L'homme noble cultive ses qualités, non ses défauts.
    YI-KING.

    Premiers Secours


    Parachutes pour l'âme...





    Préambule


    Cette page n'a rien de sérieux, ni d'officiel, elle est ne tente jamais d'être exhaustive. C'est juste une liste de trucs. Y en a peut être un qui peut vous servir.

    Bon, d'un seul coup, vous craquez, ça ne va vraiment plus, vous ne voyez plus rien, vous êtes tombé de cheval...
    Vous pouvez prendre des tranquillisants. Vous pouvez aussi tenter de vous distraire. Il est toujours fascinant de voir un déprimé écouter du zouk, ou aller voir un film de comédie. Naturellement, ÇA NE MARCHE PAS. La vie c'est vraiment pas comme un saucisson...

    Ici, dans cette page un peu bordélique, je vous propose des trucs et des machins, qui naturellement ne marchent pas du tout, mais pendant ce temps-là n'est-ce pas, vous vous occuperez l'esprit.

    On parle souvent de livres, dans ces paragraphes. C'est que ce sont des objets intéressants. Que ça ne vous empêche pas de rencontrer des gens, non plus...

    Pour m'écrire,
    pour me donner d'autres idées :

    jp@maison-page.net

    SOMMAIRE
    Préambule
    Quelques verbes infinitifs
    Que faire en cas de...
    Remèdes idiots
    Quelques lianes et livres
    Textes & Citations

    En construction


    Quelques verbes infinitifs



      Se donner l'ordre de tomber.

        Il faut à tout prix lire les deux modes d'emploi de Watzlawick : "Comment réussir à échouer", et "Faites vous-même votre propre malheur" (Seuil).
        Naturellement, il est inutile de vous expliquer que les méthodes expliquées par ces ouvrages sont tellement ridicules qu'elles ressemblent aux vôtres, et le court-circuit est jubilatoire.

          Si vous êtres coincé entre deux trucs, ou si vous avez un choix impossible à faire, si vous vous sentez devenir fou, il y de bonnes chances pour que votre cas se trouve expliqué dans les livres amusants mais riches de Watzlawick, dans la collection POINT (Changements, La Réalité de la réalité, Le Langage du Changement).




      Jouer avec la colère.
        Dans l'autre sens, il faut lire "De l'inconvénient d'être né", de Cioran, qui est tellement noir, tellement juste parfois, tellement exagéré souvent, que vous vous mettrez à sourire, et même franchement rigoler, si vous êtes gravement atteint. Cioran, en fait, est en colère...

          ...tout comme Thomas Bernhard, le Grand Exagérateur, dont j'ai déjà assez parlé. Lire de lui les Entretiens Avec Krista Fleischmann (L'Arche), à mourir de rire... Berhnard, c'est parfait, n'importe quel roman, quand vous n'allez pas bien. Lisez sa féroce et touchante autobiographie (chez Biblos/Gallimard). L'intelligence alimentée par ce style de colère, c'est tout à fait jouissif, et comme dirait l'autre, ça vous aide à vivre...
          Je ne sais pas si c'est salutaire de lire des auteurs en colère. Le plus célèbre est sans doute Céline (lire "Mort à Crédit").
          Si vous êtes plus amateur de spiritualité et de new-age, il faut vous mettre à Krishnamurti, qui sous des dehors philosophiques vous engueule copieusement et parfois semble au bord de la bonne colère.

          Et si vous faisiez une page coléreuse ? Moi ça m'a prit avec le Rock Indépendant. Faire ce genre d'exercice fera marcher votre cerveau endolori dans un autre sens que le sens unique des autoroutes de la solitude...




      Se battre avec le WRONG WAY UP.
        Le Wrong Way Up, c'est quand on croit qu'on a une solution, qu'on a l'impression de progresser, ou de comprendre, et qu'en fait on se trompe. En général, quand on a mal, ON NE COMPREND RIEN A RIEN.

