Betrayal ! Betrayal ! BETRAYAL ! ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
MarsDVD : Le Dessous des Cartes, sur les Etats-Unis. Trop hésité ce soir entre Funny Girl (Streisand !) et Swann in Love (Irons en Swann, la classe). Matin gris, venteux et doux, les oiseaux chantent comme en Avril. Je sirote mon café sur mon lit fenêtre ouverte, m'amusant beaucoup du texte de Benichou sur le désenchantement chez Musset, cette remarquable andouille. Benichou s'en donne à coeur joie : Car les souffrances de l'amour sont évidemment valorisées : elles impliquent une sorte de pessimisme héroïque; elles témoignent en faveur d'un jugement amer sur le monde (...) Il s'agit d'un mal qui ne veut surtout pas de remède.
![]()
Sur la fin de mes bouquins sur les explorateurs, quand la terre est plus ou moins découverte, et les pôles avec, il reste la mer. Je lis des pages sur les océanographes qui, voilà, mesurent pendant des mois la vitesse des courants, la température selon la profondeur, la hauteur des vagues ou la profondeur des gouffres (ah, plus de dix kilomètres de fond !), ce qui est, avouons-le, totalement emmerdant. J'ajouterais, jüngerien, qu'ici est un bel exemple de "Lorsque les chiffres arrivent, quelque chose se retire". On ne m'emmènera jamais dans un sous-marin !
DVD : Peter Pan avec les filles, non pas le Disney mais le film d'il y a quelques années, une merveille pour les enfants, idées fusant de partout, et tout est bien dosé. Magique ! Alors tout le monde me dit que le DVD de La Symphonie du Hanneton, c'est quelque chose. Alors vous regardez ce truc et, entre clowneries, acrobaties et mime, c'est vraiment très bon, et bien drôle.
![]()
Je ramène, sur torrent, des dizaines d'albums ECM. C'est mal.
Me suis frotté quelques jours à un double volume sur l'histoire de l'esclavage, une recherche qu'il faudrait approfondir, car reliée à mes trucs sur les découvertes de "l'Inde" après Colomb. Choses troublantes, comme la différence entre le statut d'esclave aux Etats-Unis (races blanches et noires très séparées) et en Amérique du Sud (métissage rapide, ce qui est compliqué : Amérindiens, Espagnols, Noirs). Ce qui m'intéresse, ce sont les révoltes d'esclaves et leur fonctionnement. Saint-Domingue, Toussaint Louverture. Ce qui est rigolo, c'est qu'ainsi je "rejoins" le long trajet que j'avais fait dans les livres sur les USA : Guerre de Sécession, biographie de Lincoln, problème noir au XXème siècle. Je me souviens aussi du remarquable bouquin de Styron sur la révolte menée par Nat Turner. Ce midi, rentrant de l'école, fraîcheur et soleil. Stupéfaction de voir tout en fleurs (dans le nord de la France en Mars, c'est un peu curieux). Soleil, air frais doux, et sons de cloches d'église : je pense très fort à l'enfance, qui me resurgit souvent devant le nez depuis que je suis papa. Magie proustienne souvent associée aux odeurs (l'herbe coupée, les fleurs de troënes - ça me coupe le souffle). Rentrant de l'école, j'écoutais derrière moi mes filles se parler, la grande donnant des conseils très précis à la petite, car elle allait, cette après-midi, pour la première fois à la piscine avec l'école. ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
Ce soir, conversation avec L., 8 ans, sur ses "amoureux". Comment elle devine que...
