Nul ne saura jamais mon secret, ni même si j'en détiens un
Basho



Amid Chaos



Mai



Le soir on se regarde quelques Tex Avery, mais quelle irrégularité ! Certains cartoons sont à mourir de rire, et d'autres sont vraiment, vraiment navrants - dont tous ceux avec voix off sur la TV, les voitures ou la pêche. J'espère qu'ils avaient un peu honte.

Eu une intéressante discussion avec une très jolie marocaine de 22 ans aux yeux de princesse Shéhérazade, qui affirmait, fière comme tout, réserver son premier baiser (et tout le reste) à l'homme qui deviendrait son mari. C'est vraiment merveilleux, d'oser agir comme ça en 2009. Vous avez envie de, vous savez bien, de lever l'index, d'expliquer que c'est fabuleusement con, que des centaines de générations "romantiques" ont prouvé que c'était la route directe vers le malheur et la désillusion, mais vous vous taisez, évidemment. Faut traverser les erreurs soi-même. Relier à : "Une Vie", de Maupassant, et à la mort de Maufrais en Guyane. Les romantiques sont indécrottables.



Lectures du soir : Danzig sur la littérature. Son autre livre me tombe tout le temps des mains, c'est épuisant. Les bonnes idées fourmillent... avec un soupçon de pédanterie. Le genre de gars qui explique, le torse bombé, qu'il va acheter son dentifrice à Londres. Pour faire bonne mesure, je lis La Grande Armée, de Georges Blond. Une sorte de reportage de l'aventure napoléonienne, vu de l'intérieur.

J'ai retrouvé une petite poignée de micropersonnages qu'on collait sur les maquettes de gares de trains Jouef. Je m'amuse beaucoup à les photographier en macro. Il faudrait ensuite s'atteler aux légendes...

Et alors, disait-elle, pourquoi n'aurait-on pas le droit de ne plus s'agiter...
Isabelle Adjani, citant Françoise Sagan




Et alors, disait-elle...


Compositeurs que je découvre et dont j'ignorais même l'existence : Dag Wiren, Silvestre Revueltas, Herbert Howells, Gerald Finzi, Gian Carlo Menotti. Je voyage, messire ! Ensuite, je rêve, avec la Serenade to Music, de Vaughan-Williams.

C'est entendu, je ne parle plus que de musique - pour l'instant. Voyages du soir. Je picore, c'est très mal. A Sea Symphony de Vaughan Williams, parfois pompeux, souvent bon comme de la brioche. L'Adagio de la 3ème Symphonie de Roussel, alliage de délicatesse et de précision, de fumée et de petites architectures. Kammermusik d'Hindemith par Abbado, puis ses Métamorphoses Symphoniques, qui me font penser à du Chostakovitch aéré. D'excellent quatuors de Janacek. Les Symphonies 1 & 2 de Walton. La 3ème de Ropartz par Plasson. Pour finir, j'explore les trois volumes des Baltic Voices.

Un peu de sous-culture ? Ah ! Voilà que ça pète ! http://www.transformersmovie.com/.

Me shoote au Zemlinsky ("Psalms", par James Conlon). Pour mon anni, je me suis commandé :



Ecoutant, j'adore, la Symphonie de César Franck, je me dis que je peux peut-être trouver la partition, que je trouve sur IMSLP grâce à Wikipédia. Je me délecte donc du Mouvement II - Karajan EMI, un peu voilé - en suivant la partoche sur pdf. L'Internet est une chose vraiment plaisante à faire fonctionner parfois. Objectif du moment : insérer sur Wiki l'explication de l'étrangéisation ("ostranenie" en russe), présente sur les sites anglais mais pas chez nous.

Début Juin, rencontre prévue avec 8 autres personnes que je n'ai pas vues depuis le Collège, donc depuis 28 ans.



