If he is taking his ease, give him no rest.
If his forces are united, separate them.
Sun Tzu
Encore un peu de temps, et l'herbe
couvre les têtes couronnées.
Brockes

Shhh...
Le rock indépendant, c'est nul
Nul : aucun, personne, rien, zéro, inexistant, négatif, caduc, invalide, périmé, nullité (Petit Robert).
Message à l'intention des lecteurs de XSilence :
Bonjour à tous, c'est moi l'auteur de la Maison-Page. Je vous ai lu en diagonale. Merci à ceux qui me défendent un peu (oui, cette page, c'était pour exagérer). J'ai du rentrer un peu les épaules en lisant que j'étais un gros naze ou un con qui comprend rien. C'est vrai que je n'y allais pas non plus avec le dos de la cuillère... J'accepte les insultes, alors. Plonk !
Je ne doute pas un instant que le rock indé "représente" quelque chose de très important pour la plupart d'entre vous. Il est vrai que j'ai toujours trouvé bizarre les gens qui cherchent, comme ça, par chapelle, qui cherchent à se rassembler "par style". J'ai 39 ans, et mes plaisirs musicaux sont basés maintenant non sur une catégorie musicale (le jazz, la soul, etc) mais sur une certaine complexité, je sais pas, un côté fracturé, une recherche dans la forme, des harmonies différentes ou tordues, des surprises. Glenn gould disait aimer un certain "Quotient de Bizarrerie". Deleuze pose la question fondamentale : "Qu'est-ce que ça apporte de nouveau ?". Evidemment, je trouve ça dans tous les styles de musique, en classique (Bartok, Stravinsky), en indé, en techno ou hip hop (Mirwais, Nerd), en pop (David Sylvian, Eno, Bowie), en rock prog, en électronique (Pinhas). Parfois, je ratisse au pif les musiques du moment et je fais des trouvailles, et y a pas que du rock indé ( http://www.maison-page.net/Emermp.html ).
En fait, le rock indé, je l'explore souvent. Je suis avide des bonnes bizarreries. J'en ai trouvé dans le passé chez Frank Black, Eels ou My Bloody Valentine, et récemment, j'ai trouvé des petites... graines (Graine d'Etoile de Emilie Simon avec Perry Blake, Natural Disaster de Enon, Brand New Colony de Postal Service, Weeping Willow de Schuller, Slowly de M83). A chaque fois, ça fait un morceau par album :-(
Salutations aux habitants de ce forum. S'il vous plaît, ne me tenez pas trop rigueur de tout ça, je sais bien que la page évoquée est pleine de mauvaise foi et de contradictions. Continuez à chercher, l'important c'est le plaisir, et bonne route !
JP
ENCORE PLUS DE BRUIT !!
Le Rock Indépendant, c'est une vraie merveille.
Toutes ses starlettes, ses fanzines, son public si sérieux et "concerné", toute la masse adolescente atteinte de lenoirisme, c'est merveilleux parce que, comme dit Kundera, ça dévoile une zone inconnue du comique...
Le Rock Indépendant, c'est nul.
Notre époque a fabriqué des enfants à la pensée binaire. De cette façon, un disque est ou génial, ou nul. Alors vous comprenez bien, si c'est nul, c'est vraiment pas génial, n'est-ce pas. Comme ça, vous comprenez le titre.
Vous n'êtes pas d'accord.
Depuis des années qu'existe cette page, une seule personne s'est évertuée à m'en parler sur le fond, c'est à dire la valeur musicale des artistes. J'attends que quelqu'un fasse une contrepage dans laquelle il démonte tous mes arguments. On pourrait se jumeler...
Quelques lianes :
Où l'on voit, donc, que le fait d'être INCONNU devient une qualité. Ce paradoxe, qui est aussi une idiotie, me met en joie !
Parce que si on fait de la pub pour un groupe inconnu (donc un groupe génial), il va devenir connu, donc nul, "dans le rang". Flûte.
Pour jouer, quelques groupes "géniaux" que j'ai trouvé dans les Inrocks de, au pif, Novembre 1987. Et dans 10 ans ?
Pourquoi tant de haine envers ce style de musique ?
(FAQ ?)
Bzzt Bzzt ! Arrêtez de m'embêter avec cette page, que je ne mets et ne mettrai plus à jour. Elle a été créée en 1997, et donc est déjà démodée. Je n'écoute plus AUCUN "groupe" de rock, et le simple fait de voir un mec avec une guitare ou un micro me fait fuir en courant. Alors bon. Je défends Fripp et Tom Waits ? La belle affaire : j'ai revendu tous mes disques, et je ne sais plus qui ils sont. Vous verrez, ça vous arrivera, un jour : la bulle éclate et alors tout devient ridicule...
Le propos :
Je reçois toujours beaucoup de courrier à propos de cette page, mais il y a parfois quelques "pics" : après que les Inrocks en aient parlé en 1998 ou 1999, ou en Mars 2000, après quelques discussions d'abonnés à la "Lenoir Liste" à son propos. Les questions qu'on me pose parfois m'amènent à clarifier ici certains points...
--- Texte écrit le 29/03/2000, d'une traite, à revoir (avec votre aide ?)
- Pourquoi tant de hargne ?
En premier lieu, parce que certains de ceux qui écoutent ces musiques se disent différents, indépendants. Ils ne se rendent pas compte qu'ils forment des masses. Et le CULTE DE MASSE, ça m'énerve. Quand on est énervé il est bon de faire une page web.
Pessoa dirait : "Cette rubrique est réservée à la critique des mauvais disques que tout le monde trouve bons".
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce que, pour la grande majorité la "différence" de ces groupes de jeunes est extrêmement exagérée. J'ai bien écouté : un vrai catalogue de lieux communs, de stréréotypes, de CODES. Guitares saturées en rock, ou les fameux craquements de vinyle qu'on entend sur cent pour cent des disques de trip-hop. L'invention n'est pas là, elle est ailleurs, ou pas forcément "aujourd'hui".
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
En fait, parce que je suis frustré. Je pense réellement qu'on a besoin d'un rock indépendant inventif, original, surprenant. D'ailleurs, on en trouve : Hood (Cycle), Radiohead (OK Computer) ou Tarwater (Silur) font selon moi du bon boulot. J'imagine que si Björk bossait avec Brian Eno on aurait des claques. Je suis frustré parce que j'ai faim de ces musiques, et que je n'entends que des impostures qui, toutes les semaines, sont "La Révélation Pop du Siècle" chez truc ou machin, suivez mon regard.
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce que cette musique s'est mise à servir de culture (voir cette chose qu'est les Inrockuptibles (ah ah, c'est un "jeu de mots", entre "rock" et "incorruptible", wouahh, bien vu, ce coup-là...)), qui met avec une bonne foi désarmante, sur un même niveau, la littérature, les massacres en Yougoslavie et les affres de P.J. Harvey - pardi, c'est tout aussi important). Je ressens la même chose que si "Cuisine aux Poireaux Magazine" se mettait à parler des problèmes géopolitiques de l'Europe Centrale, ou si "Skate Board Magazine" faisait un "Dossier Spécial Tchéchénie" ("La guerre, c'est pas bien de la faire"). La culture rock, je me marre. Parfois j'entends les discussions des "indépendantistes", j'ai envie d'enregistrer et de ressortir la bande dans dix ans, qu'on rigole. J'imagine qu'il y a 20 ans on les entendait pleurer qu'Ultravox sont les Génies du Millénaire. Il y a 10 ans ? Happy Mondays : le Meilleur Groupe de Toute la Terre ! Et de l'Univers alors : Jesus & Mary Chain, HAHAHA.
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce que cette "culture" est liée à la "maladie de la nouveauté". Tout ceux qui en sont atteints veulent le "dernier" truc qu'ON leur a révélé. On m'a dit une fois que j'avais une drôle de religion, mais c'est plutôt chez les zinrockeux/lenoiristes, que je pressens de la religion. Une religion révélée (on vous indique "ce qu'il faut" écouter, et quand (maintenant ou jamais)), avec quelques bons messies. La maladie de la nouveauté pousse à la consommation, elle est utilisée avec maestria par l'industrie : collectors, compiles "avec inédits", samplers offerts "pour l'achat de", etc.
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce que le Rock "Indépendant" n'existe pas, ou presque plus. Ce sont les Majors, qui font ces trucs, des grosses machines qui jouent de façon grossière avec les jeunots pour vendre un gros paquet de disques "soit disant étonnants", mais en fait
conformistes et bruyants, le plus souvent. Comment fabriquer un culte ? Voir le délire organisé autour de Air.
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce ce que ce qui est soi-disant si nouveau n'est souvent qu'une resucée de disques "pas nouveaux" et beaucoup plus réussis. Le défaut qu'on a quand on a plus de trente ans, c'est qu'on en a vu d'autres. On compare Craig Armstrong à Phil Glass, Emiliana Torrini à Kate Bush, Perry Blake à David Sylvian, et, quoi qu'on dise, on trouve toujours qu'Eno va beaucoup plus loin que Tricky, et que Rock Bottom est bien plus effarant et désespéré que tous les Nick Cave réunis. De plus, des emballements, j'en ai vu, et de nombreux, de Galaxie 500 à Charlatans, de Spear of Destiny à Ride, ou La's. Le nouveau devient vieux, faut prendre du recul, Suede va devenir Simple Minds, Björk va devenir New Age, et Manson Alice Cooper, pfff...
- Oui mais pourquoi tant de hargne ?
Parce que j'ai cassé mes lunettes d'Augmentation de la Réalité, et donc le marketing ne peut plus m'atteindre. Day One le groupe du siècle ? Mon cul. La semaine dernière c'était Daft Punk (tu parles, on dirait du Cerrone !), et la semaine d'avant, Suede, Catpower, Happy Mondays ou Stone Roses. Désinfecté du marketing, je vois bien que les milliards de remixs (et les coffrets ! Pire que Farmer !) de chaque morceau de Björk ont peu d'intérêt musical. La "culture" Inrocks n'a pas de prise sur moi : je n'entends plus que la musique.
- Pourquoi passer autant de temps à faire ça ?
- Parce que ça défoule. Et ça me prend pas tant de temps que ça !
- Parce que, tout de même, je découvre des tas de disques.
- Parce que les lecteurs me disent souvent que ça les fait rire.
- Parce que personne ne le fait. Enfin si, je connais deux autres pages qui développent la démolition argumentée : tRoU dU cULz hiDEoUt, sur les djeunz internautes, et Jacky, amoureux des voitures qui font boum boum dans la rue et ont des ailerons.
-
- Pourquoi tu casses pas Céline Dion ?
Parce les gens qui écoutent ça, c'est pas sérieux, ils s'en foutent, ils consomment. Après ils grandissent et achètent la compil Dire Straits et voilà pour eux. C'est comme Greenday/Offspring, c'est pour les 12/13 ans, ça n'est pas intéressant. On SAIT que c'est rien. Tandis que le 25 ans qui fait son malin parce qu'il sait que Trent Reznor a mit un micro dans le cul d'un éléphant pour mixer le 52ème Artrocity of Noise 2000, et bien, ça m'énerve, n'est-ce pas.
- T'aimes pas Lenoir ou quoi ?
Ah si ! Je me souviens bien de sa tronche le samedi soir quand il nous faisait découvrir les Stranglers ou Joy Division. Je n'ai jamais écouté son émission radio (après 25 ans, on supporte plus ça, la radio, avec toutes ces voix contentes d'elles-même, et la publicité kilométrique et idiote). J'ai peur que ça m'énerve trop :-). Pourquoi cet homme, qui a une telle audience, ne passe-t-il pas de temps en temps un mouvement de Prokofiev, un Lied de Webern, ou un vieux Michael Brook ?
- Pour conclure
La seule chose importante, bien entendu, c'est le plaisir. Vous avez entièrement le droit d'écouter et d'adorer ces disques. C'est le FRISSON qui est témoin. Cette page est une exagération, bien entendu, j'y ajoute de la bonne colère, et une dose de mauvaise foi. Je ne veux pas et ne peux pas PROUVER que ces musiques sont "nulles" (ça dépend des goûts de chacun !), mais seulement éventuellement faire un déclic, sortir de ce qu'on pourrait appeler la "torpeur inrockuptible", qui voit des vagues de disques "géniaux" à longueur d'années, et qui FABRIQUE de l'événementiel à partir de beaucoup de choses non musicales. D'après quelques courriers reçus, parfois ça marche. Mais seul le plaisir compte. Bonne écoute !
- Qui sont les groupes que les lecteurs de cette page défendent bien ?
PJ Harvey est bien défendue, avec méthode, par les filles et les garçons. J'en déduis que ses atouts sont "extra-musicaux", mea culpa. Ce que je dis de Björk provoque la stupéfaction : personne de toute la terre n'en a jamais dit de mal, sans doute. Mais moi, je l'aime bien, c'te bonne femme, j'aimerais juste qu'elle arrête de faire des simagrées, et qu'elle travaille un peu plus. Le type de l'élève douée qui ne bosse pas. Bachelorette est honteusement tronqué, par exemple. Hunter nécessiterait un festival à la Bregovic, non ? Bref. On me dit souvent que j'exagère à propos de Pavement. Je vais leur donner une autre chance.
- Si vous voulez vous venger (parce que dans votre système de valeurs, Tricky est un "génie absolu", Reznor est un "grand rebelle novateur" et P.J. Harvey "la plus grande poétesse de tout l'univers"), vous pouvez facilement vous en prendre à moi. Dans ma page James !, je parle un peu des disques que j'aime. Il suffit donc d'aller voir, d'en choisir deux ou trois que vous trouvez ridicules (je vous propose Abba, pour commencer), et ensuite vous me faites un mail pour me dire que je suis méchant, et que surtout, que je n'ai rien compris, ou que je suis un vieux con (ce qui est une forme de compliment, n'est-ce pas). Voyons :
- Harmonies ?
Selon le bon principe du "il est délicieux d'être prix pour un con par un idiot", je trouve assez fantastiques les gens qui me disent que je ferais mieux de retourner à Vangelis et Mike Oldfield. C'est un peu facile. Si la plupart du temps je regrette le travail harmonique et mélodique, c'est pas pour demander de la crème chantilly. Si on admet (je radote, je sais) que le travail sur la musique concerne le rythme, la mélodie, l'harmonie, le choix des instruments (les "textures"), leur place dans les panoramiques et la production (effets), je constate "objectivement" que dans l'indé il est très bien vu de travailler tout ça très à fond, SAUF L'HARMONIE. Par exemple, Tricky est un inventeur qui travaille tout, sauf l'harmonisation (contrairement à Eno, même dans Appolo). Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'harmonie (on ne peut pas faire autrement n'est-ce pas), mais c'est qu'elle est SIMPLISTE. Un mec comme Reznor, s'il bossait un peu cet aspect, ferait péter les montagnes (on l'a déjà fait : Laibach, dans Nova Akropola, ou éventuellement Prodigy, voir aussi le boulot Reznor/Bowie). Qu'on ne se méprenne pas, donc : je parle de COMPLEXITE harmonique, là, où souvent elle est bébête. (Heureusement, on nous a inventé Sonic Youth !). Personne n'écoute donc de Webern ?
- Allez voir quelques articles sur la "culture rock" ici.
CRITIQUES
- Les "critiques" de cette page sont perverties, naturellement. Le truc, c'est d'écouter cette musique non pas avec la "culture" des amateurs, mais tout simplement musicalement, du point de vue de la composition musicale. De ce point de vue (dont je sais qu'il n'est pas "correct"), Nirvana devient tout juste honnête, Trent Reznor et Tricky sont des imposteurs, et Pearl Jam sont de grands compositeurs (mais non, je rigoooooole).