![]()
J'écoute Paul Bley, Kenny Wheeler, Bobo Stenson. Ecm partout. Regardé avec les filles une partie du concert d'Emilie Simon, qui je le pense encore gâche son talent dans des "machins" trop rock ou trop techno. Douée, elle finit toujours par trouver une idée frappante sur un pont instrumental ou un décollage de fin de morceau. Certaines parties ("Graine d'Etoile" !) montrent ce que pourrait être son travail s'il se corsetait moins dans les formats précités. Il est clair que mademoiselle Simon se sent à l'aise avec les instrumentaux, les grandes formes où l'on coud les idées et les structures complexes, de la boîte à musique aux envols titanesques. Parlant des monstres "types" avec E., qui a 5 ans (fantômes, vampires; momies...), je suis amené à expliquer le mort-vivant. Il est mort, il ressort de terre et marche. "Ah, comme Jésus !", dit-elle alors, c'est logique les enfants... Intéressant : l'histoire des Etats-Unis juste après la guerre de Sécession. Que faire des états vaincus, des noirs, etc... J'ignore si un tel livre existe.
![]()
Je trouve diverses musiques, dont une bonne partie de la Radiophélia, ainsi qu'une coupelle de morceaux de "Gothique Symphonique" (il paraît que ça s'appelle comme ça). On va bientôt parler ici d'Epica ou du Risingson de Massive Attack. En commun ? Trop de reverb...
![]()
La reverb s'emploie différemment, en pop, selon les époques. Les années 80 adorent la reverb ! Certains musiciens ont basé (en partie) leur succès sur le "moins de reverb", un aplatissement du son, dans une époque qui en regorgeait. C'est le cas de Lenny Kravitz (qui mixait ses rythmique à plat, comme on faisait à l'époque des Beatles), de Tracy Chapman, de Womack et Womack.
![]()
Les racks d'effets qui proposent une reverb ont des pré-réglages qui portent le nom de divers volumes : Small Room, Hall, etc. La reverb sert donc à plusieurs choses : clarifier un morceau en étageant les divers instruments (y compris pour faire des décors), éloigner un instrument (voir ce qu'on peut faire avec un tambourin et une reverb), y compris jusqu'à le rendre irréel, lointain, comme absent, mettre toute la musique dans la reverb pour créer un effet (cf Kate Bush plus haut, ou Jesus and Mary Chain plus bas - ou tout l'album Faith de The Cure, qui est un parfait exemple réussi de "trop de reverb"), occuper l'espace sonore (le coup classique étant de couper toute la musique juste après un grand coup dans une reverb), évoquer un volume (note perdue dans une cathédrale, etc). Evidemment, le producteur utilise parfois l'abscence de reverb comme outil de surprise. Dans la discographie de Talk Talk, le 1er morceau de The Colour of Spring ("Happiness is Easy") commence par une batterie mixée le plus platement possible. La pièce est d'ailleurs un plaisir continu pour les oreilles, puisque croissant sans cesse, finissant par grouiller littéralement de sons. Pour moi un des morceaux les plus parfaits de la pop... Une reverb tripotée spécifique est amusante, c'est la Gate Reverb, qui consiste à couper plus ou moins brutalement le prolongement du son. On l'utilise souvent sur la caisse claire. Prince l'utilise beaucoup (la rythmique de Kiss), et on l'a souvent entendue chez les groupes de new wave dark, rock industriel et cie. Si vous tapez sur le bord de votre bureau avec un crayon dans une gate-reverb, c'est comme si le "clac" s'immobilisait sur une demi-seconde (au lieu de dix fois moins). Comme si vous étiez dans une grande pièce et que soudain le son s'étouffait comme dans une boîte. C'est un effet très intéressant sur des percussions. Je vais essayer de trouver un exemple facile à dégoter.
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
![]()
Just Like Honey, de Jesus and Mary Chain, est pour moi une sorte d'archétype de complète nullité. Dès la première seconde, vous comprenez que le producteur s'est endormi sur le bouton de la reverb. Tout est réverbéré à mort. La guitare, la batterie, la basse et le chanteur sont noyés, et on dirait qu'ils jouent dans une grande salle vide, l'auditeur étant à l'autre bout. L'ambiance est incontestablement très "fin de mariage", ou entrepôt désert, c'est un éloignement de l'auditeur. Il y a une volonté d'étre simple, et donc tout est plat : la basse monocorde (bom - bombom), le batteur endormi, la guitare paresseuse, et le chanteur en accord avec tout ça. On peut éventuellement remarquer la fin en "envol" relatif avec voix de femme en renfort.
