Legs !




Décembre



Lecture approfondie de Proust, c'est par à-coups chez moi, je replonge. Toujours ces blocs, ces strates de mots, dont voici une des pages ci-dessous. Conversation avec un monsieur qui y a passé trois ans délectables.



Autre conversation avec un vieux vieux monsieur qui fit en son temps de nombreux travaux et des conférences sur les pierres précieuses. Taille, valeur, pierres maléfiques, et bien de l'amusement sur l'idée de valeur "conférée".

DVD Da Vinci Code, raté, terriblement mauvais. Acteurs atones, scénario risible, flics claqueurs de portes de voiture, tout ça est artificiel, forcé, mou du genou et mal joué. Pénible.


DVD X-Men 3, que j'ai regardé avec le bout des doigts - j'en ai tellement entendu de mal. Et malgré l'intro un peu faible (celle du 2 était redoutable) et quelques petites pointes ratées, c'est pour moi le meilleur des trois. Dynamisme, surprises, et surtout une fin allegro furioso très spectaculaire, ce que ne savait pas faire son prédécesseur.



Il faut que je relise Les Falaises de Marbre. Plus j'avance et plus je fantasme sur la vie retirée et consacrée à l'étude des deux protagonistes. Il me faudrait, c'est simple, une maison au vert au calme avec cinq ou six chambres et un grand jardin. Fastoche.

Trouvé un brin de lavande séché entre les pages d'un livre de 1878.

Ceux qui vont dans les magasins et qui disent "Qu'est-ce c'est cher !".

Celle à qui on demandait pourquoi elle ne voyageait jamais : << Pourquoi voyagerais-je, répondit-elle, je suis déjà arrivée ! >>.

J'écoute Wish You Were Here (Pink Floyd). Me suis acheté un nouveau casque (Sennheiser HD 435), précision et bonnes basses boisées.

Celui, ou celle, qui reste planté là.

14 Décembre. Réveillé ce matin par le chant d'un oiseau qu'on entend au printemps. Soleil. Nord de la France. Les araignées attendent tranquillement au milieu de leur toile. Ici ou là, les bourgeons sortent, éclosent. Jeunes pousses vertes, propres. L'air et doux. 14 Décembre. Bientôt l'été !

J'ai dans les mains un grand livre de... 1796. Je l'ouvre et je renifle, je sens - je sais c'est une maladie. Me monte aux narines une odeur inédite. Je connais bien celle des vieux livres de bibliothèque, des livres de 1950. Mais deux siècles avant, c'est une autre odeur. Je suis très troublé...

Rentré de l'école avec L., 8 ans, qui me demande de parler... comme Donald. Révisé, le soir, le nom des pays d'Europe et de leurs capitales. Sa petite soeur, le soir, invente "la danse de la fleur" en écoutant l'In Memoriam de Bruno Coulais...

Une femme, 40 ans, très laide, grande, immense, osseuse, avec de grandes dents, un regard en dedans, inquiet. Elle est grande, maigre, et, le regard coincé sous les sourcils, d'une grâce formidable, d'une grande élégance calme...

Personne ne semble aimer ça. J'écoute Agon, de Stravinsky, et me régale beaucoup.



Sans force, je lis et relis Les Découvreurs, chapitres sur Colomb et autres navigateurs. C'est renversant par bien des aspects. Le nom des endroits (Guadeloupe, San Salvador et bien d'autres) qu'il a inventé. Le fait que la terre soit ronde, accepté depuis peu de temps par les lettrés. Cette course à l'Asie. Sentiment d'irréalité : il y a 500 ans, les Américains, c'étaient les Indiens... Je me suis d'ailleurs intéressé à la Guerre d'Indépendance des USA (finie en 1783, il y a 223 ans, c'est à dire... rien du tout). Vertige : comment sera le monde dans 223 ans ?

J'écoute Alan Parsons Project en rigolant. Puis Abba : I'm a Marionette, ce genre de morceau baroquo-discoïde comme ils faisaient parfois. Intro sur course de basse et développement consécutif dans le panoramique (les 20 premières secondes jouent "installation d'un décor"). Je rigole du décalage entre les couplets (monocordes) et des refrains (valses macabres kurtweilliennes), puis de la grande course disco du break instrumental (je vois d'ici la maison de disque : "Vous êtes sûr ?"). Morceau cassé, furieux, portes qui claquent entre les parties (planant/pop/valse/disco), une folie. Dans chaque album ils faisaient un truc comme ça. J'adore Soldiers, dans Visitors, perfection bizarre. Rythmique frappadingue, basse chaloupante, savante et joueuse comme j'aime, grandes nappes harmoniques mélancoliques, guitares discrètes et malines (dont une qui fait toujours la même chose comme un sampler), refrain polyphonico-heureux, notes étranges parsemées (modulation dangereuse en fin de couplet, et une autre en fin de refrain). Bon allez stop.

Pris de passion pour les grands marins explorateurs. Colomb, oui, mais surtout Vasco de Gama, Cook, Magellan. Je vais m'équiper en bouquins. Le premier : Voyages de Vasco De Gama - Relations Des Expéditions De 1497-1499 Et 1502-1503, Récits et Témoignages. Si. Ensuite : Les Explorateurs (gros volume chez Bouquin/Laffont). L'Expansion Européenne du XIIIe au XVe Siècle (par Chaunu, sérieux, brillant, universitaire), puis Miroirs d'un Désastre (Chroniques de la Conquête espagnole de l'Amérique). Commandé la relation de Pigafetta sur les voyages de Magellan. Il va me falloir le livre de Las Casas. Quand aux Aztèques et Cortes, je compte me faire une idée avec le gros Explorateurs avant d'aller plus loin, cf Prescott.