- Naturellement (et Dieu merci, presque tout le monde s'en rend compte), ceci est un exercice d'exagération. J'avoue être d'une totale mauvaise foi, j'écoute les disques rapidement, et une seule fois. Je sais parfaitement que cela est incorrect, et qu'il faut parfois dix écoutes pour rentrer dans une oeuvre. Bah...
- La liste s'allonge, et alors, plus elle s'allonge, plus je rigole. Faut (pas) croire tout ce que je dis. J'ai même trouvé quelques bonnes idées chez Garbage, Hoover, Kula Shaker ou Suede, et je me suis trouvé incapable de dire beaucoup de mal de Archive, Pearl Jam, Tindersticks ou de Tarwater.
Le reste ? Nul.
- Bon, oui, c'est pas que de l'indé, il y a aussi de la techno, de la trip-hop, du big beat, asian beat et autres indus trucs.
- Je ne possède AUCUN des disques qui sont chroniqués ci-dessous. Faut quand même pas exagérer...

bzz bzz bz
Aloof : Sinking.
Aloof fait partie de ces ptits groupes comme Leftfield, c'est des gosses qui s'amusent avec des sons, que voulez-vous, faut bien passer le temps... Ils programment des rythmes, trouvent une ligne de basse, et après, ils ne savent plus quoi faire, c'est bien embêtant. Les vieux briscards paresseux et talentueux d'Underworld doivent bien rigoler.
Alors vous écoutez tout l'album en serrant les fesses devant un tel manque de talent. Rien que du vide, des rythmes, des lignes de basse, n'importe quoi. Quand vient une (UNE) bonne idée, vous vous apercevez que le morceau est arrangé par quelqu'un d'extérieur au groupe (Caroline Dale, qui signe les arrangements de "Last Stand"). Anyway le morceau s'éternise dans l'ennui. Out.
Archive : Londinium.
Archive, c'est dur à traiter, dans cette page. Nul doute que dans les magasins les gentils vendeurs vont ranger le disque dans la trip-hop, ce réservoir à imposteurs. Pour moi, Archive, c'est du Tricky avec du talent, pas mal de talent même. Imaginez ! Dans chaque morceau il y a une grosse dizaine d'idées, des surprises, des sons fous et des traitements variés. Dans les invités y a un monsieur de Underworld, un violoniste, un flûtiste et une violoncelliste. Tout ça ressemble vaguement à du Hoover en plus travaillé. Du bon boulot, ce qui semble contredire le titre de cette page, arf arf...
Ce qui est dommage, quand même, c'est que parfois vient parler un rappeur, avec toute la panoplie, du ton explicatif concerné à la monotonie à une ou deux notes habituelle chez ces vains parleurs sérieux. Bel écrin, du reste...
Arid : Little Things of Venom.
C'est dur de trouver un nom de groupe hein ? Ces petits Pearl Jam bourgeois et adolescents font du rock bien peigné et très poli. C'est bourré d'idées malines, avec trompettes et violons en sus. Ces bons gros enfants sages et intelligents (ça me fait penser un peu aux Charts) sont très vite insupportables !
Le chanteur a de la voix, et il en fait des manières ! C'est plein de "Oh" et de "Ah" et de sanglots dans la voix. Jon Anderson, à côté, c'est Leonard Cohen. Les musiciens font les malins, ils savent jouer sans aucune âme. Pourquoi tous ces gens font-ils de la musique ?
Craig Armstrong : The Space Between Us.
L'idée est belle, mélanger orchestres et pianos avec les machines modernes. Comme c'est dommage ! L'intention était louable, mais c'est raté ! L'orchestre est pataud, et ces musiques bien trop sucrées, à vous donner la nausée. Parfois on dirait du John Barry scolaire (choisissez plutôt Beyondness of Things), parfois du Art of Noise deuxième période, ou du Phil Glass (essayez Heroes Symphony, c'est tout de même autre chose). On n'est pas loin de Vangelis (mais Blade Runner est mille fois mieux), de Patrick O'Hearn (Indigo est plus profond), et pour le piano, je préfère l'Ambient 2 de Budd/Eno. A surveiller, tout de même, l'Armstrong.
Bref, ça ressemble à beaucoup de choses, mais en moins bien, c'est donc un peu gênant, et je dirais même inutile. Vous pouvez donc vous en servir comme tremplin pour les disques sus-cité. Dans l'autre sens, ça ne marche pas, hélas pour moi...
Joseph Arthur : Come to Where I'm from.
Le gaillard fait des peintures à l'huile et en met partout, il dessine des têtes pas jolies, c'est toujours ce qu'on fait quand on sait pas faire et qu'on veut un résultat : des têtes. La musique ? Elle manque d'ampleur, et de dièzes...
Dans le premier morceau, il y a une idée, une guitare timide passée à l'envers, puis l'idée s'en va. Délicieux goût gris d'inutilité. Ce qui se passe ici ne me fait rien du tout. Arthur essaie de faire un peu de Neil Young avec son harmonica endormi, mais les harmonies sont tout ce qu'il y a de plus paresseux. La triple intro emboîtée du suivant me fait dresser l'oreille, mais en fait, rien : on dirait du Beck. Et voilà, jusqu'à la fin, la même impression que pour Babybird : ce mec-là fait de la musique, mais il n'a rien à dire du tout. N'importe quel abruti peut faire ça, des suites d'accords à la gratte, avec la basse en dessous, qui soutient, et la voix qui fait des "Yeaaaahhhh". Il n'y a pas de propos, de démarche. C'est plein d'idées, en plus, servies fades, un écho par ci (6), des guitares liquides à la Michael Brook (5), et, tout de même, un joli travail de production (en particulier sur les drums). Pfff...
Asian Dub Foundation : Facts and Fiction.
La musique d'Asian Dub est tout à fait marrante à écouter. Y a des basses dub, plein de samples indiens partout et des rythmes plutôt bien trouvés. Le prob', c'est que c'est pas chanté, mais parlé avec cette manie ragga de tourner autour d'une ou deux notes, tout cela avec un air tellement sérieux et concerné (poing en l'air, frère, le monde il est pourri, non on est opprimés tatata, freedom), que l'on peut naviguer entre une franche rigolade moqueuse ou un vague agacement qui se termine par la touche STOP. Dommage, parce que la musique est marrante. Ah ces gosses...
C'est des gens y sont politiques, tu vois, ils parlent avec conviction et utilisent les mots Freedom, Oppressed et Mother Nation. Heureusement, les ados français qui achètent ça s'en foutent. La mascarade est rigolote à observer. Le fait de se dire opprimé pour demander un traitement spécial, ou de voir des conspirations partout, c'est à la mode que voulez-vous.
Depuis, un nouvel album (Rafi), une musique presque excellente, et des vocaux qu'on a toujours envie de virer. Vivement le futur qu'on puisse faire ça...
Prenez la tangente, payez vous le premier De la Soul. C'est bien plus marrant, texte et musique.
Atari Teenage Riot : 60 Seconds Wipe Out.
Tant qu'à faire du bourrin pour ados-à-têtes-vides, autant le faire à fond, c'est vrai ! Donc, alors la recette : des gamins hurlent des voix saturées au milieu du spectre, autour : batteries rapides, guitares qui riffent, sons électriques qui tournent. Les Front 242 faisaient pareil il y a 20 ans avec leur accent belge. On n'a jamais été aussi près de la fin. Dans la pochette, on voit : No Culture. Ils ont des revolvers, aussi ? Ça vous rappelle rien ?
J'imagine, tout de même, qu'un jour, des mecs de talents se mettent en tête de faire des montagnes de concasseuses. J'en rêve, à vrai dire ! Mais Laibach s'est endormi, Reznor fait bien de se taire, Manson est trop bête, et Prodigy, ah oui, Prodigy, ils ont presque réussi, eux. Encore un ou deux albums...
The Auteurs : Now I'm a Cowboy.
Ces Auteurs savent torcher une chanson, mais leur chanteur est aussi sensuel qu'une betterave à sucre. Ça donne un truc comme les Nits, plus nerveux, mais moins inventif. Leurs guitares sont souvent splendides.
Toutes les chansons de ce disque donnent l'impression d'avoir été composées par un bon élève qui ne se foule pas trop. C'est net, carré, un peu faignant, mais de sacrées bonnes idées remontent le tout, si, juste à 9 sur 20. Vivement qu'ils vieillissent...
Prix de l'objet-chanson à "Lenny Valentino", qui ouvre l'album : 2'20", et c'est parfait.
Depuis, le chanteur a pondu un Baader Meinhof album mignon, mou et poussiéreux.
Babybird : Ugly Beautiful.
Un mec doué et confus, qui fait des chansons. Toutes sont transparentes, délirantes, inexistantes. Il a l'air très content de lui, en tout cas. Il devrait faire autre chose, moi, je pense.
Tout est moyen, chez ce jeune crapaud. Il est inspiré, mais pas trop, il chante, mais on dirait qu'il s'en fout. Il fait des refrains parce qu'il faut sans doute en faire. Il est impossible d'écouter tout l'album sans s'endormir. A quoi tout cela sert-il ?
Beastie Boys : voyons voyons...
Beck : Odelay.
Une ânerie de première classe, et tout le monde crie au génie. Ecoutez : génie ! génie ! génie ! Cet idiot congénital fait des disques et on s'ennuie beaucoup : il n'a qu'un timbre monocorde, ne sait jouer de rien, et n'a aucun sens mélodique (au moins, un primitif comme Kravitz se rattrape par les mélodies). Il joue de tous les instruments (c'est certainement le plus mauvais bassiste de la terre). C'est un batteur manchot. Et il chante comme un pot de rillette. Vous allez voir qu'on va me dire que c'est ce qui fait son charme !!!
Mais oui, la modernité, c'est l'inachevé, le "je bricole et je suis modeste". Pouah !
Le petit rat bricole, s'embête, sature un truc, tricote un solo ici, joue du bontempi là. Rien.
Belle and Sebastian : If You're Feeling Sinister.
Ah, que c'est charmant ! Comme une poignée de pépites dans un vieux mouchoir acoustique, cet album propose des chansons pop légères douces comme les après-midi d'enfance, bricolées et passionnantes. Le chanteur est un malin nonchalant et précis, comme un cousin heureux de Wyatt, et les copains autour tissent des mélodies meilleures les unes que les autres. C'est plein de bon soleil, tout ça. Pas mal du tout...
Comment voulez-vous que je fasse ma page correctement, dites, si vous sortez des galettes comme ça ???
Depuis, un autre album, trop proche du précédent. Devient ennuyeux au bout de trois chansons.
Björk : Post.
L'insignifiante islandaise a beaucoup de succès. Cette sale gosse, si je comprends bien, a des techniciens à sa merci, dont elle fait n'importe quoi. C'est un album fabriqué de bribes, de trucs. La peste y improvise n'importe quoi, et parfois semble complètement surprise de ce qu'elle arrive à faire (le refrain d'Hyper Ballad est presque réussi). Il arrive même qu'on s'approche de quelque chose (Isobel). En fait il faudrait qu'elle se marie avec un producteur rigoureux qui la mène ailleurs, dans les sphères (inconnues pour elle) du travail et du talent.
Army of Me est l'exemple magnifique de la bêtise musicale moderne. C'est tout à fait stupéfiant de rater un morceau avec un beat pareil (et cette ligne de basse !). Sur cet axe rythmique : rien.
C'est ce qui est énervant avec cette demoiselle, c'est que ce qu'elle fait est comme la maquette d'un brouillon de quelque chose qui pourrait être bien. Heureusement, le gros bêta de Tricky est là, dans son élément, il ne développe pas Enjoy, et s'est endormi sur ses Headphones. Celui-là...
Depuis : Homogenic, une honte, naturellement. Toute une ribambelle de trucs ratés (de la fausse avant-garde, quoi), qui suit une merveille (Bachelorette) et un truc intriguant pas fini (Hunter). Dans dix albums, ça deviendra bien, je vous dis.
Perry Blake : Perry Blake.
Vu les critiques, y avait tout pour qu'on se régale, des mélancolies, des arrangements, une voix ? Le premier morceau, avec son toit de cordes immobiles, met l'eau à la bouche, mais immédiatement, on sent la recette, on pense au "Hat" de Blue Nile, on s'ennuie, et on entend bien que Perry, plein de bonne volonté, fait des manières avec ses sussurements limaceux. Enfin, c'est toujours mieux que cet idiot de Jay Jay !
Les autres morceaux montrent que le bonhomme est un paresseux harmonique ("1971" est une honte) et un mauvais grammairien ("Genevieve", dont on pourrait faire quelque chose, en travaillant). On pense au brave et sirupeux Black (vous vous souvenez ?), alors qu'on préférerait penser à David Sylvian...
Jeu : écoutez tout l'album, puis simplement la première chanson de Gone To Earth, de Sylvian. Vous verrez...
Depuis, un autre album plus abouti et plus malin, "Still Life". La palette instrumentale s'est élargie et j'ai senti une volonté de travailler sur la voix (même si souvent on aurait envie qu'il laisse seulement la musique). Harmoniquement, de jolis étages apparaissent, et le travail sur les percussions est respectable, presque wyattien. Faut le surveiller, lui !
Françoise Breut
La copine de Dominique (A) fait des chansons et les petits dessins de son disque.
On comprend assez vite ce qu'elle veut faire, Françoise, des mélancolies, une inquiétude lasse, des petits jeux. La voix est belle, articulée. La musique, ce sont des petits squelettes, hors du temps. Un disque trottinant, un petit peu attachant.
Ian Brown : Unfinished Monkey Business.
Oh ! Le monsieur sur la pochette (c'est lui ?) fronce les sourcils. On trouve un autocollant (Ian Brown, EX-STONE ROSES, c'est une qualité ?). Dans l'intro, des bruitages comme dans Pink Floyd, avec des rythmes. Dans la pochette intérieure, des photos du bonhomme DANS DES DECORS INTERESSANTS (mais comment ose-t-on encore faire ça !!!????). Il fait pipi, il dort, il fait le touriste. Ah, Ian Brown ! Un rebelle, celui-là !
La voix de Ian est mixée dans un écho intéressant, c'est une voix nonchalante, tu vois. Pfiouuu, font les synthés ! La guitare fait des riffs, elle est saturée ! Encore un chef-d'oeuvre, sans doute.
Cake : Fashion Nugget.
Cake, c'est un gâteau. Les Inrocks s'en "goinfreraient", et y a de quoi. Cet album est un vrai festival de chansons incroyables, décalées et marrantes, ringardes, malines et bricolées et décousues de partout. Va falloir changer le titre ou quoi ?
C'est tout en finesse, Cake. Le bassiste est excellent, le batteur connaît sa place, le guitariste sait les riffs fous (écoutez l'intro d'Open Book), et en plus, y a du plaisir. Les idées fusent de partout, c'est marrant comme tout (cette trompette, les reprises improbables de I Will Survive et Perhaps, Perhaps, Perhaps). Bref, des bons fous. Il faudrait inventer un label, entre les étages de Kula Shaker et les rêves/plumes de Eels. Si le rock indé était toujours comme ça...
Cat Power : What Would The Community Think.
