there are no signs
there are no stars aligned
no amulets no charms
to bring you back to my arms

St Vincent (Annie Clark)



oh oh oh




Septembre



J'écoute See You Later, de Vangelis, après les derniers Lieder de Strauss (Schwartzkopf, cela s'entend).

Trouvé quelques poignées de bon bouquins, dont celui sur la "mutation" terre plate/globe terrestre, un énorme volume sur la Prusse, un livre sur Brecht, des cahiers de l'Arc (Musil, Joyce, Levi-Strauss), des choses sur Nabokov, du Sophocle, du Maupassant et du Jules Renard, des nouvelles d'Edith Wharton, des entretiens avec Castoriadis ainsi que des choses que je vais lire avant de revendre probablement (sur Staline, ou une bio d'Howard Hugues, entre autres). C'est idiot, car les livres me tombent des mains. C'est une sorte d'errance alors, une nausée de tas de livres.

J'apprends avec intérêt que M83 sort ou va sortir des choses. Je réécoute les albums (dont Dead Cities). Leur particularité est très étonnante à notre époque, c'est celle de pousser "trop loin" la tension du crescendo. Leur espace sonore devient souvent comme sur-rempli, c'est très érectile, cette affaire-là !
Je me suis souvent demandé s'ils connaissaient les musiques d'Heldon et de Richard Pinhas (des morceaux comme Be Wild sont très proches de cet univers).

En marchant avec mon iPod, je me suis rendu compte que deux groupes que j'ai beaucoup écouté récemment (Royksopp et Blonde Redhead) étaient animés par une même esthétique (qui m'avait aussi beaucoup frappé chez Brahms), qui consiste à cacher la richesse harmonique (indubitable) dans une sorte de pâte, de fleuve de sons, avec des lignes mélodiques presque enfouies, des idées remarquables tout de suite malaxées dans le flux. C'est quelque chose de terrien. Brahms est fort loin de Debussy (irisations, fondus, liquides, voiles)...

Je ne sais pas pourquoi ça me plaît. Je pense que ça aiguise mon écoute. Je tends l'oreille. Je veux savoir pourquoi ça marche. Et alors que la pop inventive est souvent limpide, les deux groupes que je viens de citer prennent un malin plaisir à déguiser, à mettre du coton et des voiles, à cacher du plaisir sous terre ou derrière un nuage.

En particulier, il y aurait une étude à faire sur la basse comme "source enfouie de plaisir".



DVD : Snow Cake, petit bijou bizarre, avec un trio délicieux (Alan Rickman, Sigourney Weaver en autiste, Carrie Ann Moss, superbe). Moi je marche, avec ce genre de "machin" (comme Terre Neuve). De nombreux plans ou scènes sont vraiment magiques...

Puisque l'automne a commencé en Mai, j'écoute Voices, de Roger Eno, piano vaporeux, gymnopédique, idéal pour l'automne. Une musique consolante, est-ce possible ? Mes filles trouvent ça triste.

Trouvé littéralement une grosse pile de BD et de romans pour enfants, pour mon aînée de fille qui dévore à grande cadence tout ce qui se lit ici.

Sans force, je feuillette L'Arc sur Levi-Strauss. Mon énorme pavé sur la Prusse, on peut pas lire ça au lit !

Dans les bonus de cet excellent film qu'est La Guerre de Murphy, on assiste à une curieuse double interview, avec le producteur du film (je pense), qui voulait imposer une fin heureuse, et avec le metteur en scène, qui exigeait, lui, que le personnage meure à la fin. Sujet de dispute, à l'époque - sur le mode, j'imagine, du créateur qui doit s'imposer face à la "machine" - et Peter Yates a réussi à imposer son point de vue. Ah !, a-t-on envie de dire, l'artiste a vaincu les vilains producteurs, et patata.
Mais ensuite, le producteur explique que si la fin "heureuse" (qui a été tournée) avait été choisie, le film aurait fait un carton. C'est ce que je pense - surprise, Peter Yates aussi, qui dit aujourd'hui que c'était une erreur, et qu'il a... retenu la leçon pour des films tournés ultérieurement. Je ne sais pas pourquoi, mais ce type de double retournement me plaît infiniment.