Oh ! Cette gravure de Sarah Bernhardt. N'est-elle pas parfaite ? :



Je lis simultanément le livre de Chaunu, historien précis et la partie correspondante dans Les Explorateurs (excellent texte de Jean Amsler). Les Portugais explorant la côte africaine...
J'ai reçu l'appétissant texte du jeune italien Antonio Pigafetta, qui accompagnait Magellan lors de son premier tour du monde. Plus de 80 pages d'introduction. Et aujourd'hui, les deux relations de voyage de Vasco de Gama. Je vais me procurer le petit texte de Las Casas (sorte de premier texte anticolonial) qui me semble indispensable à toute bibliothèque sérieuse. Trouver plus tard sa grande histoire de la conquête des "Indes" en trois volumes. Commandé la suite du Chaunu. Surtout : trouver quelque chose sur Cook (personnage remarquable). J'aime bien cette fièvre qui précède la plongée dans un thème. Image frappante jusqu'ici : la carte du monde juste après la découverte de Colomb, avec quelques contours (Cuba, etc), le reste étant inconnu et supposé être asiatique...

Une carte de 1502 :







Joyeux Noël :

Il paraît qu'il existe un dicton espagnol qui dit "obéir à l'ordre sans l'exécuter". Voilà qui me plaît beaucoup.

S'intéresser à Albuquerque, navigateur portugais ayant exploré les mers d'Asie après Vasco de Gama. Trouver en deux volumes les textes écrits par Colomb.

Je dévore les relations de voyages en Inde de Vasco de Gama. Premier voyage (1497) : partir du Portugal, faire le tour de l'Afrique, remonter jusqu'en Inde et négocier avec le "roi" de Calicut. Second voyage (1502) avec beaucoup plus de navires, pour imposer et faire la guerre, le but étant d'ouvrir une voie à l'importation (d'épices) par cette route, en court-circuitant les arabes et Venise. Fourberies, tempêtes, massacres. Renversant. Je ne vais pas y passer des années, mais je suis content d'explorer ça quelques semaines. Prévu ensuite : Magellan. Puis, après les découvreurs, les "conquérants" (Cortez). Il faudrait compléter : Prescott, et au moins un ouvrage sur la décolonisation de l'Amérique du Sud.

Reçu le merveilleux Christophe Colomb de Samuel Eliot Morisson.


Cocteau est cité sur la pochette du Macbeth de Welles : "Le Macbeth d'Orson Welles est d'une force sauvage et désinvolte". La désinvolture (en tout cas apparente) chez les maîtres, ce serait quelque chose à creuser. En tout cas je suis tout à fait d'accord avec Cocteau, et on peut faire la même remarque pour le Othello de Welles qui, loin de faire "fresque", est fluide, nerveux, à la serpe, et oui, totalement désinvolte.
Lieu commun : la liberté de celui qui connaît parfaitement son art ? Oui, oui, mais pas que !

L'aisance de l'artiste qui connaît son boulot. La désinvolture, pour échapper à quelque chose (l'esprit de sérieux ?). La fausse désinvolture.

Divine désinvolture. Désinvolture de celui qui a préparé à fond, avant. Désinvolture de celui qui s'est tellement imbibé pendant la préparation qu'il peut se le permettre pendant le tournage.

Distinguer : désinvolture du metteur en scène ou de l'acteur, et l'apparente désinvolture du résultat.

Je pense, bien sûr, à John Huston. Fellini. Al Hartley.



Ce qui est rigolo, en lisant ces trucs sur les explorateurs, c'est qu'on s'aperçoit (je suis constructiviste, hein) que les Américains, ils n'existent pas. Si si ! En fait, ce sont des Européens, tous autant qu'ils sont. Partis en masse il y a quelques générations, et qui se sont reproduits, ces Européens. Ensuite, comme les Anglais passaient leur temps à les enquiquiner (redoutables, les Anglais), tous ces gens se sont dits indépendants, et voilà pour eux !
Un jour, les Américains iront peupler des autres planètes, enquiquineront les colons, qui déclareront leur indépendance, et voilà pour eux aussi :-)

Petite comédie US, "La Rupture", grotesque mais basée sur une mentalité féminine redoutable en couple, très répandue et totalement méconnue. 1/ Je vais changer l'autre 2/ Je veux qu'il ait spontanément envie de changer. Redoutable, je disais. Si vous rencontrez ça, fuyez, petit homme triste, FUYEZ !

Groupe à explorer : Ratatat. Suis en train de danser la danse de la joie sur un morceau nommé Lex, sorte d'Art of Noise de bois et plastique, avec claphands à la Royksopp et idées/ruptures incessantes. Musique instrumentale qui me touche et me démange, car je sens bien que c'est celle que je fabriquerais si je faisais encore de la musique. Voir les petits tissages de Crisps, les sons filés de Cherry (du Fripp au soleil).

Fort intrigué aussi par le The Sky was Pink, de Nathan Fake, electronica cousue de surprises, de relances rythmiques (j'adore) et de points d'interrogations sonores (décalages, dérangements, interruptions). Musique vide, mais terriblement inventive dans l'absence de musique.

Désinfection avec Jessica Harper dans Special to Me (Phantom of the Paradise). See you !


Janvier







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jeanpascal@wanadoo.fr