C'est un DISQUE IMMENSE, disent les Inrockuptibles. C'est en tout cas très mélancolo. On dirait un peu les Cow Boy Junkies à douze ans. La voix de la fille est fragile comme tout, et le guitariste (c'est la fille aussi, me dit Gael) fait des arpèges, ne sachant faire que ça on dirait...
Et donc tout un disque tout calme, un peu mou mou. Il semblerait que ce côté tout bancal, la voix mal assurée de la voix, c'est ce qui fait que les Inrocks trouvent ça IMMENSE. En fait, c'est zéro, voilà. Très ennuyeux, donc, si vous ne lisez pas la revue sus-citée.
Nick Cave : Murder Ballads.
C'est les filles qui vont me détester, elles aiment bien, les filles, la grosse voix grave et sérieuse de Nick Cave. Déjà, dans Les Ailes du Désir, cette grosse asperge lugubre m'avait laissé pantois, comme on dit. C'est pas une voix, c'est une caverne monotone, une boîte à sombritude, un souffreteux vocaliste en velour-moquette, un plafond taché, une vieille chaussure prétentieuse, et toc.
Dans Song of Joy (c'est de l'humour), il raconte une histoire dans son sprechgesang à lui (une note, parfois deux notes, l'exploit). C'est plus ennuyeux que le tréfond de Tales From Topographic Oceans, ce qui n'est pas rien. Honteux, naturellement.
Plus loin, il sanglote, ou lalalalalie avec P.J. Harvey (qui fait l'unanimité : P.J. Harvey est un(e) génie). Les musiciens (les Bad Seeds, ça veut dire les mauvaises graines) dorment un peu, et quand ils se réveillent, semblent se demander ce qu'ils font dans cette cave.
Il faut parler des Wild Roses, chantées avec Kylie Minogue. C'est intéressant, parce que Cave a écrit une mélodie vocale. Il semble surpris par cette découverte, je vois d'ici ses yeux qui s'ouvrent enfin. Dommage, c'est quand même raté.
Alternative ? Jetez-vous sur un bon Tom Waits, tiens, c'est d'une toute autre dimension.
Cardigans : Life.
Que ceux qui vont me dire que c'est du kitsch aille se faire enflammer sur la lune. Le kitsch, c'est plus drôle que ça ! Bon, voyez là :
1) est épouvantable. On dirait Swing Out Sisters quand ils étaient en sixième. Je suis sûr que y en a certains qui trouvent ça FRAIS.
2) est tellement plein de bonne volonté qu'on a envie de pleurer. Le solo de guitare déclenche l'hilarité, la flûte traversière est lamentable. Le bassiste, appliqué, est inspiré comme Paul Prébois.
3) veut sans doute être tubesque, mais le refrain est empêtré dans une harmonie bancale ininspirée. C'est pô les Beach-Boys hein ?
4) à 13) C'est pareil, du Swing Out Sisters au bac à sable, avec vibraphones et cuivres à la Francis Lai. Mais faudrait faire appel à quelqu'un pour les arrangements n'est-ce pas. Et n'est pas Vini Reilly qui veut...
Depuis, ils ont fait un tube effrayant pour le film Romeo et Juliet, et voilà pour eux.
Alternative ? : Prenez Swing Out Sisters, l'album vert dont j'ai oublé le nom. Dans le style, c'est comme les Cardigans, mais c'est mieux, voilà.
Chemical Brothers : Exit Planet Dust.
De la musique de glandeurs pour les amateurs de musiques de glandeurs. L'idée, répétée à l'infini, c'est de faire du GROOVE (et ils font ça très bien, les diables). Du style "Wouah les gars, qu'est-ce qu'on s'éclate avec ce beat". Ensuite, on brode un peu avec des riffs idiots en boucle ou des samples de gamins, c'est n'importe quoi, et voilà pour eux. La quintessence du vide rythmé.
Malgré tout, les Chemical, on les aime bien quand même, parce que leurs beats sont marrants, et puis ils ont la bonne idée de ne pas avoir acheté de rappeur (c'est cette bête croquignole et sérieuse qui parle en se donnant des airs, pff). Thanks, my dear.
Pour alterner, prenez un disque rythmé ET mélodique, Le Clavier Bien Tempéré de Bach, par Gould (mais non je rigole) ou bien Le Sacre du Printemps de Stravinsky. Si vous n'osez pas parce que vos neurones sont encore peu nombreux, vous pouvez tâter de BT, que Underworld, à côté, c'est Chemical Brothers. Pigepige ? Ou Prodigy, bien sûr...
Crustation : Bloom
Trip Hop, c'est une expression qui veut dire Voyage Lapin : le petit lapin voyage dans sa tête (trip) et, tout content, il fait des sauts de lapin (hop). Crustation fait de la trip hop avec toute la panoplie de petit lapin : rythmes lents, samples bizarres, électroniques en nappes.
On pouvait craindre le pire, mais la voix de la demoiselle est juste fragile comme il faut, et les petits lapins derrière ont parfois de bonnes idées (le gimmick de Purple). L'ensemble, coool, est tout de même un peu décevant sur la longueur : trop sages, les lapins. On a envie que ça parte, d'entendre une mandoline, un quatuor polytonal ou une cornemuse passée dans un vocoder. Et si, un jour, un être humain doté d'un cerveau inventif faisait de la Tripe-Hope, hein ?
Curve : Come Clean
Un truc parmi tant d'autres, dans la famille : guitare, basse, batterie, saturations, voix saturée, électroniques aggressives. Toute la panoplie y est. Magnifique !
Dans le premier morceau, le beat est rapide, la voix est saturée (ohhhh, encoooore ?) et fait comme Lydon, c'est plein de riffs et tout. Les autres morceaux, pareil. La voix est fragile, naturellement ! Exceptionnellement nul.
Day One : Ordinary Man.
Ces mecs font tellement l'unanimité que ça commençait à m'intriguer. A coup sûr, les "génies du millénaire", qui "ouvrent une nouvelle voie", on voit le tableau. S'appeler "Jour Un" et montrer sa photo sur la pochette, c'est pas bon signe hein ? Et puis, c'est sur le label de Massive Attack, record absolu du nom de groupe le plus idiot. Mal parti...
Bon, passons sur le chanteur, qui a un peu la texture d'un canard sûr de son coup. La plupart des chanteurs sont insignifiants, mais lui est désagréable. Parfois il "trickyse", essayant de faire le truc du rappeur tranquille. L'immense génie de Day One, on le voit tout de suite, c'est le côté cheap de leur rythmique, du genre "Eh regarde, mec, on n'est pas des musiciens, on bidouille, on est trop faignants pour programmer les machines, tu vois, mec". Chansons basées sur deux, ou trois accords, aucune forme d'originalité (sinon ce truc SI VACHEMENT EPATANT de mettre des guitares avec des rythmes pas chers, ptain, les mecs, ça c'est hype). J'ai attendu le track 7 (Autumn Rain) pour avoir un bout de travail harmonique qui dépasse le niveau du joueur de Lego. Ce qui marque, aussi, c'est l'insistante présence du canard, qui semble angoisser beaucoup à l'idée de laisser la musique respirer : il est là tout le temps et partout, coin coin coin, à raconter sa vie. Ta gueule ! Les "Génies du Siècle" trimestriels des Inrocks, c'est souvent juste ennuyeux, mais là c'est tranquillement désagréble...
Dead Can Dance : Spiritchaser.
Bon, Dead Can Dance, c'est plus ce que c'était, tout le monde est d'accord. Et puis on n'a jamais vu un chanteur chanter aussi mal (y a personne qui peut lui dire ?). Il y a toujours plein de trucs ratés dans leurs albums, mais quand ça décolle, ça décolle. Ca n'arrive pas une seule fois dans ce disque-là.
1) Lisa fait son truc (Gniaaaa-laloulaaaa) sur un petit tapis de percussions bondissantes. Brendan l'aide un coup, mais on s'esclaffe. Tout le monde s'ennuie.
2) Coco nous pond un truc couleur locale avec chants indigènes et grenouilles de la forêt, et la voix dit : "we fly over the sky", ce qui est super. La fin est accablante, genre Compagnie Créole.
3) Un classique de Dead Can Dance, ils nous font toujours le coup : Lisa vocalise sur un bourdon (c'est cette note grave immobile), ce qui met bien en valeur tout ce qu'elle sait faire. Les breaks sont jolis comme tout. Mou.
Le reste est du même niveau. Brendan fait sa brésilienne, ce qui est effondrant. Présence d'une guitare rythmique un petit peu zouk. Lisa semble se demander ce qu'elle fout dans cette galère.
Deus : In A Bar, Under The Sea.
Cette bande d'allumés, on se demande bien d'où ils sortent. Ce sont de bons mélodistes, de bons arrangeurs, ils ont de l'humour, des idées originales, on sent le travail, l'intelligence efficace. C'est bien comme tout, et vaguement ennuyeux sur la durée.
Bon élève ! Ce qui manque, juste, c'est l'ampleur, le souffle. On trouve cela dans Fell Off The Floor, Man, rigolo comme tout, et dans l'avant dernier morceau, For the Roses (qui est un peu leur Carpet Crawler), qui rabaisse le reste de l'album à du gentil grignotage sucré.
Un autre album suit, du même type il me semble, assez moyen, mais habité de quelques moments foudroyants, surtout vers la fin.
Divine Comedy : Casanova.
Vous aviez bien raison de vous moquer de la pochette : un jeune jeune aux lunettes de soleil qui fume sur une gondole à Venise, c'est un peu triste, mais enfin... c'est peut-être de l'humour. On est à l'époque de l'humour n'est-ce pas ? Faut être cool, second degré.
Neil, donc, chante comme un cow-boy sur un canasson en plastique, une sorte de musique pompeuse pas très inspirée, avec force violons et trompettes, comme un Dream Academy au Far West, ou le beau-frère d'Elvis sur une moto de manège. Le Prefab Sprout du pauvre ?
Rien. Rien là-dedans ne pourra vous faire bouger un sourcil. Sauf éventuellement les efforts de Songs of Love, avec son impossible clavecin et son contrepoint vocal. Le reste est désespérément appliqué.
Alternative ? : Achetez Nightmare Before Christmas, de Danny Elfman. Si vous avez mauvais goût : Abba, The Visitors. Mais non, je rigooooole...
Eels : Beautiful freak.
Tout cela est bien embêtant. Cette page, elle dit que le rock indépendant c'est nul, mais l'ennui, c'est que c'est pas toujours le cas. Flûte. Eels, c'est une surprise comme il en vient de temps en temps. Eels, ça me fait penser à Freur dans les années 80 (Freur, c'était Underworld quand ils s'appelaient pas encore Underworld). Même inventivité joyeuse et tranquille.
Ce petit CD est un catalogue de bonnes idées, ça fourmille littéralement de détails jubilatoires, d'arrangements rigolos ou surprenants, sur des compos simplement inventives.On finit, malgré tout, par s'endormir un peu.
Depuis, un autre album du même genre, mais tout triste (le chanteur a des problèmes, tout ça).
The Experimental Pop Band : Homesick
Parfait exemple d'inutilité pop. La recette est simple. Prenez et samplez des sons-kitsch-des-années-60 (comme ça vous êtes à la mode, et vous montrez bien que vous préférez regarder derrière que devant). Mélangez-les sur deux accords (vous n'avez aucune idée de ce qu'est l'harmonie, super). Ajoutez parfois un chanteur qui n'a aucune idée de ce que c'est de chanter (ah, cette époque où tout le monde veut chanter !). C'est tout.
Aucun intérêt, absolument. Ecouter ce CD est très fatiguant. La palette sonore sixties est intéressante, mais le fait de refuser la musique et tout mettre sur boucles ou deux accords sans modulation est épuisant. Poubelle, direct.
Faith No More : Album of the Year.
Ça devient bien embêtant de mettre des étiquettes sur les disques, maintenant. C'est quoi, Faith no More ? Parfois le chanteur crie, et on sent bien qu'il est en rage, le pauvre. Le batteur est un bûcheron tâcheron, c'est sûr. Les guitares saturent, crr crr. Mais non mais non : le chanteur s'adoucit, les claviers font des tapis, la production s'amuse avec les boutons, c'est tout de même pas sérieux. Il peut même arriver que votre oreille soit chatouillée (Mouth to Mouth).
L'ambiance qui émane de ces efforts, c'est qu'un groupe de hardeux essaie de faire son malin. Comment on dit déjà ? Ah oui : laborieux. Mais pourquoi tous ces gens font-ils de la musique !???
Future Sound of Paris : 2.
La recette de cette galette est simple, et d'une pauvreté ordinaire et courante. Nos DJ parisiens construisent un BEAT (super, écoute, coco, j'ai trouvé un BEAT !), ensuite, ils ajoutent un GIMMICK (ça peut être un vieux piano électrique mis en boucle, ou un bout de voix). Puis, ils font copier coller. Là-dessus, ils mettent de temps à autre un SON RIGOLO (pris sur un VIEUX DISQUE). C'est tout, voilà.
Cette musique-là n'est basée que sur l'effet, le gadget, le vide. Cette stupidité collective sans horizon et sans humour me laisse perplexe. C'est un peu ce qu'un gosse trop sage fait avec un sampler quand il a 12 ans, vous écoutez, et ensuite vous allez vous promener, et voilà pour vous. Deux claques.
Garbage : Garbage.
"Un des chocs physiques de l'année", dit les Inrocks. Et l'année prochaine ? Bon, quelques bonnes idées surnagent au milieu d'une boue saturée et molle. Au moins, Elastica avait 5 ou 6 points de mieux pour tous les aspects... celui-là, on le remixe ?
1) est construit selon la bonne vieille nirvanienne recette, couplets cools/refrains bruyants. C'est un morceau poussif, que j'enlève de l'album : poubelle !
2) est un single (la chanteuse fait tsou tou tsou). Je le garde, à cause du break frippon. C'est limite, parce que la mélodie vocale est effrayante de banalité. Enfin...
3) Poubelle. Faire varier les accords autour d'un riff ou d'une voix en boucle, c'est trop facile, scolaire et idiot. Faudrait faire remixer ça par par David Byrne, pour rire.
4) Poubelle. Ne se passe rien, riff idiot, voix frigidérante.
5) Aussi inventif que du Joan Jett à la retraite. Poubelle.
6) Même recette que le 3), pour le refrain. Une mélodie vocale en boucle sur des accords variés. J'imagine qu'ils ont piqué les maquettes de Frida, la rousse d'Abba, en pleine adolescente créative... Poubelle, bien sûr.
7) Je pense bien que le batteur s'est acheté une batterie 15 jours avant l'album. On dirait un mauvais morceau de Little Bob Story (ha ha ha !). Poubelle.
8) Pourquoi l'intro me fait-elle penser à Talk-Talk ? La basse ? Rythme disco insupportable, refrain modulé, construction en étage. C'est du mauvais Talk-Talk avec une femme (on dirait Claudia Brücken). Je garde, naturellement. Il y a 15 ans, ç'aurait été
intéressant.
9) Inutile et pesant, poubelle.
10) Remplissage, on dirait du Banarama grunge, ce qui est amoral et honteux. Poubelle.
11) Insignifiant. Poubelle.
12) est plus calme, mellotronisé (cordes et flûte). On dirait le 37ème morceau d'un album de Propaganda qui en comprendrait dix. Je garde !
Alors voilà, piquez le CD (pas le vinyl, bande de zozos : le vinyl ça CRAQUE, et faut tout le temps le retourner et nettoyer le saphir), piquez le CD à votre voisin idiot, et enregistrez les morceaux 2), 8) et 12). Puis allez vous coucher.
