Jeudi :
Tori Amos - Crucify, une voix bien trop "je fais des manières" (parfois comme Kate Bush) sur un piano plaisant et un batteur qui ne comprend rien à rien. De l'inspiration, mais aucune tenue, c'est plein de trous et un goût de flotte.
Tori Amos - Tear in your hand, n'importe quoi sans saveur.
Tori Amos - 1000 Oceans (Here On Earth Soundtrack) est bien mieux, un slow fragile porté par une belle mélodie vocale. Flotte un peu, mais délicieux !
Tori Amos- Have Yourself a Merry Little Christmas, où Tori tente de faire sa Barbra Streisand sur un piano peu malin, devant un décor électronique voice. Beuh.
Sarah McLachlan & Tori Amos - Flood, balade sirupeuse, j'ai mal au ventre...
Tori Amos - Silent All These Years, faudrait resserrer les boulons. Sonne bien, mais avec ses murmures, son piano et ses violons, mais et alors ? Sent très fort l'impro pas finie, le manque de boulot, le "j'ai des facilités et c'est joli donc je me foule pas".
Tori Amos - Siren (Great Expectations Soundtrack), enfin un peu de tenue, on se redresse : la rythmique se tient, la voix travaille (changements de timbres, doublements, accélérations, octave up), le morceau est construit avec tension. Voilà où j'attendais Amos. Bravo !
Moulin Rouge - 10 - Elephant Love Song Medley - Nicole Kidman Ewan Mcgregor Jamie Allen mélange avec lyrisme les tubes les plus ringardos, et... ça fonctionne ! Epatant.
Felix DA Housecat-B4 wu, tripotages de synthés en nappes et séquences. Simple, mais beaucoup de talent dans la mise en place (accords, construction tissée, choix des timbres, production). Le refus de développer la musique dans l'harmonie (il n'y a vraiment que deux accords !) semble impérieux. J'avoue qu'ici, c'est parfait !
Felix Da Housecat - Silver Screen (Malibu Mix) commence bien mal, avec sa voix machinique et ses bidouilles, mais on est emporté d'un coup par une espèce de beat hénaurme. On dirait du Kraftwerk décoincé. Développement rigolo avec des synthés gras partout.
Felix Da Housecat - The morning after est bien fatiguant.
Dimanche :
Mike & The Mechanics - All I Need Is A Miracle me terrifie avec sa boîte à rythme "carton vide" et son refrain parfaitement stupide. Beuh...
Mike & The Mechanics - Taken In, pareil. Je vais requester des instrus, ces chanteurs sont insupportables.
Fugees - Ready or Not (instrumental) est une effrayante démonstration de la nullité ambiante. Passé instrumental, le morceau n'est plus qu'une boucle de quelques secondes. La mise en son est marrante, mais il n'y a rien, rien, et rien du tout qui évolue. Un côté autiste suinte de tout ça, malade,
Fugees - Ready or Not rajoute la voix enrhumée de Hill (coin coin coin, ready or not, I must confess, oh baby, coin coin coin), et un rappeur totalement risible et paresseux. C'est pas pour ça que c'est mieux. Oh, la mauvaise soirée...
felix da housecat - glitz rock 1, disco de robots animé par une sorte de jouissance à être débile.
the flaming lips - yoshimi battles the pink robots est intriguant pour sa mise en son à plusieurs couches (guitare sèche, rythme sec, électroniques farceuses). C'est pas pour ça que c'est pas chiant.
Vangelis - Siren's Whispering, joliesses sous-marines avec envolées et tout le toutim. Vraiment ringard et paresseux. La honte.
branford marsalis - Dienda instrumental, c'est du jazz, mais c'est ce qu'il faut pour fermer l'exploration pourrie du jour. Excellent comme un bon verre.
Jeudi :
Laurent Garnier - The Man With The Red Face, trois notes en tout et pour tout, sur plus de neuf minutes. Improvisations saxophoniques, bruitages spaciaux, le tout sur un rythme bêta tout ce qu'il y a de plus ordinaire, permanent, binaire, qui rend le tout inoffensif. Branchouille, quoi.
Art Of Noise - Beat Box, curieux mix jamais entendu de ce monstre rythmique. Au contraire de ce qu'on entend d'habitude, la rythmique est SURPROGRAMMEE, aucune mesure n'étant copiée sur la précédente. Ce "beat furioso" semble donc être vivant, et est construit à partir de sonorités inédites (et jamais réentendues depuis). Une forme de pilonnement organique, donc, autour duquel les samples grouillent avec inventions et jubilations, en micro-mélodies, brisures, changements de timbres, surprises, breaks, en n'étant jamais lourd ou envahissant. C'est pour moi une espèce d'idéal, de perfection dans ce genre de musique : la puissance rythmique scientifiquement utilisée par des rigolos extrêmements travailleurs et talentueux. Hélas, ce "type" n'existe pas ou plus dans ces musiques électroniques.