        Allez dans une librairie et prenez un bouquin New-Age bien cucul, avec des anges et des symboles, des mythes, des prophéties etc etc... Lisez-moi ça et battez-vous avec, c'est dynamisant, et qui sait, vous trouverez peut-être quand même quelque chose qui vous plaît. Rien de plus énervant que tous ces livres qui vous parlent de signes alors que les seuls signes que vous ayiez reçu sont : panne de voiture, trahison, incommunicabilité et averse-sans-parapluie. Vous faites ce que vous pouvez et vous êtes loin du Nirvana. C'est pas grave.

          C'est vrai quoi, tous ces livres qui expliquent comment réussir, c'est plutôt simpliste, et donc déprimant (n'est-ce pas lié ?). La visualisation positive, c'est pas aussi simple que ça !
          Si vraiment vous devez vous y mettre, vous pouvez essayer Le Chemin le Moins Fréquenté de Scott Peck, ou Soyez Zen, de C.J. Beck. Naturellement vous ne serez JAMAIS zen, mais il y a quelques bonnes idées à piocher quand ça va pas. Les deux livres sont en poche.




      Tirer un Yi-King.
        Moi j'aime bien le Sam Reifler, chez Albin Michel, mais vous trouverez sans doute d'autres Yi-king. Le Yi-King ne devine rien, bien entendu, il change simplement la façon de voir le problème. Et en plus, le Yi-King n'hésite pas à vous mettre des baffes, à dire que vous êtes un âne incompétent. C'est assez amusant d'essayer d'obéir à l'oracle.

          Le Yi-King sert, en fait, quand vous ne savez plus quoi faire, quand vous êtes devant un choix de fou. Comme vous avez lu Watzlawick vous savez ce qu'est une double contrainte, et donc voilà un moyen léger de vous sortir de là...




      Faire quelque chose d'inhabituel.
        C'est un peu dans le même esprit. Faire quelque chose que vous ne faites pas d'habitude vous fait sortir du cadre. Si vous détestez quelque chose, faites-le : louez un film idiot, allez au foot ou à la chasse, lisez un San Antonio. Changez de coiffure radicalement. Sortez du cadre, quoi !

          Est-ce que ça marche ? Je ne sais pas. Allez voir quelqu'un que vous n'aimez pas, tiens, pour voir. Et passez une petite annonce, si vous osez.



      Lire des autobiographies.

        C'est pas croyable tout ce qui arrive aux gens. Certaines âmes sont capables de décrire tout ça dans des livres. Ca relativise un peu, on a l'impression de comprendre un truc ou deux. Moi j'aime bien Laterna Magica d'Ingmar Bergman, et Le Temps Scellé de Tarkovski. Il faut à tout prix lire le Journal (c'est chez Folio) de Claude Roy. A propos de cette page, quelqu'un m'a dit qu'elle avait lu des biographies de survivants des camps de concentration. Radical pour relativiser, dit-elle. Jean-Charles Vidal me conseille .... Pour ma part, j'ai appris beaucoup avec les deux livres de V. Chalamov sur le séjour qu'il a passé à la Kolyma. Voir un homme survivre dans les camps de Sibérie est une belle leçon. L'Ecriture ou la Vie, de Semprun, ou uil explique comment il a vécu avec cette cicatrice. Ce bouquin a été écrit 50 ans après Buchenwald.
          Si vous avez lu des chef-d'oeuvres, tell me, please : jp@maison-page.net



      Agir-Méditer.
        Vous pouvez bien rester assis à ruminer, vous allez vous mordre le coeur et vous ronger un ou deux neurones, c'est la "rumination", scronch scronch. La méditation ne marche pas non plus, faut prendre des postures compliquées, et vous n'avez pas l'énergie. Il faut agir-méditer, ce qui consiste à FAIRE quelque chose qui ne demande pas trop de concentration. Vous pouvez faire des découpages, prendre un bain, mais il vaut mieux faire la vaisselle, du jardinage, promener deux chiens, faire un collage ou regarder un feu. Ces activités vous laissent penser, mais aussi vous "appellent" un peu tout le temps. Vos pensées noires ne font plus alors que passer sans rester, comme des oiseaux noirs qui ne trouveraient plus le nid dans votre tête. Apprenez l'art de l'aquarelle, ou la broderie (il paraît que des tas d'hommes de calment avec ça) et brisez-en les règles. Faites (ou ne faites pas) des paysages qui reflètent votre état d'esprit.
        Vous pouvez aussi faire de la photographie. Empruntez un bon appareil, partez. Prenez le train, visitez des ruines circulaires, faites des reportages sur les chats, ou les arbres. Photographier, c'est "agir-méditer".