![]()
Epica, avec Quietus, fait dans la cavalcade bourrino-celtique. Feint est bien mieux, car les voix se tissent joliment, la batterie est correctement mise en place, le travail mélodique pas si mal, et la progression assez efficace. Enfin, c'est un peu ridiculement lyrique, mais je veux faire preuve de bonne volonté. Qui sait, si j'avais 18 ans ? Franchement, Minuscules, c'est génial. Si.
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
J'ai décidé d'appeler Syndrome de Magellan ("syndrome" ne convient pas, je cherche mieux), la démarche suivante : un individu qui a vécu d'une certaine façon pendant assez longtemps décide de faire "autre chose", quelque chose d'éventuellement risqué, lié à l'inconnu, ou quelque chose qui ne lui ressemble pas. Des exemples : ...en pensant qu'il va "Faire le Tour du Monde". Evidemment, c'est la mort, qu'il rencontre. L'échec. L'erreur...
![]()
Magellan connaît bien des problèmes : mutineries, bateaux échoués, le froid. Il met près d'un mois à traverser le détroit, puis débouche sur un nouvel Océan, qui appelle "Pacifique" parce qu'il est, par hasard, fort calme d'apparence. Une famine terrible (car cet océan là est immense) décime les équipages, puis Magellan se fait tuer sur le rivage d'une île... Il ne reste que deux bateaux, qui décident, chargés d'épices, de se séparer. L'un est capturé, l'autre parviendra en Espagne... Ce qui m'intéresse ici, c'est le moment où on débouche sur le Pacifique, les grandes eaux. Un autre équilibre est trouvé. La vie est belle, on a "passé le cap". Mais...
![]()
(à suivre...) ![]()
Affirmation de l'individualisme spectaculaire, attitude du contemplateur dégagé du monde de l'action, dédaigneux des intérêts, des croyances, des passions sur lesquels repose l'existence sociale et qui ne considère la vie et la société qu'en tant qu'objets de curiosité... Bovarysme, cette incapacité à trouver son centre en soi-même... On le cherche dans le romanesque, l'idéologie, le jugement d'autrui, le goût d'emprunt.
![]()
Sur le dilettantisme social Dilettante : qui s'adonne à un art, à son travail pour son seul plaisir, en amateur, avec une certaine fantaisie et sans s'y engager complètement. < Le dilettante social ne voit dans la société qu'une apparence mensongère, une mascarade et une parade dont il s'amuse en se moquant de ceux qui la prenne au sérieux et qui voudraient la faire prendre au sérieux aux autres. Le dilettante social représente l'antithèse du philistin dont Schopenhauer donne la définition suivante : < Je voudrais définir les philistins en disant que ce sont des gens constamment occupés, et le plus sérieusement du monde, d'une réalité qui n'en est pas une. > Le dilettante social a le sentiment intense et obsédant du mensonge social ; le sentiment de ce qu'il y a d'artificiel, d'apparent, de truqué et, pour tout dire, d'irréel, dans les conventions sociales. Car l'effet de ces conventions est de faire attribuer une importance considérable à des choses qui n'en ont aucune. Pénétré de ce sentiment, le dilettante social refuse de prendre la société au sérieux. Au milieu de ses semblables, il est toujours tenté de poser la question : < Qui trompe-t-on ici ? > Il s'amuse de cette mutuelle duperie et voit dans cet amusement ironique la meilleure revanche que l'individu puisse prendre de la société, la rançon des contraintes qu'elle lui impose, des hypocrisies et des vilenies dont elle lui inflige le contact. Le dilettantisme social est pour l'individu une reprise, une évasion et une délivrance. > ![]()
![]()
![]()