Si vous voulez une alternative, je vous propose le seul disque de Franck Black que vous n'aimez pas : le premier. Si si.
Version 2.0, c'est le nouvel album, qui fait fort penser à du Kim Wilde, noyé dans des tas d'effets "à la mode" (la voix est saturée, comme c'est original !). Machin chante n'importe comment. Vous feriez mieux de vous frotter à un vieux Talking Heads, tiens.
Gastr Del Sol : Camoufleur.
Avec la voix du monsieur, on pense à Brian Eno (Before and After Science) ou à Wyatt. L'environnement est acoustique et original. C'est intéressant, mais c'est une coquille vide. Dommage hein ?
Les bonnes idées sautent de cette galette comme des crevettes, hop, hop hop ! Les bonnes idées (ah, cette note de guitare dans le 1er morceau !) apparaissent, disparaissent. Allez savoir pourquoi : on s'en fout. Next !
Laurent Garnier : Unreasonable Behaviour.
J'avais déjà écouté des trucs de Garnier en me disant que j'étais sans doute tombé sur des déchets, des trucs dont il avait honte. Et comme voilà aujourd'hui l"'album de la maturité", je m'y mets sérieusement. Le Grand Sachem de la techno française "enfin reconnue" doit avoir des idées. Non non non ! On se fait une idée très vite : voici l'incarnation du Principe de Peter des DJ, dit Principe d'Incompétence : un bon (?) DJ veut devenir "musicien", fait quelques disques parce qu'il connaît les rouages de l'industrie, sourires polis de l'assemblée-hors-scène-techno. Dossiers de presse, album alibi tech du mois dans les magz, têtes de gondoles. Halala...
La mise en place est limpide : deux notes tournent sur un tapis (parfois, c'est trois notes, pour faire balancier), on ajoute des piouuu psshhh de synthétiseurs, on tricote un peu - Forgotten Thoughts, dont le titre est sans doute autoréférentiel, est typique de l'inutilité fondamentale de cette démarche - et voilà un album. La recherche de timbres est au niveau zéro et demi. Le travail sur la basse est lamentable, parfois risible (9). Le boulot rythmique est intéressant, par contre, dans le sens "pas comme les autres". Hélas, la BEAUFISATION tellement crainte pointe son nez (la voix Kraftwerkienne du 5, le saxophone du 7). Quand Garnier ose les accords, il utilise un son "voice", comme s'il avait peur qu'on entende, ou comme s'il s'excusait. La piste 6 est à ce sens une vraie déception. Voilà j'en suis à la piste 10. Trois notes en boucle, des pioupious, du rythme. Pfff...
Gus Gus : Polysdistortion.
Polydistortion ? On pouvait s'attendre à des choses intéressantes, des perversions ou des miracles, des surprises, des points d'exclamation.
Non non non. Sur quelques rythmes paresseusement programmés se posent ça et là quelques gimmicks (surtout un vieux piano électrique, ça fait kitsh), et puis parfois le chanteur (ou la chanteuse) vient faire un truc, comme s'il s'était aperçu avant la fin du mixage que ce serait bien avec des paroles. Le label qualifie ça de "Groove Electronique Islandais". Un disque de plus dans le petit camion. Préférez Archive, qui est plus charnu, ou alors, si vous êtes vieux, piochez dans The Blue Nile, qui flotte nonchalamment et plus haut.
P.J. Harvey : To Bring You My Love.
Bon, c'est un peu triste. Il n'y a rien à dire sur Polly truc. Elle met pas les paroles sur la pochette, alors j'ai pensé qu'elle avait honte des paroles, un truc comme ça. Enfin bon je les ai trouvées sur Internet. J'ai même rien trouvé à dire dessus. Je me dis que 1) je suis fatigué 2) c'est trop bien pour moi, je capte pas 3) c'est du vide, c'est fondamentalement rien du tout, une agitation vaine et multiple, avec orgue et voix saturée (gnin gnin gnin) et voix cassée-par-le-désespoir-c'est-les-blessures-de-la-vie. Bref : rien.
Bon, là, je vous explique un truc qui revient sans arrêt sur l'Art du Rock Indépendant. Une astuce, quoi, pour les ceusses qui veulent en faire, du rock indé. D'abord, il faut un préliminaire : il faut à tout prix que vous soyiez CONTENT d'être sur une scène, devant un gros tas de jeunes contents et pleins de bière. Si vous êtes comme ça, c'est un bon début.
Faut avoir L'AIR FRAGILE. P.J., elle est fragile, elle a des doutes, tout ça. Surtout : ses musiciens ne sont pas très bons. Sinon vous voyez, on se méfie hein, les virtuoses c'est pas beau, c'est Vivaldi ou les solos de hard, beurk. Il faut des mauvais musiciens, ça met en valeur la tristesse de l'être.
Ensuite, il faut chanter faux, un peu, (ou comme Beck, ou Tricky : ne rien faire de bon). Tout de suite on entend que c'est raté mais comme c'est une culture, on prend le second degré et on dit : c'est super, elle ne sait pas chanter, elle est AUTHENTIQUE, elle est triste, fragile, elle sait des choses, elle.
Et là je m'incline devant Hélène ou Sylvie, qui défendent Polly Jean becs et ongles. En fait, les paroles, c'est super, quand on est une fille. Et comme moi les paroles, dans cette page, je m'en fous un peu, j'avais pas capté. Voilà. PJ Harvey c'est bien. Si si. Merci les filles ! (c'est à peu près la seule artiste de cette page à être défendue correctement). Voici ce que dit Sylvie :
'il est toujours rejouissant de titiller la pensee unique et la
rebellion a 2 sous MAIS
MAIS MAIS il faut qu'en meme que cette page trouve sa ciible :
Je suis une FAN de PJ Harvey ... et oui c'est con mais on ne se refait
pas alors juste quelques
impressions totalement subjectives et personelles:
Pour etre totalement conquise par PJ , surement faut il la voir sur
scene ... et la une presence
extraordinaire. La dame oscille entre l'atroce et le sublime, vous
caresse d'une voix langoureuse
pour mieux vous amadouer et vous etrangler au coin du bois , vous
devalise d'une main et vous
frole tendrement de l'autre, vous chuchote a l'oreille des choses
profondement intimes.
J;ai ete fascinee et emue, troublee
comme rarement sur une scene Ce sont des impressions purement
subjectives et tres personelles
Et je me contrefous profondement de savoir si PJ Harvey fait du rock
indie. Et a ce sujet
je peux etre de tres mauvaise fois. Mais bon bravo quand meme pour cet exellent site (quelqu'un qui ecrit
comme ca des Tindersticks
et de Garbage a forcemment bon fond)
Signé Sylvie (qui aime Billie Holiday)
Alternative, évidente : Trouvez-vous un bon vieux Billie Holiday.
Hood : Cycle of Days & Seasons.
Moi, déjà, j'aime bien, un groupe qui montre pas sa tronche sur la pochette, les mains dans les poches ou je ne sais quoi. Ici, un ciel pâle, des branches... "Hood", ça doit vouloir dire quelque chose, alors je regarde dans mon dico : capuchon (capote ?). Capuchon. J'aime bien, aussi, ça devient bizarre, un groupe qui s'appelle pas "Attaque Massive", "Radiotête", ou "Frères Chimiques".
La première pièce m'intrigue. Autour d'un rythme acoustico simplet, des bouts de violons samplés font des rideaux pour des échos et des "pointes" curieuses. On dirait la pochette, un enchevêtrement de bois et de souffles, avec des trouées et des inquiétudes. Je continue à être intrigué avec le pont orchestral de (2), son piano respirant, sa trompette Hasselienne, son goût de bois, le chanteur qui s'efface. Le reste de la galette ne me déçoit pas du tout (merde, et cette page, alors, elle s'appelle comment ?). Tout le disque est comme "hanté" par une atmosphère bizarre et splendidement poussièreuse, avec des respirations (les morceaux intercalés) et un travail simple mais efficace sur la production (échos qui saturent, par exemple). J'aimerais que ça aille plus loin, mais tout ça (puisque on peut pas s'empêcher cet exercice, naturellement), me rappelle le Talk Talk finissant, le premier Freur, ou un improblable mariage entre Brian Eno et le King Crimson en bois dangereux de "Lark's Tongue in Aspic". Chapeau !
Hoover : A New Stereophonic Sound Spectacular.
Belle petite voix de petite fille nonchalante. Arrangements souvent inventifs (les rythmiques basses/batterie sont très bien). Tous les morceaux sont plus ou moins bâclés. Cet album est un bon exercice de frustration. Quelques belles perles surnagent : c'est un peu comme si Julee Cruise travaillait en Espagne avec Freur. Si. Attendez 3 ou quatre ans, ils vont nous faire un chef-d'oeuvre.
1) est un beau crescendo, irréel et trop court.
2) est un truc de faignant qui s'étire autour de deux notes de basse.
3) est un bon départ qui ne devient rien.
4) est une sorte de jungle dans l'espace, vite fatiguante.
5) est un joli jeu musical en escalier, jubilatoire et prenant, mais pas fini.
6) est une ambiance planante et vaine, construite à coups de samplers.
7) est une ballade traversée de saturations, comme si Cocteau Twins avait retrouvé quelque chose.
8) est une inutilité qui tourne autour d'une belle ligne de basse.
9) 10) 11) etc, etc...
Alternative : allez jeter une oreille sur Archive (Londinium). C'est autrement plus passionnant.
Hooverphonic, ça s'appelle, maintenant. Il faut bien 7 ou 8 morceaux pour que ça devienne intéressant. J'aime la jolie modulation de Out of Tune, les cordes de Strange Effect, les moyenâgeries de Renaissance Affair. Bref : quelques idées surnagent ici et là. Pffffff...
In The Nursery : L'Esprit.
Dans la Nursery dorment les tous petits. Ces adolescents trafiquent les synthétiseurs d'une façon maladroite et assez touchante. Ils essaient tous les sons, mais n'ont pas la science d'Art of Noise, ni l'art des séquences de Tangerine Dream, ni le sens mélodique de Kraftwerk. Que reste-il ? Une fausse musique classique électronique, des climats fatigués et beaucoup de lieux communs. Les Rondo Veneziano gothiques ?
L'album DECO est un peu mieux. Faut encore qu'ils grandissent, mais ils vont dans la bonne direction il me semble. Le problème, c'est cette voix féminine, qui fait penser à Uman.
Ils sont gentils. Mais écoutez autre chose. N'importe quoi. Si vous voulez des ombres et des choeurs, essayez un Dead Can Dance ou mieux : Limborg (premier album). Si vous voulez des mystères électroniques, osez explorer Soil Festivities de Vangelis. Si c'est les sons d'orchestre qui vous plaisent, tentez le Daphnis et Chloé de Ravel, qui chatoie, ou le Sacre du Printemps, de Stravinsky, qui danse et a de... l'esprit.
Alternative : This Mortal Coil, Filigree and Shadow (pour la nuit et les rêves), ou alors n'importe quel René Aubry (les mêmes sons, mais avec de l'invention).
Jay-Jay Johanson : Whiskey.
Vous vous promenez dans la rue, et tout le monde se moque de vous parce qu'un gros point d'exclamation rose est attaché flottant au-dessus de votre tête : vous venez d'écouter le nouveau disque de Jay-Jay Johanson.
Jamais vous ne saurez si c'est le petit bonhomme mort sur la pochette qui a fait ce disque. Imaginez votre cousin (qui a tout Dominique A) qui frappe sur une casserole en chantant comme Sinatra ou C.Jérôme. C'est AU-DELA du kitsch, bien plus loin que tout ce que vous imaginez : une expérience transcendantale dans l'immense royaume de la bêtise inrockuptible. D'où la présence de votre point d'exclamation, rose.
Depuis, un 2ème album, encore pire (J.J. fait sa brésilienne). Tout le monde devient perplexe : merde, dit-il, pensais-je, J.J. J. on dirait du Julio Iglesias. Ahhh ! Je vous l'avais dit ! Gnin gnin gnin !
Essayez peut-être, plutôt, Sinatra/Basie, un récital de Fischer-Diskau, Schleep, de Wyatt ?
Jude : No One is Really Beautiful
Curieuse impression ! Il suffit d'écouter quatre ou cinq chansons de cet album pour se dire que ce gars-là est "réveillé". On sent un esprit rapide, et habile. Avec des outils traditionnels (guitare, batterie, etc), ça pulse dans tous les coins, avec toujours une note surprise, colorée, un refrain décadent, un trait de violoncelle ou une voix qui se précipite. Sans doute un bon ouvrier.
Mais enfin, arrivé à la moitié de l'album, on a envie d'appuyer sur stop. C'est toujours trop long, ces machins-là. Le problème avec tous ces gens de musique, c'est qu'ils ont toujours besoin de chanter. Quelle plaie ! Envie, souvent ici, de taper sur l'épaule du gars, de lui dire : "Hé ! Ho ! Ferme-la, un peu !". A surveiller de près.
Kula Shaker : K.
Des p'tits gars qui ont la pêche et beaucoup trop d'idées. C'est largement au-dessus de la moyenne, un vrai fouilli talentueux, bourré de sonorités et de surprises. On croirait entendre plusieurs groupes en même temps (Suede et Grateful Dead jammant en Inde avec Led Zeppelin et Zappa ?). En concert, ça doit être épuisant !
La production est pire que chez Pink Floyd, vraiment un gros son (et il y en a des étages...), des montagnes d'idées, une vraie folie. Selon les moments, c'est épuisant ou fabuleux. Ou les deux.
Die Krupps : Paradise Now.
Mister lunettes de Propaganda et ses copains techno-révoltés nous servent une grosse bouillie industro-trashy dont la recette est éprouvée, vous savez : basses gargouillantes séquencées + hauts murs de guitares + rythmes de concasseuses + voix d'outre-tombe.
Tout cela est parfaitement ennuyeux et peut déclencher chez vous l'envie de leur dire : "D'abord, tu me fais même pas peur". Poubelle.
Leftfield : Leftism.
(Pour Nico ;-) La pochette présente un morceau de haut-parleur encadré par une machoîre squelette de requin, ouahhhh. Voilà donc de la techno, c'est comme ça qu'on appelle cette musique hein ? Le disque se détache aisément de la marre aux canards habituelle, par une belle originalité rythmique, des basses originales et un éventail varié de sonorités...
Evidemment, même si on sent bien que nos zozos s'amusent beaucoup avec leurs machines, les lacunes mélodiques finissent par être embêtantes. On a envie (ou besoin) des plus gros empilements sauvages de Fat Boy Slim, des plus savant entrelacs de l'Underworld de DubNoBass, ou des ohah d'Art of Noise première manière. Pas mal du tout, quand même. Mince.
Lemonheads : Car Button Cloth.
Voilà la quintessence des lieux communs indies. Un batteur bourrin, un chanteur inexistant, (et je sais faire grincer ma voix comme les grungeux), et on y va sagement, à fond, avec des RIFFS, crr crr crr, ça ressemble à tout et à rien. Des gosses sagement dans le moule, des dessins de gosse sur la pochette, un toilet moog (ha ha ha ! humour !). Des gosses, je vous dis. La seule chose qu'ils n'ont plus des gosses, c'est l'imagination. C'est mystérieux.
Basse guitare batterie, pourquoi changer ??? Poubelle.
Locust : Morning Light.