          Il y a un truc aussi, que tout le monde connaît plus ou moins, c'est de... conduire. Cette activité demande une certaine concentration et en même temps laisse le temps à l'esprit de vagabonder. C'est donc une forme de méditation. C'est qui qu'est pas d'accord ?
          Conduire, y pas mieux pour réfléchir...




      Adopter un chat.
        L'idée qui vient c'est qu'un chat c'est une compagnie. Alors oui, c'est vrai, mais c'est surtout autre chose. D'abord, un chat, c'est "psychic", comme dirait quelqu'un dans ma page Chatnecdotes. Un chat sent votre état d'esprit, et agit en conséquence; c'est un grand consolateur. De plus, un chat est calme, silencieux. Ce qui ne va pas avec un chien c'est son perpétuel ENTHOUSIASME. C'est tout à fait épouvantable, l'enthousiasme, quand on ne va pas bien. Et pour finir, le chat vous embête un peu. Il va vous faire comprendre qu'il a faim pendant que vous vous traînez au lit comme une vieille pantoufle, et vous allez devoir vous lever. Alors que vous avez un sanglot dans la bouche, votre chat va attaquer vos chaussettes, ou vous sauter dans les jambes pour jouer quand vous sortez de la salle-de-bain.
        Enfin y a des gens qu'aiment pas les chats. Tant pis.




      FUIR !
        S'il vous plaît, oubliez votre honneur (Schopenhauer a montré depuis longtemps que ce qu'on appelle le sens de l'honneur est une idiotie de niveau quatre), oubliez l'idée ancienne que le fuyard est un lâche, et FUYEZ ! Si vous voulez la preuve biologique, il faut lire L'Eloge de la Fuite (d'Henri Laborit, ça existe en poche). Alain Resnais, dans Mon Oncle d'Amérique, utilise les théries de Laborit pour écrire une histoire terrible et amusante. Face au stress, explique Laborit, il y a trois choix possibles : se rendre malade et attraper un ulcère, aggresser les autres, ou fuir, ce qui, dit-il, est la meilleure solution. Louez ce film, vous comprendrez beaucoup de choses.
        Si quelqu'un vous agresse sans cesse, fuyez. Si on vous rend malheureux, fuyez. Il faut mettre la plus grande distance possible entre vous et la source de votre stress. Si la source de votre stress est en vous, c'est plus compliqué. Observez pour voir s'il ne s'agit pas alors d'une double-contrainte (voir plus loin).




      Chercher l'absurde. Faire un web fou.
        Useless Pages est un endroit sur le Web où l'absurde est roi. Il s'agit d'une liste de sites qui ne servent à rien. Tout est vain, anyway, vous le savez bien. Autant pousser le bouchon jusqu'au bout. D'ailleurs, vous aussi feriez bien d'imaginer une page web qui ne sert strictement à rien ! Faites une belle page où une araignée en plastique raconte ses journées. Racontez ce qui vous est arrivé mais en inversant quelque chose, transposez sur une autre planète, à une autre époque. Beckett disait quelque chose comme : "altérer pour constater". Faites une page absurde, qui surprend. On va vous écrire, vous allez...



