...l'inquiétude avec laquelle un être agité tourne autour d'un être immobile et cherche à le chasser de son centre.
E. Jünger : Eumeswil



Aerial



Mars



Le Poco Andante du Concerto pour Hautbois de Martinu. La 1ère Symphonie d'Elliott Carter. Balades de Mars.

Epatante, la confiance des gens lorsqu'ils rencontrent le label "Bio". Du miel "Bio", haha.

S'intéresser de plus près à Charles Dantzig. Son Dictionnaire est excellent, copieux, rusé et drôle.



A mettre dans l'iPod. Berlin Calling de Paul Kalkbrenner, electro surprenante, bizarre, bien produite et texturée. Extrawelt. Le Themependium de John Barry. Fever Ray, qui tranche. Le Rykestrasse 68 de Hanne Hukkelberg (rien que pour The Pirate et ses montées harmoniques enivrantes). 7 albums de Booka Shade, souvent joyeux, dansant, intelligent. Warszawa de Superfamily (à cause de "The Radio", pop déchaînée qui semble toujours sur le point de jouir). Beats by Dr Dre. To All New Arrivals, de Faithless. Le Kandi de One EskimO. Le Factory Box Set 4 CD ! La Simfonia de Camera, de George Enescu, et un Complete Piano Works de Martinu.

Je suis bien conscient que je ne parle plus que de musique. Une fièvre... Ma démarche principale est de trier, essentiellement dans la musique classique de la première partie du XXème siècle, les compositeurs qui me touchent la fibre musicale. J'ai toujours adoré Bartok, qui est une sorte d'axe ou de repère. D'un côté, il y a Debussy et Ravel (impressionisme), de l'autre Stravinsky (fauvisme), et devant Berg-Webern-Schoenberg (abstrait). Ce n'est pas bien orginal, mais on peut vraiment comparer ces courants musicaux et la peinture. Et plusieurs de mes pièces de puzzle ont été plutôt rudement mises à leur place. Je voyais Martinu et Hindemith gris, cassants et froids, et je découvre le premier turgescent, énergique et coloré, et le second précis et ensorcelé. Je découvre les tissages magnifiques de Roussel. Je picore, me régale d'un concertino de Françaix, des débuts symphoniques de Carter, de quelque élégie de Busoni, d'une Fête Romaine de Respighi, d'une messe pour double-choeur de Frank Martin, ou de quelques trouvailles : les symphonies de Magnard, de Ropartz, ou des Variations sur un Thème de Hindemith, de Walton. Un continent complet !



Conversation avec un monsieur bien âgé, qui, partie sur Bergman, glissa sur catholiscisme et protestantisme, pour se retrouver à partir de Brahms dans la musique classique. Les repères du vieil homme étaient plus anciens que les miens : Ferrier, Fürtwangler, Schnabel. Nous parlions en jubilant du "second plaisir" du mélomane, qui est fait de classements et de comparaisons. Comparaisons entre compositeurs, entre époques, entre oeuvres...

Heureusement, j'avais gardé une grosse pile de magazines sur la musique classique : Classica, Répertoire, Diapason... Me suis délecté hier soir, dans mon gros livre sur les chefs, d'entretiens avec Pierre Boulez ou avec Harnoncourt.

Je suis un peu étonné parfois de rencontrer des "artistes" qui ne se préoccupent que de leur époque, et qui ne réagissent donc, qu'à ce qu'on leur propose. Les Arts s'irriguent entre eux, leurs Histoires peuvent apporter de l'énergie.



Le Recours Aux Forêts. Il faudrait que je le refasse...



Je trouve des bouquins invraisemblables sur torrent. Le dernier : How to Hide Anything. Si.

Si vous aimez ce Journal et que vous aimez lire, prenez (c'est en poche) le Dictionnaire de Dantzig.

S'entraîner à écrire de petites nouvelles à la Carver en construisant d'imaginaires couples tracés à grands traits : le cadre surmené et la plantureuse hystérique, le gros gentil et la hargneuse rapide, la placide musclée et le maniaque conservateur, l'intello alcoolique et la soumise insomniaque, le parapluie hagard et la gothique qui aime les animaux.



Passé une bonne soirée à faire mes traductions tout en écoutant Hodie, une Cantate de Noël (en Mars, pourquoi pas ?) de Vaughan Williams, un CD EMI (avec Janet Baker, j'adore !). Excellente chose. J'ai trouvé aussi des Symphonies de Gerhard (c'est un poil trop pour moi, mais ça passe). J'ai un excellent tuyau si vous avez envie d'explorer ces musiques classiques du XXème siècle, si vous comprenez l'anglais, et si vous savez vous servir de Rapidshare ou des Torrents. Une série de documentaires faits avec Simon Rattle, excellent chef d'orchestre, qui s'appellent Leaving Home. Sur RS, on trouve ça chez Avax (http://www.avaxhome.ws/), section Vidéo. Le bonhomme explique tout ça avec passion, de Debussy à Boulez en passant par Chostakovitch, mais aussi John Adams, Takemitsu ou Messiaen.

Il y a un nouveau U2 et je ne l'ai pas encore écouté, et pour Depeche Mode aussi. Il y a un nouveau Royksopp et il est juste correct, plaisant, sauf un morceau nommé "Royksopp Forever" (en voilà un titre !), qui sort du lot et s'aventure sur les terres d'Art of Noise. Dès l'entrée de la basse (qui monte dangereusement trop haut), on se doute que quelque chose va se passer : grandes vagues de cordes à la John Barry, et tricotages synthétiques divers. Un peu nunuche-facile, tout ça, mais excellent comme une petite fraise.

Je désinfecte en retournant chez Janacek et sa petite renarde.