J'apprends dans le Cahier de l'Arc consacré à Musil qu'il est mort en faisant sa gymnastique (ce qui est peu commun pour un intellectuel, je trouve), et en laissant inachevé un chef-d'oeuvre : L'Homme sans Qualité. Bien. C'est arrivé à d'autres (Proust !). Je remarque avec amusement (et un poil d'agacement) que les commentateurs arrivent toujours à écrire que c'est tant mieux. Chez Proust, c'est dans le registre du roman cathédrale "forcément inachevé". Chez Musil c'est autre chose. Cela laisse entendre que c'est très bien comme ça (c'est peut-être la providence qui l'a fait exprès, tiens). Je ne peux m'empêcher de penser, moi, qu'il est un peu léger d'oublier l'hypothèse que, sans la mort de l'auteur, le livre aurait été bien mieux encore. Faire la liste des "chef-d'oeuvre inachevés".

DVD : Far and Away, avec justement une bonne fin rigolarde. Le héros meurt (c'est Tom Cruise), la caméra monte dans le ciel, la musique avec, son amoureuse crie son malheur. Vous vous dites : ils vont quand même pas finir comme ça ? La caméra s'arrête alors dans son élan lyrico-tristus, redescend, et le héros se réveille. Ah ben non, je suis pas mort, semble-t-il dire. Bien vu.

Ah, cette belle phrase de journaliste de cinéma : "Les choix nécessaires entre logique fictionnelle et logique réelle...".

Ah, Jean-François Bizot est mort. Là, je dis merde, tiens. Y a peu de bonshommes de notre époque qui m'épataient autant que Bizot. Brian Eno, peut-être.

Télérama a fait un numéro spécial sur les rapports hommes/animaux, qui complétera sans doute mon lire de chevet "Si les Lions savaient parler". Très belle préface.

Pour mon plaisir, me suis trouvé des nouvelles de Tchékhov, et de Kipling (sur papier bible, hmmm).

Je persiste à penser qu'il faut mettre du Harold Budd sur son iPod. Le Momentary Architecture, de Budd avec John Foxx (l'album : transluscence), crée une trouée magnifique pendant votre marche en ville. Je me suis payé un casque Philips (pour moi, ce sont les meilleurs) avec un tour d'oreille et des écouteurs qui s'insèrent dans le conduit auditif - c'est la dernière mode. On est bien plus isolé du monde extérieur, et le son est magnifique.

Interlude parfait : Swim There - Steve Jansen And Richard Barbieri - Drop 5. Bijou sensible, paisible, complexe. Une sorte de Air sophistiqué, redressé.



Comme je remplis mon iPod avec n'importe quoi, je finis toujours (c'est le but) par trouver des choses étonnantes, comme ce Your Lips are Red, de St Vincent. Haut quotient de bizarrerie, même si ça n'est pas entièrement satisfaisant. Dissonances. Construction fracturée. Piano farceur. Voix mutante (simple, doublée, en masse-comme-chez-Kate-Bush, en reverb'). Basse en pointillés. Cassures. Surprises. Cordes. J'adore !

Enquête. A fait les premières parties de Arcade Fire. Album "Marry Me", Juillet 2007. My Space : St Vincent. Chanteuse : Annie Clark, membre du groupe The Polyphonic Spree. A joué de la guitare pour Sufjan Stevens. A une ébauche de page sur Wikipedia.

L'album tient les promesses bancales du premier morceau : chansons penchées, baroques. Fausses notes voulues. Une liberté. Tonalité non définie, comme pince-sans-rire. Cassures partout. Envolées risquées. Incessantes modulations (culottées). Je suis séduit, j'avoue.

