Lundi :
Je lance des requêtes spectrales. Cafe del Mar, Goldfrapp, Blondie, Tangerine Dream, Dan the Automator, Ozric Tentacles, tout ce qui me passe par la tête aujourd'hui.
Commençons par les ambient. J'en ramasse une bonne quinzaine : après une écoute rapide, je jette presque tout. L'analyse est rapide : de la merde lente en quantité. En fait, je reconnais que la série semble s'assumer complètement : il faut entendre les mixs de Stan Getz ou de la musique du film Un Tango à Paris, qui semblent affirmer "on fait de la merdasse d'ambiance, et alors ?". Rythmiques simplistes, basses mal foutues, harmonies bébête, rien à sauver, sauf... :
Cafe Del Mar 8 - 04 - Dido - Worthless, parfait et excellent exemple d'une énorme pauvreté harmonique (tout tourne autour de deux accords, my poor god !) presque sauvée par l'invention des arrangements, piano flottant qui paresse, arrivée inopinée d'une voix d'opéra, basse qui s'en fout, sens aigu de la rythmique (avec un curieux sample de saxo dans la deuxième montée), et un joli travail de mise en place (voix doublée en reverb, percus bien programmées, apnées de la basse). C'est bien, bien, mais... musicalement, c'est vraiment simplet. Bah : sign of the times !
Cafe Del Mar Vol. 1 - 02 - William Orbit - The Story Of Light est atteint du même syndrome. La mise en place est intéressante, les timbres rigolos, on sent le bon travail de production, mais que les gimmicks sont paresseux ! En fait, c'est tricoter un pull avec de la toile de jute. Je jette.
Cafe Del Mar Vol. 1 - 12 - Tabula Rasa - Sunset At The Cafe Del Mar
est respectable pour son refus de partir dans le rythme tchac boum. On flotte dans guitares et piano qui perlent, autour d'une pulsante basse/percus, devant des décors en claviers. Complètement inoffensif, et sans beaucoup de goût par rapport à un Jansen Barbieri (requête !) ou un instrumental de David Sylvian...
Cafe Del Mar Vol. 6 - 01- Talvin Singh - Traveller (Kid Loco's Once Upon A Time In The East Mix) a son charme, fait d'une sorte de chorale mâle samplée, d'un piano vivant, d'une rythmique presque acoustique qui sait bien évoluer, et d'un beau travail d'arrangements (percus arrières, sonorités des cordes, jeu subtil sur les sons indiens).
Cafe del Mar Volumen Seis - 05 - Mandalay - Beautiful (7' Can me fait découvrir une belle voix (requête : Mandalay). De la p'tite pop cool qui joue des ambiances et des polyphonies. On transcende pas, mais c'est bien joli, tout ça (accélération rythmique, solo arpégé à la Tony Banks, jeux de claviers). I keep this !
Bon, passons à autre chose. Requêtes : Autechre, Nena, Brahms, Kid Loco...
William Orbit - Strange Cargo Hinterland - 03 - Montok Point est somptueux : un endroit sonore presque machinique, bladerunnerien se retrouve axé par une rythmique guitare-en-fer + beatbox avec des échos électroniques. Excellente impression d'avoir affaire à quelqu'un qui connaît son affaire, sait où il va. En fait, il ne sait pas, puisque tout s'empêtre dans une redite (mais on change la Bbox) avec une voix beuh beuh. Bien quand même ! Requête : Strange Cargo.
Brahms me donne :
Nat King Cole - Brahms' Lullaby, la fameuse berceuse de Brahms par la plus belle voix de crooner que je connaisse. C'est doux, et en mono, et ça fait penser à Noël. Bouuuh !
Autechre - Autumn Acid (aphex twin remix), techno d'insectes fous et rigolards, on dirait que Sonic Youth travaille avec Vangelis, hu hu. J'aime bien ce côté "cassons tout"...
Kid Loco - DJ Kicks - 18 - Kid Loco - Flyin' on 747 fait son nonchalant. Refus complet de l'évolution dans le temps. On construit le truc autour d'un ou deux "objets", en tricotant autour, en y jetant un scratch ou deux, quelques sons. C'est tout de même un peu chiant, non ?
16 - Ravel- Valses Nobles Et Sentimentales- No. 7 surgit comme un miracle : violon et piano semble chahuter sur un trois temps, partir en oblique, jouer le coton et les branches, le vent et les graviers. Délicieuse manière de sortir en permanence, en se bousculant presque, de la tonalité. On dirait, aussi, deux gosses un peu bourrés qui se moquent de la valse de papamaman.
seal - crazy (william orbit mix), toujours intéressant de voir ce qu'Orbit peut faire avec un tube. La voix de Seal est vraiment superbe, équilibrée entre le grain, le timbre, le souffle. L'exercice ici, est brillant mais tourne à vide comme un catalogue.
Requête : Wu Tang Clan donne 376 réponses (après un Gnutella de deux heures au moins). Je ramène les plus populaires.
Nostalgiiiiie :
Nena-99 Red Luft Ballons (English Version), c'est rigolo en anglais ! Qui chanterait ça, now ? Garbage ?
Dead or Alive - You Spin Me, toujours aussi efficace (défilement de percus sèches, bass drum qui tape là, fourmillements divers et slappy, voix russobotiques, sens aigu du "ça n'arrête jamais"), c'est parfait non ?
Eurythmics - Sweet Dreams, increvable, et miracle à l'époque de ce tourniquet new wave à voix chaude. Miraculous, indeed.
Genesis - The Carpet Crawlers, sans doute la plus belle chanson jamais composée (ah, Wyatt, peut être). Histoire rocambolesque doucement racontée par Peter Gabriel sur des tourbillons de douceur, et une construction en escalier. Trouvé une excellente version 99 :
Carpet_Crawlers_(1999)_-_Peter_Gabriel_&_Genesis (d'où elle vient ???). La voix du Gab est superbe de diversité, et les instrumentistes se servent parfaitement des possibilités de la pièce. Eh ben...
Buggles - Video Killed The Radio Star, un truc vraiment inspiré, incroyable, qui garde pour moi son pouvoir de stupéfaction. LE tube. Cette perfection est parfaitement inexplicable, bien qu'on puisse la décortiquer : voix en carton, choeurs libérateurs sur refrain, basse maline, piano rigolo, mélodisme tordu, construction épuisante en ralentissements et accélérations. Tiens, ça me fait penser aux Sparks. Requête !
Beatles - Fool On The Hill, miracle entre la fin et les moyens, flûtes/piano/guitare, l'axe du morceau étant cette putain de modulation sur "fool", le tout (ah ces flûtes !) formant une sorte de fête innocente. Miracle !!