Je regarde "300", évidemment. C'est très violent, culotté, et une réussite, d'un certain point de vue. Rentré ce soir avec ce temps incertain qu'on a de plus en plus souvent. Il fait chaud et trop lumineux, mais le vent hésitant est froid, c'est Mars. De tous les côtés le ciel est comme malade, déchiqueté, mais derrière un voile. Du côté du soleil, les nuages sont oranges, timides, voilés, poussiéreux et dentelés, d'immenses rayons descendent en oblique d'une ouverture aux bords en or, sans y croire vraiment, et l'ouverture est vide de tout; une rue plus tard, je regarde à nouveau et trouve enfin l'oeil rond du soleil au milieu du trou, orange, et quelque peu de chaleur se pose sur mon dos, il fait froid néanmoins... Fini le Kaspi sur l'histoire des USA (s'arrête en 45), et me suis procuré un gros pavé sur la Traite des Noirs ainsi qu'un gros livre des Carnets de V. Grossman. ![]()
J'en ai profité pour me payer le Oblomov de Gontcharov, un exemple que j'avais noté il y a longtemps de personnage "dans le monde sans y être". ![]()
Le Relax de Frankie Goes to Hollywood par exemple. Je me souviens de ce double vinyl un peu frustrant avec le Welcome to the Pleasuredome de 13 minutes, dont le plaisir venait du pont instrumental (à 7'02") qui calmait un peu les oreilles après la vulgarité du début. Si Relax était porté par le scandale (lié aux paroles, au clip) et son côté hymnique, moi j'adorais la "piste de danse pour les oreilles" : un axe inamovible central sans reverb, un noyau (basse, grosse caisse, hi-hat) autour duquel venaient milles et une sonorités dans de grands espaces divers, comme une suite de bulles imbriquées. Je réécoute le Post de Björk, mal chanté, mal écrit, mal produit (Army of Me : un peu trop de reverb partout, point final). Enya me fait beaucoup rire : 1 kilomètre de reverb partout, et voilà pour la production :-). Michael Jackson, dont l'intro rythmique est un plaisir (la batterie un peu reverbérée, la basse presque pas, la voix un peu plus que la batterie - il est possible que l'effet soit retiré de la batterie ensuite). Après la perfection de Violator, écouter le Never Let me Down Again. Trop de reverb (sur la batterie et la voix, principalement) ! Le morceau est magnifique mais noyé dans le "loin". L'époque était comme ça. Revenez à Violator après Behind the Wheel : le son s'est resserré, il est plus précis, étagé, il y a parfois même PLUS de reverb, mais pas sur tout. Au lieu, comme dans Music for the Masses, d'éloigner tout le morceau dans une sorte de tore de reverb (tout est loin autour de nous), dans Violator on plonge l'auditeur au centre d'une sorte d'architecture en trois dimensions, les sons étant placés précisément à des distances voulues. On pourrait s'amuser à faire des classements de "productions", je pense surtout aux productions de Yes de l'époque Close to The Edge, Relayer, The Yes Album : un son serré et plat, qui se lisait comme sur une affiche. La profondeur n'étant jamais recherchée. Exercices : 1/ Ecoutez Saturday Night Fever et faites l'analyse de la production sur les Bee Gees. Comparez avec des morceaux ultérieurs comme You Win Again. Qu'ont-ils perdu ? 2/ Trouvez une compile de Yello et étudiez l'utilisation de la reverb. Et régalez-vous : Yello vont parfois très loin avec ça, cf "To The Sea" -> différentiel rythmiques/sons. Le pire, c'est la new age, les synthés dans la reverb. Parfois, c'est miraculeux, je pense à cette tranquille forêt de sons dans le Soil Festivities (movement 1) de Vangelis...
![]()
Les lunettes sont le symbole de l'intellectuel, mais pourquoi ? La lecture, oui, mais c'est comme si ce prétexte ne suffisait pas...
La soif croissante de l'insolite est symptôme d'une perte. En naviguant, je retombe toujours sur le site de Cali, "graphiste, illustratrice, peinturlureuse et gribouilleuse" - en profiter pour lianer la page Elles créent. Je suis fasciné par le type du créateur-qui-n'arrête-pas, dont c'est le mode de vie, et qui travaille vite et bien, et tout le temps. Le plus célèbre d'entre eux ? Picasso.
![]() Ne peux-tu arrêter un peu de me prendre en photo ? |