Le sommet de l'album est sans doute Paris is Burning, qui commence on ne sait comment avec quelques lignes de cuivres, un arpège de guitare, une percussion distraite, une basse attentive et un décollage vers une pop jouissive et fracturée qui n'arrête pas de jouer la brisure/relance et qui offre ses sonorités et ses astuces comme un grand bouquet. Et lorsqu'on croit avoir pigé le truc, la dame tord le tout (3'00") dans une sorte de valse bizarre, joyeuse et forcée, foldingue et maîtrisée.
Appréciez aussi ce drôle de slow qu'est All my Stars Aligned, habité par divers choeurs angélique, un piano libre, aisé et perlé, qui prend un plaisir presque distrait à frôler les fausses notes, et qui à nouveau se tord de façon bien risquée vers la fin.

Groupe à trouver : State River Widening. Ecouter avec attention la nouvelle Musique des Sphères de Mike Oldfield.

Discussion avec une demoiselle sur les "micro-résistants" : s'écartent de la nouveauté, travaillent moins et consomment moins, ne regardent plus les chaînes de TV, n'ont pas de voiture, etc. En somme, non pas ceux qui manifestent ici ou là, ni les "rebelles", mais ceux qui ralentissent eux-même, tous seuls.
Discussions amusée avec un monsieur en retraite qui veut tout savoir sur les Westerns. Fait des listes, importe des films, c'est toute une passion. C'est rigolo, les passionnés, les lubies, tant que ça ne dérange personne.
Question : votre passion est-elle bruyante ? Si oui, allez au diable. Et voilà pour vous.

Plutôt utile, Panimages, qui permet de chercher des images sur le web en intégrant un outil de traduction. Si par exemple vous cherchez des photos de fourmis, vous pouvez taper "fourmi" ou "ant" sur Google, mais vous n'allez pas trouver les photos sur les sites en Turquie (karinca, ça se dit) ou en Finlande (muurahainen). Bref, taper "ant", puis Translate, puis cliquez sur le mot traduit pour obtenir les images. Le site cherche aussi sur Flickr, ce qui est une excellente idée.



Les gens qui se disent "romantiques" (sanglots dans la voix + air "tu peux pas comprendre"), se marient puis divorcent au moindre problème. Romantisme de caniche ? Voyons, le vrai romantisme, ce serait...
- Rester avec l'autre, quoi qu'il arrive, en trouvant une voie, puisque c'est "lui" (ou "elle"). Le "pour toujours" qui serait vrai, dis-donc !
- Se tuer plutôt que de voir son couple parfait éclater.
- De ne jamais s'engager, puisque (évidemment), l'histoire parfaite n'existe pas.

Vu quelque part, quelque chose comme "Tomber amoureux ? Oh, non ! C'est beaucoup plus sérieux que ça...".

DVD : Merchant of Venice, Pacino/Irons. Très bon. L'Illusionniste, délicieux mais un peu léger. Les Climats, où l'on scrute les visages comme chez Bergman, avec un rythme à la Antonioni. Vertigineux.

Période comme de diète. Remplissant mon terrier pour l'hiver, je lis "Nos Frères Farouches" de Jules Renard, bien vu et délicieux. Trouvé "Une Vie", d'Elia Kazan, "La Formation de l'Acteur" de Constantin Stanislavski, et "Jeu et Réalité" de D. W. Winnicott.

En cherchant dans mes archives (c'est que je suis connecté depuis 1993), je retrouve d'immenses conversations que j'avais eu avec Vanessa Lesage. Vanessa, si tu me lis un jour ici, envoie moi un mot - j'aimerais beaucoup savoir ce que tu es devenue...

J'écoute interloqué Deerhoof. Je cherche Hood. Un nouveau Robert Wyatt sort en Octobre : Comic Opera. En voilà qui sait toujours ce qu'est une couleur harmonique (cf intro de You You).

Commencé une grosse biographie de Voltaire.


Octobre










...à l'idée que...



jeanpascal@wanadoo.fr