David Bowie - Ashes To Ashes, quelle trouvaille, cette intro de piano grenouille, cette basse beuhlante sur rythme-à -élan !! Bowie habite comme fou cette chanson à étages, comme s'il voulait en foutre trois pour une : ça n'arrête par de surgir de partout, de s'emmêler, de casser les temps, avec cette sorte de retenue, de ne pas en faire trop, en harmonies savantes, arrangements vivants (synthés), et crescendo polyphonique final (Martin Gore, visiblement, retiendra la leçon). Qui fait ces musiques, de nos jours ??? No-bo-dy.
C'est tout pour la nostalgie. Limewire a trouvé du Wu, et aussi :
FELIX - DON'T YOU WANT ME, ha ha, le cas typique du gars qui fait un monstre et se demande comment il a fait : tout est raté dans cette techno patapouf, du sample qui n'est pas dans la tonalité à la construction niaise. Oui MAIS le zozo a trouvé un gimmick proche du P-Machinery de Propaganda, quelques accords dynamiques d'un sur-orgue, tout pète. Le salaud, comme c'est bon !
Wu-Tang Clang - Gravel Pit et Wu-Tang Clan - Killer Bees sont très décevant : des rappeurs sur des boucles. C'est le niveau zéro. Meilleurs ondes avec Method Man- Wu-Tang Clan- M-E-T-H-O-D Man, mais bon...
08 - x-ecutioners - Xecutioners theme song featuring dan the automator-21stcentury, voilà du hip-hop qui tue : de l'ampleur, des boucles travaillées dans une perspective "dramatique", du scratch qui veut déchirer. C'est foisonnant, urbain, tellurique, bravo !
Dan the Automator ? Things You Can Do joue diablement des samples, qui défilent derrière la voix rappée (quel sens du rythme, cette voix !!!) comme des décors horizontaux. Fabuleux travail d'ambiance (ces scratchs de choeurs, sur la fin), et joli sens de l'avancée musicale. J'adore...
Requête : X-ecutioners. Des Autechre sont arrivés...
Artificial Intelligence - 03 - Autechre - Crystel, rythmiques savantes et crépitantes très futés, production étagée impeccable, belles ambiances futuristes, mais harmoniquement, c'est navrant. Efficacité rythmique indéniable (ce son !). D'autres Autechre, mais rien ne me surprend (Eggshell)
The X-Ecutioners ft MOP - Let it Bang est un peu lourdingue avec ses guitares électriques, mais on peut apprécier leur intense abattage, ce côté "avalanche sonique".
- Réservoir des chansons parfaites :
Genesis : The Carpet Crawlers
Buggles : Video Killed the Radio Stars
The Beatles : Fool on the Hill
David Bowie : Ashes to Ashes
Lundi :
Requêtes : Wyatt, Automator, Sparks, Ciel Ouvert, Unkle, Bartok, Ozric Tentacles, Parsons, Kershaw, Cornelius, Tortoise...
Il faut se méfier de l'intitulé de ce qu'on trouve. Par exemple, en live :
Bartok - Chick Corea & Herbie Hancock - Ostinato (Bela Bartok), qui me dit que ce sont eux ? En tout cas, le son pianistique est un peu maigre pour cette "grande pulsante" de musique.
Trouvé une poignée d'Ozric Tentacles.
Ozric Tentacles - 01 - Sunhair commence avec séquences tangerinedreamiennes sur drums/bass très "rock prog". Tricotages divers (flûte, e-guitar) autour de passages d'accords sans génie. Ozric Tentacles - 05 - Jurassic Shift, c'est du grand vide "progressive", on dirait du Simple Minds instru. Envolée finale rapide sans saveur avec des techniciens dépassés. C'est ça, Ozric ? Ozric Tentacles - Erpland - 05 - Mysticum Arabicola me réjouit avec son sample "pizzicati" en triple croches, mais ça n'a aucun goût. Pareil pour Ozric Tentacles - Erpland - 12 - A Gift of Wings, je suis décu...
any given sunday - Al Pacino with music by Paul Kelly with Robbie Robertson - Peace with Inches Speech, trouvé par miracle. La voix de Pacino en monologue (il parle à son équipe, sur la fin du film d'Oliver Stone). Splendide acteur, but you have to speak english.
David Bowie - Scary Monsters, pour se réveiller. J'adore cette chanson surtout pour la guitare rouge en hélices de Robert Fripp (et aussi, les "woum woum woum" :-). Quand Bowie lui laisse la place, Fripp vient faire vrombir son hélice. Final rigolo façon "lâchons les chiens". Le batteur est excellent ! Diable ! Requête : Fripp.
Placebo & David Bowie - Without you I'm nothing (UNKLE Mix), pour tirer sur la Bowie ficelle. Rythme en carton et délires divers, déconstruction et cassure, tout ça pour pas grand chose, hein...
Yello - Shirley Bassey - The Rythm Divine, pour détendre l'atmosphère. Un vrai bonbon, ce petit slow ! J'aime beaucoup la production limpide et réverbérée, et surtout le jeu constant chez Yello entre "je respecte les codes" et "délirons pince sans rire". Break à tambourins joué à la trompette et au sifflet, sonorités couinantes deci-delà. Miam ! Au fait : requête : Propeller Heads !
Radiohead & DJ Shadow - UNKLE - Rabbit in Your Headlights, pure branlette comme on fait à la tonne. Des manières, mais pas de propos, rien de rien. De la surface, mais rien derrière. Me fait penser aux pires newaveries d'avant...
Cornelius - Free fall (Unkle remix). Rôdons encore avec Unkle. Gros beat et bruits dans tous les coins. N'importe quoi. Poub'. Je cherche l'original : Cornelius Free Fall, qui est ridicule. Pouah !
Cornelius-I Hate Hate ah qu'il est malin ce titre ! Jeu formel autour de guitares métal. Rigolo, hein, et hop, poubelle.
Mardi :
Bartok - Menuhin - Dorati - 01 - Violin Concerto No. 2 - 1 - Violin Concerto & Second Suite : grand délice, un violon vivant, vibrant, et un orchestre précis et endiablé. Bien acide comme il faut. Il faudrait explorer l'oeuvre complète. Ou trouver le fabuleux Prince de Bois.
08 - San Jacinto, de Peter Gabriel. J'apprécie toujours l'idée de construire une chanson sur un "clignotement", mais la production est un peu datée. Mais quelle voix ! Tenter de trouver une version live récente...
Tortoise - 01 - TNT une mélodie guitareuse triste et hésitante sur une batterie surexcitée et fatiguante. Ça ne fait pas "sens", mais me fait penser à Penguin Cafe Orchestra. J'écoute plein d'autres Tortoise, et jette tout. D'inefficaces branleurs.
