez et yeux hors de l'eau avant de sauter sur les bébés zèbres, ainsi que les araignées. Bref, je ne comprends rien...
Je croise, en ville, dans le soleil, une étonnante ravissante jeune fille dotée visiblement de fort jolis seins. Les autres hommes la remarquent aussi, se retournent. On a l'air de gros idiots. Hier, j'apprends que la femelle crocodile, lorsqu'elle était prête pour l'amour, passait sous l'eau sous le mâle et lui faisait de grosses bulles sous le menton. Une façon pour elle de dire "prends-moi, grand coquin !". Quant à nous pauvres frères humains (mâles), nous voilà tout aussi ridicules, épaté par le volume de deux boules mammaires. Les choses de la séduction et de l'amour contiennent toujours une bonne part de ridicule...
DVD Documentaire de 2 heures sur l'histoire de Star Wars, amusant par bien des aspects, et flippant parce qu'on voit bien que tout le monde, y compris sur le tournage, pensait que c'était un film weird et débilos pour les enfants. Ce qui est le plus frappant, sur toutes les deux heures, c'est l'importance démesurée de la musique de John Williams, ce que j'avais déjà remarqué en me refaisant les premiers films lors de la sortie du coffret DVD. Cette musique porte l'action presque toute seule, à bien des moments. Ce qui me frappe aussi, c'est qu'élément par élément, tout cela n'avait pas l'air bien formidable, mais, la somme des "corrections" (les bruitages, par exemple, ou les voix des personnages, le souffle de Vador, la musique, le montage dynamisé, les maquettes) a fait que même l'équipe du film n'en revenait pas, lors de la première, de l'efficacité du résultat (par exemple, la fameuse première scène avec le vaisseau amiral qui passe au dessus de nos têtes). Ouaouh !

Suis encore intrigué par Garbo, que je n'arrive pas à voir, à l'écran, en duchesse ou en truc, mais comme une quadra superbe en col roulé (je cherche une photo depuis des années où elle a vers les 40 ans, en pull noir, je ne l'ai jamais retrouvée). Dans Ninotchka, elle n'est pas crédible en camarade russe (c'est évidemment fait exprès), ni en robe de soirée - et c'est ce que j'adore, dans les robes de soirée, non pas une femme qui la porte divinement, mais qui, en partie, a l'air "pas à sa place", ou endimanchée. C'est un mot formidable, "endimanché" !
Garbo a toujours l'air d'une femme saine, attentive et pleine de bon sens, et en conséquence est, selon mes yeux, toujours en train de faire semblant, de jouer un rôle. Elle n'a rien, mais rien, d'une "divine" ou d'une grande actrice. J'aime beaucoup ça !

Parfois il est bon d'écouter un CD de chez ECM; là j'ai trouvé Serenity, du Bobo Stenson Trio, suffisamment original pour chatouiller les oreilles, suffisamment tranquille pour vous laisser respirer les neurones. C'est bien, ça, messieurs !
Content, parce que j'ai trouvé la chanson que chante Emily dans le doc sur Metric. Between the Bars, de Elliott Smith (musique du film Good Will Hunting). Belle chanson, mince !
Reçu mon nouveau Macintosh, voyons : Quad Xeon 2.66 Ghz, sorte de grand monstre calme et redoutablement rapide. Fait ce que je rêvais qu'il fasse : tout très vite, et lorsqu'il travaille en fond, me laisse travailler à vitesse normale (genre : faire une annonce sur eBay tandis qu'il télécharge des fichiers, copie de disque dur à disque dur, et passe de la musique sur iTunes - tout en compressant un divX, évidemment :-).
Bonne rigolade ce soir, à déclamer du Verlaine comme un pasteur, pendant que les filles se lavaient les dents (et ponctuaient mes incantations de divers bruits de bouche, blu blu blu).
Ayant trouvé il y a quelques mois un beau volume du Pinocchio de Collodi (avec le texte complet), illustré des photos du beau feuilleton de Comencini, je raconte tous les soirs à mes filles le "vrai" Pinocchio, bien loin de ce qu'on en connaît. C'est gourmand, libre et farfelu, et très drôle, pour peu qu'on y mette un peu de conviction.
A la chasse aux livres, trouvé un... petit volume bien complet des poèmes de Verlaine, du Julien Green et quelques bricoles. Trouvaille : un carton plein de J'aime Lire, Tom Tom et Nana et autre Images Doc, que j'ai ramené à ma grande comme un trophée. Je ne me souviens que trop bien, enfant aimant lire, du plaisir que constitue la trouvaille d'une grosse piles de bouquins à déguster tranquillement.


On me raconte la Rentrée à l'Hypermarché. Les ados de 15 ans. Les mâles, traînaissant soupirent derrière maman qui choisit. Les filles se prennent plus en charge, font les courses de rentrée en groupe, activement.
On me raconte : dans l'immeuble d'une rue derrière chez moi, un soir, panne de câble : plus de télé. On me raconte la panique totale des habitants, le scandale, même : QU'EST-CE QU'ON VA FAIRE CE SOIR. Cet espèce de trou. Plus de TV, que devenir ?
Bonnes lectures avec les Choses Vues de Hugo.
Amusantes combinaisons de mon iPod pendant que je marche, un Sébastien Schuller (Le Dernier Jour), un peu écoeurant (sons qui débordent de partout) mais plaisant, comme d'habitude, pour son côté John Barry détendu et ses modulations de couleurs. Une variation Goldberg par Gould (la 15 : il est obligatoire d'avoir ces variations dans un iPod, qui constituent au hasard des "trous" calmes et prodigieux). En marchant dans les rues déserte, c'est parfait.
Sail to the Moon, de Radiohead : toujours le côté habile, mais affalé, original mais mou, plaisant. Me fait penser au Floyd, non pas musicalement, mais dans la démarche : juste assez original ou bizarre pour égailler l'oreille, mais suffisamment cool et confortable pour avoir un très large public. C'était suivi par le Lament de King Crimson, loin d'être leur meilleur morceau, mais en belle transition, car commence en marche calme avec Mellotron, violon en volute et tralala. Seulement, le morceau tombe rapidement dans divers climats (de l'horloge boisée cassée aux hélices de guitares rouges et noires (bien sûr) de tonton Fripp). Cafard qui danse. Par rapport à Radiohead ? De l'érection, madame ! La musique s'est relevée, elle est droite, tournante, tendue, brisée, toujours en mutation. Moins affalée, quoi...
Conclu par Shrinkwrap de Robert Wyatt. Course en rêve, avec voix de fou calme. Le rap devrait faire ça (les syllabes qui s'allongent !). Radiohead devrait faire ça. Enfin : ce que j'en dis...
Après, c'était Caribbean Blue, de Enya, la honte. C'est le seul d'Enya que je n'ai pas encore jeté. Trop joli, trop de reverb, trop de voix, trop de tout. Beuuuh.
