Bonne Année ! ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
Janvier
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Idées d'Histoire(s) : Ecrire un cycle de nouvelles basées sur l'idée suivante : lorsque survient une situation de grand danger, un personnage réagit de façon vive (se sauver, se protéger), puis soudain s'arrête, semble flotter, parce qu'il a compris que ce danger masque en fait un autre péril, bien plus grave... Immédiatement, je pense au Tsunami (j'ai toujours envie de mettre une majuscule à Tsunami). Voici : un pêcheur, au bord d'un village, constate avec stupeur que la mer s'en va à toute vitesse, emportant sa barque et du matériel. Il réagit vite, saute dans l'eau pour rattraper ses affaires, et d'autres pêcheurs font de même. Mais quelques secondes plus tard, il s'arrête, lâche tout, puis se retourne et regarde le village. Il a compris que le reflux des eaux, très embêtant, cache un autre truc bien plus grave. Sa priorité change en un éclair : sauver sa peau, et celle des siens... Trouver d'autres exemples, au cinéma, lorsque qu'un personnage s'arrête, stupéfait, au milieu d'une action forte : il a compris ce qu'on pourrait nommer le "Péril de Niveau 2". La façon qu'à Deleuze de se "placer" intellectuellement me fait souvent penser à Ernst Jünger (même si celui-ci est plus allemand, moins joueur que Deleuze et ses concepts). Il faudrait s'acheter Mille Plateaux, et se pencher sur Foucault, aussi.
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Reçu Trois Vies, de Gertrude Stein, chez Gallimard. 90 centimes chez PriceMinister.
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Montré aux filles L'Impossible Monsieur Bébé, avec un doublage affreux. Je les ai prévenu que lorsqu'elles sauraient lire toutes les deux, VOST obligatoire ! Me suis passionné ces derniers mois pour la guerre HD-DVD / Blu-ray. En phase finale depuis que Warner est passé Blu-ray exclusif. Ce qui était intéressant, c'était surtout la guerre ouverte des "deux camps" dans les forums, les styles d'attaque et de défense, la mauvaise foi, les aggresseurs et les diplomates, les triomphants, etc. Si j'avais plus d'énergie, il y avait un bouquin à écrire sur tout ça. Ici, nous aimons pratiquer en famille le "pique-nique d'hiver". Même s'il fait trois degré Celsius. Le secret est de se mettre au soleil et de boire du thé brûlant en continu. Pour E., 6 ans, grande période intense "corde à sauter". Sa grande soeur, dévoreuse de livres, vient de se régaler avec un gros pavé : Ella l'Ensorcelée. Quant à moi je continue Stein avant de bifurquer vers Picasso, vaste programme.
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Chez Stein, ça se situe à deux niveaux. D'abord au niveau narratif, un côté discrètement farfelu (j'adore le passage ou Toklas explique qu'à Paris, à un moment de leur vie, "tout le monde a 26 ans". Et ensuite dans le style : une répétition de trop, un mot un peu inadapté. Tout ça, pour moi, c'est du bonheur. J'ai évidemment pensé à faire ça ici, je verrai si j'ai le culot. Ce soir je commence Trois Vies. J'ai bien d'autres Stein dont j'ai envie, mais je n'ai plus de sous. Puisqu'on trouve des musiques "lossless" (comprimées sans perte de qualité comme pour le mp3), j'ai rempli mon disque dur de classique. Je suis, là, dans la 8ème de Brückner, toute architecturale et bruissante, comme il convient. Et ce scherzo !
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Je suis très touché, car j'ai reçu un email d'une copine de collège, que je n'ai pas vu depuis 27 ans, donc. Ouh la la !
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Il s'agit du premier livre de Stein, mais pourtant je retrouve immédiatement cette tonalité neutre, amusée, précise, et légérement bizarre. Parfois, telle répétition "musicale" annonce Thomas Bernhard. C'est énigmatique, et ça correspond bien avec la tête de Stein (on dirait un Empereur Romain !) et le couple qu'elle forme avec Alice Toklas (sorte d'oiseau moustachu). Adorables. Je vais faire une plongée. Déjà mis de côté un autre livre, et commandé deux autres.
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Réfléchir au "méta" en fonction des métiers. Des pompiers qui viennent éteindre une caserne. Mon préféré : une sage-femme qui accouche une collègue. Chacun, je pense, a une terreur/obsession, une idée lancinante qui vous accompagne depuis toujours, et qui fait qu'on "sent" que tel ou tel péril ou malheur nous arrivera un jour. L'un aura la certitude de mourir noyé, l'autre sentira qu'il sera un jour emprisonné, ou fusillé. Je ne peux m'empécher de penser que souvent, un jour, la chose arrive vraiment, mais avec surprise, un côté oblique ou différent, inattendu. L'ironie de la vie, qui joue avec nous probablement. Je pense qu'il est important de "connaître notre incomplétude". L'idée qu'il nous manque quelque chose pour être enfin en équilibre. On cherche tous à combler ce trou. Il est probablement habile de savoir cartographier ce manque, le connaître, et même le reconnaître. En général, la tristesse sans objet vient de cette incomplétude. Selon moi, il faut comprendre qu'on ne peut rien y faire. C'est déjà un petit soulagement... ![]() C'est la lumière...
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