Hasard rigolo, se retrouvent en suivant :
Alan Parsons Project - The Turn Of A Friendly Card (Part II), slow compliqué et sur-arrangé, et...
Coldplay -4 - Sparks, les nouveaux Alan Parsons (j'ai bon ?), avec un slow sous-arrangé et tout aussi niaiseux. HI HI !
Coldplay - Trouble est encore plus Alan Parsons, c'est vibrant; au bout de trente secondes, s'ajoute une énergie supplémentaire, celui de l'évidence, tout roule et coule, et c'est parfait. Une sorte de Pink Floyd simplifié. Ah, les mecs, quand ils écrivent ça, jusqu'à quel point sentent-ils le tube ? Se disent-ils : "Putain ! Le TUBE !!". Il paraît que c'était le cas pour un des Tears for Fears quand il écrivait SHOUT (requête :-) dans une sorte de transe. Bravo, donc.
Flaming Lips - The Observer, instrumental construit autour d'un poum poum qui semble venir du grenier, et d'une guitare à trois notes. Se développe un climat doux et comtemplatif, triste et presque nunuche, qui me fait penser aux beaux instrumentaux qu'on piochait sur les vieux Tim Story, Durutti Columnn, Harold Budd et autres Erik Wollo. Du coup :
Yo La Tengo - Autumn Sweater (tortoise Remix), tricotage instru autour de synthés froids qui semblent jouer pour eux-même. Climat immobile et chiant, intéressant, un peu comme une piste du fabuleux East & West de Pinhas, mais en quinze fois moins bien.
Beatles - A Day In The Life, I read the news today oh boy, pour désinfecter, un peu de Beatles, Lennon à droite et une guitare à gauche, et une basse au milieu. Ambiance de sales gamins farceurs (orchestre monstre perché sur une note de piano), bruitages floydiens, embrayage sur une sorte d'autre chanson. Quelle douce folie, quel talent !
Je lance une requête Beatles. Je prends Eleanor, Strawberry, Walrus.
Tears For Fears - Shout, lyrisme de la voix, beat en marche fantastique, sonorité du Fairlight, arrangements fûtés (la basse est faite de rondes de synthés (comme dans le classique) et parfois de pointillés qui se mêlent au rythme). Structure en crescendo assumé, comme chez Depeche Mode. Breaks rigolos. Harmonies malines. C'est du tube comme je les préfère : travaillé jusqu'à la nausée.
Tears For Fears-Break It Down Again est de la belle ouvrage, mais je me fais suer. Next ! Beatles :
Beatles - Eleanor Rigby, ah, c'est la version avec "que le quatuor à cordes". Miaou ! Va falloir comparer avec la "vraie".
Frank Black - Big Red, je trouve délicieuse cette façon de faire une bonne grosse chanson bluesy "presque" normale (tout y est, le rythme basse batterie, la production basique, la voix), mais les bonnes idées truffent le tout avec l'air de pas y toucher, un break par ci, un son bizarre par là, un bémol inattendu, le tout avec ce côté tranquille peinard. Voilà une belle attitude "rock"...
Mercredi :
Almost Famous - Bonus Track - Stillwater - Daniel Lanois, typique de la production de Lanois : calme, musique de tissus et de bois, légèreté nonchalante, vibratos sur les grattes, on croit voir quelques graminées dans le vent, un triangle de soleil sur une planche, un tour en vélo. La chanson en elle-même est sans intérêt.
Tangerine Dream - Encore - Coldwater Canyon, déroulement de séquences électroniques, guitare planante maladroite, el-drums, que c'est chiant !
Tangerine Dream - Luminous Visions - Little Blond In The Park Of Attractions me fait penser à "Le Parc", superbe album en son temps. Ici, ça part en techno, rasoir !!!!
tangerine dream - darkness.mp3, gouzi bips et choeurs graves, marche finale. C'est vraiment mauvais.
Beethoven - Piano Sonatas - Glenn Gould - 111 - Sonata No. 3 - III. Scherzo_ Allegro, Gould joue Beethoven un peu comme Bach, et on l'entend chantonner. Jouissif, extraordinaire, lumineux, précis.
Bach - Glenn Gould - Invention No 9, comme toujours : magique.
Brahms - Symphony No 2 in D major (Op 73) - 02, j'ignore qui est le chef. Karajan, maybe ? Impression de suivre un fleuve tendu de musique.
Bon allez, soirée nostalgie :
Kate Bush - Army Dreamers, une valse magnifiquement mise en scène. Minimalisme étrange, et utilisation maline du Fairlight (sons de cordes). Sorte de squelette de chanson, qui me fait penser, ici, à cette chanson des Cure, Close to Me, avec des puppets dans une armoire...
Freur - Doot Doot, pour moi une des meilleures chansons "new wave" jamais faites. Quel que soit le bout par lequel on le prend, on se régale. Basse en synthé, percus programmées, puis batteur fou, construction en escalier, gouzi bip rigolos, on dirait du Ultravox bourré, du Depeche Mode qui ricane. Et puis, Freur, ils deviendront Underworld !
Boney M - Daddy Cool, absolue perfection tubesque. Rien à dire, j'en reste baba. La recette semble limpide : machine rythmique totale : batterie disco, basse en double-croche permanente, guitare rythmique, dialogues cordes aigües/cuivres et dialogue voix mâle/voix des filles. Hi hi !
DEPECHE MODE - 101 (DISC B), final du concert "Never Let me down Again", drums en marteau pilon et montées harmoniques sur refrain. De plus en plus haut, avec fusées de choeurs en final, genre : "vous allez voir ce que vous allez voir", on assume. Extra !
KRAFTWERK - TRANS EUROPE EXPRESS (REMIX), bon d'accord, le rythme est un truc de "petits malins" (ça fait "ferroviaire", quoi). Mais le thème musical est splendide, qui, doublé, finit en une montée d'accords magiques. Construction parfaite, qui vous fait jouir d'un long break rythmique aux 3 minutes, comme hanté de lignes horizontales perdues et nocturnes, comme en apesanteur (questionnez-vous : où est la basse ?), qui prend son temps, et flotte. Reprise du thème (et de la basse) à 8 minutes, avec une séquence qui provoque une jouissance précise et aigüe. C'est parfait, ça a du "sens", comme rarement la musique des machines...
My Bloody Valentine - We Have All The Time In The World, belle transition, diable, sur un thème de John Barry (non ?). Voix réverbérée à mort et arrangements lourdingues : qu'importe, le thème de Barry est sublime, envoûtant comme une fumée. Hypnotique !
