inharmonies intentionnelles



Aerial



Février



Une personne a eu l'idée de mettre ce morceau de Melpo Mene sur des images de Kiki la Petite Sorcière. Bonne idée non ?



Je réécoute l'Epitaph de King Crimson. Je n'avais pas leur premier album, mais le double vinyle du groupe, The Young Person's Guide to King Crimson. Titre bien trouvé, en ce qui me concerne. J'avais 16 ans, et j'ai exploré ces musiques avec passion et stupeur. Epitaph était bien étonnant, en tant que slow en cinémascope, magnifiquement produit (batterie sèche, mellotron en texture, guitares cristallines en panoramique,), et si curieusement construit (polyphonies de clarinettes après l'extase du milieu, final grandiose et tendu, crépitant et douloureux - on n'est pas chez Genesis non plus). Je me nettoie les oreilles avec un peu de Sade : le drame calme de Fear (climats changeants comme dans un livre, basse vivante, violon inattendu, couleurs magnifiques). Les quelques CDs qu'elle a fait dans les années 80 n'ont pas trop vieilli, contrairement à bien d'autres, plus clinquants.

Je trouve des trucs assez épatants chez ECM, comme le Christian Wallumrod Ensemble, ou Marcin Wazilewsky.



Me suis procuré la première pléïade de Tchékhov (j'avais déjà les 2 et 3), et voilà ce que je fais le soir : je lis quelques lettres de l'auteur, puis une ou deux nouvelles. Ce bonhomme est splendide.



Notre petite E., qui a 7 ans et apprend à jouer la clarinette, en est arrivé au point où on lui donne à jouer de petites mélodies en noires et en croches. Et elle sent quelque chose, il y a un exercice qu'elle adore faire, ça lui donne un plaisir que je connais et que nous connaissons tous, et qu'elle ressent, elle, pour la première fois. La jouissance de la tête liée à "un truc" dans une musique. Ce n'est pas encore le grand coup de foudre, le truc qui vous retourne un jour comme une crêpe, mais je sais qu'elle se rapproche de ce territoire...


Il semblerait que de nombreux hommes ne supportent pas que leur femme "gagne plus qu'eux". Voilà bien de l'invention de problème, là où il n'y en a pas. C'est hallucinant. Que ma femme gagne plus que moi, voilà bien la meilleure nouvelle de l'année !
Un autre "inventons un problème quand il n'y en a pas", c'est une femme intelligente. Mieux : jolie et intelligente. Problème de pouvoir. Ah !!! Les hommes et le pouvoir... C'est à se cogner la tête sur les murs, des affaires comme ça. Des andouilles, à perte de vue.



Je me suis téléchargé la version démo de Finale, gros logiciel de composition musicale, sur Mac. Un monstre fabuleux dont j'ai révé des semaines entières, il y a quelques années. J'essaye le truc, je m'amuse. Au bout d'une heure, je comprends que désormais, composer me barbe, et sévèrement, et je balance le tout à la corbeille. Et puis, lorsque je lis des écrivains qui travaillent beaucoup la forme, j'ai toujours ce pincement au coeur : j'aurais adoré ça, écrire des romans qui auraient un style jamais vu, des grandes folies sans ponctuation de Faulkner ou Claude Simon ou de la farfeluterie bien vue à la Boris Vian. Mais enfin, j'ai ici l'occasion d'en faire ce que je veux, du style, et ça ne me dit rien, plus rien du tout. Quelle barbe. Tous mes instincts artistiques ont foutu le camp !



Une ou deux fois par mois je pense à visiter le blog de Pénélope, qui, même si elle se laisse parfois un peu aller à quelques facilités, possède une petite musique qui me plaît beaucoup. L'autre jour, un peu plus intrigué, je google Pénélope Bagieu DailyMotion, pour trouver deux ou trois interviews de la dessinatrice. Fûtée, parisienne, travailleuse, il est clair qu'elle capte l'air de l'époque. L'intervieweuse, pourtant, pose une sorte de question mélée d'étonnement, un peu comme : "C'est bizarre, mais on a beaucoup d'empathie pour votre personnage" - je sentais (peut-être que j'invente) que la question sous-entendait que, tout de même, cette petite parisienne gavée de séries télé et qui s'achète tout le temps des nouvelles chaussures, normalement ne devrait pas susciter l'empathie;. La réponse amusée de Pénélope est la clef de son succès : "On a de l'empathie, parce qu'il ne lui arrive que des tuiles". Paf, au milieu de la cible !