      Parler !
        C'est J-F Lefebvre qui me suggère ce chapitre. Il dit : "Il faut parler de ses sentiments à d'autres personnes; une fois qu'ils sont sortis de ta tête, on dirait que c'est plus facile de les considérer comme des créations de l'esprit, et de les observer". Parlez, donc ! Trouvez une oreille amie, attentive, et racontez. Si vous êtes plutôt doué pour écouter, cette fois, bouchez vos oreilles, tranquillement, vous en avez le droit vous aussi : parlez !

        Sur le net, vous trouverez des tas de forums. Le plus doux que je connaisse est Au Féminin. Rentrez sur un faux nom, si vous ne voulez pas qu'on vous reconnaisse, et racontez tout. Les interventions des autres sont souvent... vous verrez !




      "Vivre ses peurs, plutôt qu'avoir peur de vivre"
        En voilà bien, une phrase idiote ! Schopenhauer définit le bonheur comme absence de souffrance, ce qui est un peu chinois. Pour ne pas souffrir, il faut vivre tranquillement, et arrêter de courir après les folies et tempêtes. Dans ce cas-là, ne faites rien. Sinon, considérez la phrase ci-dessus. Faites ce qui vous fait peur, engagez-vous, dites non, ou oui, allez voir sur le terrain. Ou alors, suivez Schopenhauer. Vous êtes libre, le saviez-vous ?




      Laisser faire le TEMPS
        Bah, vous pouvez toujours écouter la chanson de Léo Ferré, "Avec le temps va, tout s'en va"; on trouve le texte de cette chanson ici. Vous savez que tous les "trucs" de cette page ne marchent pas, mais pas du tout, et que seul le temps peut vous aider. Si vous avez été humilié, pensez que "dans 1000 ans, tout le monde l'aura oublié" (et probablement avant ça)...




      Faire tout avec une seule main
        Comment ça ? C'est un truc que j'ai inventé, qui fonctionne assez bien quand on ne va pas bien et qu'on est chez soi. L'idée est simple : il faut faire tout avec une seule main. L'autre reste dans votre dos. Vous pouvez choisir votre main "active" (droite si vous êtes droitier) ou l'autre (c'est encore plus dur), et allez-y : lavez-vous, faites la vaisselle, faites tout d'une seule main. Le principe est oriental : la difficultée induite vous force à réfléchir à ce que vous faites, ce qui tient vos soucis sans cesse à l'écart.




      Se masturber
        C'est une demoiselle qui m'a suggéré cette nouvelle rubrique. Ce n'est pas bête du tout. Elle dit : "...je propose donc comme occupation distrayante de se masturber ;-) ça permet de penser a autre chose pendant un certain temps ;-)"



      Explorer les chef-d'oeuvres compliqués
        Qu'est-ce que c'est que ce titre ? Bon, voilà mon idée. Quand ça ne va pas et qu'on n'arrive PAS DU TOUT à être zen, il faut s'occuper l'esprit. Autant faire ça artistiquement ! Alors, choisissez un domaine, cherchez un bon chef-d'oeuvre, ou une oeuvre réputée difficile, ou longue, et creusez, explorez, battez-vous ! Ca n'est pas forcément agréable, mais c'est stimulant, c'est bon pour votre culture, et pendant ce temps, vous penserez moins à la source de votre souffrance...

          Des idées ?
          En musique, attaquez-vous à une symphonie de Malher. C'est long, compliqué, montagneux, mais plein de miracles. Ou bien, attaquez-vous à un cycle d'oeuvres, par exemple tous les quatuors de Beethoven. Lisez des trucs sur ces compositeurs, allez dans les bibliothèques, creusez ! D'autres idées : l'évolution de Stravinsky, les percées de John Coltrane ?
          En littérature, attaquez-vous à Ulysse de James Joyce, à Sous le Volcan de Lowry, au Bruit et la Fureur, de Faulkner, Extinction de Bernhard. Bon, d'accord, ce sont des livres que j'aime bien. Il faut se bagarrer avec !
          Devenez un expert de Picasso, de Webern, de Klee, des symphonies de Shostakovitch !