Pet Shop Boys - Being Boring - (extended Version), ouais ouais, je suis nostalgique de l'électropop sur-arrangée, Pet Shop, Talk Talk, Frankie, Propag, les Grandes Machines Dansantes. Ici, je me régale harmoniquement : le refrain est bête, mais les couplets naviguent sur les tonalités, c'est BON. Et cette voix veloutée est parfaite ici. Et ce côté "prenons notre temps" du mix... Hi hi !
Requête : Swing Out Sisters.
The Cure - Friday I'm in Love, l'évidence du bonheur. Ici on la joue "tralala, tralala, j'suis amoureux, tralala". Extraordinaire, dans son style. Bravo !
Police - Walking On The Moon, classique instantané, pourtant : trois notes de basse, paroles stupides (on fait des grands pas, marcher sur la lune). Tout vient sans doute d'une drôle d'alchimie : le son des guitares, la pulsation bien étrange du batteur, du rythme reggae, de la voix superbe de Sting, et de l'assise (basse) du morceau. Putaing !
The Bee Gees - Tragedy, oh qu'il a mauvais goût ! Hi ha ho ! Ce disco est vraiment tordu, avec ces voix nasalo-coin-coin et ses synthés newaveux. Coin coin hurle "TRAGEDY !", c'est rigolo et douloureux à la fois. Incroyable. Ils sont allés plus loin avec...
Hes_A_Liar, difficile à trouver. Même genre de morceau, avec des couplets complètement foireux et dissonnants. Une sorte de tension bizarre suinte de tout ça, comme s'ils foutaient des pièges sur une piste disco. C'est âcre ! J'adore...
The Stranglers - Golden Brown, une valse, hein, à clavecin, faut être fou. Qu'ajouter ? Comment est-on amené à composer ça ?
- Réservoir des chansons parfaites :
Freur : Doot Doot
Cure : Friday I'm in Love
Boney M : Daddy Cool
Depeche Mode : Never Let me down Again (Live)
Kraftwerk : Trans Europe Express (remix)
Police : Walking on the Moon
Stranglers : Golden Brown
Dimanche :
Requête : High Llamas, Durutti Column, Doves, Roxy Music...
Millencolin - Penguins And Polar Bears, du n'importe quoi à guitares et éructation. Je jette après deux minutes.
unkle - garage piano, gros beat réverbéré et quelques sons. Typique et courant, un mec qui utilise des machines, ne "dit" rien, et ne sait même pas pourquoi. Autant de goût qu'un bout de carton. Je crache.
Nick Kershaw-Wouldn't it be good, tube rigolo, non pour son refrain ridicule, mais pour ses trafics harmoniques déviants en deuxième partie de couplets, et pour son pont instrumental mi-guitare mi-cuivres, bien monté. Ça a encore un peu de goût...
Doves - Catch The Sun, de l'allant, de la bonne énergie, du boulot, et j'aime bien, moi, leurs harmonies tendues qui montent et descendent des marches (couplets). Vite, des autres !
Tangerine Dream - Exit - 01 - Kiew Mission, superbe début, ivre et électronique, entre Richard Pinhas et Blade Runner, qui se fond en beat box robotique et synthés maigres, qui ne semblent où aller, comment évoluer. L'apparition d'une voix russe féminine très "Avalon" débloque la pièce. Les mélodies s'avancent comme robots romantiques, les séquences percutent, s'avancent et se diluent dans une apnée spatiale, pour tomber dans une sorte de marche presque baroque, chantée par un électrogrillon. Joli morceau, les mecs ! Le plaisir est aussi dans son évolution.
Lundi :
Massive Attack feat. Liz Fraser of Cocteau Twins - Teardrop, sur des craquements vyniliques, une sorte de clavecin sur un rythme en bois, un piano grave qui tripote, et la voix de Liz en contrepoint, douce et vénéneuse, toute envaporé d'échos. Fastoche (l'harmonie est vaguement du niveau d'une chanson de Michelle Torr), mais ça fait son effet. Des fainéants...
Clan of Xymox - 02 Dream On, chanson new waveuse pleine de tics. La mise en place rythmique est bien comme tout, mais le décollage est risible. Aucune ampleur, aucun sens du développement, aucun risque harmonique. Poub' !
Clan of Xymox - Believe Me Sometimes est du même acabit. Le groupe, visiblement, n'existe plus.
Cafe del Mar Vol 8 - 01 - Goldfrapp - Utopia (New Ears Mix), introduit par une bien belle flûte mellotronique, se prolonge et se déploie sur des violons à la John Barry et des sonorités Vangelis. Ça fait un peu musique de film porno seventies, et c'est bon comme tout. Trop Court.
Doves - Lost Souls - 09 - The Man Who Told Everything.mp3 me plaît pour le flou de ses arrangements. Les guitares se mélangent, les électroniques sont discrètes, la rythmique originale (travail sur les hi-hat et tambourins), de l'ampleur, un pont instrumental somptueux... Ça sent les mecs doués qui se foulent pas ;-). Je continue avec eux, car après la première écoute, on a envie de le remettre.
Doves - Lost Souls - 10 - The Cedar Room me casse les oreilles sur son rythme de marche lente. Poub'.
Tangerine Dream - 02 - White Clouds, synthés gnan gnan sur rythmiques de toms. Ridicule !
Dimanche :
Trouvé des centaines de pièces en laissant tourner quelques heures et en nettoyant de temps à autre. Un filet de citron ?
Philip Glass - Solo Piano - 1 - Metamorphosis One fait merveille avec son piano qui tourne sur place et sa mélodie suspendue qui refuse d'avancer. Un côté Satie, donc, qui se marie bien avec des travellings sur des arbres en automne et des parcs déserts, le vent dans l'herbe. Mélancolique, mais c'est facile...
King Crimson - Discipline - Discipline, hélicoptères de guitares en mercure, percussions serpentantes, basse malade, c'est assurément unique ! Développement par intensité et crescendo, et montées harmoniques. Fripp sur un de ses sommets, un personnage qui sait ce qu'est vraiment la trance urbaine, mais du style à vous enserrer dans un filet d'acier et à vous forcer à danser... Ecouter fort.
King Crimson - Lizard (Full Version Featuring Jon Anderson), pour continuer avec king Fripp. J'adore cette chanson squelettique, balancements entre couplets maigres : Jon Anderson sur un mellotron ivre et piano fou comme un enfant. Aux refrains, Anderson fait le méchant, mais on n'y croit pas, la batterie crépite, ce n'est pas très normal, et ça embraye comme une fête forcée, avec des envols à mellotron de symphonie. Pas de doute, on est chez un roi sec, d'or de de bois, avec du soleil et des drames qui viennent...
