Letter




Juillet



DVD : The Painted Veil, avec Edward Norton et Naomi Watts, classique, adulte et diablement élégant. De l'amour, de la finesse, de la désillusion...

Conversation amusante avec un vieux bonhomme rebelle par tous les pores, sur, évidemment, les échecs du rebelle. Son inutilité, ou plutôt son côté inefficace, inopérant - ce qui pose la question contraire évidemment.



Lecture d'un entretien avec Nuri Bilge Ceylan, metteur en scène Turc (Uzak - Les Climats). "Au cinéma, j'aime la période intermédiaire d'Antonioni; en littérature, Tchékhov pour son réalisme (...). J'aime aussi la peinture réaliste, et notamment le peintre américain Andrew Wyeth".
A ce point-là, je rigole. Il faut que regarde ses films !

Je rigole aussi, car le "réalisme" qu'il évoque n'est surtout pas le réalisme "documentaire". Il faudrait que je me penche là-dessus.

Se constituer un petit paquet de livres pour les vacances ? Pour l'instant j'ai mis le biographie de Marie Laure de Noailles et L'Art du Roman de Lodge. J'aimerais y ajouter Parlons Travail, de Roth, sur les écrivains. Une Pléiade ? Tchékhov maybe...



Comme j'ai récupéré de vieilles poupées, je fais films et photos d'étranges et vieux visages. Un peu facile. C'est un levier très efficace, le "visage étrange".

Acheté une belle boîte de 48 pastels et le papier ad hoc, réuni quelques bouquins pour les vacances. Lodge et Roth ont en commun de parler des écrivains, des formes inventées et de leurs méthodes. Deleuze pour son côté "chaudron" et le pétillement des idées. Borges car c'est un livre infini empli d'articles, de délices, de nouvelles et d'articles. Comme je vais à Dieppe, je prends le temps de lire le livre du débarquement Canadien raté. Ces gens-là se sont quand même fait tuer pour nous...

On m'a posé une question fondamentale : offrir 5 livres importants à quelqu'un de jeune et qui lit. Je n'ai trouvé que les nouvelles de Tchékhov et Belle du Seigneur. Mes amours littéraires ne sont pas forcément à conseiller. Faulkner ? Chalamov ? Bernhard ? Jünger ? Tatata ! Peut-être un gros recueil de Nietzsche et, oui, Rimbaud.


J'écoute Blonde Redhead, SW pour ses sonorités confuses, colorées et réverbérées et surtout pour son pont instrumental parfait; Silently, tranquillement magique, pour ses modestes délices de polyphonie vocale; Messenger pour son côté entêtant et nostalgique; on pourrait coller les même mots à Misery is a Butterfly, dont le secret tient à cette sorte de piano/basse, le reste à l'avenant : production parfaite (guitare au centre, batterie sèche, alto zigzaguant comme chez John Barry), voix idéale, ambiance fabuleuse - c'est la chose la plus envoûtante que j'entends depuis longtemps.

J'explore, dépité, le dernier album d'Emily Haines (chanteuse de Metric). C'est debout, car sa voix est vraiment splendide, et les arrangements sont souvent originaux. Mais c'est alangui, un peu paresseux, et harmoniquement "tout juste suffisant". Je reste persuadé, donc, que la magie de Metric tient surtout à l'alliance entre la voix extrêmement séduisante d'Emily et la musique composée par son acolyte - olibrius très doué en écriture pop, type Martin L. Gore.

Il y a un morceau à sauver : Detective Daughter, qui, j'adore, s'avance sans se prendre la tête, modeste et un peu bizarre, tranquille et pensif, calmement divaguant. Le piano est un peu distrait. Les guitares bien placées. Les arrangements idéaux. Et une bien belle phrase :

There are so many skirts under the table
None of these long legs are mine

Sinon je n'ai trouvé aucun morceau de Voi Va Voi à la hauteur de Further Deeper. J'ai retrouvé avec plaisir le Devil's Lake de Patrick O'Hearn (immobilitées aquatiques à la Eric Serra - j'adore ce son grave). J'écoute souvent le Cherry de Ratatat, crescendo lisse autour de deux notes, habile tissage, ainsi que le Royksopp Night Out et ses pointillés électroniques évolutifs. La production est parfaite et l'ambiance étourdissante, sans que je sache encore pourquoi (bien des gens doivent détester ce truc). Le Nomads des High Llamas : un bijou rigolo. Polar Shift de Trentemoller : aucune musique, mais un talent fou de construction/production/relance. Un dixième de la production de Boards of Canada est valable (et encore). J'ai trouvé : Corsair, Peacock Tail, Music is Math, et Slow this Bird Down.

DVD : The Breach, froid comme la glace, bien mené. Moi pas critique de cinéma :-). Puis The Good Shepherd, remarquable, complexe et feutré. Il s'agit du second film réalisé par De Niro. Avec du Arvo Pärt à la musique !




Août










Seule



jeanpascal@wanadoo.fr