      Repasser ?
        Voici ce que me dit Marie, à Munich :

          Un truc que tu n'as pas mentionné pour se défouler : quand on est bien, bien, bien malheureuse (ça fonctionne surtout avec les chagrins d'amour quand on n'a pas encore décidé de se jeter du balcon), c'est le repassage ou le nettoyage des vitres ou les deux. Les avantages : avec des carreaux clairs, le soleil a plus de chances de rentrer dans ta chambre. Pleurer dans des vêtements propres et repassés, c'est bien plus classe (et des fois, on s'arrête de pleurer pour ne pas froisser la chemise en soie qu'on vient d'avoir tant de mal à lisser).




      Quelques bouquins sur le bonheur...

        Un internaute conseille quelques ouvrages :

          Comme lecture apaisante et amusante, vous avez, bon sang mais c'est bien sûr, les Propos sur le bonheur d'Alain (existe en poche). Le bonheur pour Alain, ce n'est qu'une question de gymnastique. Hop hop ! quelques étirements des jambes et des zygomatiques, et tout repart. On lui en veut presque après l'avoir lu, parce qu'on est forcé d'admettre qu'il a bougrement raison.
          Un autre grand classique à ne pas oublier, le Tao te King de Lao Tzeu (existe en poche). Bon, c'est certain, on ne suivra pas la Voie, mais on ressort de ce livre tout frais.
          Pour les gens qui aiment la vie des gens de lettres, le Journal de Léautaud est un vrai bonheur (250 F environ). On en lit facilement 200 pages d'affilée, et c'est rien que de la vie vraie avec de vrais morceaux de tranche de vie dedans. Du reste, Léautaud était un ami des bêtes et a souvent gâché sa vie pour eux.
          Un film à voir et à revoir : les Mille et une nuits de Pasolini. Ce n'est peut-être pas son meilleur film, mais sans doute le plus charmant. C'est exotique, joli, touchant, sexuel, drôle, bref c'est épatant. Après ça, on sourit pendant une heure comme un benêt.
          Autre remède miracle : l'ataraxie, le stoïcisme. C'est très facile et à la portée de tout le monde. Il suffit de mépriser tout ce qui nous ennuie. L'inconvénient, c'est que cette voie ne donne jamais de joie et accroît la solitude. Donc, à ne pratiquer que temporairement. Pour creuser la question : les magnifiques Pensées de Marc-Aurèle (existe en poche).
          Un remède quand on est angoissé au point de ne pas pouvoir dormir, assister en imagination à son enterrement. On est suivi par un nombreux cortège ou par quatre pékins, qu'importe : on est bien, tout est tranquille, calme. Inconvénient : ce truc ne marche pas éternellement, on finit par s'en lasser.

        Une demoiselle conseille aussi :

          J'ai lu aussi Le temps scellé et Laterna Magica et je dois dire que ça allait pas super à ce moment là (ceci explique cela). Ces bouquins sont trés bien, mais franchement ça vous arrange pas un dépressif. Dans le genre "je plonge" y a aussi Darkeness Visible de... Le mec qui a écrit Sophie's Choice (ploum ploum padada tsoin tsoin)... ah oui William Styron. C'est un bon livre qui permet de mesurer à quel point on a envie de se jeter sous les roues d'un tricycle.

          Nettement plus gai, je conseille à tout le monde deux livres trés drôles du frère de Sinead O'Connor, qui est plus intéressant que la sțur : Joseph O'connor.
          - The Irish Male At Home and Abroad
          - The Secret World of the Irish Male
          Les deux sont chez New Island Books (je ne sais pas s'ils ont été traduit, mais c'est d'un niveau raisonnable).

          Un tout petit livre trés instructif et marrant :
          - Rencontre au sommet (entretien entre Anthony Burgess et Isaac Bashevis Singer) Au moment de l'entretien Burgess a 68 ans et Singer 81. A la fois sérieux et poîlant (surtout Singer, contre toute attente !), c'est vraiment un bouquin à ne pas rater. No 205 de la collection Mille Et Une Nuits (10 francs !)

          Au passage, à peu prés toute la collection est passionnante.

