If you obey all the rules you miss all the fun.
Katharine Hepburn


LA CIGALE D'OR FAIT SA MUE



Novembre



Une journée de Novembre étonnemment douce, avec de grands coups de vent tiède qui apportent des odeurs de feuillage et de pluie. Assis près du marronnier dans la cours de récré, j'attends E. dans l'odeur des feuilles mortes. Je vois les tous petits qui mangent à la cantine sur leurs toutes petites tables. Les gamins sortent, excités, ils crient et rient, respirent. Un garçon court comme un avion avec le manteau qui ne tient que par la capuche, sur la tête, ça fait comme une cape !

http://blogs.denverpost.com/captured/2010/07/26/captured-america-in-color-from-1939-1943/

Commandé donc le Dardot / Laval - La Nouvelle Raison du Monde, la correspondance complète Bouvier/Vernet ainsi que Requiem, Poèmes sans héros et autres poèmes, d'Anna Akhmatova.


et je voudrais qu'on arrête maintenant


Je ne suis pas doué pour faire des tutoriaux, mais je vais donner ici quelques pistes pour Jdownloader, un peu compliqué à utiliser.
Dans le temps (il y a 6 mois et avant :-), il y avait Rapidshare "et les autres", c'était facile. Sur un seul site comme Avaxhome, on trouvait de quoi faire pétiller ses neurones pour des années : des BDs ou des magazines, de la philo, des livres de poésie, de la musique classique et des films, des DVDs d'opéra, etc. Rapidshare s'étant sabordé, les sources se sont éparpillées en Megaupload, Fileserve, Hotfile, Netload et j'en passe. Impossible de s'abonner à tout, donc autant obliquer...
Il faut trouver un logiciel (gratuit et en Java) qui s'appelle Jdownloader : http://jdownloader.org/download/index.
C'est une sorte de boîte à outils qui sait faire plein de choses, dont décompresser d'énormes dossiers de .rar avec mots de passe différents, ou avaler des fichiers .dlc, recueils de liens de téléchargement.
Jdownloader est assez doué pour créer des files d'attente de liens. Imaginons que vous êtes sur les pages Avaxhome. A chaque fois que vous tombez sur un truc qui vous intéresse, ouvrez la page dans un nouvel onglet de votre navigateur web. Sur chacune d'entre elle, il faut trouver le ou les liens.
S'il s'agit d'un lien simple, copiez-le. Si c'est un simple mot cliquable, il faut le sélectionner et faire "copier l'adresse du lien". Si c'est une liste de liens, sélectionnez les tous. Parfois c'est plus complexe, il faut ruser. Une liste de mots cliquables ? Sélectionnez tout et faites un clic droit, montrez le "code source de la sélection", sélectionner tous les liens, et voilà. Il arrive que tous les liens soient en fait notés dans un fichier .txt - il faut alors télécharger celui-ci, l'ouvrir dans votre navigateur (vous pouvez automatiser ça dans vos préférences (ouvrir tous les fichiers .txt directement dans le navigateur)), et sélectionner tous les liens qui apparaissent (ou les pertinents : parfois un CD est proposé en flac et en mp3, les scans sont séparés, etc).
Bref : vous vous retrouvez maintenant avec un ou plusieurs liens dans le presse-papier.



Allez maintenant sur Jdownloader et cliquez sur le second onglet : "Linkgrabber", puis dans le bas sur "Add URL(s)". Une fenêtre apparaît avec tous les liens du presse-papier. Faites "Parse URL(s)", ce qui va ajouter vos liens dans la liste. Jdownloader vérifie la disponibilité des fichiers, puis affiche les liens.
Vous pouvez ainsi remplir cette fenêtre Linkgrabber avec d'autres trouvailles...

