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MarsEpatante, la confiance des gens lorsqu'ils rencontrent le label "Bio". Du miel "Bio", haha. S'intéresser de plus près à Charles Dantzig. Son Dictionnaire est excellent, copieux, rusé et drôle.
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Je suis bien conscient que je ne parle plus que de musique. Une fièvre... Ma démarche principale est de trier, essentiellement dans la musique classique de la première partie du XXème siècle, les compositeurs qui me touchent la fibre musicale. J'ai toujours adoré Bartok, qui est une sorte d'axe ou de repère. D'un côté, il y a Debussy et Ravel (impressionisme), de l'autre Stravinsky (fauvisme), et devant Berg-Webern-Schoenberg (abstrait). Ce n'est pas bien orginal, mais on peut vraiment comparer ces courants musicaux et la peinture. Et plusieurs de mes pièces de puzzle ont été plutôt rudement mises à leur place. Je voyais Martinu et Hindemith gris, cassants et froids, et je découvre le premier turgescent, énergique et coloré, et le second précis et ensorcelé. Je découvre les tissages magnifiques de Roussel. Je picore, me régale d'un concertino de Françaix, des débuts symphoniques de Carter, de quelque élégie de Busoni, d'une Fête Romaine de Respighi, d'une messe pour double-choeur de Frank Martin, ou de quelques trouvailles : les symphonies de Magnard, de Ropartz, ou des Variations sur un Thème de Hindemith, de Walton. Un continent complet !
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Heureusement, j'avais gardé une grosse pile de magazines sur la musique classique : Classica, Répertoire, Diapason... Me suis délecté hier soir, dans mon gros livre sur les chefs, d'entretiens avec Pierre Boulez ou avec Harnoncourt. Je suis un peu étonné parfois de rencontrer des "artistes" qui ne se préoccupent que de leur époque, et qui ne réagissent donc, qu'à ce qu'on leur propose. Les Arts s'irriguent entre eux, leurs Histoires peuvent apporter de l'énergie.
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Si vous aimez ce Journal et que vous aimez lire, prenez (c'est en poche) le Dictionnaire de Dantzig. S'entraîner à écrire de petites nouvelles à la Carver en construisant d'imaginaires couples tracés à grands traits : le cadre surmené et la plantureuse hystérique, le gros gentil et la hargneuse rapide, la placide musclée et le maniaque conservateur, l'intello alcoolique et la soumise insomniaque, le parapluie hagard et la gothique qui aime les animaux.
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Il y a un nouveau U2 et je ne l'ai pas encore écouté, et pour Depeche Mode aussi. Il y a un nouveau Royksopp et il est juste correct, plaisant, sauf un morceau nommé "Royksopp Forever" (en voilà un titre !), qui sort du lot et s'aventure sur les terres d'Art of Noise. Dès l'entrée de la basse (qui monte dangereusement trop haut), on se doute que quelque chose va se passer : grandes vagues de cordes à la John Barry, et tricotages synthétiques divers. Un peu nunuche-facile, tout ça, mais excellent comme une petite fraise. Je désinfecte en retournant chez Janacek et sa petite renarde.
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Lorsque j'entends ma grande, qui a 10 ans, demander pendant sa leçon d'histoire sur le XIXème : "C'est qui, Sedan ?", je bondis de mon fauteuil pour lui montrer Napoléon III, la guerre de 70 et la Commune dans quelque volume illustré. En un quart d'heure, la voilà plus éclairée. Anonner de l'histoire, un côté pénible de l'école.
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Le dernier U2 n'est pas si mal. J'ai levé un sourcil en entendant le dernier morceau, Cedars of Lebanon, qui contient un sample du Pearl de Brian Eno (qui co-produit l'album) et Harold Budd. Ils ont choisi un bon morceau bien lourd pour le single, mais doivent se régaler d'avoir mis de côté pour plus tard une vraie perle, "single évident" : Magnificent. Il suffit de l'entendre une fois pour se dire que c'est un tube, et pas un petit. On parie ? C'est l'époque. On a remasterisé Yello. Je réécoute, ravi : The Rhythm Divine, slow sur-sophistiqué, luxueux et étagé, empli de lumières, de douceurs et de paillettes. L'un des atouts de Yello, c'est la production, à la hauteur d'un ZTT (Art of Noise, Frankie Goes to Hollywood), avec reverbs savantes et festival pour les zoreilles attentives. On se régalera de leurs intrumentaux : Le Secret Farida, rêverie d'Afrique du Nord, et surtout de Ciel Ouvert, cathédralesque et floydien, avec bruitages, reverbérations immenses et visions parfumées. Ce truc a beaucoup servi en publicité (1664, entre autres). En bref : ces mecs sont fous. The Race et ses cuivres samplés... Un nouveau Metric ! Stéphanie ! Argh !
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Je découvre un chef d'orchestre que j'avais complètement ignoré : Riccardo Muti. Des symphonies de Brahms de bonne tenue, un Magnificat de Vivaldi somptueux (et pas baroque, hin hin hin). La Rhapsodie pour contralto (avec Jessye Norman !) est lente et intérieure, très différente que par Janet Baker, idéale. Comme j'adore Brahms, je replonge dans mes CDs : Premier Concerto pour Piano, par Gilels/Jochum. Premier Mouvement lent et contrasté entre des plages et des envols fracassants ou même brücknériens. Régal. Perfection. J'arrête là. Il faudrait,tiens, que je fasse une page : "Un itinéraire possible dans la discographie de Brahms". Avec en tête de liste le Requiem Allemand par Klemperer, une exploration des Symphonies (Karajan, Haïtink !), et des trouvailles (pièces pour Choeur et Orchestre par Abbado, chez DG). Pour l'instant, je me détourne et replonge dans les fabuleuses Symphonies de Martinu (par Neumann, surnaturel). Par un hasard amusant, il y a un nouvel album de Royksopp, Metric, Vienna Teng et Saint Vincent, tous pour moi dans le très haut du panier de la pop, chacun dans leur genre. Annie Clark, qui a composé et arrangé "Actor", affirme "I wanted to make these songs technicolor animatronic rides", ce qui laisserait entendre que Saint Vincent n'a pas changé de ton. Ouf ! C'est toujours une petite satisfaction lorsque j'arrive à participer, avec une ligne ou deux, à Wikipedia, sur un compositeur américain ou l'adaptation d'un roman au cinéma. Un PDG qui visite une de ses filiales prévient en général bien avant. Ainsi, tout est préparé pour que tout lui convienne. Un PDG malin visiterait ses usines ou magasins sans prévenir, évidemment. J'en déduis que les PDG sont des idiots. Ou alors qu'ils ne veulent voir que l'idéal - ce qui les dispense de boulot. Ah, voilà.
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