trop d'affectation à tenter d'atteindre la simplicité




Août



DVD : Le Labyrinthe de Pan, une bonne idée d'étrangéisation (guerre d'Espagne/conte de fée). Les actrices sont splendides et bien dirigées. Mais c'est souvent lourdingue, complaisant (dans la violence ou dans le baveux) et traînard. Lopez semble absent, et son antre est éclairée n'importe comment. Del Toro, rigolard, mutile les visages à flux continu. C'est bien discutable.

Une des grandes catastrophes du cinéma futur sera les hordes de réalisateurs "fans" de Tim Burton.


Lectures un peu décevantes. Le Parlons Travail de Philip Roth consiste en une série d'entretiens ou de portraits d'écrivains. C'est passionnant, et Roth est d'une intelligence redoutable, mais je suis frappé par certaines de ses obsessions, dont celle qui consiste à tout voir en compartiments, en "classes" ou en en minorités. Sans doute parce qu'il est américain ? Chaque écrivain est noté comme important non pas en fonction de ses livres, de son style ou selon d'autres critères artistiques, mais parce qu'il appartient à un "groupe séparé". Juif, ou "victime du communisme", ou "exilé", etc etc... C'est souvent agaçant, mais on continue, car c'est souvent de très haute volée, et bien jubilatoire. Le chapitre le plus intéressant, celui sur Ivan Klima.
J'ai trouvé et lu une biographie ("Sa Vie") bien mal écrite et documentée, de Soljenitsyne, qui s'arrêtait juste avant son exil des années 70. Quel bonhomme étrange ! Je vais continuer de me documenter, Wikipedia ayant achevé de m'intriguer. Feuilletté un Michel Onfray, une sorte de bolide dans l'andouillerie, ça ne s'améliore pas. Livre après livre, c'est de plus en plus consternant - surtout que je suis globalement d'accord avec lui. Mais 30 bouquins pour expliquer son hédonisme ("doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l'existence", dit Wiki), chapeau !



Je découvre Polenov, peintre Russe du XIXème. Ce n'est pas aussi bon que Levitan, mais...

Le Poker étant basé sur le bluff, il a peu de chance de m'intéresser. Jeu de "petits malins" - je suis déjà parti.

Quand je lis quelque part "ne vous laissera pas indifférent", c'est souvent exactement le contraire qui se produit.

Peut-être faut-il lire Patrick Leigh Fermor. Le Journal de Kafka (j'en possède deux traductions différentes : laquelle lire ?). Les textes de Foucault, réunis chez Quarto ("Dits et Ecrits").

Etude à faire sur les musiques d'Emilie Simon. Et sur l'idée de la mélodie enfouie chez Royksopp.



Si vous vendez sur eBay, vous savez que vous pouvez choisir (c'est payant) de faire afficher une petite photo de votre objet dans les listes que voient les acheteurs. Pour des bouquins ou des petits objets, c'est assez cher, surtout si vous vendez des centaines de trucs. Donc bien peu de vendeurs "mettent une photo", si bien que lorsque vous cherchez sur eBay, vous vous retrouvez avec des pages et des pages de listes de mots - sans photos ou presque.
C'est assez typique d'une erreur du commerce, qui consiste à se regarder le nombril, sans savoir ce à quoi sont confrontés les gens, les clients. On voit bien le raisonnement : faisons payer les photos des vendeurs, ce qui génère des gains - sans voir l'emmerdement des acheteurs, qui renoncent, ne trouvent pas, etc...
Amusant, car eBay prenant une commission sur chaque vente, leur système de photos payantes crée un gain, mais en même temps crée une perte - considérablement plus importante. Cela fait des années qu'on leur dit et... ils viennent de comprendre. A partir de fin Août, toutes les annonces sur eBay auront leur photo dans les listes d'objets. Ce qui revient à, soudain, s'occuper du client, c'est à dire des acheteurs. Quelle révélation ! Imaginez que vous alliez dans un magasin dans lequel 19 produits sur 20 sont masqués dans les boîtes blanches avec quelques mots de description !