          Moi qui ai toujours détesté Proust, j'ai découvert avec plaisir
          - Sur la lecture (No 24).

          Il y a aussi
          - Le Traité des excitants modernes de Balzac (No 147)
          où le bougre fait l'expérience d'une cuite invraisemblable (17 bouteilles d'eau-de-vie, tout de même !) et dont le récit est à hurler de rire en se tenant les côtes.

          - Bartleby (No 39) de Melville à la fois comique et déprimant (si, ça existe !)

          - Une Histoire sans nom (No 175) de Jules Barbey D'Aurevilly, dont je ne sais toujours pas quoi penser (vraiment, le titre est justifié !).

          Et enfin
          - Si j'étais vous de Julien Green (Livre de Poche).
          Le héros à la faculté de devenir n'importe quel Autre, mais il ne doit pas oublier le chemin du retour... (la fuite est rarement autre chose que géographique... le bénéfice est négligeable).

          Dans le genre BD tordantes, mais pas débiles, ou strictement graphiques (j'ai horreur de ça, c'est d'un barbant...) :

          Goossens (La vie d'Einstein, L'encyclopédie des bébés, Le Messi est revenu, etc...)

          Lewis Trondheim (Les aventures de la fin de l'épisode, etc...)
          Formidable site sur Trondheim qui propose un tas de planches complètes (voir celles de la revue Psykopat en priorité !) : http://www.pastis.org/lewis/index.html

          Gary Larson (The Far Side Gallery 1 à 5)
          Robert Crumb (y a qu' du bon !)
          Gilbert Shelton (The Fabulous Furry Freak Brothers et Fat Freddy's Cat)
          Qques Bd : Fat freddy's Cat à enregistrer sur ce site (il faut être trés rapide pour éteindre l'affreuse musique au format MIDI... huargla !) : http://www.prairie-light.com/cryptic/ffcat/ffcat.html

          Quino (Mafalda en Argentin, pratiquement de l'espagnol. Rien à voir avec la trad. française qui est réservé au moins de 7 ans).




      L'acupuncture...

        Un internaute me dit :

          Une partie du salut m'est venu (me vient encore) de mon acupunctrice. Cette sainte créature voyant que je pétais royalement les plombs, m'as fait parler (pardon, me vider les tripes), et m'a refilé du tonus en quelques séances d'aiguilles. Le corps est affecté par l'esprit, mais le contraire est aussi vrai. Enfin, un auteur qui n'est pas mal non plus (plutôt dans le genre mystique), c'est Khalil Gibran qui te remet un peu les idées en place. Et c'est tellement beau...




        Quatre recettes basiques
          Trouvé ça dans un livre très utile nommé "La Stratégie du Dauphin". Tout y est peut-être contenu :
            - Nous pouvons nous désengager.
            - Nous pouvons changer l'organisation ou l'environnement.
            - Nous pouvons nous changer nous-même.
            - Nous pouvons endurer notre souffrance.




        Augmenter ou diminuer la transcendance
          Théorie à la con, pardon :
            Quand quelque chose de terrible nous arrive, un deuil, une séparation, un truc lié à un accident de voiture (très courant, ça) ou une maladie, on peut "Augmenter ou diminuer la transcendance". Augmenter la transcendance, c'est donner un sens à ce qui n'en a pas, intégrer l'événement terrible dans un opéra de liens secrets et de significations cachées, mêler ça à la religion ou à une destinée familiale ou d'un peuple, etc etc. Diminuer la transcendance, c'est ramener l'événement à ce qu'il est, à lui retirer tout "sens" possible, unique et absurde, un peu de la façon dont Houellebecq parle de la vie occidentale dans ses romans. L'une ou l'autre façon peut apporter un peu de consolation. C'est déjà ça.




        Que faire en cas de...



