Daddy's in bed, The cats drinking milk, I'm an idiot, And I'm laughing



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Septembre



Des ouvriers s'installent tout autour de ma résidence, font monter des échafaudages. Pour pouvoir encore travailler un peu, je me cogne la tête sous mon casque Sennheiser et me shoote au Genesis, période Trick, et Wind, et le Voyage de Steve Hackett. Grâce au casque, je découvre des sonorités et nuances que je ne connaissais pas, tout est plus limpide.



Trouvé une pile de bouquins, du Levi-Strauss, un très rare "cahier" sur William Goyen, et enfin le Livre de l'Intranquillité de Pessoa. Aussi : des Lettres de Léon Bloy, High Fidelity de Hornby (pour les filles plus tard), un guide Haïku, et Douze Récits Shangaï 1920-1940.

J'étais derrière un groupe de jeunes gens sympathiques et qui lisent. La vingtaine. L'un affirmant que Des Souris et des Hommes, c'est "trop bien", l'autre qu'elle n'avait lu, chez les Russes, "que" Tchékhov. Je passe, je marche. Je croise 4 mecs de 16 ans en train de fumer leur clope en regardant autour d'eux (genre Trungpa : "Je suis une carotte. A-t-on remarqué ma couleur orangée ?"). Je passe, je lève les yeux au ciel en soupirant un peu, je marche.





...du Journal de Katherine Mansfield.

Régulièrement, ça me revient, je me dis que je devrais écrire un roman, lalère, mais comme je suis paresseux et qu'en fait, je n'en ai pas envie, je finis toujours par laisser filer mon esprit tourner en rond ici ou là, qui finit toujours par retomber sur les même pattes : je devrais écrire ce que j'aime, et ce que je j'aime, c'est écrire ce Journal. Et donc, comme Pessoa, un jour je serai mort et on découvrira la Maison-Page et quelqu'un la publiera en virant les plus grosses bêtises, et ça fera un livre qui plaira aux gens, et voilà pour moi.


Pour faire un hommage à Jim Harrison, je me suis payé une bonne bouteille de Bandol, que je sirote avec un poulet à l'ail en lisant un Répertoire de Février 1994. Roussel. Prokofiev, 4ème Symphonie, excellente chez Ozawa. Un DVD tourne : Carla's Song, de Ken Loach. Y a quoi à la TV ? Je m'en moque...

Amusement en écoutant des morceaux de Sigur Ros. Ils essayent de faire de la musique planante, étrange et sophistiquée, trouvent les timbres et les ambiances et les arrangements, mais ils n'y connaissent RIEN, et oublient l'essentiel : l'écriture musicale. Leurs harmonies sont pâles et ont le goût de flotte. C'est totalement, globalement NUL. A l'autre bout, je m'amuse tout autant dès que j'entends un remix de Royksopp, qui donnent dans une sorte de techno, et donc, qui normalement ne connaissent rien à ces choses et ces nuances, et qui justement s'y connaissent parfaitement. Dès qu'un de leur morceau passe dans les pattes d'un remixeur, celui-ci est VISIBLEMENT fort embarrassé, et choisit alors DEUX voies possibles : 1/ Il efface tout le côté harmonique, et ne jongle qu'avec les gimmicks, ou une phrase; 2/ Il essaye de participer, et comme il n'y connaît rien, il sabote tout, fait des fausses notes, ne tient pas compte des modulations et des altérations musicales, ce qui donne une sorte de brouet de maladresse. Pitié !

Je mets en vente mes bouquins sur eBay, qui n'arrête pas de changer de stratégie, se complique, et fait visiblement TOUT pour que ça continue à s'écrouler. Ces gens ne se servent vraisemblablement jamais de leur outil. Fascinant.

Discussion avec deux jeunes gars se disant Geeks, selon le mode de ceux qui doivent faire partie d'une communauté différente, incomprise et maline. Usant.

Dans une équipe qui court et qui bosse, le type "sensuel et paresseux".















Octobre


















jeanpascal@wanadoo.fr