Il y a là un truc à développer - et ça probablement déjà été fait. Dans le commerce, mais aussi dans toutes les grandes organisations. Je l'ai peut-être déjà formulé ici :
<< Dans une organisation, lorsqu'on prend une décision, on voit ce qu'on y gagne (en amont), mais souvent on ne voit pas ce qu'on y perd (en aval) >>.

Tout cela a souvent un rapport avec ce qu'on appelle les Effets Pervers. J'ai vu qu'on a en beaucoup discuté lors des lois qui accentuent la répression sur les récidivistes.

J'ai vu il y a plusieurs années un exemple très drôle dans un magasin qui vendait des DVD. Ils s'en faisaient piquer régulièrement. Drame ! La décision fut prise de les coquer, c'est à dire de les insérer dans des espèces de boîtes en plastique dur. Bonne décision en aval ! Les vols cessent. Mais les conséquences étaient... proliférantes. D'abord une perte de temps considérable pour les vendeurs, qui passaient (j'ai demandé) des heures à coquer les DVD (que faire d'autre pendant ce temps-là ?), puis pour les caissières, qui se battaient avec l'ouverture des coques. Perte de place : il faut stocker les coques à utiliser puis celles récupérées en caisse. Il fallait organiser le flux de ces coques, qu'elles reviennent des caisses sur la surface de vente, comme ils disent. Ensuite, les coques masquaient des informations contenues sur les pochettes des DVD (perte de ventes). Et puis bien des choses tentantes (coffrets, collectors) ne rentraient pas dans les coques. Et surtout, une coque augmentant le "volume" d'une boîte de DVD, perte de... 20 pour cent de place, à cause d'embonpoint coquesque.
Bref : gain (moins de vol) et perte (ribambelle d'effets pervers). Bilan négatif (bien sûr, d'autant que ces coques coûtaient très cher, ha ha ha). Enfin, les coques ont rapidement été retirées.


J'ai enfin retrouvé (c'était chez Borges) l'histoire du poète qui rêve un poème extraordinaire, se lève et commence à le retranscrire, mais est interrompu par une visite. Le reste du poème disparaît alors de son esprit. Fascinant, mais les déductions de Borges sont magnifiques aussi. Cf Coleridge.



Lu quelques articles sur la curieuse évolution des films d'horreur - Saw et Hostel. Les derniers "tournants", disent les spécialistes, étaient Scream (horreur rigolote, second degré, astucieuse, autoréférentielle), puis la vague orientale initiée par The Ring (angoisse, lenteur, sons, fantôme) qui refaisait peur, et ensuite ce groupe de nouveaux metteurs en scène américains vraiment "gore". La nouveauté, avec les Saw, les Hostel, puis les films qui vont débarquer en masse à la suite, est basée sur la torture d'humains attachés, tout cela filmé de façon réaliste et graphique. On ne cherche plus à distraire, à faire peur (genre Halloween et ses trucs qui vous font sursauter) ou à vous faire flipper, ou à vous fasciner avec des monstres (Alien ?). C'est, clairement, une page qui se tourne, et ce n'est pas très réjouissant. Voir des gens se faire torturer à mort, ça vous dit ? Il s'agit, c'est vrai, d'une sorte de pornographie...
Moi, gosse, on cherchait à pouvoir voir Mad Max (qui était interdit aux moins de 18 ans). Regarder l'Exorciste était inimaginable et nous fichait le frisson. Il y a dix ans, le grand débat, au Lycée, c'était "qui va avoir le droit de regarder Scream demain soir sur Canal ?". Aujourd'hui, les gosses de 6ème se filent des DivX de Saw, et trouvent que Hostel c'est vraiment cool. Et dans dix ans ?
Avec cette vague, on ne peut aller que dans la surenchère. Et où est la surenchère, à part dans l'invention de nouveaux moyens de torture ? Filer dans le mixage avec le pornographique (tortures sexuelles, etc). Se rapprocher du snuff (véritables tortures). Torturer des enfants. Cette dernière possibilité n'est pas si inimaginable que ça, puisqu'il paraît qu'aux USA un film fait grand bruit et grand débat, dans lequel on massacre méthodiquement (par la torture) une adolescente. Le tout au cinéma, dans les salles, officiellement et tout.

