Mais j'ai sans cesse ton visage dans la carriole... Henri Michaux : La Ralentie ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
JuinPuis The Misfits, avec M. Monroe et C. Gable, plus "littéraire" (c'est A. Miller qui a écrit le scénario, je dois me trouver son autobiographie), dense, malin, dérangeant. J'avoue que Monroe est magnétiquement attachante. C'est... indicible. En tout cas, Miller m'impressionne beaucoup. C'est le genre de film aussi qui résonne en dehors du résultat lui-même : le tournage (1960) qui fut "compliqué", la mort consécutive de Monroe (1962), Gable (1960), puis assez vite de Montgomery Clift (1966) Je retrouve en tout cas dans ces deux films un côté quasi désinvolte dans le talent dont j'ai déjà parlé, que j'avais senti chez Argento, chez Fellini (Amarcord !).
Après-midi bien triste, seul sous un ciel gris agité de Juin, il fait lourd. La pluie précipite les gens (et me myself and I) sous les arcades des bouquinistes. Je trouve le poche des Misfits d'Arthur Miller mais je ne le prends pas, sans savoir pourquoi. En sortant, le ciel est ouvert, venteux et bleu net. En passant près de l'Opéra, un filet de gouttes lumineuses qui tombent du grand toit, je m'y lave les mains, puis m'enfonce dans les rues de la vieille ville.
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Protégé par mon iPod, j'ai joué de frustration, avec : Affamé, j'ouvre mon coffre, chez moi, le soir. Je prends quelques pilules : Paranoid Android, de Radiohead, dont l'atout principal est progressif (construction en parties évoluantes, mutation et torsions continues, giclées fauves, le tout avec un "sens de l'avancée", le motorique, du culot, des égarements). Me fait penser aux meilleurs groupes progressifs, (exercice : comparer ce truc et le Doorway de Spock's Beard :-) mais ça va en faire hurler plus d'un. L'allegro moderato du Concerto pour Piano op. 35 de Chostakovitch. Cette façon de faire des torsions harmoniques tout le temps, c'est du bonheur ! 1978 de Sébastien Schuller, parce que j'aime ces pianos en méga-reverb, comme chez Harold Budd/Brian Eno. Again and Again, de The Bird and the Bee, car j'adore comment le couplet surgit "ailleurs" après l'intro, et comment celui-ci ose convoquer une sorte de kazou. Enfin, le secret de ce truc, c'est encore l'harmonie qui glisse d'un plan à l'autre. Une autre joie (à faire une danse de la joie, mais intérieure), le Aktress de Qik, juste un tricotage. J'en ai d'autres comme ça : Dark Flower de Robert Babicz, le Take Me Into Your Skin, de Trentemoller (plus jouissif), les trucs de The Field (A Paw in my Face) qui tendent les oreilles comme des élastiques pour les épuiser de joie lorsque "ça se relâche enfin". Et Nathan Fake alors ? Etc. A faire : compiles de mes machins préférés par thèmes : hymnes, danses noires de la joie (Battles), intellectuelles (St Vincent et Vienna Teng), monstres pop, fracturés, tissages subtils dansants, pilons discos, instrumentaux flous (Boards of Canada et Brian Eno), jeunes hommes magiques (Melpo Mene et Loney Dear), danseurs cons joyeux (Friska Viljor et Superfamily), dentelles savantes (Blonde Redhead et Hanne Hukkelberg et Kahimi Karie), vénéneuses.
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Dans "Les Russes Blancs", je relève cette phrase (époque traitée bolchevique : années 1910-20) : "La plupart des intellectuels sont aux abois, conscients qu'ils sont des incohérences entre leur vision du peuple et la réalité". Sur ce thème et sur la Révolution Française, je sais bien qu'un des cadrans que je surveille le plus est encore : la désillusion.
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comme ça ? |