Art of Noise - Moments in Love, le boléro de Ravel de la techno, un slow instrumental extraordinaire. Ici, trois notes seulement, tout le plaisir étant dans la production. Décortiquons : Trois notes "fairlightées" dont le timbre n'avait juste ici que très peu été utilisé. La rythmique est étonnante, les hi-hat accompagnant une caisse claire faite d'un KLANG d'enclume accordé (les notes "descendent" dans chaque mesure). Les mecs se servent de ce "kling klang" avec science (surtout avec la reverb, qui parfois disparaît complètement). La basse est sèche, nette, efficace. Accompagnements riches et varié (divers voices, nappes de strings, vibraphones, interventions d'une bass-drum, break foutraque "chants de tortues", harpes, pêches d'orchestre en foudus et jeux de reverb) enrobent le tout. Une des jouissances du morceau est le jeu "sec/réverbéré" permanent, qui donne l'impression qu'on se rapproche parfois de tel ou tel instrument, que l'espace varie. Ou le côté hypnotique de la "techno" quand c'est fait avec talent et humour...
Mercredi :
bill douglas - Lake Isle of Innisfree, choses électroniques planantes et celtiques, et une voix pure qui raconte sans doute des légendes. La musique n'est que décor paisible, ce qui est rafraîchissant, et parfois la voix laisse la place à une clarinette. Eaux immobiles...
madness - baggy trousers, l'excellence ! Le secret est dans la "baroquerie" du tout, les harmonies volant dans tous les sens au milieu d'une bien belle énergie sautillante, folle et scientifique à la fois. Se régaler des courts intermèdes instrumentaux à l'harmonica. Et écoutez moi cette basse ! J'adore ! J'adore !
Madness - My Girl est plus froid, mais encore bien fou. Les fausses notes dansent partout comme des folles, les timbres sont rigolos (piano bastringue, saxo) et les couplets sont construits en réponses des instruments à la voix. Bassiste toujours parfait. Miaou !
02 new wave - duel (extended) - propaganda, toujours un ravissement, cette pop surtravaillée et produite avec science, bourrée de sons à tous les étages. Idées fusantes, voix imparable. Tout est parfait, clinquant, dansant et gravement grandiose. J'aime bien ces grosse cylindrées.
Pink Floyd - Echoes - High Hopes, grand orchestre, piano et cloches, bruitages, cuivres, guitares multiples, construction et arrangements toujours changeants : c'est fait dans le même bois que le précédent, dans cette façon décomplexée et sur-compétente de faire non pas du "bourrin" (simple et bruyant) mais de l'antibourrin (complexe et "net"). C'est tout de même un peu lourdaud, tout ça...
Primus - Les Claypool Bass Solo, une minute et demi de bonne bourre bassesque. Hi hi !
Mike Oldfield - Jungle Gardenia est charmant comme un p'tit jouet, construit avec d'un rythme à trois temps immuable (valse), autour duquel les guitares chantent dans trop de reverb. Vite chiant, mais charmant, quoi.
Tempos - See You In September est un vieux machin au moins des années 60, qu'on verrait bien dans Blue Velvet. Kitschissime avec des ouuuhh et des ahhhhh. Bon.
Nickelback - Hero (Spiderman soundtrack) pop américano bruyante et ouvragée pas si loin de Pearl Jam. Gros gros son, mais pas beaucoup d'idées...
Linkin Park - Points Of Authority, qui crie sur des gros riffs simples de guitare. C'est gras, mal produit (bass et drums), et vide de tout risque harmonique.
Claude Challe - Govinda - In Through Time - Buddha Bar II - 06, rythmique bêtassonne, mais sonorités marrantes (voix trafiquées). Bien chiant, et tout.
gabriel, peter (w robert fripp) - Here Comes the Flood, étonnante intro (piano sur frippertronics - boucles de guitares traitées), pour une ballade voix/piano dont je ne sais que penser. Les fils électriques de Fripp s'agitent, s'étirent, tournent, comme un décor vivant.
Trainspotting_Soundtrack_-_02_-_Brian_Eno_-_Deep_Blue_Day, grands draps dorés dans la lumière limpide des dimanche-matins, guitares dans des vapeurs molles, le tout avec le côté nonchalant des guitares qui tricotent (et la basse, qui n'en a rien à fiche). Magique, donc, avec un sourire.