J'écoute Immortal Memory (rien que ça) de Lisa Gerrard avec un acolyte. Planant et formidablement rasoir. Elle fait tout son catalogue de trucs sur d'interminables accords. Pfiou !

Je désinfecte avec Emilie Simon.
Désert surprend par son minimalisme malin, sa double voix, son orgue cafouilleux et les quelques accidents deci, ou delà. Batterie désinvolte. Ce qui est frappant c'est que l'orgue ne se déplie qu'aux deux tiers du morceau...
Lise. Paroles joueuses, et arrangements rigolos. La basse est inventive comme tout. Le morceau semble se déployer comme une fleur. Le travail discret sur les cordes est splendide.

Musique. Intrigué par Charlotte Martin, sorte de Tori Amos avec plus de tenue. J'écoute Rosie Thomas (When We Were Small).

DVD : Arthur et les Minimoys. Mes enfants adorent et vibrent comme j'ai rarement vu. Moi, j'y allais avec des pieds de plomb, et je suis emballé. Et ce dès le début : quelle bonne idée d'être allé chercher Mia Farrow ! J'ai tout de suite remarqué une forme de désinvolture qui existait déjà dans Le Cinquième Elément. L'intro va à toute vitesse, avec beaucoup de liberté dans le scénario (dont, entre autre, l'arrivée des guerriers africains). La désinvolture dans le conte, ça marche, je pense surtout à Pinocchio de Collodi et ses grands virages fous, son invention bonhomme, et peut-être Alice au Pays des Merveilles (avant la Reine, en tout cas). Lorsque le Roi des Minimoys explique un truc, une carte descend du plafond en vitesse, sans aucune autre raison que "on a besoin de la carte"...
Les Minimoys sont parfaits, parfois mal animés mais expressifs comme tout. Et lorsqu'on frise le passage débile "concession à l'époque" (les rastas dans la boîte de nuit), Besson s'en sort avec élégance et désinvolture (toute la scène sur le vinyl). Beaucoup d'atouts, dont les liens permanents tissés entre le monde des Minimoys et le monde humain (le son, les pailles, le jardin). La mise en scène est parfaite, puisque peu voyante. J'adore.



Conversation sur une idée à creuser, qui est celle du Leurre. Le mot est étrange, et le concept passionnant, car applicable à tout : la guerre, le politique, les animaux, les relations humaines, etc... Je vais creuser.

Attention à vous ! Il y a peut-être un leurre. Comme, peut-être, ces poissons monstrueux et cachés qui agitent un faux vermisseau devant leur gueule énorme et rapide. Présence d'un leurre : être sur ses gardes. Signifie la présence d'une volonté malfaisante, dangereuse.
Le leurre peut être présent pour se protéger, c'est le cas chez les militaires, qui utilisent des leurres pour tromper les missiles. Il est possible que dans l'idée du leurre on sous-entende le fait d'attirer. Le Wiktionnaire dit : "Toute chose dont on se sert artificiellement pour attirer quelqu'un et le tromper.

Il est très probable que ce soit une possibilité politique. On pense bien sûr aux médias, auxquels ont peut jeter une affaire en pâture pour distraire le public d'autre chose. Il y a dans cette idée un sous-entendu : la conspiration. Il est assez confortable pour l'esprit de penser que "Les Médias" ou "Les Hommes Politiques" sont des entités plus ou moins malfaisantes qui nous manipulent (leurres) en permanence dans un but précis. Je pense toujours que c'est plus compliqué que ça, ou que c'est plus trivial (par exemple : l'appât du gain, plutôt que la manipulation des esprits). Je ne peux m'empêcher de constater que la quasi-totalité du monde occidental est sous hypnose télévisuelle tous les soirs de l'année. Leurres ? Pour attirer et tromper ?