Cet insecte-là est difficile à mettre en cage. Il s'agit de cette sorte de pop anglaise à voix de sirènes, bizarre et esthétisante, une sorte de Bel-Canto brouillon, ou comme si une bande d'ados crassouilleux tentait de faire du This Mortal Coil. Parfois, c'est fabuleux (Folie). Souvent, c'est pas mal. C'est tout.
Il faudrait enlever une ou deux pattes à cet l'album, ou plutôt attendre qu'ils grandissent un peu, ils ont bien le droit non ? Pourquoi tous ces gamins font-ils des disques alors qu'ils ne sont pas prêts ??? Ah, oui, c'est pour s'exprimer. Pardon.
Looper : Up a Tree.
Tous les morceaux commencent, ou presque, par... des craquements de vinyl. Je suppose que tous les connards qui aiment les craquements de vinyl sur CD mettent des lampes à huile autour de leurs ampoules électriques, des moteurs de Solex à côté de leur moteur de Golf, et qu'ils vont faire caca dans un trou dans le jardin ("dans le temps, patati, patata"). Le reste : un aaassemblage hééétéroclite de "choses charmantes samplées" (un gosse fait l'idiot, une guitare wah wah, un harmonica, etc...). Extraordinairement mauvais.
Je suis tout de même allé jusqu'au bout, hein ! On dirait vraiment une bande de demeurés dans un studio qui collent des bouts de "musique" (ligne de basse immobile, bout de saxo) sur quelques rythmes trouvés sur un CD-Rom. Quelle bonne colère ! Pouah !
Manic Street Preacher : This is my Truth.
Bon, les mecs, on sait pas quoi faire comme pochette, alors on va faire une photo. Une photo ??? Ben oui, bon, on va dans le désert, vroum vroum, voilà on est dans le désert. Vous vous mettez là. Là ? Ouais, là, comme ça. Ouais, pas mal. Qu'est-ce qu'on fait ? Ben rien, vous restez là, comme ça, comme des cons. Moi je vous photographie. Voilà, c'est dans la boîte.
Marylin Manson : Antichrist Superstar.
Vous savez comme j'aime Reznor, l'imposteur niais qui fascine les p'tites têtes adolescentes. Alors je me suis retenu, pour une fois : tenter d'écouter objectivement. Après tout, si le musicien Reznor est insignifiant, le producteur Reznor a quelques idées... Evidemment, c'est difficile de ne pas sourire en voyant les photos ââffreuses de la pochette. Cet ACADEMISME (têtes de morts, taches de sang) dans le morbide est un peu frivole. C'est barbant l'académisme non ?
Cette musique est naturellement pleine de tics (saturations, riffs terrrribles de guitares, voix sépulcrale), mais c'est tout de même remarquablement réalisé, et plein d'idées. Bref, du beau boulot, qui pour moi s'approche à 40 p.cent de la réussite. Mon rêve : plus de démesure, plus de contraste, plus de brisures. Ca viendra, dans 4 ou 5 albums, je parie. Mais enfin, c'est quand même plus intéressant que Ministry !
Allez voir le site Marylin Manson is a Tool, qui n'aime pas. Ouf !
Massive Attack : Protection.
Le nom de groupe le plus idiot de la décennie. Belle recette. C'est cool, "sensuel", épouvantablement sérieux (regardez le dos du disque) pour le soir vous voyez. Massive Attack, c'est la musique pour l'apéro, c'est le Sade des jeunes (pourquoi pas). Y a le Tricky qui vient incompéter de temps en temps, c'est dommage : pour supporter l'album, il faut virer les morceaux dont il s'est approché. Quel succès en tout cas. Ce que ce serait si c'était bien fait !
Massive Attack, c'est parfait pour la bagnole (virez les morceaux rappés), la nuit, pendant que votre douce s'endort sur votre épaule. Là-dessus vous mettez Moments in Love d'Art Of Noise, Hoover, un Patrick O'Hearn, un Steve Roach pour plus tard, un Jon Hassel si vos neurones ont poussé dans la nuit. Un p'tit Badalamenti vous aidera pour le transit, et pour finir, quand il se met à pleuvoir sur le pare-brise, prévoyez la Missa Solemnis de Beethoven. Dans la vie, faut monter les escaliers non ?
Mezzanine meilleur, malgré ses foutus craquements de vinyle. Angel est une bonne demie-réussite, et Liz est très bien sur Teardrops. Beaucoup de déchets...
Mazzy Star : Among my Swan.
C'est une chanteuse comme il y en a des milliards, elles ont toutes cette voix là, cool, sur une éternelle guitare sèche. La même voix sur tout le disque. Il ne se passe rien du tout. C'est emmerdant, vu le prix du disque.
Deux ou trois guitares, des p'tites batteries qui dorment, une voix sensuelle (grrrrr) et même un violoncelle. Et absolument AUCUN risque harmonique. Et absolument aucune idée originale. Triste.
Jeff Mills : Lifelike.
Je ne sais pas pourquoi, j'avais un bon à-priori pour ce gars-là. Peut-être parce que j'ai jamais vu sa tronche dans les journaux "où qu'il convient d'être dedans", tout ça. Ouvrant la pochette, je vois une interview sur l'art, et puis que le gars a 36 ans. Ouh là !
Et la musique ? Les rythmiques sont dans la norme, mais bien établies. Le gars s'amuse bien avec les sonorités "cheap", et la production (voir le début du 3) brouillonne dans tous les coins. On a l'impression a chaque morceau d'observer un drôle d'insecte hystérique, pas fini, et un peu compliqué... Mills est infoutu de travailler un peu l'idée de tonalité, mais je lui pardonne pour son sens "souriant" et brouillon de la mise en place. Bon délire de sale gosse qui a trop d'idées mais ne sait pas faire de la musique. C'est bien fatiguant, à la fin. Et y a pas de rappeur !!!!!
Ministry : Filthpig.
Filthpig, ca veut dire ordurecochon, c'est quand même quelque chose. Ministry, ce sont des gamins qui jouent à faire ce qu'on pourrait appeler du "Bruit Stéréotypé". Comment fait-on du "Bruit Stéréotypé" ? On met des GUITARES ELECTRIQUES avec des pédales de distortion, et puis on SATURE les voix (prendre un air méchant). Bref, faut pas trop essayer d'être différent (indépendant ?).
Les Anes du "Bruit Stéréotypé" n'ont donc pas beaucoup d'invention dans la caboche. Surnagent quelques effets sur les drums (les gates et échos habituels) et trois ou quatre idées deci-delà. Le chanteur s'escrime tellement à avoir l'air méchant que tout le monde rigole. On a envie de lui dire de se moucher un coup. Bref, ce sont des morceaux à trois notes (RIFFS), pas très malins.
Alternative ? : Si vous voulez un vrai batteur, des guitares de fou (mais dissonnantes) et de la lave, essayez un récent Live de King Crimson. Là vous saurez ce que peut être un riff sur du bruit en fusion. Le seul risque, c'est que ce soit un petit trop bizarre pour vous.
Morcheeba : Big Calm.
Les seventies, c'est moche, années Giscard, pleines de poufs oranges, de canapés à fleurs oranges et d'infâmes tourne-disques qui craquent. La culture rock, d'un seul coup, trouve tout ça très intéressant, c'est le kitsch. Austin Powers, extraordinaire. Les génies du siècle : Tom Jones, Burt Baccharach. Malheureusement, pour moi, c'est toujours aussi moche. La pochette de Morcheeba ? 0range !
La musique ? Calibrée MTV, avec les rythmes qu'il faut, des grosses basses, une voix sucrée, du sitar, un piano électrique, tout ça. Ca-li-brée. Dans le cadre. Des ballades à orchestre, un reggae, des trucs jolis. N'importe quoi ! Autant se taper un Madonna !
Muse : Showbiz.
Je n'en crois pas mes oreilles !!! Matthew, Dominic et Chris sont trois jeunes gars qui fabriquent une pop ouvragée et tonitruante, un peu comme Arid, mais en plus bête encore. L'un deux fait le chanteur, il est incroyablement mauvais, vous savez, le style à faire des manières, des sanglots et beaucoup de "Haa" toutes les deux syllabes. Au bout de trois morceaux, on a Haavie de Voooomir. Pouah !
La musique est un sorte de festival de gimmicks vides. Le bassiste a le mal de mer, le batteur fait beaucoup de badaboums, et le guitariste a beaucoup de pédales d'effet. Ils ont sans arrêt des idées, ça glougloute beaucoup, un vrai combo d'enfants sages, doués pour la technique mais qui n'ont aucune inspiration. Il me font vraiment penser aux Arid, ou aux Charts. Vraiment vraiment inutile, et gerbant, donc.
Nicolette : Let no one, etc etc...
Avec Badalamenti, ça donnerait peut-être quelque chose. La fille n'a pas de voix, alors elle sussure (on dit, on joue du souffle et pas du timbre). Le mec qui fait les musiques, c'est un zozo de la pire espèce : de ceux qui ne savent rien faire et veulent faire des TRUCS BIZARRES. Pouah !
1) est une intro où ne se passe rien du tout, c'est assez inquiétant non ?
2) Nicolette nous dit WE NEVER KNOW environ 456 fois, quelques trompettes font des trucs dans le grenier. L'homme qui programme la boîte à rythmes est débile profond, et le chien joue du moog.
3) Sur un ptit rythme jungle (c'est l'époque qui veut ça), Nicolette chante faux, n'importe quoi. Le bassiste a trois ans et demi.
4) Ouh, on a mis de la reverb ici, y a du mystère et tout. Le mec qui joue des claviers pense qu'il va faire comme du Wyatt tu comprends, c'est un climat quoi, c'est bizarre, tu peux pas comprendre.
5) On passe. Pff...
6) Ah, un coup A LA NINE INCH NAILS, ces handicapés influencent les autres, c'est forcé. Saturations, deux notes (comme Depeche Mode, mais moins bien, quand même). L'autre chante n'importe quoi, qu'elle est nerveuse, tout ça. Moins nul quand même que les Reznoreries (plus nul, on peut pas).
7) La reverb sur la voix, c'est pour faire malin, tu vois, un peux comme Julee Cruise. On met un orgue, qui fait un peu n'importe quoi (parce que c'est fatiguant de travailler un peu). La basse est jouée par un bacille de Koch. Certainement le morceau le plus raté de tout l'album, et c'est pas peu dire.
Tout le reste est du même acabit, on va pas s'éterniser là-dessus...
Nine Inch Nails : The Downward Spiral
Bon, Reznor est bête comme ses pieds, mais il fait du bruit avec des saturations, alors il est à la mode ! Bowie fait appel à lui mais est terriblement déçu : ce mec est décidément un PETIT CHIMISTE. Le disque est produit par Flood, qui a produit Depeche Mode, ça se sent...
1) C'est ce que vous faites avec un sampler quand vous avez 13 ans. Vous saturez, vous mettez du bruit, vous mettez pour paroles des lieux communs qui font peur ("I am the bullet in the gun and I control you", ha ha). Et en fait, vous ne faites rien, vous ne touchez rien, vous faites du vide bruyant, c'est frivole évidemment.
2) Vous commencez doucement, en chuchotant ("nothing can stop me now", ha ha) sur un rythme idiot, mais derrière vous faites ramper des trucs un peu inquiétants, qu'on sente bien un peu la tension qu'il y a, en fait. Et puis vous faites monter, la tension, des boums boums de batterie. Et en fait, vous ne faites rien, vous ne touchez rien, vous faites du vide bruyant, c'est frivole évidemment.
3) Alors vous saturez la voix en criant que vous ne croyez plus en rien ("Your god is dead and no one cares", ha ha). Ayez l'air bien furieux, et criez. Et en fait, vous ne faites rien, vous ne touchez rien, vous faites du vide bruyant, c'est frivole évidemment.
4) Bon, vous prenez la boîte à rythmes et vous poussez à 130 bpm, vous ajoutez du bruit saturé (encore ?) et des cris (encore ???), ayez l'air bien haineux, parce que vous êtes contre l'ordre établi et contre les bourgeois aussi n'est-ce pas. Jouez avec les contrastes calme/dur (encore ??????). Oui, encore. Et en fait, vous ne faites rien, vous ne touchez rien, vous faites du vide bruyant, c'est frivole évidemment.
5) "I want to fuck you like an animal", ha ha, que vous êtes quelqu'un d'intéressant ! Laissez Flood jouer avec le son de la basse, ça l'amusera un peu. Je suppose qu'INXS faisait ça quand ils étaient au collège.
6) à 14) Pareil : Saturations, bruits, tentatives maladroites d'arrangements (les "cuivres" bêtes de Ruiner), riffs pour adolescents, basses depechemodiennes, samples supers (cris et autres malheurs, c'est que la vie c'est pas drôle). Bref une évidente ABSENCE TOTALE DE RISQUE.
Une exception : Eraser, qui a une ou deux idées et enfin un peu d'ampleur.
Alternative ? : Vous voulez de la démesure : Laibach, Nova Akropola. Vous voulez des idées : David Bowie : Outside. Des électroniques froides et tranchantes ? East & West, de Richard Pinhas.
Nirvana : Nevermind.
Bon, Nirvana, c'est basé sur quelques "trucs". Une production parfaite, simple et efficace, une voix monocorde mais confortable, un bassiste talentueux, et surtout une bonne science du contraste calme/bruit. Ce sont de sacrés mélodistes, en somme : de bons ouvriers.
Ah oui : à l'intérieur de la pochette, Kurt vous dit Fuck You avec son doigt. Voilà.
Smell Like Teen Spirit, c'est un morceau à décortiquer. Deux secrets : couplets doux, prérefrain s'énervant, refrain déchaîné, le tout AVEC LA MEME LIGNE DE BASSE TOUT DU LONG. C'est passionnant, parce qu'autour de 4 notes (fa, la dièze, sol dièze, do dièze), on peut faire un beau petit tube. Le refrain n'est que la reprise puissante et syncopée de cette ligne mélodique, que la basse, alors, se met à faire danser. Funky, moi, je trouve, comme idée.
Et le reste, bon allez, on peut s'en passer hein, c'est toujours un peu la même recette. Ecoutez la basse pour piger, et faites pareil, ça rapporte des sous. N'oubliez pas, faites bouger un peu votre harmonie, mettez des dièzes : tout le truc de Nirvana est là.
No Doubt : Tragic Kingdom.
C'est du fun américain. Les instrumentistes connaissent leurs classiques, ça part dans tous les sens, et y a même un bout de bonne chanson dans l'album (Happy Now). C'est chiant comme tout, et très sucré (avec des guitares saturées, c'est ce qui plaît aux mômes).
La chanteuse (au ventre plat) est exceptionnellement mauvaise. Les autres s'agitent avec beaucoup de talent d'assimilation (l'album est un fourre-tout de plein de trucs). Poubelle. Vous avez le droit si vous avez 11-12 ans, c'est comme pour les Smashing-p.
Oasis : (What's the Story) Morning Glory ?
Bon, respect, ces mecs là sont de bons p'tits gars, ils connaissent les trucs et les machins pour faire des trucs à chantonner. Wonderwall est un tube "imparable" comme dit la presse. Quelques bonnes idées surgissent de-ci de-là. En fait...
...faudrait juste virer le chanteur n'est-ce pas. Cette voix de concombre enrhumé et nonchalant est ennuyeuse, il faut l'entendre étirer toutes les voyelles, la bouche grande ouverte, you're my wonderwaaAAAALLL. Liam viré par le frangin, il reste à Noel à virer toutes ces guitares saturées. Les jeunes y aiment bien les guitares, c'est super, la guitare, et rhan et rhan, mais bon, hein, un jour, et rhan et rhan, hein.