Basement Jaxx - Romeo (new) est énervé, foireux, piquant, savoureux dans ses coupures et accélérations. Pièce bondissante mais en faisant du surplace musicalement, comme un objet tournant qui balance ses bras partout. Curieux, quoi !
Eagle Eye Cherry - Save Tonight, sans doute l'inutilité incarnée. Une voix sans couleurs, une basse et des grattes, un refrain idiot. Fadissime, comme un bout de carton.
Talking Heads - Burning Down the House me donne envie d'aller voir les paroles; toujours ce côté "funk froid", et la voix de canard impayable du chanteur. Fascinant et plastiquoïde.
Tangerine Dream - Dream of Trance. Eux ? Pas sûr... En tout cas l'exercice est marrant : comment faire danser avec une seule séquence qui ne bouge pas autrement que sur elle-même (sauf en montant d'une octave). Beuh.
Felix Da Housecat - Harlot est fort intriguant par bien des aspects : production zarbi (trop de basses, panoramiques foutraques, voix traitée continuement), construction multifracturée, timbres acides (beat huileux, séquence clavecinique). Oh !
phantom planet - california. La mélodie vocale est une belle trouvaille et vous accroche tout d'suite. Et après ? C'est un peu relâché, le batteur se contente de frapper, le bassiste est marrant mais foireux en diable, et le chanteur se sent plus. Bon esprit.
Natalie Imbruglia - Torn, marrant de bouffer un tube. L'efficacité, où est-elle ? Un peu partout : la voix charmante, les grattes rythmiques, les couplets qui montent en escaliers, le refrain bien vu, le final marrant. Pour moi, le secret est ailleurs : c'est le double travail mélodie vocale (très ouvragée) et harmonisation (maline, et voir la basse en particulier). Un tube, quoi.
Bjork - Big Time Sensuality [Moby Mix], la petite Mireille Matthieu d'Islande fait son truc : elle crie, avec du vent froid dans la bouche, en faisant un peu n'importe quoi (par exemple : "GRR") pour montrer qu'elle peut. Aucune intention, ni sens, autre que "I AM FUCKING HAPPY TO SIIIING". C'est franchement désolant, d'autant que l'enrobage est bien fade, autour de la rythmique bondissante.
Primus - Tommy The Cat (1) réjouit par son "énergie rythmique". Jolie propulsion pour un groupe visiblement doué et fou. Solo de guitare frappadingue, bassiste honteusement rapide, chanteur hors service. Super !
Husker Du - Eiffel Tower High, énervé mais sans assise. Basse et batterie sont lamentables. La gratte fait des murs. Musicalement : rien.
Primus - Wynona's Big Brown Beaver : mort de rire. Mais qui sont ces gars ? Cet alliage est totalement réussi : des mecs doués (et fous) semblent faire n'importe quoi (mais c'est "serré", calculé) avec visiblement beaucoup de plaisir. Foutraque et super. Manque, comme dans les précédents, l'"étincelle de décollage" (qu'ont les Sonic Youth, par exemple) pour que ce soit extraordinaire.
Dimanche :
America - A Horse with No Name, quel joli bonheur de trouver ça ! Le truc est immédiatement séduisant, sans qu'on puisse dire bien pourquoi. La mélodie vocale des couplets est un modèle d'absurdité : deux notes en tout sur des accords flous. Mais il s'y accumule une sorte de tension bizarre qui se libère (haaaaaa) régulièrement. L'arrivée du refrain, par exemple, est un truc de petit malin, diablement efficace (le refrain prend la même direction que le couplet, mais bifurque soudainement vers un soulagement harmonique). Les "lalala" sont parfaits. Le tout est délicatement soutenu par un joli sens de l'épaisseur (par exemple, le tout début est très plat - guitare/voix - et s'élargit - autre guitare, percus - dans le panoramique tout en s'assoyant (basse), voir aussi l'ajout de la batterie simultanément à l'arrivée ponctuelle d'une seconde voix en harmonies). Le secret semble être, donc, dans le jeu "tension/résolution". Chapeau !