King Crimson - In the Court of the Crimson King - 02 - I Talk to the Wind, je préfère la version refaite du Guide, mais j'apprécie quand même ce faux slow à flûte traversière, clarinette et harmonies vocales. Quelque chose de modeste et de savant, là-dedans...
- Réservoir des instrumentaux délicieux :
King Crimson : Discipline
Mardi :
Ambient - Harold Budd And Brian Eno - An Arc Of Doves [album The Plateaux Of Mirror], pour commencer en douceur, un piano qui virevolte tristement comme des feuilles d'automne, et les claviers d'Eno qui semblent attendre dans le fond, pour régulièrement pulser un accord qui se déploie en horizontales. Triste, immobile, et confortable. J'adore tout ce qu'ils ont fait ensemble...
Harold Budd - Brian Eno - The Pearl - 09 - Foreshadowed est plus lent, plus froid, plus perlé, comme dit le titre. Le son du piano est parfois comme aspiré. La réussite tient à deux composantes : les subtilités d'Eno dans la production, faite de "choses ténues", et le phrasé libre et précis de Budd, pianiste jamais culcul. Evidemment, musique d'automnes et de ciels gris, d'après midis sans rien, ou pour faire l'amour, hi hi !
Cocteau Twins - The Thinner The Air (Massive Attack Mix), pour remonter un peu. A l'air plausible, mais je me méfie toujours des intitulés de ce que je trouve (Massive a mixé CT ?). En tout cas, la rythmique marchante est belle, les sons ouatés s'ouvrent comme des branches, bel écrin pour la voix de Liz, ce brouillard orange. Tout cela est fort inoffensif et plein de plumes, mais ça fait du bien à mes zoreilles.
Philip Glass - Koyaanisqats, il manque un i au bout, monter dans la rythmique et la trance, non par les boumboums des beatbox (y savent pas faire autrement, les technos), mais par accumulation temporelle, les fameuses "hélices" de Glass. Voici donc tout un champ d'hélices qui tournent sans fin, dans un sens ou dans l'autre, avec des cassures rythmiques et des envols bienvenus. Une des puissance de cette musique est générée par l'harmonie, qui joue aux escaliers, mais surtout par le cycle "attente/libération", et Glass maîtrise assez bien ce phénomène...
Roxy Music - Avalon, un petit classique pour monter dans la pop. J'aime beaucoup le travail de Ferry pour son côté "fourmillant", presque organique. Derrière la voix et la structure rythmique, on dirait un être vivant, ça bruisse. Ici c'est la quintessence, bien sûr, de l'aspect "sensuelisant" du bonhomme, tout le morceau semble flotter, mais bien porté par un filet de choses qui n'en finissent pas de surgir et disparaître. Et la basse, parfaite !
John Lennon - So This Is Christmas, que j'adore pour deux raisons : son côté cul cul la praline assumé, tsoin tsoin, avec sa chorale et les violons en crescendo, c'est vraiment épouvantable. La deuxième raison, c'est cette miraculeuse grimpette harmonique pour le refrain. Y a de l'oblique, là-dedans, le quotient de bizarrerie, comme dirait Glenn Gould, est parfait. Merry Merry Christmas !
Pixies - Debaser, pour se réveiller. Brailler sur des riffs, une batterie speed, avec des filles qui planent, et l'aut' Franck qui s'époumone. Hop, poubelle, mais ça fait du bien !
pixies - dig for fire, le batteur s'y repose l'hystérie en la jouant "Blam/Boum" en puissance. La chanson n'a aucun intérêt, mais avec talent, comme souvent chez eux, j'ai l'impression. C'est court, sans cesse repropulsé. Epatant. Poubelle.
Pixies - Here Comes Your Man, c'est ça, le principe Pixies : l'air de ne pas y toucher, en s'appliquant bien comme tout, et en repropulsant SANS CESSE le morceau, par des breaks, des riffs, des changements, des surprises, avec ce côté "rien à foutre". Pixies les repropulseurs. D'où l'électricité dans leur musique, sans doute. Cet aspect de la construction musicale pourrait être un moteur fabuleux pour la techno, et bien peut s'en servent pleinement, c'est tellement dommage...
pixies - is she weird la joue "basse batterie on a treize ans", est vraiment nul, sauf pour son refrain forcé et cassé. Sont fous. Poub'.
Pixies - La La Love You est tranquillement débile, ce qui fait presque peur.
Pixies-WaveOfMutilation, dont l'intro est typique de la multipropulsion de ces zozos. Bon, marre, à force de parler poubelle, on passe à :
Garbage - Androgyny, jolie mise en place non ? Ces zoum-zoums en couplets, la basse apnéique, la box cassée, tout cela est souriant pour le lecteur. Les refrains sont nullards, le break cheveu-sur-la-soupe est superbement amené (n'importe comment, out of the tonality). Chanteuse vraiment nulle, un record de fadeur.
garbage - beautiful garbage - 01 - Shut Your Mouth commence par une facilité : rythmique lourde a gate ("P'tain, t'entend le rytme ?") et voix mi-saturée-mi-chuchotée. Refrain supersonique et bruyant. Ennui, qui naît de l'absence de propos, quand il est bien produit.
Garbage - Beautifulgarbage - 07 - Cherry Lips, c'est n'importe quoi, pouah !
Garbage - Stupid Girl, dont j'adore la basse bedonnante, est assez bien enlevé, et possède cet aspect "déroulant" que j'adore, un morceau avec des parenthèses, des idées bienvenues, des couches qui viennent et s'en vont. Mais tout le secret, c'est la basse, si ! Bravo !
Laurie Anderson - O Superman(1) est une bien belle curiosité. Une voix vocodorisée sur un rythme de voix samplée qui ah ah ah comme un disque rayé. Le genre de truc qu'on trouve par hasard, de l'expérimental ludique, dont j'admire le refus de développement grandiose (ce qui est très tentant). Splendidement intime...
Mercredi :
08 starsailor - talk her down, petite chanson très paresseuse dans l'harmonie, mais les timbres sont intéressants. Le chanteur fait des tas de manières. Le bassiste est vraiment manchot, une vraie honte. Un autre, pour voir :
09 - Starsailor - Love Is Here, du travail de débutant. Batteur hésitant, bassiste puéril, chant qui en fait trop, et c'est mal produit.
Starsailor - Alcoholic geint sur un piano. Je jette tous les autres que j'ai trouvé.
David Bowie & Philip Glass - Heroes (Aphex Twin Mix), pour désinfecter. Une vraie bizarrerie (retrouver Heroes, tiens), la voix de Bowie au milieu de cris de fantômes, sur un tapis d'orchestre à cordes qui ne doute de rien. Un peu malsain, comme souvent chez Aphex Twin. Mais il y a un "propos", une intention...
