P. Reverdy (Sources du Vent)
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DécembreCes deux livres me plaisent, et m'inspirent, puisqu'ils tendent (un peu) le ressort artistique désormais mort en moi. "Il y a quelque chose à faire".
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<< L'utilité des voyages, c'est d'élargir sur la carte les terres où nous n'avons plus envie d'aller. >>
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Je feuillette mes gros volumes sur l'histoire du monde, avec amusement et terreur. Fort étonné par l'histoire de Calvin, que l'on peut voir aujourd'hui comme une sorte de Taliban, d'intégriste. Envie de lire sur Hannibal, ou la première Croisade ("Constantinople délivrée"). Au lieu de m'intéresser à ce rasoir de Calvin, je viendrai probablement à Savonarole, qui lui a fini par exaspérer son monde. De la bonne rigolade en perspective. Il est toujours possible d'être effaré par l'importance de la religion dans ces époques pas si lointaines. Il eut fallu toquer à la porte de ces masses abruties : "Hé ! Ho ! Dieu n'existe pas !". Je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer la situation pendant une guerre de religion, d'une grosse voix qui dirait au milieu d'une tuerie que bon, Dieu, non.
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Conversation perplexe avec un jeune homme qui se dégoûtait de "l'hypocrisie" des gens lors de Noël. Ah ! Moi aussi j'ai tenu ces discours ! Mais c'est toujours bien plus complexe, mon ami. J'ai du mal, moi, aujourd'hui, à dire "les gens" pour ce genre de constat. Il y a autant de sentiments que de gens, des tristes, des idiots et des gais, des hypocrites et des malins, des émerveillés, des sincères et tralala. Et quelle poursuite du vent, d'ailleurs... Qu'importent les hypocrites, me disais-je... Et même : pourquoi s'en désoler ? Enfin, je radote. Noël excellent pour ma pomme : bonheur de mes enfants, cadeaux, lumières et repas de fête entre nous quatre. Deux bons petits films pour les p'tiots : Blizzard le Renne du Père Noël, et aujourd'hui Ella Enchantée.
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Vienna Teng, le beau bel album piano/voix que je connaisse. Voix riche et parfaite, invention constante, beau quotient de bizarrerie, excellent songwriting, délicatesse, élégance, précision. Blonde Redhead (deux derniers albums : "23" et "Misery is a Butterfly"), une sorte de Cure de fille. Son noyé et cotonneux, boisé, ensoleillé et complexe. Idées fusants dans tous les coins. Totalement hypnotisant. Grande science harmonique et grande variété de timbres. Du jeu. Basse impeccable. Excellentes percussions. Voix fondue et mutante. Surtout : bonheur évident de faire de la musique. Un nombre effarant de morceaux sublimes. Trentemoller, de la "techno froide" extrêmement jouissive, précise et étagée dans la production. Sens inné de la rupture/relance. Epatant travail sur les timbres. St Vincent : "Marry Me", sorte de Kate Bush en plus allumée, qui allume divers incendies au milieu de ses morceaux. Une élégante farceuse, capable de délicatesses et de grandes folies, le tout avec beaucoup de science et de contrôle.
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Ne pas faire ce que personne n'avait jamais pensé à ne pas faire. Je regarde Les Ames Fortes, d'après Giono, et suis frappé par le visage d'une vieille dame au visage parfait : Edith Scob. Je n'avais vu ce visage que dans Le Temps Retrouvé, de Ruiz. Plus loin, pendant un dialogue, deux personnages glissent de façon irréaliste devant les décors. Je n'avais vu cet effet d'étrangéisation que... dans Le Temps Retrouvé. Vérification : Les Ames Fortes, c'est de Ruiz, l'homme à la caméra fluide. Je me refais en HD l'intro si étrange de Shining (Kubrick). Le soir, je regarde des Mister Bean avec les filles. Ce matin, je lisais, épaté, quelques pages de Hugo et ses Choses Vues. La mort de Balzac. J'ai écouté beaucoup de Jazz, cet après-midi : Ahmad Jamal, Bill Evans, Garbarek, John Dowland et un curieux ECM nommé Tati. Dans un texte que je trouve sur le roman de Giono, Les Ames Fortes, je lis que Giono a plus à voir avec Faulkner qu'avec Sisteron, et suis amusé par l'expression "quête vaine". Wrong Way Up ? C'est vraiment fascinant, les "êtres simples confrontés à des passions supérieures", le moteur trop puissant pour la taille du véhicule, l'infini à la portée des caniches, la confiture aux cochons. "Quête vaine" : Il y a quelque chose à trouver ici, mais je ne sais point quoi. Je zappe, donc, et flotte. Ce soir je plonge dans Gertrude Stein... Comme toujours il y a trop de visages dans cette page.
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Hier soir je lisais L'Autobiographie d'A. T., de Gertrude Stein, qui me colle des étincelles dans la tête. Il y a un secret, une sorte d'humour froid ou discret, pince sans rire. C'est parfois cousu avec une petite phrase ou une remarque comme légèrement décalée. On se dit à chaque page ou presque : "Elle rigole ou quoi ?" J'écoute du Jazz, ici : André Prévin, puis Arild Andersen (un ECM), Miroslav Vitous (excellent, risqué et grouillant), ou Carla Bley (quel plaisir !). Dimanche. Les filles jouent dans leurs chambres, à s'en saoûler - j'adore leur laisser ce temps-là. Laissons aux autres les "activités". Ce matin, plaisir d'être dehors au soleil oblique et de lire un long texte de présentation de Florence à l'époque de Dante... Trouvé "Some Echoes", de Steve Swallow, sorte d'équivalent ECM du Hergest Ridge de Mike Oldfield. Longs escaliers d'accords modulants, piano perlé et saxo vivant. Une recherche d'harmonies risquées/plaisantes (oh cette basse !). Pas abouti, mais extrêmement troublant pour moi.
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Et merci Stéphanie, pour ceci. ![]() Vous savez... Il est comme ça.
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![]() Ah oui ?
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