Exploration de quelques archives en flac - quand même moins creux que le mp3 - : Fever Ray, tendu et plombé. Se détendre avec le Cinémascope précis du Kingdom de Dave Gahan (Booka Shade Club Remix). Plongée en 1977 (j'avais 11 ans !) avec le Oxygene de Jean-Michel Jarre, un sacré truc à l'époque. On l'écoute aujourd'hui différemment, en reconnaissant la grande habileté du bonhomme (production, climat, construction, harmonies). Très très intrigué par les albums de Lemon Jelly, musique "choses variées", pince sans rire, foisonnante, précise et à fort quotient de bizarrerie, mais une bizarrerie masquée ou bien rangée. On se dit "Quelque chose cloche. Mais quoi ?". Comme si Art of Noise bossait avec Ratatat. Je me détends les oreilles avec Light on Water, dernier morceau nocturne et planant du "Last Night the Moon Came" de Jon Hassel. Faites l'amour sur Jon Hassel (Fourth World, avec Eno), c'est très intéressant... Prévoir du Bach en cas d'intoxication, en presque fin de nuit.



Bonne rigolades avec les filles à propos du cliffhanger, vous savez, ces fins à suspense qui laissent l'histoire suspendue - la suite au prochain épisode. Leur ai raconté le fameux cliffhanger de Dallas ("Who shot JR ?") et le triple cliffhanger imbriqué que constitue parfois George Lucas pour ses Star Wars. C'est qu'à 7 et 10 ans, mes petites ne veulent toujours pas regarder Star Wars (peur d'avoir peur, ou d'un "truc pour les garçons").

Travaillé toute la journée à un montage vidéo à de 350 photos environ, dans iMovie, stable et puissant, enjoy Macintosh. Effet Ken Burns, transitions, durée des plans, musique, exportation. M'a pris la journée. Le soir, un DVD : Frost Nixon, puis, merci à Avaxhome : There is Sweet Music, compilation de musique chorale anglaise. Avec des titres très anglais, comme : "To be sung of a summer night on the water, part I et II" (Delius), ha ha ! Plaisant, mais j'ai besoin de dissonnances. Je fouille avec avidité dans mes bonnes archives : Nobilissima Visione, et Mathis, d'Hindemith, un régal.

Mon critique de musique classique préféré, c'est toujours Christophe Hüss, que vous pouvez lire ici, fûté, précis : chapeau bas. Je pleure de ne trouver nulle part d'anciens numéros de la revue Répertoire.




Je lui donnerai / Mon premier baiser... / Mais... Comment on fait ?


Un Dictionnaire des Champs Chromatiques, c'est beau, c'est de la poésie.

Les entreprises adorent la dynamique qui consiste à économiser sur la masse salariale (bien avant la crise), et donc à diminuer le personnel. Un vieux classique, qui s'intensifie : on entend un peu partout que "le boulot ne peut pas bien se faire, car on manque de personnel". Alors il y a un endroit, un "instant" dans ce processus, qui est très intéressant à observer. C'est le moment où la perte liée à ce manque de personnel devient supérieure à l'économie salariale procurée par la disparition des postes. A partir de ce moment, il se produit une rotation. Le mécanisme se grippe, il y a comme un premier écroulement, et la descente s'accentue. Tout commence à fuir. Observer tout ça est très amusant.



Quand j'en ai assez de mettre en vente mes vieux bouquins sur eBay, je travaille pendant des heures à mes montages de photos à Ken Burns sur iMovie. Grand plaisir ! Le soir, je dévore la Grande Armée de G. Blond (vraiment excellent). Commandé le bouquin de Claude Lanzmann. Envie de me pencher sur la vie aventureuse de Louise Fusil, un nom pareil, ça ne peut pas s'inventer. Le soir, je regarde avec gourmandise un docu que j'ai torrent-trouvé sur Alfred Brendel, le pianiste, s'amusant comme un fou avec Simon Rattle, qui m'a toujours été sympathique. Voir ces deux olibrius travailler un concerto de Mozart est une jubilation sans nom. Deux nouveaux albums, encore, de musique que j'aime bien, à explorer : Sébastien Schuller et Au Revoir Simone. Alors que je décrivais les effets du RedBull à une connaissance, je me suis entendu dire que c'était ce que faisait la cocaïne. Le RedBull ? La cocaïne du pauvre, me dit S. Tout cela doit être vrai, alors.




Sot. Tu m'as menti. Rends-moi les chants. Sot. Tu m'as menti. Comment as-tu pu ?
Sot. Tu m'as menti. Où es-tu ? Après tout ce temps, Prince. Sot. Rends-moi quelque chose.




Juin









Edgar s'était mis là pour prendre sa pause, mais il sentait une présence dans son dos. Et puis la terre se craquelait...



jeanpascal@wanadoo.fr