DJ Shadow vs Ian Brown - Dolphins Were Monkeys (Unkle Remix), typique du rien du tout habituel. La voix noyée dans divers effets, batterie qui fait la maline sans rien dire. Juxtaposition de sons. Faire de la musique sans savoir DU TOUT pourquoi on en fait. Poubelle !
Elastica- Connection, intro volontairement pourrie pour un 'tit morceau bien enlevé, une poignée de bonnes idées (claps, breaks, voix qui élastique, beat à double caisse claire). Bien bon.
David Bowie- Heroes. Je l'ai retrouvé rapidement. Toujours bizarre, ce talent. Bowie, habité (ce chant, en crescendo), au milieu d'une vraie construction de guitares dans toutes les dimensions (dont ces longues traînées Frippiennes, paresseuses, incandescentes), et l'impression que toutes les dix secondes quelque chose s'ajoute, change, mute. J'adore (mais ça, c'est typique d'Eno, le producteur) les ajouts permanents d'instruments dans le fonds (dont les percus, qui s'étagent). Sensation d'un grand végétal qui pousse, et entoure, et propulse le chanteur, un tourbillon ascendant. QUI fait des chansons pareilles, maintenant ?
David Bowie and Nine Inch Nails - I'm Afraid of Americans, pop pour adultes ? Grouillement d'idées de productions (Reznor est excellent à ce poste). Le travail du rythmique est prodigieux, tout comme celui sur "l'idée de saturation". Impression, comme parfois dans la musique contemporaine, d'un même morceau regardé sous tous les angles et à plusieurs vitesses. Dommage que la chanson elle-même soit harmoniquement si anodine.
Mardi :
Mylene Farmer & Jean-Louis Murat - Regrets, hi hi hi, quelque chose au-delà du cul-cul la praline. Une caricature de slow, d'un aplomb respectable, plein de manières. Mais le "N'aie pas de regrets" est toujours sur une belle marche, la basse fretless est bien chatouillante, et j'aime toujours ce beau sens de la polyphonie, qu'on trouve souvent chez Farmer (Boutonnat), les crescendos polyphoniques qu'on trouve aussi chez Depeche Mode. D'ailleurs :
Depeche Mode - Everything Counts (In Larger Amounts) - Construction Time Again, outre le fait que le couple bass/drums est prodigieusement démodé, est toujours plaisant par ses mélodies qui se répondent, son fourmillement permanent de mini-choses chantantes, et son petit break électronique.
New Order - Blue Monday 88, dont l'efficacité vient, comme toujours, d'un mélange de naïveté musicale (chanteur sans voix, arrangements gnangnan), de bonne volonté travailleuse (petites fourmis électroniques) avec beaucoup d'allant, et d'un petit truc qui s'appelle le plaisir de faire de la musique, évident. Miam !
new order - bizarre love triangle (remix) s'amuse avec une beatbox boum boumblaoum, yahou !, un vrai plaisir d'électropop comme on n'en fait pu, madame. Pas une pointe de cynisme musical, et un bonheur intact. Gare : ça donne envie de danser ! Hi hi ! Et on sait mieux d'où les Pet Shop...
David Sylvian & Mick Karn - Buoy, pour descendre un peu. Magnifiques arrangements, alliage boisé de divers ingrédients. Un riff de clarinettes, une basse somptueuse, vivante, royale, des claviers discrets, en rideaux de passage, une rythmique originale et élaborée : tout ce qu'il faut pour la voix de Sylvian.
eels - last stop this town est bien inventif et rigolo, mais c'est de la musique de petits malins. Les idées fusent de partout, mais c'est, comment dire... inutile.
Clan of Xymox - A Day, grande machine à la Depeche Mode, avec des grandiosités, des grandes cordes et des échos, une voix caverneuse comme presque morte au-dessus d'un unique grand défilement. Certe, la batterie est une honte, cette voix est risible, les arrangements (cordes aigües) bien maladroits, mais on peut être pincé par ce lyrisme (qui a totalement disparu de la musique pop, il me semble, sous peine de ricanements) débridé (voir le final).
DJ Krush + The Roots - DJ Shadow - Meiso (Remix) m'intrigue : rythmique en carton lourd, vrombissement arrière qui semble avoir bouffé le reste de la musique. Degré musical zéro, mais une vraie ambiance, si on supporte le rappeur-bavard, qui naît peut-être de la boucle cotonneuse qui semble flotter dans l'air... Intéressant.
dj shadow - what does your soul look like, refus assumé de faire avancer la musique : une boucle lourde autour de deux notes de basse, des brouillards de claviers, des éléments qui se déposent comme de la neige : un saxo, une voix samplée. Rien ne bouge. On dirait qu'on regarde une sorte de boîte, un machin qui danse au ralenti...
DJ Shadow, DJ Krush & Roni Size - Freestyle. La rythmique est rigolote, comme balançante, et y a des machins qui s'baladent. C'est un système de composition, si je comprends bien. Ici, ça n'a aucun intérêt. Et ça m'étonnerait que ces trois noms soient ici réunis...
Mike Oldfield - Islands - 01 - The Wind Chimes Part Two, instrumental scientifique, avec des bizarreries (ces drôles de tactchacha Africains), des trucs planants, des breaks sans arrêts et des gamelans Balinais en échos. C'est plaisant, amusant et un peu froid, malgré quelques accélérations bien amenées. On dirait un surdoué qui s'ennuie un peu. Comme un brouillon d'Amarok...
Mardi :
Yello_Stella_10_CielOuvert, quintessence de l'instrumental électronique pré-techno : réverbération immense, bruitages Pink Floydiens (bruits de pas, hélicoptère), construction en paliers, toute en attente/libération, le tout sur un rythme balançant et ralenti...
Sparks - This Town Ain't Big Enough For the Both of Us (with Faith No More) folie furieuse totale, dont la totalité de la substance se trouve dans la mélodie vocale, invraisemblablement tordue et jouissive. Ici, cette sournoiserie baroque se frotte au hard rock lourdeau comme crapaud. Ciel, on dirait du Queen !
Yes - Owner Of A Lonely Heart, qui restera comme une vraie curiosité. Conjuguaison d'une intro riffée magistrale, d'une rythmique bondissante et efficace, d'un envol récurent (dont final, surveiller la basse), d'un break vraiment grave, un solo de gratte rigolotement tordu, et la voix d'Anderson, c'est quand même quelque chose. Fascinant, ce morceau qui semble montrer toutes ses entrailles !
D'où ça vient ? De...
Yes - Roundabout : intro guitare dans les airs, basse hargneuse (vivante, incroyable : amusez-vous à la suivre), orgue et synthés farceurs (forcément), construction perpétuellement en breaks. Quand vous êtes épuisé, tout se calme, et quand vous respirez, c'est reparti ! Et...