Donc, dans 5 ans, Liam, oublié de tous, fonde un groupe de medieval-techno, et Noel fait de bons gros tubes sans guitares partout (la mode ce sera : "Moins de bruit, la compil") avec Rick Astley ou Kylie Minogue, et voilà pour eux.
Alternative ? Ben c'est tellement bête : achetez le Double Bleu des Beatles.
Beth Orton : Central Reservation
Une guitare, une basse, une batterie, la voix de Beth (qui fait des ouuuuh sensuels). Le tout est pas mal réalisé, parfaitement académique et sans aucune idée, évidemment. L'inutilité est évidente, gigantesque, frappante au bout de dix minutes : pourquoi tous ces gens font-ils de la musique ?
Prenons le premier morceau, par hasard : voix doublée aux bons moments, trait de guitare baladeuse, break-avec-la-voix-qui-part-dans l'écho, pont instrumental. Tout cela a été fait cent mille fois, au moins. Pfff. Je suis si fatigué...
Palace Music : Arise Therefore
C'est un monsieur, sa voix est fragile et paysanne. Il clapote sur un piano ou une boîte à rythme à 15 francs. Les paroles sont écrites à la machine, avec les coquilles, tu vois, pour montrer que c'est pas fini, que c'est un groupe, le concept, c'est que c'est pas fini. Moderne quoi.
Un dépouillement pas bienvenu ne cache pas du tout le manque d'inspiration. Poubelle, immédiatement. Ressortez un vieux Nick Drake, si vous avez besoin de niaiserie, c'est de la meilleure niaiserie.
Papa M : Live from a Shark's Cage
L'art du monsieur semble réduit à la mise en boucle de quelques guitares. Celles-ci passent dans de nombreux effets et se mélangent à quelques percussions malines. Au bilan, c'est assez plaisant, et on n'a pas de chanteur, ce qui est une certaine forme de bonheur. Sans doute idéal pour passer des journées d'été à s'ennuyer.
Selon les textures des guitares, on pense à d'autres musiciens qui mettent en boucles des guitares, comme Durutti Column (mais Vini Reilly est plus inspiré) ou Ash Ra Temple (plus hypnotiques), ou même parfois Robert Fripp, qui est plus étrange. Bon, c'est chiant, quoi, mais doucement chiant, avec de la poussière, du soleil sec et du temps qui passe.
Pavement : Wowee Zowee
Pavement est "hors du cadre". Ça ne veut rien dire. Ils ont certainement beaucoup bu. Le chanteur est un peu fatigué, il ne sait plus quoi dire. Le guitariste a pris trois leçons avec son cousin, puis a préféré acheter une pédale de distortion. Le bassiste fait pitié, enfin. C'est des jeunes qui font un groupe...
De la déconstruction musicale, c'est tout un concept, l'époque qui veut. La maladresse comme talent. Des idées non développées (you see, l'inachèvement, c'est moderne). Tout est bancal, un faux King Crimson d'adolescents, un trisomique Talking Heads fatigué. Dans 25 ans, il faudra s'y intéresser.
Extraordinairement débile (faible, fragile, frêle, malingre, rachitique, cacochyme, égrotant, chancelant, impuissant (Petit Robert)), même pas attachant.
Deuxième chance : Terror Twilight
Pearl Jam : Vs.
Le guitariste est un fou qui sait ce qu'il fait, ses riffs sont rigolos, et il connaît les effets des traînées en étage. Le bassiste est une bête d'invention calme, le batteur sait tout faire, et c'est merveilleusement produit. Je vais en énerver quelques uns, je sais, puisque que mes références sont des plus démodées : Pearl Jam, c'est du rock des seventies, débarrassés des virtuoses, ces enfants fatiguants, et des âneries planantes. Une sorte de Crimson en plus sensuel, un petit dinosaure énervé, salement grimpé de quelques marches : Un putain de bon groupe. Il apparaît (rires rires rires) que trouver ce groupe pas mal, c'est le COMBLE de la ringardise. Moi je m'en fous, et vous avez le droit de me mépriser, parfaitement : je n'y connais rien, vous savez...
Dès l'intro de l'album, ces malins nous balancent 1) un grincement arpégé, 2) un beat qui cherche à entraîner une basse ferraillante, 3) une guitare qui rigole à quelques tons au-dessus, 4) un break dans une apnée où claquent les baguettes du batteur, 5) une poignée de coups saturés en contre-temps, et enfin, 6) la bonne grosse machine. Une telle invention (plus d'idée dans ce premier morceau que dans tout un album de Rage Against) est assez étourdissante. Tout l'album est comme ça, ce qui n'empêche pas d'être habité par une énergie fantastique saturée. Ce "bruit"-là, quand il est inventif, est un vrai régal.
Ecoutez W.M.A. sur cette batterie déjanté et évoluante, la voix divisée, le mellotron dans le fond, les brisures, tout ça sur une ligne de basse immuable. Ou faites-vous RearViewMirror à fond les manettes. Un morceau harmoniquement passionnant, un vrai boulet plein de brisures, une guitare violonisante et un final qui part dans le soleil.
Pixies : Trompe le Monde.
Les Pixies, ils sont fous. Leurs chansons ne disent rien. Ils balancent des clichés avec une énergie froide, déconstruisent tout, et font un morceau avec trois morceaux. C'est bancal, raté, fascinant. Et pour une fois, il y a un vrai risque harmonique. Un gros frigo.
Black Francis, moi, je l'aime bien. Surtout parce qu'il triture des formes idiotes, en les tordant : paroles ineptes, harmonies vicieuses, queues de poisson, raccourcis idiots, et un jeu de guitare simple et enfoiré. Surtout : ses chansons sont courtes. Tout dans la tête, rien dans le coeur.
Placebo : Placebo
Placebo : des idées, mais pas trop. L'oreille parfois se réveille, mais se rendort vite. Ca sent le remplissage et la petite incompétence. Ils ne sont pas prêts. Beaucoup de bonne volonté, pourtant. Il faut les surveiller. Production cotonneuse, batterie en carton et guitares molles.
Bionic est une belle idée, une marche autour de deux accords, ça fait du bien partout. Hang On, un sucre avec des breaks crissant, ressemble à du Siouxsie grunge. I know, avec un peu plus de travail, aurait pu être une perle.
Radiohead : The Bends
Une douzaine de chansons un peu fatiguées, ballades ordinaires ou crachats guitarisés. Le chanteur a une petite palette et le guitariste est un bourrin. Parfois ils se mettent à se réveiller (Nice Dream), et on peut voir quelques jolies étincelles. Encore des ceusses qui travaillent pas assez.
Il faut écouter attentivement leurs breaks, leurs intros, tout ce qui est "à côté". Radiohead, c'est, comment dire, un groupe qui met des surprises un peu partout (transitions hystériques, sons de guitare zarbis), mais sans motivation, sans raison. Bref, savent pas domestiquer leurs idées. Faut quelques années de plus. Et voilà pour eux.
Depuis, OK Computer, vraiment très bien. Beaucoup de boulot, des idées, des contrastes. Haaa...
Rage Against the Machine : Evil Empire
Du bon gros bruit pour les enfants. La fusion entre un éléphant balourd (le hard) et un idiot congénital cracheur de lieux communs vindicatifs (le rap). Parfait pour les p'tites têtes et les beaufs emplis de bière.
Il faut à tout prix lire les paroles pour comprendre. Nah fuck it. Tout le disque est tout bien rempli de RIFFS (c'est super pour faire bouger la tête dans les concerts). Super.
Ce qui est hilarant, sous cette allure révoltée, c'est d'abord l'incroyable ACADEMISME de cette musique, plus codée que celle de Rondo Veneziano : voix saturatées, riffs primaires, breaks attendus, drums badambadaboums, et basse en avant. Ensuite, c'est que c'est chez SONY, énorme multinationale, qui vend ça comme des paquets de lessive, et qui a recréé artificiellement le groupe (on le lâche pas comme ça une telle machine à fric...).
Red House Painters : Songs for a blue guitar
Les peintres de la maison rouge, c'est le petit Mark. Le petit Mark fait des chansons, un disque, et le dédie à Katy. C'est tellement nul qu'on est naturellement tenté d'appuyer, en permanence, sur la touche STOP. Je n'ai pas trouvé une seule idée sympathique.
Ca n'a pas le calme des Cow-Boy Junkies, ça n'a pas l'invention mélodique d'un Neil Young, ça n'a pas le second degré d'un Leonard Cohen, c'est un peu dommage, on ne trouve rien d'attachant, rien à aimer. Je dois être malade, ou fermé à cette esthétique du rien.
Alex Reece : So Far
De toute la page, c'est l'album qui a certainement été composé le plus rapidement. J'ai jamais entendu un tel vide, une telle bêtise dans la composition. Le principe du mec, c'est de fabriquer un pattern de rythme hyper rapide (super ça fait Jungle !), de rajouter une basse, et après de rajouter un son de temps en temps, un tululut de trompette, on deux notes d'orgue. C'est épuisant, à cause du rythme, et complètement idiot.
Je me demande l'âge qu'il a, l'être humain qui fait ça. S'il a moins de 12 ans c'est pas grave, faut lui retirer sa boîte à rythme et lui enlever les amygdales. S'il a plus (ce qui m'étonnerait, vu le résultat), c'est foutu. Laissez-le faire. Ou attrapez-le et mettez-lui en boucle le morceau 9 (le plus nul, et c'est pas rien), pour rire.
Pour alternative, désinfectez avec l'ignoblement mauvais Music for Babies, de Howie B., ou avec les albums sur-inventifs de T-Power. Si vous avez la tête vide, je suggère Mamouna de Brian Ferry, tellement sur-arrangé que vous aurez la nausée...
Les Rythmes Digitales : Dark Dancer
Ah ah ! Un des titres de ce foutu album s'appelle "Music Makes you Lose Control". C'est vrai ! En dehors de cette phrase explicative typiquement inutile, c'est tellement mauvais que j'ai du mal à ne pas arrêter le disque tout de suite ! C'est une espèce de nausée plastifiée, que l'on ressent toujours en entendant de la pop eighties à synthés et à cravate. Ecoeurant, donc.
Dans le premier morceau (on dirait du Mader, beuuuh), un gars chante comme un discoman décervelé sur DEUX accords dance. Palette sonore épouvantable. Presque envie de taper du pied dans "Hypnotise". Arrivée d'un vrai climat (presque pinhasien) dans le dernier morceau (flûte), qui serait passionnant sans ce chanteur qu'on a envie de prendre pour cible.
Alternative ? C'est difficile : Slave to the Rhythm, de Grace Jones, plus Technicolor. N'importe quoi de Fat Boy Slim, qui a la musique plus ambitieuse. East & West, de Richard Pinhas, qui avec les même sons, faisait de stupéfiants miracles (en 1980).
Nitin Sawhney : Beyond Skin
Pour le magazine "Elle", l'album de l'année. Ça commence bien... Bon, donc, j'écoute attentivement. Je lis le texte sur la pochette. C'est terrible, incroyable, fou : lui, j'vais m'le faire ! Si je comprends bien, ce zozo est un indien qui vit en Angleterre. Il met une page pour dire que l'Inde elle est VILAINE parce qu'elle fait des essais nucléaires. Bien ! Nous voilà sauvés ! Il faudrait qu'il rajoute quelque part que la guerre, c'est pas beau de la faire, là ce serait le ponpon. Non, il explique en gros qu'il faut dépasser la politique, la nationalité et la couleur de la peau.
Le disque ? Un fourre tout niais et alangui, avec ballades à piano, cris espagnols à la Gypsy Kings, raps bengalis et autres "belles voix de l'Inde" sur des ballades idiotes à la Massive Attack. Terrible ! Il faut dépasser la couleur de la peau, mais le pauvre, il a la tête dans le cul de sa culture ! Collé dessus ! Vous pouvez tout écouter, vous êtes dans le folklorisme à deux poils, couleur locale et un brin techno, parce que "à l'époque de la techno, il faisait de la techno". Manquerait plus qu'il s'appelle DJ Nitin Sawhney, tiens. Poubelle ! Et ,voilà pour lui.
Silverchair : Frogstone
Y a quelque chose, chez les Silverchair. Le chanteur fait des efforts : forcément, depuis Pearl Jam, les Genesis grunge, faut bouger un peu ses cordes vocales. Ca donne un album tout à fait poussif, scolaire, appliqué, souvent noyé sous des RIFFS lourds pas glop. Mais pourquoi sont-ils si sages ?
Des breaks bienvenus, quelques idées de temps en temps, gachées par un total manque d'invention sonore (on n'est pas chez les Red Hot). Les plans hards font sourire (mauvais sourire, avec un pli, là). Enfin ça vaut toujours mieux que les Smashing Deux Claques.
Skunk Anansie : Paranoid & Sunburnt
Cette grande duduche a pas l'air de rigoler, sur la pochette, qui a dû gagner tous les prix de ridicule. Happily, l'intérieur contient de la bonne lave bleue et noire. Respect.
Du bon gros rock avec les guitares et tout. Peu de moyens, mais très bien employés : le bassiste est très bien, le guitariste fait du bon boulot, et la grande duduche possède une voix multiforme et inventive. C'est aussi très bien produit. Le 3ème disque sera parfait. En attendant, eat that.
Depuis, un deuxième disque extrêmement décevant. Pfff...
The Smashing Pumkins : Mellon Collie etc...
Tous les pires clichés, de Clayderman au pire hard de base. Vocaux affligeants, aucune inventivité, une vraie bande de microbes pas drôles, un vrai trou noir. Plus risible que Guns and Roses. Et en double album, faut le faire...
Tout y est, on va pas vous mettre le détail, entre les riffs lourdingues, l'absence de moindre idée mélodique un peu originale, un batteur balourd, tout y est pour que la presse et toutes les petites têtes trouvent ça GENIAAAL.
Alternative ? Prenez des risques, et attaquez-vous à Zappa. De quoi manger un peu plus que sur ces squelettiques imbéciles...
Smoke City : Flying Away.
Ah, c'est la musique des pantalons ! (piou piou, underwater love, klong klong). "Quand les nouveaux sons anglais rencontrent la chaleur brésilienne", qu'ils disent. C'est une idée marketing qui en vaut une autre.
Le résultat est une sorte de trip-hop paresseuse et écervelée, avec des sons qui glougloutent et se baladent en demandant la permission. Une 'tite pointe de bossa, pour le marketing. Bien qu'extrêmement mauvais, c'est inoffensif. Next !
Sonic Youth : Dirty.
Ah, les PAPES du rock indie ! Les lecteurs m'ont tellement demandé Jeunesse Sonique que je m'y mets. Scusez, je découvre. Pris "Dirty" au pif. C'est toujours mieux que des machines à laver hein. Avec mon bol, vous allez voir que j'ai choisi le plus mauvais...