Faites ensuite basculer tout ou partie de vos liens (clic droit sur chaque pour le détail, ou "Continue with all" dans le bas) dans l'autre fenêtre : Download.
Dans celle-ci, vous pouvez réorganiser l'ordre des téléchargements avec les flèches, et lancer le processus avec la touche "Play".
Si vous avez un abonnement Megaupload ou autre, vous devez indiquer vos mots de passe à Jdownloader, sinon accepter (juste une fois) les conditions d'utilisation de chaque service. Pour éviter les robots, chaque site de téléchargement à un système de captcha (Google it !). Pour chaque capcha, JDownloader va vous demander d'écrire ce que vous "lisez". Il faut donc être présent devant votre ordinateur.
Vous utilisez alors les versions "gratuites" de tous ces serveurs, ce qui explique les limitations. Au bout de plusieurs téléchargements, les délais peuvent se rallonger ou cesser. Il faut alors les reprendre le lendemain, ou plus tard. Il faut ainsi jongler, dans l'onglet "Download", avec le MaxDLS, que je mets toujours en "nombre de sites différents présents dans la liste". Si par exemple vous avez une symphonie chez filesonic, un divx en 6 parties chez netload et une BD en deux parties .rar chez fileserve, mettez MaxDLS sur 3. JD va alors commencer les downloads de "un bout de chaque".
Pour chaque ligne ou groupe de téléchargement, vous pouvez faire un clic droit pour les réglages, indiquer le mot de passe si nécessaire, etc. JD sait décompresser et jeter les archives .rar tout seul - explorez les pref. du logiciel...

J'ajoute :
- On peut "glisser déposer" les liens du navigateur vers JD.
- Si un film tient en de multiples archives ET que celles-ci sont disponibles sur trois serveurs différents (par exemple : fileserve, hotfile, megaupload), il faut copier TOUS les liens sur JD, qui saura se dépatouiller avec ce qu'il trouve...



J'ai trouvé une extension Firefox utilissime : AutoPager. Lorsque vous êtes sur une page web qui se poursuit sur plusieurs pages "avec des nombres en bas de la page" (exemple : les résultats sur Google), ce plugin va chercher les pages suivantes et les affiche... en bas de celle que vous êtes en train de consulter. Ainsi, au lieu de passer votre temps à cliquer sur des 1, 2, 3, etc et attendre que les pages s'affichent, il suffit de faire roulette-souris ou "descendre page" sur votre clavier, tadaaaaa.

http://i.imgur.com/GxzeV.jpg ou bien http://vidberg.blog.lemonde.fr/2010/10/04/les-editeurs-encouragent-le-piratage/#xtor=RSS-32280322



Brian Eno sort un album, et c'est son meilleur depuis des années. Small Craft on a Milk Sea, rêveries texturées et d'autres pièces plus dronées, un travail magnifique sur l'idée de basse, de déploiement de pistes. Je suis en exploration ravie. Là, au-dessus, c'est la pochette du disque, faite par Eno himself.



Qu'ai-je étoilé dans mon iPod récemment ? Deux Bear in Heaven dont j'ai déjà parlé (Lovesick Teenager et Casual Goodbye), un vieux Gentle Giant tout en ondulation (Three Friends), sorte de boucle ivre, tissage distrait dont on s'amuse à suivre les éléments (batterie hippie, basse mélodique, etc). J'ai retrouvé le truc de Of Montreal qui m'avait fait frétiller les zoreilles : Just Recently Lost Something Of Importance, une 'tite chanson sans intérêt, dont la guitare passe son temps à se remplir de dièzes et de bémols interdits. Et puis, de Phideaux, Thermonuclear Cheese, parce que c'est du n'importe quoi lyrique. Pour finir, le "Late In November" de Ritual, ballade prog à flûtiau dont j'adore le trajet modulatoire. Eteindre avec Sagrada Familia, de Robert Rich, sur son bel album Gaudi. Suite d'accords réverbérés, scintillements, percussions lentes, traces de flûtes. J'ai fait souvent de belles rencontres amoureuses sur ces musiques, qui en ont gardé une certaine couleur : lueurs de bougies, peaux et parfum, lenteurs, chocolat, clémentines, souffles, soupirs et rigolades...