Platters - Smoke Gets In Your Eyes (1), eh les mecs, c'est du slow, du vrai, du slow de boum, quoi. Tiens, un autre :
korgis-everyone's got to learn sometime, je sais pas pour vous, mais c'est mieux qu'une madeleine de Proust. Miaou, qui j'invite ?
- Réservoir des instrumentaux délicieux :
Dimanche :
Daft Punk- Da Funk (Chemical Brothers Remix), un gros doute sur l'intitulé du remix. C'est un exemple admirable de la NULLITE totale d'une certaine musique rythmique. C'est ici une négation de l'idée de musique. Un beat plus ou moins variable, une micro mélodie absolument toujours en boucle, et quelques variations paresseuses dans la production (ou quelques sons, coin coin). Aucun travail sur la basse, aucune avancée, aucune énergie de "relance", rien du tout. Ça pourrait être juste anecdotique, mais c'est beaucoup plus grave que ça : une sensation de stupidité profonde, mêlée d'autosatisfaction, l'annonce d'une perte, l'annonce de la mort.
Chemical Brothers - Come With Us - 03 - Galaxy Bounce commence sur une montée progressive de cordes mellotronisées, se développe sur un rythme bien powerfull; les samples se succèdent sans construction autre que "tiens, je mets un sample", les sons rigolos font de même. Il n'y a pas de propos, pas de "sens" musical. C'est très curieux, ce genre de SURFACE agitée, le tout est absolument inoffensif et bête. Une musique de bidouilleurs, de gamins. La frontiè qu'on pourrait opposer c'est évidemment celle du "tu peux pas comprendre", alors que SI, je peux comprendre, qu'il n'y a rien du tout. Comme si un nouveau romancier sortait un bouquin construit avec une seule voyelle, qui commencerait comme ça : "e, eee, eee e eee eeeeeeee e ee" et qu'il vous dise que vous ne pouvez pas comprendre...
Gorillaz - 19.2000 - Gorillaz - 02 - Five Four 5 4 - Gorillaz - Dracula - Gorillaz - Tomorrow Comes Today - Gorillaz - Rock the House - Gorillaz 13- Starshine, tous écouté avec un ennui poli. Tout tombe à plat, même si on sent bien la "volonté de délire". Aucune odeur ni goût. Indifférence totale.
Mercury Rev _ All Is Dream me fait sourire avec sa voix maniérée comme Jon Anderson qui chanterait comme Neil Young, ses choeurs d'anges et ses gros violons. Harmoniquement, c'est très sage...
Mercury Rev - Deserter's Songs - 01 - Holes me la joue Barclay James Harvest, mais j'adore la voix inassurée du chanteur et l'espèce d'onde martenot qui chantonne tout près. Tout ça est bien maladroit (comparer les percus avec celles d'un Talk Talk, par exemple), le bassiste dort à moitié, mais c'est sympathique comme tout, et y a même un solo de trompette ! J'suis pas convaincu...
mercury rev - nite and fog possède plusieurs atouts : une batterie calmement bondissante, une basse qui saute dans les pâquerettes et une voix fondue aux violons. Harmoniquement, c'est primaire, mais y a volonté de bien faire. Des bon p'tits pères...
mylene farmer - c'est une belle journee, des couplets : record de fadeur, un refrain : n'importe quoi. La curiosité, c'est le chant de coton grave, avec toutes sortes de prŽcautions pour ne pas partir dans les tics (chuchoter aigu) de la dame. Jolie tentative d'"envol final" avec violons en traits et montée tonale. Oui, bon.
Mylene Farmer - Tomber 7 Fois (Aiwa Commercial) est pourri par la guitare "électrique" et une batterie ignare. Rigolotes, la voix métallique, le refrain qu'on-dirait-des-enfants. Tout cela est bien patapouf !
Mardi :
Republica - Ready To Go réveillerait un troupeau de zombies anti-jerk. Et que ça te rebondit de partout, zboing et boum, avec ce qu'il faut de vulgarité, de guitares et de riffs-sur-basse-à-ressort. Une musique qui n'arrête pas de courir, et une chanteuse juste comme il faut. Redoutable !
Republica - Ready To Go REMIX nous la rejoue en plus électronique. Perte de substance : il manque surtout la guitare sèche rythmique. Poub'
Siouxsie & the Banshees - Kiss Them for Me est d'abord repérable pour son petit martèlement récurrent de hi-hat, tacatatatata. C'est un fouilli un peu plan plan et qui me casse les oreilles.
The Smiths-Morrissey - Every Day is like Sundays, trop de reverb, des arrangements "orchestraux" patapouf, un aspect scolaire et pompeux, nausée garantie.
The Sundays - heres where the story ends me fait bien marrer pour la même raison. C'est plein de gnangnanterie et de joliesses, avec la voix qui fait des manières, une contradiction entre l'intention devinée et l'échec complet du résultat. Tout est très insuffisant musicalement.
The Sundays - Summertime est inutile : aucune espèce d'idée ou d'intention.
U2_-_Zooropa_-_Numb, plutôt intriguant. Le seul atout de cette pièce est son "quotient de bizarrerie". On dirait que Robert Wyatt, ou son fantôme, est venu chatouiller U2. Ils font les cons, c'est évident, avec leur machines, ils me font penser à Mama de Genesis, quand des mecs doués se mettent à faire les andouilles, il en sort parfois des chinoiseries comme celle-ci. Vite oublié tout de même.
Art of Noise - Best of the Art of Noise [Blue Cover] - 04 - Robinson Crusoe, exactement une musique qui ne dit plus rien, avec bruitages et astuces partout, mais sans goût ni odeur. Zou !
Al Stewart -- On the Border, jamais entendu auparavant. De la belle ouvrage, un travail de composition quasi orchestral, de la tenue. Que manque-t-il donc ?
Al Stewart - Year Of The Cat me donne la même impression, de l'ampleur, du sérieux et du bon plaisir, comme on trouvait chez Supertramp, il me semble, et moins culcul qu'Alan Parsons. Quelques délicieux bémols deci-delà.
13_Stop The Cavalry-Jona Lewie, tube obligatoire, hi hi. Très bon et rigolo avec ses trompettes et son rythme de marche, and one and two. Chanteur nonchalant, gimmick dobodom bien placé, cloches de Noêl. Parfait, sucré et rigolo.
A Tribe Called Quest - Scenario, degré zéro du rap. Beat, deux notes derrière, un question-réponse avec un groupe. Effarant de rien du tout. J'en écoute 5 ou 6 autres, poubelle illico. Des nuls.