(1) me plaît, une chanson bête avec des guitares qui ont du mal à rester dans le cadre (notes qui "partent") et la basse qui se met à baver sur la fin. Me fait penser aux Pixies (j'ai bon ?). (2)
me ravit, car c'est une perversion de forme, un truc vicieux, coupant, et multirythmique. Z'ont l'air dangereux. Et quelle fin ! (3) me met sur le cul avec sa montée crimsonique des 2 minutes et de la fin. Hou là ! Voilà, pour le final, ce que je veux dire par "travail harmonique". Le mur guitaresque biprésenté est fantastique, et assis sur une basse enfin intelligente, risquée. Et le batteur me troue ! Mince !!! Les roues de guitares du (4) et la construction globale (tout est là n'est-ce pas) m'assoient. Il y a une idée toutes les dix secondes ! Me frappent aussi : (7), pour la transcendance instrumentale d'une chanson banale, (12) et ses montées en escaliers de métal, et les essaims du (13) qui refusent la chanson, Bilan : il m'a fallu attendre le 2 avril 2000 pour écouter du Sonic Youth. Pouviez pas me l'dire avant non ? :-) C'est pas le disque ultime, mais j'ai enfin l'impression d'un disque indie réalisé pas des grandes personnes. C'est excellent (je me prends les autres le plus vite possible), et ça confirme tout le reste de la page, par un contraste terrible. Enfin du nerf...
A quoi ça me fait penser ? Aux Pixies, pour le côté : "intelligence qui fait du bruit en souriant comme un fou". Pour les choses plus anciennes, ces guitares murales qui crachent harmoniquement me font penser aux machines mortelles de Fripp et King Crimson : dernier morceau de Three of a Perfect Pair (les hélices, puis les traînées hurlantes, sur cette batterie incroyable, sèche, mate), quelques pièces de Red, Starless, ou Lark's Tongue. J'ai réécouté avec profit les enchevêtrements d'Exposure, de Fripp, dont par exemple la stupéfiante "dispute" qu'est NY3. Ecoutez, c'est en 1979. C'est du Sonic Youth ! A quoi ça me fait penser encore, ce côté "hauts murs de guitares qui crachent sur un axe basse-batterie bétonné" ? Les deux Houston 69, de Richard Pinhas (sur East & West), improbable rencontre entre Kraftwerk et Sonic Youth. Un bruit phénoménal sur une architecture harmonique diabolique, et Norman Spinrad qui beugle "Your wings are on fire !". Voir aussi Ubik, sur DWW, un vrai tissage de saturations, ou Dedicated to KC, sur L'Ethique. Enfin, si vous les trouvez...
Soungarden : Down on the Upside
Soundgarden, c'est un peu difficile. Ils sont tellement plein de bonne volonté que c'est touchant et joli. Gentils comme tout, il nous servent une chanson après l'autre, l'air de rien, avec quelques idées de rythme ou de sonorité. Bref leur musique manque de sel et de moutarde. Le chanteur fait des efforts, mais ça vaut pas tripette ni galipette.
Quand le petit Chris se met à brailler, on dirait le pire des chanteurs de hard, c'est le problème de Soungarden. Le reste est lourd et tombe quasiment toujours à plat. Guitares molles, ambiances molles ratées (Applebite). Harmoniquement, pas un seule ombre de cheveux de risque. Pouf pouf, allez, au lit.
Spain : She Haunts my Dreams
"Oh then why/Do I feel/So alone". C'est clair, Josh Haden a eu un chagrin d'amour. Tout, dans cet album mou, sent le romantisme belle chaussette, avec l'amour-que-l'on-croyait-éternel-et-que-non. Belle basse, néanmoins : on sent de bonnes idées mélodiques un peu partout, comme des patates dans une bonne soupe : du travail fourni. C'est incroyable d'en faire si peu avec cette matière : paresse absolue dans la production, le timbre et le rythme (on croirait entendre tout le temps la même chanson). Partout, vous lirez que cet album est un chef-d'oeuvre, et cetera.
Tout cela est parfaitement barbant, à part cet objet fragile et plaisant qu'est "Everytime I try", chanson à facettes qui était mieux interprétée dans la BOF de "End of Violence".
SparkleHorse : Vivadixisubmarinetransmissionplot
Suede : Dog Man Star
Bon, ces enfants-là sont des prétentieux, mais ils travaillent. Brett chante comme un gros cochon endimanché, et fait des manières pire que Peter Gabriel adolescent, et les "tics" new-wave sont accablants (on dirait parfois une parodie des exécrables Psychedelic Furs). Pourtant... c'est bourré de bonnes surprises (les foutus décalages de cette chanson à étages qu'est Heroine). Vous trouverez des rapports avec le lyrisme technique d'Alphaville (allez exprimer ça autrement !). Ce n'est pas un compliment. Sinon c'est du rock progressif pour débutants. La production est à chier.
1) est inutile et trop réverbéré.
2) ressemble à du Kat Onoma en plus inspiré. C'est pas suffisant pour faire partir l'auditeur dans la dimension du plaisir, malgré un refrain harmoniquement passionnant et une longue traînée sale de mellotron dans le fond.
3) tournicote autour d'une seule bonne idée : un refrain malin et grimpeur. Le break est parfaitement ampoulé comme il faut, on dirait du Genesis, ha ha !
4) peut-être comparée à une chanson de Disney chantée dans un tuyau en béton.
5) fait revivre de curieux fantômes. Cette mauvaise voix erre sous des pianos et des tissus de guitares fatiguées. Raté, indiscutablement.
6) est une chanson idiote et pleine de tics, mais c'est peut-être de l'humour. Le final est laid et fascinant.
9) C'est la ballade. Brett chante comme Holly Johnson avec Elton John. Enfin ça peut pas être pire que les ballades de Therapy? hein...
10) Brett fait sa diva.
11) est indigne d'eux, et dure presque dix minutes. On s'attend presque à entendre "And the lamb lies down on Broadway" (tout est y est, le pompier chanteur, l'orgue roublard, le solo (hum), et la reprise floydienne de la fin). Lourd et navrant.
12) On dirait une chanson de Noël, Sinatra devrait la reprendre, ce serait joli. Un peu honteux non ?
Supergrass : I should Coco
Ah, c'est des jeunes ! De l'énergie ! Mort aux bourgeois ! Gnià ! Des guitares ! Des guitares ! Aboyez ! Energie ! Secouez la tête ! Ouah ouah ! P'tain !
Un disque fait par eux pour les ceusses du même âge. Ca va vite, c'est pas compliqué, les mélodies sont simples et de bon goût. Bonne énergie, tu vois, c'est pour s'éclater un peu tu vois. On a quand même le droit de s'éclater non ? T'as pas une autre bière ?
Tarwater : Silur
Dans la petite forêt du Rock Indépendant, il y a celui qui fait des petits pâtés avec son caca (c'est Tricky), il y a celui qui court en frappant sur des casseroles en hurlant que la forêt, elle est pas belle (c'est Reznor), il y a la folle-fée qui fait des mines comme Mireille Matthieu en disant que c'est elle le Chasseur (c'est Björk). Tarwater, c'est le mec à l'ombre qui tourne en rond sur son vélo bricolé plein de rubans...
A notre époque où la moitié des loisirs est lié à l'idée de déplacement (le ski, le VTT, le roller, le trekking, les voyages, le deltaplane), je regarde les immobiles avec beaucoup d'intérêt. Les morceaux de Tarwater n'avancent pas. Tout dans leur musique est basé sur le travail des BOUCLES, comme s'ils restaient coincés sur leurs intros. Bref, Tarwater nie l'idée de développement musical. Leurs morceaux, je constate, n'avancent pas, mais tournent en rond comme des machines en bois. A partir de là, ils bricolent en verticalisant des sortes de crescendos en surplace, inventent de jolis timbres (même rythmiquement), assoient leurs inventions avec une bonne basse, produisent avec talent (chatoyantes utilisations des étages réverbérés de sons, et des intensités), et surtout laissent respirer la musique sans forcément CHANTER (c'est barbant, c'est vrai, tous ces chanteurs, qui nous expliquent leurs trucs...). Bref : c'est extrêmement intéressant, et je me demande si le titre de cette page est adapté.
The For Carnation : The For Carnation
C'est "Le groupe de Brian Mac Mahan, ex leader du groupe SLINT", qu'ils disent. Me voilà bien avancé !
Au début, vous n'avez qu'une voix (chut, j'ai envie de dire) qui chuchote sur deux notes d'orgue et une basse de débutant. Après de longues minutes, y a une montée de cordes, bien appliquées et tout. Ce qui se distingue du disque, c'est un jeu de batterie languide et bien produit, avec cette sonorité de carton. Derrière, ça nous fait des délicatesses mornes, des p'tites bidouilles paresseuses, ça bricole : la vacuité habituelle, quoi, sauf pour le (5), qui progresse joliment avec son lead particulier et son orgue qui essaye de s'emballer à la fin. On dirait ma tante qui fait les Doors. Le dernier morceau est très intriguant, avec ses stridulations, les rideaux de sons, dans le fond, et son joli jeu sur l'attente. On aurait envie que ce soit le premier, et que ça continue après. Ah, oui, faut changer le bassiste, aussi. Eux, je les surveille.
Therapy? : Infernal Love
"I've got a problem", dit-il, le chanteur, pour commencer. Therapy?, c'est des grands, des adultes, c'est un peu les Mozarts du Bruit pour les Jeunes. Ils nous font même un slow comme les SLOWS DE SCORPIONS, les teutons papas (l'effondrant "A Moment of Clarity"). C'est vrai qu'on dirait un peu les Scorpions, ces zozos-là. La musique est tout ce qu'il y a de plus basique, gros accords de base, et les paroles sont les plus bêtes de toutes celles que j'ai jamais vues. Des bons gros patapoufs.
Quelques LIEUX COMMUNS DE THERAPY? :
1) 3) 5) L'AMOUR CA FAIT SOUFFRIR. Infernal Love. Heureusement que lui il le sait, qu'il veut bien nous le dire.
2) LE MALHEUR, C'EST SUPER : "Happy people have no stories", c'est ben vrai, ça, pour de vrai, quoi, l'artiste maudit, tout ça. Ce qu'il devrait faire, çui-là, c'est déclencher des guerres. C'est super, les guerres, y a plein de gens malheureux, pendant.
4) Ce morceau, on dirait du Asia, ou Rush. Un bon vomitif.
Bon, allez, c'est tout.
Tiamat : A Deeper Kind of Slumber
Tiamat nous fait une sorte de hard-wave ampoulée avec une application presque scolaire. On sent beaucoup de bonne volonté, mais le chanteur tente trop de chanter comme chez Pink Floyd, et le duo batteur/bassiste est du niveau d'un groupe de dark wave lillois (ce n'est pas un compliment). Le tout manque d'ampleur, d'assise et d'inspiration, comme une sorte de Xymox un peu endormi, si bien qu'on a l'impression d'un moteur qui flotte dans le vide.
Enfin, c'est tout de même préférable aux hilarant Type O Negative, qui m'épuisent les oreilles et les zygomatiques.
Tindersticks : Tinderstick
J'ai bien essayé, mais c'est difficile de dire du mal de Tindersticks. Ces gens-là font du bon boulot, et utilisent... plusieurs idées par morceau (ce qui dans le genre devient un miracle). Même si la voix du gars est parfois bien ballonneuse, il y a des surprises, et un vrai climat. Merde. Parfois, quand on sent qu'on s'enfonce (le début de "My Sister"), ils rattrapent le truc...
Pour ceux qui ne connaissent pas, imaginez Tom Waits et Neil Young qui travailleraient avec Leonard Cohen et Robert Wyatt (euh, si si...). Arrangements de cordes, dissonances bienvenues, saturations utiles, piano vivant et fin batteur, une âme quoi !
Emiliana Torrini : Love in the Time of Science
Emiliana fait la petite voix, comme Björk quand elle se prend pas pour Mireille Matthieu, ou l'autre nonchalante, là, Nordenstam, qui fait des manières. J'ai du mal à écouter la musique pour elle même, tellement ça fait penser à ci ou à ça. On dirait du Portishead en moins tétanisé, du Garbage en moins malhonnête, du Björk, donc, en moins "voilà mes brouillons j'ai pas fini parce que je dois faire des mines sur une vidéo en disant je suis le chasseur, grrrr". C'est intriguant...
Ça fait tout drôle d'entendre cette musique, qu'on sent arrangée par des grandes personnes. Rien de faramineux, mais juste des idées et une certaine inventivité dans la production et la mise en place. J'aime beaucoup les gouttes de piano qui appellent une autre tonalité dans "To be Free". Dans "Wednesday's Child", l'idée désastreuse des "papapa" est balancée par les accords à la Korgis et la voix au Vocoder. "Baby Blue" ressemble à du Pink Floyd moyen et déwatérisé. Bref, ça travaille, même si la deuxième partie de l'album voit l'inspiration se liquéfier. Bah...
Tortoise : TNT
Un glougloutement de petits instrumentaux, mixés sans beaucoup d'élégance. C'est tout de même une joie de ne pas entendre de chanteur. Les lacunes sont structurelles (mais c'est sans doute une volonté : modernité) et harmoniques, comme on pouvait s'y attendre. Fabriqué sans âme, c'est tellement dommage.
C'est marrant, on dirait un Durutti Column américain, un The Enid fatigué. Non, on dirait Badalamenti quand il avait 12 ans, avec un hommage enfantin à Steve Reich. Des gosses, quoi. Post QUOI ??
Une alternative facile : n'importe quel album de Penguin Cafe Orchestra fera l'affaire.
Tricky : Nearly God
Ce Tricky est le plus bel imposteur de la décennie (avec Trent, ce gland). Faut être fatigué pour trouver un peu d'originalité dans ce fatras langoureux, climatique et idiot. Tricky, c'est une avant-garde pépère, un bidouilleur instinctif sans talent. En général, on vous répondra que c'est un génie et que vous n'avez rien compris. Mais ce n'est pas un génie, et j'ai très bien compris, désolé. La musique des nineties a besoin d'une avant-garde, mais pas de ce zozo soporifique...
1) Le Tricky susurre sur deux notes de violon samplé. C'est le talent que voulez-vous...
2) Le fond sonore ressemble à 4 ou 5 secondes de Jansen Barbieri, mais c'est mis en boucle, pour faire moins de boulot. Sur cette stupidité soporifique, il chantonne, c'est super, c'est Tricky.
3) Neneh Cherry semble ravie de chuchoter sur trois notes de basse. On sature la voix, ça fait bien (c'est que Tricky est un SORCIER DE STUDIO, n'est-ce pas).
4) Bjork, l'insignifiante islandaise, noyée dans la reverb, sur un rythme programmé en 12 secondes. C'est tout à fait incroyable d'oser mettre ça sur un disque : moi je faisais ça avec mon sampler quand j'avais 14 ans, et c'était mieux fait.
Bon allez c'est tout. Un prix spécial à Alison Moyet, qui se force un peu pour avoir l'air convaincante sur une telle idiotie de disque.
Alternative : Si vous voulez des climats, des boucles, des instants calmes et brumeux, essayez Gone to Earth, de David Sylvian. Si vous êtes en forme, plongez dans une symphonie de Dutilleux. Ptain, vous voulez des électroniques sombres ? Ambient 4, de Brian Eno, enfin !
Type O Negative : October Rust
Nos quatre constipés, sur la pochette intérieure, font les sérieux. En dessous, c'est écrit WE ARE THE VANDALS, c'est pas des gens qui rigolent.
Type O Negative, c'est un peu comme si les Therapy? avaient trop écouté Alphaville. Tout est noyé dans une immense reverb, comme aux pires temps de la new wave. On pourrait appeler ça du cul-cul la praloche-rock.
Venus : Welcome to Modern Dance Hall
Si le rock indé était plus souvent comme ça, je n'aurais pas besoin de faire cette page. Chaque chanson est un festival de surprises, la mise en place est impeccable, pleine d'apnées/rebonds, en constructions polymorphes, et le chanteur a une belle palette, dont les nombreuses teintes s'entremêlent bien à toutes ces fractures, derrière. Et en plus, on les voit pas, les gens, en train de faire les intéressants sur la pochette, chapeau ! Bon, faut pas exagérer, j'vais pas l'acheter, l'album, hein...