Dans Google, leurre conduit à la pêche. Brrrr...


J'ai décidé de m'intéresser d'un peu plus près à l'histoire du Communisme, suite à mes lectures de Soljénitsyne. En DVD il y a de quoi faire, avec des choses sur l'URSS, les communistes français (Mémoires d'Ex), Mao ou Staline. J'hésite encore à me plonger dans la grosse biographie de Staline. Ce qui m'intéresse, en filigrane, c'est la désillusion....

DVD : Deja Vu. Le principe d'un endroit du monde reconstitué à partir de toutes sortes d'informations visuelles enregistrées, je l'avais eu il y a 20 ans. Flûte ! Pourquoi j'ai pas écrit le scénario ? Mon idée à l'époque était que toutes les images des caméras de surveillance du monde s'engrangeaient dans un seul serveur, dont la justice pouvait se servir le cas échéant pour "reconstituer" une scène. Evidemment, quelqu'un piratait le truc... :-)
Dans le cycle de Storedower, j'avais écris un texte (Noo & Sam) dans lequel une demoiselle faisait appel à un traitement d'images en réseau pour analyser une petite note vidéo laissée par son homme qui a disparu. Le traitement opéré, elle enfourchait des lunettes 3D (Goggle) et cherchait un indice dans le monde reconstitué par le logiciel, qui a combiné les différentes images à disposition...

DVD : Les Tueurs, de Siodmak. Premiers rôles de Burt Lancaster (quelle classe !) et... d'Ava Gardner (parfaite : sublime et fragile). Construction en flashbacks. Un grand plaisir.

DVD : La Foi du Siècle, sur le Communisme. Très grande tristesse, à chaque fois que je vois tous ces enfants. Grand vertige, de voir ces millions d'imbéciles heureux. Choses qui s'emboîtent, avec le nazisme (la biographie d'Hitler) ou ce qui c'est passé en Espagne (choix merveilleux entre Franco et les Communistes - la peste, ou le choléra ?). Ne me donne pas envie de lire la vie de Staline. Enfin, je regarde tout ça pour la désillusion, et je la rencontre lors de l'alliance entre Staline, bonhomme, et Hitler. Immense désillusion dans le monde entier. Ah les cons ! Le documentaire en tout cas montre bien l'espoir qu'apportait le Communisme aux ouvriers, et la sensation - c'est tellement humain - d'enfin appartenir à un groupe doté d'une volonté, sorte d'aristocratie, d'ailleurs... Sur le Wikipedia en français, m'intrigue (ou m'amuse) beaucoup le chapitre "Usages du terme". L'entrée "Stalinisme" est aussi très intéressante.

La présentation du régime russe comme "socialiste" - ou comme ayant un rapport quelconque avec le socialisme - est la plus grande mystification connue de l'histoire.
Cornelius Castoriadis,
Devant la guerre, 1981.

Si, comme je le pense, l'écologie pourrait générer quelques dictatures semblables, je me demande quel serait alors l'idéologie "contre, mais pire" qui s'y frotterait.


DVD : Ghost Rider, avec Nicolas Cage, tellement, tellement grotesque que ç'en est fascinant (un motard vend son âme au Diable et devient, la nuit, un squelette-à-moto (le tout en flammes) chasseur de primes).

DVD : Le Cheikh Blanc, un des premiers films de Fellini, un grand plaisir, drôle, fûté, exagérant, comme désinvolte, mais très malin. Je me régale - et commence à regarder Les Feux du Music Hall.

Peu en forme, j'ai lu les souvenirs de Deborah Mitford (Deborah Devonshire : Les Humeurs d'une Châtelaine Anglaise), puis me suis procuré les deux volumes de sa soeur aînée Nancy Mitford, chez 10/10. Pour l'un (L'Amour dans un Climat Froid, quel joli titre), ils ont pris une photo de Peggy Wood, une actrice au visage stupéfiant.










Septembre










Seule



jeanpascal@wanadoo.fr