Douleurs et félicités, tout passe,
Passe à côté du monde, ce n'est rien.
A. Soheili


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Juillet



Au lieu de regarder des films ou des bandes annonces, on peut maintenant regarder des matchs de jeux vidéo, avec commentateurs comme au foot. C'est bien plus rigolo. Ici dans Starcraft 2, par exemple : ici.

Comme il fait vraiment chaud, j'ai téléchargé une poignée de nouveaux fonds d'écrans glacés, avec neige, brumes et fleuves gelés, en tapant 1920 1200 cold, ou ice.

On peut avoir froid dans le dos en lisant, surtout dans les "réactions" aux articles des journaux français. Des soupapes sont en train de sauter. Des haines se mettent à jaillir, d'un curieux type nauséabond.

Lectures voluptueuses des nouvelles de Nabokov. La préface du gros volume de ses conférences ("Littératures") est ce que j'ai lu de plus appétissant depuis des années. Il faut que je retrouve la citation qui explique que Nabokov est un type d'écrivain qui tient méticuleusement compte de son lecteur, ce que je trouve très vrai. En parallèle, je dévore son autobiographie chez Folio.





Chaque saison est propice à quelques madeleines de Proust. En été, la lumière et le vent et l'insistante odeur des haies de troênes me font parfois resurgir une sortie de classe en Juin dans les champs (le chant de l'alouette, tout là haut dans le bleu !) et les bois, ou un été adolescent à me nourrir méticuleusement d'un gros recueil de l'Ordinateur de Poche, commandé par la Poste puis attendu des jours et des jours, avec intensité, puis le lire le lire le relire encore... On a chacun nos madeleines curieuses :-)



Soirée avec Kate Bush. Babooshka fut un tel tube qu'il peut servir aussi de "madeleine de Proust". Wiki m'indique que c'est sorti en 1980, j'étais en 4ème, ce qui explique l'empreinte... Le morceau est un peu débile, mais l'album contient quelques bonnes perles comme Army Dreamers, valse lente et délicate, avec son rythme cliquetant et ses cordes pincées, ou la dentelle modulante de Delius. En écoutant The Dreaming (1982), je m'aperçois que j'ai beaucoup écouté cet album - souvenirs des percus guerrières de Sat in your Lap, des trouvailles foutraques de Suspended in Gaffa, des lancinances étagées de The Dreaming. Bush était une des premières (avec Mike Oldfield et Peter Gabriel) à utiliser le Fairlight Synclavier. Je descends dans le premier album et ses chants de loup. Il est clair qu'elle a tout jeté dans ce disque-là (Kate Bush a été découverte par David Gilmour, le guitariste de Pink Floyd) - tout est bon ou presque : les circonvolutions de Moving (cette basse !). J'adore la production : le son de la batterie, le piano omniprésent, la façon dont la voix se multiplie, et les modulations permanentes. C'est le moins inégal de ses disques. J'ai du plaisir à réécouter The Man with the Child in His Eyes. Quand au "tube" (Wuthering Heights), il est... totalement invraisemblable. La voix est enfantine, exagérée, la construction mélodique est quasi-dangereuse, d'une ivresse compliquée. Par contre : la basse est merveilleuse, les pré-refrains délicieux, et il y a un célèbre et habile solo de guitare. Pour me sortir de cette guimauve, je plonge dans une compile de Steely Dan, le genre de truc qui me fait regretter de ne pas avoir de voiture pour aller balader l'été.

L., qui aura douze ans en Octobre, quand même, s'est délectée ce soir des Quatre Filles du Dr March, dont la dernière version en date (avec Susan Sarandon) est très correcte. Elle n'en a pas loupé une miette, puis s'est jeté sur le... roman. Jane Austen se rapproche...



J'avoue que j'ai toujours envie de regarder quand ils nous sortent de gros films américains dits "blockbusters" à effets spéciaux. Conversation amusante avec L., justement, sur leur intérêt limité et le plaisir qu'on peut avoir, parfois, quand c'est habilement mené. Il y aurait un classement à faire, basé sur un "seuil mininum" de respect du spectateur, en deça duquel on envoie tout balader, avec force, messire.
Souvent, c'est l'unanimité. Les Spiderman sont assez réussis. Iron Man est très correct. Pour les X-Men, moi je préfère le III, mais je suis le seul, on dirait. Les autres me plaisent, mais le premier X-Men est gâché par une fin molle du genou. Le premier Hulk est assez débile et mal dirigé, mais possède une belle scène furieuse (la lutte contre les chiens). Le second est plus "tenu" (et Edward Norton fort charismatique), mais le combat final est guimauvesque et idiot. ID4 me met en rogne. Le Jour d'Après est pas mal du tout, et 2012 tout à fait amusant, si on accepte le culot gigantesque des "monstrueuses" scènes de catastrophe, et la fin ratée ("on n'a plus de budget") dans des couloirs inondés de bateaux. Transformers était épatant, mais la suite en devient usante. Et Cloverfield est assez bien fait. J'en viens au petit dernier : le Choc des Titans, un ratage tellement complet que c'est bizarre que ce soit sorti. L'ensemble du casting semble se demander ce qu'il doit faire, tout est poussif et mal amené, et Zeus en Liam Neeson en armure argenté, c'est atroce... Comment peut-on rater à ce point un truc pareil ?



Pris de passion pour un livre d'Y. Coppens sur l'histoire de l'homme, me voici plongé dans la préhistoire. Sur Avax, je trouve aussi bien de gros pavés d'universitaires que de triples documentaires, dont "Becoming Human", en trois parties : exactement ce qu'il me faut, mais monté par des fous pour la télévision actuelle : dramatisation excessive, interventions des spécialistes tronçonnées, musiques en pointillés dramatico-usants, montage épuisant. On n'apprend presque rien ! Je maudis tout ce beau monde et voilà pour eux.

Deux idées d'histoires macabres :
- Un trentenaire gothique vient d'être papa. Sa femme encore à la maternité, il détapisse sa chambre en écoutant un morceau sur la mort, la brume et le sang en sifflotant. Sous le papier peint il découvre une immense fresque, sur tout le mur, tellement atroce que
- Un homme se suicide en se jetant par la fenêtre. Il laisse une lettre sur la table de la cuisine, mais le courant d'air causé par l'ouverture de la fenêtre emporte la feuille, qui tombe sur le balcon de l'appartement d'en dessous. La personne qui trouve la lettre décide de se taire et la garde. Vingt années plus tard, elle se venge en faisant parvenir cette lettre le jour du mariage d'une des filles du suicidé. Mais pourquoi voulait-elle se venger ?



Appeler un livre "Le Parc". Un splendide parc urbain, très élaboré. Des dizaines de gens le fréquentent, mais aucune personne n'est réellement là. Une mère surveille ses enfants, un homme est déprimé, plongé dans le passé, un ado forcé de sortir ne pense qu'à retourner à son ordinateur, deux mamies discutent, une gamine envoie SMS sur SMS, des amoureux s'enlacent, un quadra surmené pense à son travail. Tous sont, en fait, absents. Tous sont en inadéquation avec le monde.

http://community.livejournal.com/everyday_i_show/76925.html

C'est amusant, je fouille dans http://www.sarajevo-x.com/ - des centaines de pages de musiques en mp3, présentées en anglais par un petit texte. Je lis en diagonale, et me rends compte ce soir que je (en pirate) 1/ prends l'album s'il contient les mots dissonant, adventurous, enigmatic, texture 2/ laisse tomber s'il contient les mots roots, folk, live, bluegrass, punk, traditional, acoustic








Août








jeanpascal@wanadoo.fr