Joli jeu sur les cordes violonneuses et violoncelleuses, qui sont toutes en tension. Très rare sens de la corde pincée acoustique. Il y a dans chaque pièce une sorte de longueur musculeuse, avec des dessins, des brisures, des trucs qui frappent et qui partent ailleurs, en oblique. C'est très bien, et tendu comme tout, presque violent : on n'est pas chez Cake. Enfonce d'une pitchenette les Arid et autres Muse.
Rufus Wainwright : Same
Ça commence mal pour lui : poser en photo noir et blanc (prendre un air neutre) sur la pochette, c'est pas un bon début. De l'autre côté, il regarde ailleurs, les bras croisés (vas-y coco, regarde par là, et prends l'air na-tu-rel). Bon, j'arrête, on est sensé parler musique, ici. J'ai bien tout écouté, je me suis pas mal ennuyé, sans plus. Il a une façon très amusante de chanter. Il timbre, il met du vibrato, comme n'importe chanteur de variété, et en même temps essaie d'avoir un ton nonchalant, du genre moi-je-suis-un-gars-cool (l'intro de "In my Arms" est significative).
La musique est pleine de petites astuces (cordes, piano, trompettes), parfois effleure le pitoyable (Harry Connick Jr n'est pas loin de "Baby"), souvent navigue dans l'anecdotique à coups de coude ("t'as vu, j'ai mis une rythmique marrante ! t'as vu, on dirait une musique de cirque !"). On sent pourtant qu'il y a du travail, ce qui est fort respectable. La principale lacune est évidemment mélodique, sauf dans le passionnant dernier morceau, ballade faussement simple bâtie comme une maison à plusieurs étages autour de laquelle on tournerait, et dont la tonalité semble parfois se perdre... A surveiller, quand même, ce gars-là.
Weezer : Pinkerton
Weezer, c'est des jeunes qui font du bruit avec des guitares électriques. Le chanteur est inexistant, le batteur est un polochon, le bassiste dort, le guitariste est une mule. Réussit à être TOTALEMENT inintéressant. Enfin presque. ..
Parlons d'invention, chez Weezer. Pas d'invention de sonorité, la production est confuse et tout disparaît derrière la batterie. Pas d'invention mélodique (ton cousin, dans la cave, fait pareil). Pas d'invention dans les arrangements (sauf peut-être "Why Bother", et encore). Et le chanteur chante toujours de la même façon. Malgré tout, de temps en temps, un truc surgit d'on on ne sait où. C'est une bonne idée, mais elle disparaît immédiatement. Dommage hein ?
jp@maison-page.net pour m'écrire et me flamer.
Réactions, moqueries et engueulades :
Yann, qui est fûté, aiguise ses arguments :
Bon, une telle provoc, assumée en plus, c'est plutôt sympathique. C'est vrai que le rock c'est pas grand chose, que le fan est, par définition, un con, et que les échaufaudages théoriques sur tout ces volatiles volatiles font doucement rigoler.
Oui. Et alors ?
Tu commences par faire semblant de croire que la représentation du rock indépendant est le rock indépendant. Ou, si tu veux, que la "culture rock indépendant" (expression atroce, j'en conviens) est le rock indépendant.
Puis tu bottes en touche : "les amis, le roi est nu, je vais vous faire une critique musicologique de cette musique, et vous verrez que c'est nul". Sans blague. Les variations Goldberg c'est vachement plus balèze que Nick Cave ? Noooooooon, pas possiiiiiible ? Le rock c'est, tu le dis, binaire. Basique. Brut. Des petits éclats d'énergie ou de langueur. C'est la seule chose adolescente qui ne soit pas méprisable.
Mais bon, cela dit, une bonne partie des trucs cités sont effectivement nuls à chier.
Isidore et Sapajou font des fautes et ne sont pas contents :
Un certain Eric me dit des choses à, propos de Rébellion (Majuscule) :
Mes pensées en vers tes absurdités concernant le Hard se résument à une seule phrase :je t'enmerde!!! Vive le rock désinvolte,et la Rébellion!
Heu, c'est qui le rebelle, dans cette histoire, selon votre point de vue ?
Les Inrocks, eux-même (No 142, p. 6), disent de cette page qu'elle est "désopilante". C'est à cause de Pearl Jam, je pense. Merci !
Vincent me fait des suggestions intéressantes... :
Bien poilé, je me suis.
Du style ! de la culture ! Mais aussi beaucoup de temps pour cracher !
Mais les vrais gouts se révèlent. Je crois que je ne connais de rien de
plus chiant que Davis Sylvian, si peut-être Japan. Non j'oubliais
ambient 1 2 etc....
Mais bon tous les gouts et dégouts sont là pour s'étriper et pour pour
nous occuper en attendant la mort.
En gros vivement la suite, la prochaine mise à jour, amis pourquoi pas
aller plus loin et refaire l'histoire des egarements (corruption?) de la
rock critique d'avant garde.
Merci pour les Smashing Pumkins, et un assaut sur le rock français lui
ferait du bien.
Glou se sent fou :
Eh ben mon garçon, je te sens, comment dire..... fielleux. Cela dit ton
défoulage m'a bien fait marrer même si je ne suis pas totalement d'accord,
comme il se doit. Mais au fond, un bon vieux Brel, ça détruit illico tous
les trip hoppeurs et toutes les guitares du monde.
Garde la gnaque. Caresse et bise à l'oeil. Glou (c'est mon nom)
Nicolas me dit de continuer :
Home page fascinante.
T'as plein de disques et tu les detestes (quasiment) tous !
T'es un des rares à détruire et à savoir de quoi tu parles en même temps.
Il est evident que je ne partage pas tes opinions mais j'aime bien enfin
voir qqun qui a des avis different mais qui s'y connait.
Continue.
Non, je n'ai aucun de ces disques, manquerait plus que ça ! Je les emprunte à la médiathèque, je suis déçu, alors je les détruis dans cette page. Exceptions (CD que j'ai) : Hoover, Archive, Kula Shaker, Belle & Sebastian. Je ne les écoute jamais, sauf "Barabas" dans Hoover, et le début de Belle & Sebastian, profondément magique, tout de même...
Matthieu défend son idole :
petit merdeux.
nearly god est l'un des meilleurs albums que j'ai entendu,
je doute qu'a 14 ans tu faisais des trucs aussi bon.
y'a tout un concept dans cet album, par exemple, avais tu
compris que le morceau de Neneh Cherry (que j'aime pas du tout)
n'a rien a faire dans l'album, il est juste là pour montrer
encore une partie assez experimentale de la vision de la zik
de Tricky.
c'est sur que si t'écoutes une seule fois l'album, t'es pas
prêt d'aimer...
Un autre Mathieu est sucre et sel :
Alors la je dis bravo !
Vraiment je le pense. Une bien belle maniere d'ecrire ma foi. Incisif et
tout et tout. Tu devrais te proposer comme redacteur aux guignols de
l'info (ceci est un compliment). De la demesure, un manque total
d'objectivite, en un mot de la grande caricature. Un tel talent pour cet
art (facile a aborder, extremement difficile a maitriser) doit etre
souligne.
J'espere seulement que (comme je crois l'avoir decele lorsque tu parles
de "critiques exagerantes" et de "page pervertie"), tu ne prends pas tes
critiques au serieux. Si jamais tu penses vraiment ce que tu as ecrit,
contacte-moi et je me ferais un plaisir de te "flamer" (je pense qu'il y
a largement matiere a cela dans ton personnage, que tu te complais a
etaler sur une dizaine de pages html).
Encore heureux que je ne suis pas objectif. Tout ça c'est pour me marrer, dire un peu le contraire de la masse lenoiriste. Je pense vraiment tout ce que je dis. J'exagère, juste un peu ;-)
Remarques d'un monsieur B. :
Ton site est franchement salutaire car c'est vrai qu'il y a maintenant un "independant correct" et que de toutes façons cette pseudo-contre-culture est en réalité une culture de masse "écoutée et approuvée" je serais moins sévère que toi sur le mélange "rock" des genres (littérature, musique, arts) : j'aime pas les cloisonnements pour les groupes que je connais ou que j'ai achetés, tes chroniques me paraissent presque nuancées, tu sais percer les vieux gimmicks commerciaux (Divine Comedy, à chier en concert, tiens)...
Remarques d'un monsieur "Fran" :
C'est marrant quand meme, parcequ'on dirait que c'est toujours ceux qui n'y
connaisse rien qui se retrouve a parler musique!
Si tu trouve tous ces groupes a chier, je vais t'expliquer le pourquoi de ce
sentiment etrange qui t'habite: c'est parceque pratiquement tous les groupes
que tu critiques dans cette page SONT a chier!!
Dingue non? tu tombe de haut la!
(...)
Bon, je vais donc te donner des idees d'ecoutes pour toi qui a l'air en manque
de sensations et qui me prends surement pour un guignol:
Groupes d'hier: Demented Are Go, Misfits, Barracudas, Coronados, Boys, Teenage
Head, Seeds, 13th Floor Elevators, Gories,...
Groupes d'aujourd'hui (ton sujet): Hi-Fives, Smugglers, Witches Valley, Upper
Crust, Statics, Heatmiser,... (jeu: retrouve le groupe francais la dedans).
Juste quelques exemples d'indie non destines aux petits branleurs de lyceens
boutonneux!
Gagné ! Je ne connais aucun de ces groupes. A moi : Ponder ! Gesualdo ! Pendleton ! Limborg ! Uakti !
Ecoutez-le, lui, Benoît (j'ai fait copier-coller, pour avoir bien tout le style) :
fuck pis refuck c quoi que tu écoute toi gros fague du rap je suppose
wow bravo tu doit te sentir intelligent de caller toute les groupe comme
mais je suis sur que tu ferais meme pas mien avec une guitar dans les
mains fack le prochain coup farme la mon gros !
Pierre voit ceci :
Salut,
Tu vas en recevoir des messages ces temps ci, tous les gars de la lenoir liste vont être intrigués par ta "rebellion".
Je remarque quand même que tes gouts vont bien vers ceux du milieu "indé" que tu prétends critiquer, même si tu descends au passage certain de ses représentants. En fait tu te places comme indé parmi les indés c'est ça ?
Y faut bien admettre que la singerie de la mise en scène des accros du "tout indé" est rigolote. Je ne supporte pas tricky et divine comedy, beck m'ennuie dans son dernier album, par contre au passage, t'es vache pour pavement.
Pour résumer ton style, on pourrait reprendre une de tes citations :
"Cette bande d'allumés, on se demande bien d'où ils sortent. Ce sont de bons mélodistes, de bons arrangeurs, ils ont de l'humour, des idées originales, on sent le travail, l'intelligence efficace. C'est bien comme tout, et vaguement ennuyeux sur la durée"
:-)
Quelqu'un dans la Lenoir Liste :
Moi je trouve marrant qu'il énerve des gens.
C'est quoi qui vous gêne ?
Qu'il casse des trucs que vous aimez ou bien le fait qu'il ait des arguments
pour les casser ???
Ho ho ho ! Moi j'adore cette réplique... Bravo !
Guillaume affirme :
qu'est ce qu'il y a comme merde dans ta liste....oufffffffffff....
Ah ben j'te l'fais pas dire...
On m'envoie ça d'une école publique :
Hello ! Je suis resté assez pantois devant le monument de haine fort bien assumée que représente ce site, et le
gigantesque pied de nez à la culture jeune, etc. Ceci dit, il m'a semblé que tu aimais bien les Pixies (j'ai survolé),
groupe d'un jeunisme terrible ( vers 92, j'avais composé tout un morceau sur le thème "je hais les pixies", ça
m'énervait à peu près autant que tu as l'air d'être mis en colère par ce brave Reznor)... Je te signale aussi quelques
erreurs : Ministry ne sont pas des jeunes gens comme tu semble le croire, mais des contemporains à peu près
exacts de Laibach (fachistes tristounets et grandiloquents que tu sembles apprécier) (premier album vers 84), et la
bonne alternative à Nick Cave n'est certainement pas Tom Waits mais plutôt Léonard Cohen. Après, quant aux
goûts et aux couleurs...Ê En ce qui concerne tes références fréquentes à la musique "savante" (Webern,
sprechgesang...), elles me semblent aussi forcées et hypocrites que lorsque les lamentables SIN se réclament (sic)
de "Soundgarden et Gyorgi Ligeti". Bref, tout cela me rappelle mes années de lycéen jazzeux-progueux anti techno
et anti punk, avant que je ne me rende compte qu'il n'y avait de bonne culture que la sous-culture, en tout cas c'est
bien elle qui m'éclate (des goûts et des couleurs...). Gouffre fondamental : je préfère des semi mongoloïdes comme
Iggy Pop, le MC5, Hawkwind ou Black Sabbath aux intellectuels musicaux de seconde zone que sont Robert
Fripp ou Richard Pinhas, puisque tu les cites (du point de vue d'un jazzeux correct, Fripp est un très mauvais
musicien, et Adrian Belew un chanteur effrayant)...Quoi qu'il en soit, tu as raison dans ta démolition magistrale des
Inrock, et je suppose que tu es comme moi un lecteur assidu de Télérama (plaisanterie, ou pas ?), continue, moi je
retourne écouter quelques néants musicaux tels que Nine Inch Nails et Atari Teenage Riot.
Réponse : Non, j'aime pas les Pixies. Rien à taper, des Pixies. La bonne alternative à Nick Cave, c'est le silence. Et si Laibach sont des fascistes (ce dont je me contrefous) grandiloquents, je trouve que leur musique est plus élaborée que les Ataris machins. La grande tendance (c'est pas une tendance, c'est un ouragan) de dire que les intellectuels sont des "pseudos" et que vivent les semi-mongoloïdes et les bourrins me fait frissonner de peur pour l'avenir. Et je ne lis pas Télérama, je ne lis AUCUN magazine, surtout quand ça parle de "nouveautés", et encore moins de télé. C'est quoi, la télé ?...
Mi-2002, je reçois ceci :
j ai visité ton site et j ai constaté que tu n aimait pas
beaucoup le rock!!!............
tu critique franck black alors que tu est incapable ecouter
autre chose que du Mosart ou du Bach..........
arrete de critiquer tout le monde dans le dos!! voyons..
Si tu a quelque chose a reprocher a se cher Black Franck ,
tu fait commemoi , tu trouve son adresse e mail et tu lui
ecris pour lui dire tout ce que tu pense!!..
au lieu d inculquer au gens qui visitent ton site des propos
completement faux..
le mosart et le bach sont des musiques très rafinées je suis
d accord avec toi mais il est inutile de diaboliser( comme
dirait le pen) la musique de franck black!
Vous voyez où on en est ?
Je recopie ce que j'ai mis en haut :
Bzzt Bzzt ! Arrêtez de m'embêter avec cette page, que je ne mets et ne mettrai plus à jour. Elle a été créée en 1997, et donc est déjà démodée. Je n'écoute plus AUCUN "groupe" de rock, et le simple fait de voir un mec avec une guitare ou un micro me fait fuir en courant. Alors bon. Je défends Fripp et Tom Waits ? La belle affaire : j'ai revendu tous mes disques, et je ne sais plus qui ils sont. Vous verrez, ça vous arrivera, un jour : la bulle éclate et alors TOUT devient ridicule...