...échanger des espérances contre des connaissances;
Schopenhauer


Les choses ne sont pas comme elles paraissent





Juin



Je dévore le Quarto sur les Nouvelles de Nabokov. Brillant, inventif, extravagant. Dans les nouvelles de jeunesse, Un Coup d'Aile est la plus épatante, mais j'ai adoré le climat de "Natacha". Quelle bonne claque !

Evidemment, Nabokov, ai-je appris en lisant la bonne préface, enseignait dans l'Université Cornell. Il y a des coïncidences ravissantes. La "chapelle" de Cornell University orne le haut de cette page...

Me délecte du The Lark Ascending de Vaughan Williams, par Hilary Hahn...

Reçu et commencé Bagages Enregistré d'Evelyn Waugh, qui est... un homme ! Waugh raconte une croisière en Méditerranée... British, un peu froid, je suis déçu. Pourtant, la préface de William Boyd donne quelques "clefs" intéressantes.

Démangeaisons assez fortes pour me procurer un iPad. Je lis ça et là des "tests des meilleures applications", j'erre sur Gallica et d'autres sources de e-livres gratuits. Voici "La Mère" de Gorki, des nouvelles de Bernanos...

Indie music ? Trouvé un groupe un peu envoûtant : The National, grâce à une alerte Google que j'avais mis sur Blonde Redhead. La Troisième de Brahms, par Harnoncourt, lecture vraiment étonnante, boisée et légère.

Un clip rigolo : http://www.youtube.com/watch?v=qybUFnY7Y8w

Un bon graphiste : Alex http://www.behance.net/alexandreev

Un peu de nausée en lisant tous ces articles terrifiés sur Facebook. Voilà bien un site sur lequel je n'avais pas envie d'être, tiens. Tout ça va disparaître en moins de deux. Il y a deux ans, il fallait être sur MySpace, avoir 32.548 amis, et avant il fallait avoir un blog, et avant, c'était le "push", etc. Qui a besoin d'un "mur" ou d'un Twitter pour dire qu'il va faire un barbecue ? Pour se moquer de Facebook : http://www.stupidbook.fr/ - et pour avoir peur : http://youropenbook.org/ .

Oh... Despair... http://www.boston.com/bigpicture/



On a le droit : prenez cet album, écoutez les parties lentes, le Phaedrus de Bernstein, l'Andante de Barber (non c'est pas son fameux "adagio" !) et l'Easy Song de Foss.

Idée d'histoire : un homme a un infarctus la nuit, mais il ne réveille personne, il se laisse partir en écoutant les respirations des siens, qui dorment, en repensant à sa vie, à ce qu'il quitte...

Bon DVD : The Last Station, sur la fin de vie de Tolstoï.

Jamais entendu parler de Katie Melua, mais comme c'est William Orbit qui produit, je penche la tête. Commencer un album avec une si jolie valse, lente et ouvragée, est un bon signe. Et dès le second morceau, mes sourcils font "ho !!" - c'est à cause de ce break envolé, au milieu du truc (The Flood). Production en cinémascope, du grand luxe. C'est marrant, ces albums dont on écoute plus la production que le reste... Happy Place avec ses voix placées partout, ses petites couleurs weilliennes homéopathiques - et quelle bonne basse ! Mais en fait, bon, l'album s'éteint ensuite rapidement...

Anyway : The Flood, de Katy Melua, élu Single de l'Année par moi. Pour l'instant.

C'est beau, c'est triste, mélancolique, indigne, hilarant, extravagant, la Russie d'aujourd'hui : http://englishrussia.com/

J'ai trouvé cette dernière page grâce à StumbleUpon, un module qu'on ajoute à son navigateur Web et qui choisit pour vous (il faut sélectionner, puis affiner les thèmes qui vous conviennent) toutes sortes de pages, suivant un choix que vous indiquez. Une sorte de zapping infini... J'y ai trouvé de très belles choses.



Terriblement mis en appétit par une réécoute stupéfaite du Little Red Riding Hood Hit The Road, de Robert Wyatt, je me refais les trois premiers morceaux du Katie Melua, puis Fuck Buttons, qui m'épate par la grande ivresse murale de Surf Solar. Je rage, me remets Breakfast in America de Supertramp, bonne madeleine de quadra. Genesis derrière ? Trop subtil. Close to the Edge de Yes me remet en selle, la version remixée à fond dans mon Sennheiser, grouillante de notes, mélodiquement fracassante (Squire qui torture sa basse, Bruford qui tricote sec et vif (un peu comme le batteur de Police), Howe qui alambique, serré et savant). Pour remonter du bon côté, Ashes to Ashes, de Bowie, totalement anormal tout en restant dans la forme pop. Sortir de la compile par Scary Monsters strié par les guitares de Fripp (comme dans le précédent : les excellents "pré-refrains"). Old Deuteronomy (Cats) de Lloyd Weber en transition modulante. Je sais : Nobilissima Visione, puis Mathis der Maler d'Hindemith par Hans Schmidt-Isserstedt. Finir enfin par le Lento de la Symphonie de Franck (Giulini), merci.

http://tubular.net/analysis/ommadawn/

Lisant un article sur le "borderline" sur Wiki (http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnalit%C3%A9_borderline), je lis :

...qui avaient généralement subi un abandon plus ou moins précoce qui se manifestait par une insécurité affective et un besoin constant d'obtenir à tout prix des preuves d'amour pour assurer une certaine sécurité (avidité affective insatiable)...