Du coup, j'écoute tout l'album de Ritual, The Hemulic Voluntary Band. C'est un des très rares groupes dont la complexité musicale se rapproche, en progressive, de Yes. Le titre éponyme s'amuse parfois à rôder du côté de Relayer. Comme souvent dans le genre, décortiquez : la guitare est doublée et mixée à plat, c'est très Steve Howe tout ça. Le duo basse-batterie est parfait, le chanteur à la présence/tension qui convient. C'est soûlant ? C'est fait exprès ! Ecoutez ce dont ils sont capables avec In The Wild, grande cavalcade à piano (et quelle basse !). Ils vous font courir tout ça grâce aux virages harmoniques permanents. Enfin, moi j'adore, c'est de la gourmandise.
http://www.progarchives.com/album.asp?id=16212



Disques durs trop remplis. Je grave des tas de Flac (Bruckner, Gentle Giant). Lecture de l'article Encycl. Universalis sur la Sibérie, puis sur le net d'un blog de français en Sibérie (Lac Baïkal, Transsibérien, etc - en haut à droite de http://karon.over-blog.com/ ). Dl le dernier Inrock. Article sur Eno inventant à écouter un groupe : Emeralds, bien comme tout, répétitivo-électronique à la Ash Ra Tempel. Sur Amazon, je colle ça pour trouver les "ce qui ressemble à". Récolte riche. Rapport bientôt.

Aaron, trouvé par hasard, a l'air d'avoir les faveurs de la presse. Le peu que j'écoute me ravit. La construction progressive de Ludlow L est un plaisir évident, savant, élégant et joueur. Me fait penser à Eno, je ne sais trop pourquoi. L'autre jour, dans mon iPod, j'avais un truc bien dépouillé, Song for Ever. Normalement, les groupes indies sont très doués pour rendre ce genre de truc vraiment chiant. Ici, comme chez Nick Drake, c'est comme... évident.

Rencontré coup sur coup deux personnes impossibles à... "encadrer". L'un : timide, ou méprisant, onctueux mais sympathique, obscur, confus mais doux. Je n'ai rien compris. L'une : une froideur d'auto-piédestalisée, un côté aigu, transpercé, mais glacé et efficace comme une attachée de presse (parisienne) : impossible de trouver la moindre ouverture empathique. Pour ces deux personnes, sorti perplexe. Pfff...

Musicalement, Ariel Pink's Haunted Graffiti m'épate, car c'est pareil. On ne sait pas ce qu'il veut. C'est une sorte d'hommage kitsch aux seventies, c'est plat et amateur, mais en même temps savant et toxique, joli comme tout, mais plastifié. Bref, on ne sait qu'en penser. La batterie de Fright Night est ridiculement plate, mais les suites d'accords curieusement sophistiqués. Les vocaux sont confus et révés. Round and Round rôde chez Moroder, mais avec la voix d'un Vini Reilly. Tout cela est confus et fascinant.

Je lis : Bêtes, Hommes et Dieux de Ferdynand Ossendowski. J'écoute : "Flos Campi Suite", de Vaughan Williams

J'écoute un concerto pour piano de Reinecke, du sous Brahms, bof. J'ai un gros volume sur l'histoire des complots qui me sert à manger seul, parfois. J'y découvre, ce soir, Henri IV et son fils Louis XIII, la régence et l'assassinat de Concini, la montée de Richelieu. Je n'y connais rien, oh la la ! Ce soir, je saisis un des mes Will Durand. Il y a un demi-volume sur Henri IV et la suite, je m'y plonge ce soir...

Prévu aussi d'écouter quelques conférences sur http://www.citephilo.org/archives/2009 - surtout L'Appel des Appels et la conf. de Mordillat sur l'Apocalypse...




Décembre




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jeanpascal@wanadoo.fr