02-Frankly, Mr. Shankly - High Llamas possède un bon charme rétro, chanteur habile, orgue droit, cordes souples, harmonies de plaisir. Miam. Veux d'autres.
Alien Ant Farm - Attitude, un bon groupe plein d'invention (le bassiste me réjouit, le batteur semble excellent), et un piètre chanteur, qui se force et fait des poses.
Alien Ant Farm - Movies, en métal. Chanteur à claquer, chanson poussive.
Eminem - The Real Slim Shady, je suis bluffé par ce flux étourdissant de mots, cette voix de fou, ce gros gros travail d'arrangement. Bien comme tout. Je vais le surveiller, lui.
Eminem - The Eminem Show - RETAIL - 13 - Superman est bien fatiguant, mais le fond musical harmonique balançant est bien foutu comme tout, ce qui devrait être un préalable, pour le rap, non ?
goldfrapp-lovely_head plagie honteusement Morricone et John Barry, mais cette ligne harmonique est réellement séduisante. La mise en place est magnifique, les arrangements un peu démonstratifs (genre, regardez ce qu'on sait faire un peu). J'aime beaucoup ce genre de chose, presque trop lyrique, saturé de couleurs.
Vendredi :
Bush - The Chemicals Between Us me ravit immédiatement. Les bonnes idées fusent, la guitare saturée joue les piliers sur de multiples étages, et avec des pointillés. Chacun sait s'effacer quand il faut, la construction est splendide et habile, remplie de trous minuscules qui se chargent d'énergie. C'est du beau travail, bien enlevé.
Future Sound of London - Cascade, choses électroniques bruissantes sur deux accords. C'est plaisant, et l'ambiance est réelle, mais le paradoxe naît de l'extrême pauvreté musicale par rapport à la richesse relative de la mise en place sonore, la production. La montagne accouche d'une souris...
Vendredi :
04 - The Matrix - Clubbed To Death - Rob D, des grosses cordes patapouf, un rythme anodin-inoffensif, quelques samples, un break au piano. C'est vraiment nul, mais original dans la bassine de la techno, qui n'est pas habituée aux rondes de basses et aux grands horizons des nappes de cordes. En somme, on sent la bonne volonté, mais l'absence de moyens : une musique qui pète plus haut que son cul. Comparer aux grandes folies du Art of Noise de Daft.
Request : Craig Armstrong - Propaganda.
The Matrix - 02 - Propellerheads - Spybreak, basse basique et bien vue, rythmique nerveuse, gimmicks seventies, mais pas un poil de musicalité. On dirait un monstre qui prend son élan, prend son élan... et ne se met pas en route. Et p'tain, si ça se mettait en route ! La seule idée musicale est une montée récurrente d'un demi ton. Risible, et poubelle !
Bush - Everything Zen en murs de guitares, on dirait un peu Nirvana meets Sonic Youth. Chanteur manièreux. Beurk.
Bush - Glycerine, pas de batterie, mais un violoncelle. Aucun intérêt.
Bush - Head Full of Ghosts, magnifiquement produit (ce son de batterie est un ravissement ;-), et orné d'un bon gros refrain. Les guitares semblent en feu et vivantes, mauvaises. C'est pas mal du tout, mais bon, on va pas faire la révolution pour eux.
Request : Nirvana - Art of Noise - Sonic Youth - Pearl Jam - Mayhem.
Propellerheads - Take California, excellente rythmique, basse stupide, des samples, pas de départ. Vraiment des gros nuls, ceux-là. Peut-on comparer des nullités ? Je le ferai avec Chemical Brothers, qui m'ont l'air d'avoir le pompon.
Request : Chemical Brothers - Robert Wyatt.
Super Furry Animals - Presidential Suite (High Llamas remix) est rigolo, on dirait une soupe de sons (orchestre, guitare, synthés), une chanson déconstruite, rêveuse et désinvolte. C'est pas très sérieux. Bon comme un verre d'eau.
Candy Flip - Strawberry Fields Forever, c'est quand même quelque chose ! Le chanteur est mixé derrière et réverbéré, et n'en a visiblement rien à faire de tous ces mots à chanter. La musique est transformée en plastique, tout sonne toc, appliqué et nonchalant. Et cette batterie qui n'a rien pigé...
Chemical Brothers - 04 - Star Guitar, une idée sur deux notes qui, idéalement, devrait servir 15 secondes d'un excellent morceau de techno, ici étirée sur x minutes. Le travail sur le rythme est vraiment remarquable (sonoritées, production, progression en crescendo), genre Grande Machine Arracheuse. Frustration légitime : mettez ces gamins avec un harmoniste, et balancez des monstres dansant. Très plaisant tout de même.
Chemical Brothers - Bass Test, bon sang, ces gars-là savent faire jouir l'auditeur avec des rythmiques ! Basse sourde détonnante, sonorités complétives rigolotes (guili !), production parfaite, et un grand sens de la rythmique du second degré, entre ralentissements et reprises en surpuissance. Comme chez les Pixies (sorry, mais si), l'idée est de sans cesse ralentir et accélérer, non pas avec le tempo, mais avec la façon dont l'espace est occupé. J'approuve.
Request : Underworld - Mike Oldfield.
Chemical Brothers - Come With Us - 05 - Hoops, rigolo avec ses samples et sa guitare, mais c'est chiant, hein.
king crimson - larks' tongues in aspic, part two, l'impression d'écouter la musique classique du rock. Ici, du Bartok, maybe. Le bassiste est toute en intelligence et liberté, le batteur est frappadingue, précis, méchant, les guitares sont alambiquées, moqueuses, noires, le violon serpente. Harmoniquement, c'est bien plus évolué que tout ce qu'on entend de nos jours, même si le système d'aggravation par montées successives de demi-tons est un peu systématique. Le morceau au final donne une impression bizarre, de bois et de métal, quelque chose de machinique et ricanant.
Request : Lark's Tongues in Aspic III.
Michael Jackson - Stranger In Moscow, une bien curieuse intro (rythmique) pour une écoute au casque. Un couplet sur quatre notes de basse (une par mesure), la voix se répondant elle-même, et un système d'envahissement de cordes. Lenteur bienvenue. Impression d'une mécanique parfaite, un pont instrumental vraiment paresseux (fastooooche). Tient pas ses promesses, mais plaisant...
Prokofiev - Violin Concerto No. 2 Mvt. 1 Heifetz, quelle belle façon de terminer ce petit tour ! Ici, une idée ne dure pas dix minutes, mais une poignée de secondes, au maximum. C'est un chaudron, si on le prend par ce bout. Plus de vie dans une minute de cette musique que dans tout ce qui précède réuni. Bonne nuit.
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