Une corde importante et Girly des blogs de fille (associez Girly à ce que vous voulez pour trouver des thèmes : Geek, Mode, Cul, etc), c'est le côté "C'est débile, je sais, mais cette paire de bottes à 700 Euros, j'en avais TROP envie", d'assumer leur vie "Je sais c'est débile mais je suis comme ça. Maintenant je vais vous raconter comment je kiffe trop Greys Anatomy".

Il me semble que faire naître l'empathie du lecteur par des listes de tuiles est une solution un peu facile. C'est typique de cette littérature à la Bridget Jones. "Je n'y arrive pas, je gaffe sans arrêt, admirez comme ça me rend sympathique". Un travail plus intéressant serait un journal qui refuserait d'utiliser cette "ficelle" tout en trouvant des lecteurs en nombre (si c'est le but - il semblerait que ce soit le but).



Ah, et mince. Je viens d'apprendre qu'il y a un mouvement qui s'appelle Emo. Faut te tenir au courant, JP, au lieu d'écouter Parsifal et de lire Tchékhov ! La honte. Savait même pas. Bon. Wiki explique Emo très bien. Dans les forums, sur le web, les jeunes gens s'insultent copieusement autour de qui est Emo et qui n'est pas Emo, l'un se trouvant toujours plus Emo que l'autre, etc. Tous, par contre, chez papa maman, revendiquent (Emo, c'est un peu la suite du Punk, mais avec plus d'Emotion, voyez) "qu'ils disent merde à la société". On pourrait croire qu'on réalise cet état d'esprit en allant faire du stop au Tadjikistan, ou en devenant ermite près de Budapest pour apprendre la contrebasse baroque, mais les Emo semblent préférer écouter tel ou tel groupe et s'habiller d'une façon codée. C'est toujours un peu compliqué à comprendre, la rébellion. Il est probable qu'ils se sentent "parfaitement libres", par ailleurs.



Il est possible que les hommes, lorsqu'ils rencontrent une "ex", soit bien embarrassés. Car la loi qu'explique Verlaine ("Te souvient-il de nos amours anciennes ?/Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne" - appréciez la question en "tu" et la réponse en "vous"), que tous les gars connaissent (en bref : évitez de parler du passé amoureux avec une ex, sauf si c'est elle qui lance le sujet), parfois ne s'applique pas. L'ex est peut-être furieuse que son gars semble avoir tout oublié. Tout cela est bien embarrassant, dit-il, pensais-je.



Isoldes Liebestod, dans le Tristan de Wagner. Je sais bien qu'il faudrait que je plonge une bonne fois dans la Tétralogie (Solti ?), avec études, livrets et partitions, vie de Wagner et tutti quanti. Un jour.

Dans ma page sur l'Augmentation de la Réalité, j'ai inventé l'expression "Casser ses lunettes d'Augmentation de la Réalité", un jeu facile qui consiste à regarder les choses telles qu'elles sont.
Alors qu'un téléfilm semble avoir été diffusé sur le thème, on a ici ou là cité quelques unes des phrases choc qu'utilisait Badinter dans ses discours à l'Assemblée Nationale contre la peine de mort. Badinter y explique ce que c'est que guillotiner quelqu'un : c'est le couper en deux. Voilà une phrase choc bien parfaite, qui resitue le problème dans le réel. Couper quelqu'un en deux, alors qu'il est tout vivant, voilà bien ce que c'est que la peine de mort à la guillotine. Brrrr (frisson dans le dos).



Sonates pour Violoncelle et Piano, de Rachmaninov, puis Symphonie N5 de Prokofiev, par Karajan. J'apprécie, mais la tôle ne vibre pas. Je passe donc au Sacre du Printemps, que je connais bien, et qui me réjouit l'hypophyse. J'essaye d'imaginer le bordel monstre que ça a dû être à la création (c'est la musique d'un ballet, et il y a eu une émeute). Le truc prend le public par surprise : le premier mouvement est cliquetant et bruissant, très : "une forêt bizarre s'éveille". Mais ensuite, c'est monstrueux, tranchant, compliqué, tellurique et cie. Wouarf ! Le Sacre, c'est 1913. Si vous avez de la peine avec cette musique, écoutez-vous une petite symphonie de Mozart, puis, assez fort, juste le tout dernier mouvement du Sacre. Le petit texte de Wikipedia explique bien le problème.