Radotant comme une vieille biquette, je constate en écoutant un peu de tout sur mon iPod que les musiques actuelles "commerciales" (je veux dire : pop, rock, techno, metal, gothique, variété, tout ce qu'on veut) ont souvent fait bien des découvertes et des explorations avec l'importation d'instruments très divers, une production inventive, des paroles fort variées, et de l'énergie et des climats à revendre. Un seul "poste" (alors que c'est le principal, en classique) n'est jamais fort travaillé, c'est la complexité harmonique. Je ne m'attends pas encore à du rock sériel, ce qui serait bien bizarre, mais... bon. Mais du rock bartokien ou debussyste, je prends.



Parfois vous sortez et vous vous sentez comme ça, comme cette photo ci-dessus, qui tente de m'hypnotiser depuis quelques semaines. J'y reviens sans cesse. Elle vient de la pochette d'un vieux vinyl de musique classique russe. Que l'on soit en Russie est très possible, mais ça n'est pas important. Cette photo capte un état, quelque chose, l'arrivée du printemps et une mélancolie, elle capte l'air froid et le soleil qui ne réchauffe que peu, elle capte le soupir que l'on fait lorsque la beauté de la nature se heure à la laideur plate des villes, elle capte le fait que si vous êtes un enfant, vous riez et vous allez courir dans l'eau avec vos bottes, elle capte l'heure où il n'y a encore pas grand monde dans le quartier, elle capte que c'est peut-être l'été, mais très tôt. Elle capte que l'on s'arrête un coup de marcher, et que l'on respire un grand coup.



Jeu du soir (j'apprécie mon casque Sennheiser HD435 (pub gratuite)) en comparant les versions des Nobilissima Visione d'Hindemith par Hans Schmidt-Isserstedt (NDR Sinfonieorchester), vif et contrasté avec celle de Claudio Abbado (Berliner Philharmoniker), plus lent et fondu.

Lorsque j'entends ma grande, qui a 10 ans, demander pendant sa leçon d'histoire sur le XIXème : "C'est qui, Sedan ?", je bondis de mon fauteuil pour lui montrer Napoléon III, la guerre de 70 et la Commune dans quelque volume illustré. En un quart d'heure, la voilà plus éclairée. Anonner de l'histoire, un côté pénible de l'école.


...son problème : comment faire pour éviter la banalité sans sombrer dans l'excentrique ?...

Le dernier U2 n'est pas si mal. J'ai levé un sourcil en entendant le dernier morceau, Cedars of Lebanon, qui contient un sample du Pearl de Brian Eno (qui co-produit l'album) et Harold Budd. Ils ont choisi un bon morceau bien lourd pour le single, mais doivent se régaler d'avoir mis de côté pour plus tard une vraie perle, "single évident" : Magnificent. Il suffit de l'entendre une fois pour se dire que c'est un tube, et pas un petit. On parie ?

C'est l'époque. On a remasterisé Yello. Je réécoute, ravi : The Rhythm Divine, slow sur-sophistiqué, luxueux et étagé, empli de lumières, de douceurs et de paillettes. L'un des atouts de Yello, c'est la production, à la hauteur d'un ZTT (Art of Noise, Frankie Goes to Hollywood), avec reverbs savantes et festival pour les zoreilles attentives. On se régalera de leurs intrumentaux : Le Secret Farida, rêverie d'Afrique du Nord, et surtout de Ciel Ouvert, cathédralesque et floydien, avec bruitages, reverbérations immenses et visions parfumées. Ce truc a beaucoup servi en publicité (1664, entre autres). En bref : ces mecs sont fous. The Race et ses cuivres samplés...

Un nouveau Metric ! Stéphanie ! Argh !



Allez expliquer à deux marmoussettes de 7 et 10 ans "C'est quoi la crise ?" un soir, à table !

Je découvre un chef d'orchestre que j'avais complètement ignoré : Riccardo Muti. Des symphonies de Brahms de bonne tenue, un Magnificat de Vivaldi somptueux (et pas baroque, hin hin hin). La Rhapsodie pour contralto (avec Jessye Norman !) est lente et intérieure, très différente que par Janet Baker, idéale. Comme j'adore Brahms, je replonge dans mes CDs : Premier Concerto pour Piano, par Gilels/Jochum. Premier Mouvement lent et contrasté entre des plages et des envols fracassants ou même brücknériens. Régal. Perfection. J'arrête là. Il faudrait,tiens, que je fasse une page : "Un itinéraire possible dans la discographie de Brahms". Avec en tête de liste le Requiem Allemand par Klemperer, une exploration des Symphonies (Karajan, Haïtink !), et des trouvailles (pièces pour Choeur et Orchestre par Abbado, chez DG). Pour l'instant, je me détourne et replonge dans les fabuleuses Symphonies de Martinu (par Neumann, surnaturel).

Par un hasard amusant, il y a un nouvel album de Royksopp, Metric, Vienna Teng et Saint Vincent, tous pour moi dans le très haut du panier de la pop, chacun dans leur genre. Annie Clark, qui a composé et arrangé "Actor", affirme "I wanted to make these songs technicolor animatronic rides", ce qui laisserait entendre que Saint Vincent n'a pas changé de ton. Ouf !

C'est toujours une petite satisfaction lorsque j'arrive à participer, avec une ligne ou deux, à Wikipedia, sur un compositeur américain ou l'adaptation d'un roman au cinéma.

Un PDG qui visite une de ses filiales prévient en général bien avant. Ainsi, tout est préparé pour que tout lui convienne. Un PDG malin visiterait ses usines ou magasins sans prévenir, évidemment. J'en déduis que les PDG sont des idiots. Ou alors qu'ils ne veulent voir que l'idéal - ce qui les dispense de boulot. Ah, voilà.





Avril






GW



jeanpascal@wanadoo.fr