Grande nausée hier soir devant http://youropenbook.org/ - sorte de porte dérobée permettant d'aller sur Facebook sans y être inscrit. Totalement effrayant.



Concerto pour Violoncelle de Kabalevsky : le second. Ensuite, Symphonie de Franck par Celibidache, DG, Radio Suédoise, suivi par un Mathis de Hindemith un peu maladroit. Je traque, j'hume, j'attends. La Moorside Suite de Gustav Holst (chez Naxos) me donne de petits frissons anglais (le nocturne !), au milieu d'autres English String Miniatures aux sonorités voilées et délicieuses (une valse ivre et usante de Webber, du tissage Hisaishi-esque de Carr). Merci les anglais ! Retour en arrière avec la 4 de Schumann par Sawallisch (dont j'ai toujours adoré la 9ème de Bruckner), chez EMI. C'est excellent, et le livret est bien comme tout. Remonté comme une horloge, j'attaque le second mouvement de la 9ème de Bruckner, donc, par Schuricht, Vienne 1961. C'est correct, mais sans atteindre les foudres de Karajan. Je garde cette version, néanmoins, pour les couleurs des bois, la belle présence des flûtes et l'équilibre sonore très curieux, mais quelques imprécisions altèrent le plaisir. C'est très plaisant à écouter, car fort différent de ce qu'on entend d'habitude (j'avais eu la même sensation en écoutant Brahms par Harnoncourt). Le premier mouvement est un peu lent, mais impeccable, habité. Fin de la soirée musique avec une version glacée, précise et vive de Agon puis Orphée, de Stravinsky. C'est chez Hyperion, par Volkov dirigeant le BBC Scottish Orchestra. Je ne peux m'empêcher d'aller écouter un bout de Bruckner 9 par Bernstein (DG, Live, Vienne, 1992). Je décide de me commander le livre sur ce compositeur, chez Actes Sud. Aaaahhhh...
Filer au lit avec un récit vraiment hilarant de George Sand voyageant à Majorque. Et y avait quoi à la TV ? Pfff...

Un titre inédit sur la page de Blonde Redhead laisse annoncer un nouvel album...

Un mariage chez les russes, en vélo ? C'est ici : http://englishrussia.com/index.php/2010/06/21/cycle-wedding/ et une poignée de photos émouvantes, en fait...



Pour écrire, combiner un thème (partir sur la route, résister à une dictature, échapper à un amour destructeur, etc) avec le tarot. Tirer une carte et en faire un chapitre en la combinant avec l'idée-base.



Histoire triste d'un homme qui a fait le Don Juan jusqu'à sa quarantaine, qui un jour se rend compte, choqué, qu'il n'a pas trouvé de compagne, qu'il n'aura pas d'enfants. Un jour, éperdu, il fait sa cour à une femme qu'il choisit comme "mère possible", l'installe chez lui, et se rend compte rapidement qu'il n'est plus capable d'aimer du tout, que le fait de tisser un amour est désormais impossible pour lui.


C'est un peu facile, mais il faut convenir que peut naître une gigantesque satisfaction dans la tête de celui qu'on a catalogué comme "incompétent" et qu'on n'écoute pas, lorsqu'il s'avère qu'il avait raison. Satisfaction mélée d'énervement, curieux mélange, c'est l'état d'esprit du "bande de c... !", et on se retient de ne pas hurler "Je vous l'avais bien dit !".

L. lit Le Fantôme de Canterville, de Wilde. Nous avons regardé tous les deux le Sherlock Junior de Buster Keaton, génie inventif tellement renversant que c'en est parfois presque douloureux (j'étais complètement stupéfait de découvrir du stop-motion lorsque la moto croise le train).

Rempli mon iPod de nouveaux trucs et je m'ennuie. J'ai mis tout Muse, et c'est tout le temps nul. Un cas, ce groupe. Les idées ne manquent pas, mais toujours avec le goût de rien. Il font tout, mais jamais, jamais de musique. C'est épatant, à ce point-là ! Heureusement, j'ai mis des pièces pour piano de Janacek, ça détend... En pop, Phoenix est un peu mieux que Muse, mais sans plus. Mon sourcil se lève plus souvent avec les Yeah Yeah Yeah ou Scissors Sisters.



J'écoute : le dernier Divine Comedy, amusant, le dernier Postal Service, bien intriguant. Les Born Ruffians, farceurs, intelligents, fatiguants. The Courteeners, des lyriques pop un peu douceâtres. Maximo Park me réveillent : belle énergie, un chanteur intéressant et des brisures de ton qui me font soupirer (de joie). Foals, des intellos, mais pour chaque morceau un climat original, remarquable. Vampire Weekend dégage tout de suite à cause de son chanteur bête et de ses guitares plastoques : des farceurs. Soap & Skin donnent dans la mélancolie bricolée. Trop de piano. Invention courte. Styrofoam... (à suivre)




Juillet











...rester immobile comme un miroir...





jeanpascal@wanadoo.fr