Je comprends à peu près (ce sont des anglais), alors je regarde les documentaires sur Genesis : les membres du groupe y racontent leurs trucs album par album. Une heure sur Trespass : Régal !




C'est sûr que les scaphandriers de la Culture (maj.) doivent bien détester mes pages frivoles, butineuses et même pas sérieuses. Aucun sujet approfondi, quelques clichés dans un sens, puis dans l'autre, et pas beaucoup d'action. En résumé, il suffirait d'émettre l'opinion que "ça ne convient pas", que c'est "vain", ou bien que ce serait bien si j'étais quelqu'un d'autre que moi.

Ecrire un cycle de contes sur le thème du "spécialiste sérieux" en colère contre "l'amateur désinvolte". Les thèmes sont à piocher partout : l'amoureux, le musicien, l'universitaire, le littéraire, le naturaliste, le spécialiste des westerns, etc...



Lorsque, dans le monde animal, on parle des prédateurs, on nous sert toujours les discours du type : les prédateurs, c'est vachement utile, parce qu'ils s'attaquent aux "individus les plus faibles", les malades et tout ça. Et quelque chose me fait tiquer. D'abord, comment en sont-ils si sûr ? Et puis, si un individu vient de se tordre la cheville ? Et puis, si un individu est "malade", et alors ? Pourquoi doit-il être éliminé ? Il peut se remettre. Etc. Tout cela me semble des justifications humaines à posteriori.



Une longue soirée fatiguée est comme lavée par les climats et les choeurs de L'An Mil, de Gabriel Pierné.

Trouvé un Best Of d'Ultravox, dont je fais mes choux gras. Vienna, Lament et les autres me font plonger dans mes jeunes années, mais je me demande vraiment ce qu'en penserait, aujourd'hui, un vingtenaire. Inaudible ou intéressant ?



Les exaspérations hiérarchiques sont toujours très drôles à observer. L'une d'elles est fabuleuse, c'est l'audit, qui coûte une fortune à l'entreprise pour au final expliquer aux patrons ce que tous les employés savent déjà depuis des années. Cela peut déclencher de grands rires sarcastiques, que l'on classera dans les "rires fous pour ne pas devenir fou".

Dans le même esprit, est amusant à étudier le "pion" qui tente de prévenir sa hiérarchie, et qui évidemment échoue (on n'écoute pas les pions, c'est inutile), puis assiste lentement, amusé ou fou de rage, aux désastres qu'il avait vu venir. Encore un cycle de nouvelles à écrire sur ce thème. Quand je serai en retraite, j'aurai des idées d'écriture. Je les vendrai sur le marché, au kilogramme.



Peter Gabriel dans l'interview sur Tresspass : "It's a different sensibility. Most bands begin, you know, playing together, and then find writing. We wanted to write, and we found playing".

Je dévore et me régale d'Une Histoire de la Musique, de Lucien Rebatet, chez Bouquins. C'est fabuleux et souvent cruel. Je fais des plongées préparatoires dans la Tétralogie de Wagner (et me paierai probablement bientôt les DVD, version Boulez). Pour me changer de Borodine, de César Frank ou de Chostakovitch, j'écoute du Sonic Youth, qui ont le don pour d'abord m'agacer puis m'épater. Chaque morceau nous farce en commençant comme du mauvais petit rock énervé simpliste provincial, mais nous précipite par surprise et en bousculade dans des courses éperdues, des dissonnances barbelées, des accélérations tranchantes ou des soudaines complications pleines de couleurs et de tessons. Ouarf !

La monstrueuse influence de Wagner sur tous les musiciens de l'époque. Je reste une heure en compagnie du Ring, épaté par le flux inventif. Je survole, je sais : c'est mal.
Passé une excellente soirée musicale avec les pièces pour piano et orchestre de G. Pierné. J'adore ça ! Le côté très musique française de la musique classique, limpide, organisée et vive, relancée par des trébuchements harmoniques magiques et souples, comme s'il avait piqueté sa partition de Prokofiev. Ensuite, je reviens, en pâmoison, sur L'An Mil. Les critiques n'aiment pas Pierné. M'en fous : je m'en régale comme de l'eau claire.