Mike Oldfield - Taurus 2, exemple bizarre d'une branche de la pop qui est "morte née". C'est pas du rock progressif (bien trop farfelu, pas dans les normes), pas du classique, pas de la musique électronique (trop pop), c'est quoi alors ? Disons que ça a la structure du classique (les thèmes explorés le sont sur une ou deux minutes, pas plus), ça en a la forme quasi organique (mutations permanentes, reprises de thèmes sous d'autres timbres, instrumentation très diverses, rythmique interne complexe - passages lents, doux, fous, rapides, forts -). Il y a ici un sens évident du JEU, une sorte de jubilation qui se manifeste dans plusieurs couches : jeux des timbres (flûtiaux, cornemuses inattendues, vocoder, percussions en festival), jeux de rythmes (accélérations surprises, espaces vidés, reprises), etc... On a l'impression continue d'avoir affaire à un orchestre très complet qui s'amuse beaucoup (même si Oldfield fait presque tout, ici). Détails : c'est un des premiers morceaux qui utilisait aussi massivement le Fairlight (le sample, on dit maintenant), surtout dans les flûtes et les sons d'orchestre à corde). Pour moi, beaucoup d'atouts sont réunis dans ce grand sac musical : c'est un festival mélodique et harmonique, c'est un régal de timbres (des percussions aux claviers en passant par les basses, flûtes, guitares électriques et autres carillons), c'est un régal d'ambiance (en résumé : c'est très rigolo à écouter), et c'est un régal de "grande forme" (le déroulement est très ingénieux, et le bonhomme sait faire jouir l'auditeur avec diverses montées, surprises et bizarreries). Plus personne ne fait cette musique, évidemment. Le bidule fait presque 25 minutes. Hop !
Allan Holdsworth - 01 - Three Sheets to the Wind dont l'intro me plaît fortement par son mélange de "je veux séduire" (sons satinés, batterie flottante) et ses hésitations rythmiques (comme des coups de vent sur un nuage de plumes). La guitare évolue avec aisance et plaisir, mais sans quitter longtemps une sorte de virtuosité démonstrative ("z'avez vu, je joue viiiite"), qui est très lassante. Le travail du bassiste est remarquable, et l'harmonie riche (hou les accords !) est fortement délectable à mes oreilles en ces temps pénuriques.
Allan Holdsworth - All Our Yesterdays, une jeune femme pose sa voix de cristal sur des nappes électroniques en harmonies obliques intéressantes. Une "inondation rythmique virtuose" mal improvisée coupe le tout en un break inopportun. Bah...
Allan Holdsworth & Frank Gambale-Hey Tee Bone-Centrifugal Funk, forme classique : des virtuoses qui font du funky. Basse/batterie/cuivres pour mettre une "guitare rapide" en cage. Extrêmement triste, comme s'il se branlait sur scène. Silence poli.
Felix Da Housecat - Control Freaq, big beat à ressorts, chtoing chtong et boum et boum, youp youp ! Fait tout de suite danser, bravo ! Yop yop ! Joli sens du rythme-qui-évolue-tout-du-long, choix des timbres rigolos (analogiques, quoi), musique nulle mais c'est pas grave. Scuzez, je vais sauter dans tous les sens. Youpi !!!
Miles Davis and Thelonius Monk - Epistrophy, ouaips, c'est Monk, mais pas Miles Davis (qui joue pas de saxo, si je ne me trompe). Exemple des risques de l'exploration limbique musicale : l'intitulé est parfois foireux. Le thème est rigolo, le solo de Monk donne de belles couleurs, mais le sax est bien peu inspiré dans son impro, déroulant les sempiternelles même notes, et hésitant avec nonchalance (euh, scusez, je "cherche"). Le batteur a l'air bien embêté et fait poum sur ses toms de temps en temps. Ouaiiiis...
Mercredi :
Saliva - Every Six Seconds - 08 - Faultline, un gros son saturé mais propre, "lyrique", me fait penser à Metallica. Bon...
Deep Forest - Coral Lounge, techno lisse avec voix samplées des îles, sur une poignée d'accords bateaux. Fastooooche, mais une petite efficacité dansoïde.
idlewild - chandelier, n'importe quoi, vite, avec des guitares pouf pouf et un batteur essouflé. Absolument ridicule.
olive - you're not alone (nightmares on wax remix) vide complet habituel (basse immuable, pattern de batterie en boucle, voix féminine abstraite déposée). Un modèle de paresse stupide et auto-satisfaite.
French House - Le Knight Club - Coral Twist : idem. 4 ou 5 ans d'âge mental, pas de de propos, pas d'idées, juste une boucle dont on varie les sons. Pitié !
Sonic Youth - Murray Street - 03 - Rain On Tin dont je ne sais que penser. Longues parties instrumentales de tricotages de guitares/basse/batterie, plaisir évident de jouer ensemble. Et après ?
NERD (The Neptunes) - Rock Star (Poser). La seule chose à sauver ici est le son de grosse caisse ! Le reste n'est que déclamations fatiguantes sur quelques gimmicks simplistes. Poub' !
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