Bon, ça devient quoi, cette page, un truc musical ou quoi ?

En attendant, j'ai passé un bon moment aussi avec le Pelléas de Debussy. Peu formé à l'opéra, j'ai toujours un temps d'adaptation - c'est pareil avec les films de Rohmer, dont il faut se faire à la musique - mais ensuite, c'est comme une nouvelle pièce dans une maison, mystérieuse et pleine de trouvailles.



Ne pouvoir aller à Berlin sans l'album "Heroes" de Bowie - avec sa face B - ou Mahagony de Kurt Weill.

Pris de boulimie musicale. Perfect Day de Lou Reed sur Transformer. L'Amour Sorcier de De Falla. Al Gromer Khan. Le Region 1 du Somnium de Robert Rich. Scary Monsters, Heroes, Ashes to Ashes de Bowie. Beaucoup de Penguin Cafe Orchestra. Ou "Songs From the Three Penny Opera" (ou mieux : "Variations for Piano & Orchestra on I Got Rhythm") dirigées par Bernard Herrmann (la boucle commence à se boucler).



Ils ont une allure pas possible, les Netocrates, mais leur longue interview est rigolote, et parfois troublante :
http://www.chronicart.com/webmag/article.php?id=1438

Quelques points sur lesquels je suis assez d'accord :
- Sur Internet, l'Etat Nation n'a que peu d'importance. On n'a pas tendance à se définir par son lieu de vie, son pays.
- Sur MySpace, les "amis" sont une idée stupide. On ne sait que faire de 10.000 "amis".
- Rien à faire des médias de masse, et encore moins de la télévision.
- La publicité telle qu'elle existe est une saloperie que l'on évite un maximum (installez adBlock sur Firefox et virez votre poste TV, en voici 90 pour cent de moins), mais "l'information produit exclusive et pertinente" n'est pas génante du tout.
- Ce sont les gens "à la traîne" qui se raccrochent désespérément à la religion.
- Plutôt que vouloir à toute fin "se réaliser", entrer dans un JEU schizoïde qui consiste à cultiver plusieurs personnalités.

Toujours épatant sur ce site. At Work.



Dans la grande période inventive d'Europe, début XXème, mise en parallèle musique/peinture de Debussy et l'impressionisme, Stravinsky et le fauvisme, et peut-être le Schönberg et le cubisme.

Je ne connaissais Max Reger que de nom, et je l'avais rangé dans les nunucheries jolies et fades, à côté de Mendelssohn. J'explore, ravi, sa musique, qui est une sorte de Brahms tonalement plus avancé, un Brahms qui aurait appris chez Schönberg. Tonalité perdue mais fondue, grise, sans les zig-zag jouissifs qu'il y a chez Chostakovitch ou Prokofiev. C'est surprenant et, comment dire, "à domestiquer".

Même genre de surprise avec la musique de Martinu. Symphonie N1. Je m'attendais à des aspérités et à de la grisaille, et je trouve des fondus magnifiques, des couleurs adroitement tissées, une magie d'un Bartok aéré de Debussy. Oh !

Commandé donc, Les Netocrates, mais aussi Snopes de Faulkner, le tome II1 de l'Histoire de la Musique (il s'agit de la Pléiade qui a été coupée en 4 parties - ça tombe bien, seule celle-ci m'intéresse), et le Vichéra de Chalamov.



En musique, un procédé qui m'intéresse particulièement, c'est la Modulation, pour le plaisir et la surprise qu'elle procure, évidemment.
En pop, on module souvent en passant au refrain, qui acquiert ainsi une "couleur" différente. Moi, j'adore quand ça module bien, et souvent, comme chez Depeche Mode ou Kate Bush, chez John Barry et Tangerine Dream, Mike Oldfield et Metric. Certains modulent tout le temps, d'autres "un grand coup", mais rarement, d'autres encore "en escalier" (Schulze), ou "trop", à donner le vertige, ou "dans des tonalités vraiment éloignées", jouant la cassure. La musique change de couleur, se "tend" (on attend que ça retombe sur ses pattes), créant chez l'auditeur plaisir et attente. Parfois, une seule note (dans une mélodie) "sort" de l'harmonie, puis les arrangements suivent. S'ils ne suivent pas, la mélodie "revient" alors dans la première tonalité. Certains musiciens en jouent avec saveur, se rapprochant plusieurs fois d'une autre tonalité "sans le faire", pour nous satisfaire encore plus lorsqu'ils le font vraiment.
Ce matin je suis tombé sur un morceau des Midnight Juggernauts (encore eux) vraiment frustrant, de ce point de vue. Je me suis demandé s'ils le faisaient par incompétence ou cruauté. Dans cette lourderie dansante qu'est Nine Lives, une tonalité monte régulièrement vers une autre, sans jamais y aller. Comme si on était sur un plateau, qu'on posait le pied sur un plateau plus élevé (comme une marche), sans y monter vraiment jamais. En somme, sur leur ligne basse, y a un bémol (ou un dièze) "qui fait chier". Ça donne envie de moduler, mais ça ne module pas. C'est rigolo comme tout.

Dans mes "iPod Stars", passages modulés remarqués :
Eye of the Volcano, de Stereolab, qui ne fait que ça. Les couplets balancent d'une couleur à l'autre, et le refrain est une forte cassure harmonique. On dirait deux morceaux séparés par une porte. Le White Eagle, de Tangerine Dream, tranquille cliqueti électronique modulant, avec une habile décoration de cordes, derrière, ainsi qu'un lead en cristal qui jongle avec les notes communes entre tonalités (ce jeu-là, lorsqu'on compose, est un délice). Le David Hamilton de Kahimi Karie, dont les couplets tranquilles ne laissent pas deviner la modulation sauvage du refrain, qui arrive comme un vase de fleurs qu'on vous casse sur la tête (1'39"). Et le Au Pays des Cubes (dans Chapi Chapo !) de F. de Roubaix (grand modulateur devant l'éternel), cousu de virages harmoniques en apnée.



Si vous prenez une Histoire de l'Art (celle de Gombrich, par exemple), l'un des plaisirs est celui de suivre la chronologie du progrès. L'une après l'autre, une oeuvre se caractérise - entre autres qualités - par ce qu'elle apporte de neuf. Dans le domaine de la peinture, c'est passionnant, de l'apprentissage de la perspective à l'arrivée de l'impressionnisme, ou de l'abstrait. En musique, l'un des axes amusants à "suivre", c'est la tonalité, cette lente progression au cours des siècles des règles tonales jusqu'aux musiques sérielles (raccourci amusant : écoutez un adagio de Mozart, puis le Daphnis de Ravel, et juste après une pièce pour orchestre de Webern). Hors du plaisir immédiat de la musique, il y a le plaisir du "classement", tel compositeur étant plus ceci-ou-cela qu'un autre. On finit bien par trouver ce que l'on préfère.

J'écris tout cela en écoutant la première symphonie de Roussel. Un côté précis et élégant, très "musique française", un délice pour les oreilles, mais un certain manque de fantaisie. Martinu y ajoute les irisations et les transparences de Debussy, mais aussi une énergie slave turgescente et propulsée. Je m'amuse à retrouver une certaine pâte brahmsienne dans Max Reger, à trouver ce qui relie les symphonies de Dutilleux aux orchestres de Debussy. Je cherche ce qui distingue les sortilèges si plaisants des Pins de Rome, de Respighi des ceux du Nobilissima Visione d'Hindemith ou d'un concerto de Britten.

Bon. Phoebe joue Martinu. http://www.youtube.com/watch?v=rqBVrHa02IU - bonne nuit !



Synthèse des JP-Trouvailles en musique classique du mois de Février 2009.
- B. Martinu, Symphonie N1, V. Neumann. 1942.
- B. Britten, Concerto pour Violon, Op. 15, Rostropovitch/Vengerov, EMI. 1939 / Révision 1950.
- A. Roussel, Symphonie N1 (Le Poème de la Forêt), M. Janowski. 1906.
- G. Pierné, L'An Mil, Miserere Mei, Timpani Records. 1898.
- P. Hindemith, Nobilissima Visione, Hans Schmidt-Isserstedt. 1938.


Mars






GW



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