        Vous êtes gravement amoureux

        • Ben c'est pas un problème ! Enfin, sauf si vous vous sentez devenir fou, ou si l'autre, là, ne veut pas de vous, dans ce cas, il n'y a...
          ...rien à faire. on ne peut PAS raisonner un amoureux. Comme dirait l'autre : "la raison ne peut rien contre les sentiments".
          Si votre meilleure amie est tombée amoureuse d'un crétin violent, eh bien il faut sans doute lui dire ce que vous pensez, tout en sachant que ça ne sert à rien, ha ha !

        • Si on vous a quitté, il me semble qu'il n'y a pas de solution. Toute tentative de raisonnement abouti à d'impeccables erreurs.
          Si vous allez supplier l'autre, vous risquez, comme dirait l'autre, de devenir un démon pour lui, et de perdre toute chance que ça reparte. Et si vous n'y allez pas, vous allez être torturé par l'idée qu'il vous attend peut-être. Ce problème est éternel, on appelle ça une double contrainte. Plus bas dans cette page je vais tenter d'expliquer ce qu'est la double contrainte.

            Quels sont les romans qui évoquent bien la séparation et tous les problèmes que ça cause ? Brigitte Gemme me conseille le chapitre 9 de Port-Soudan, d'Olivier Rolin. Allez voir un libraire : demandez-lui des bouquins !

        • Dans ces cas-là il vaut mieux se dire des âneries, du style "on ne peut pas comprendre", et laisser faire. Enfin je sais pas. Quand on risque de faire des bêtises, peut-être ne faut-il rien faire du tout. Dormir ?
          Les anglais ont une sorte de proverbe, pour ça : "When all else fails, take a nap".

        • Une des pires choses liées à l'amour est la JALOUSIE. Ce poison violent est une vraie horreur. Je veux dire non pas la jalousie normale, mais celle qu'on ressent quand quelqu'un vous quitte pour quelqu'un d'autre... Que faire ? Mais RIEN voyons ! On ne peut pas lutter contre ça. Seul le temps, dirait-on, peut faire quelque chose.

            Sinon l'amour doit être un peu décortiqué dans les livres d'Alberoni, un peu froid. Il est très amusant de lire aussi "l'Eloge de la Fuite" de Laborit. Il vous résumera l'amour à un truc biologique idiot.


        Vous êtes seul, ou rien ne vous arrive.

          Il faut lire Schopenhauer, qui vous dira que ça vaut mieux, ou des trucs orientaux, bouddhistes ou zen, qui vont vous expliquer que c'est votre karma, ou que vous apprenez des choses sur vous pendant cette période.
          Il faut passer une petite annonce. D'abord vous n'avez rien à perdre et ne prenez aucun risque, puisque c'est vous qui triez le courrier. Si vous avez l'orgueil mal placé ("ah mais je ne m'abaisserai jamais à ça"), c'est que vous n'êtes pas vraiment assez malheureux, et voilà pour vous.

            Les gens les plus frivoles de la terre sont ce qu'on appelle les romantiques (mais non pas au sens littéraire du terme !). Alberoni a bien étudié cela. Un romantique va attendre la perfection, et donc se casser les dents, puis être frustré, et voilà pour lui. Un romantique a pour ambition de factoriser son autre, c'est tout à fait épouvantable. Chez le romantique, la belle bataille entre LA RAISON et LES SENTIMENTS est terminée, et la raison a perdu. Un romantique dans cet état est un avion sans pilote, c'est tout à fait désolant.


        Vous êtes coincé entre deux trucs.

        • C'est ce qu'on appelle la Double Contrainte. Le double-bind a été étudié par Watzlawick et l'école de Palo Alto. La double contrainte est le meilleur moyen de rendre quelqu'un fou.

        • L'exemple souvent donné est celui de la mère qui offre deux cravates à son fils, une rouge et une bleue. Dès que celui-ci met la bleue, la mère dit : Je savais bien que tu n'aimais pas la rouge !. Quoi qu'il fasse, il est roulé.

        • Messieurs, vous avez tous expérimenté cette double contrainte : votre compagne vous dit : Tu ne m'offres jamais de fleurs. Vous êtes irrémédiablement coincé : soit vous offrez des fleurs en tentant d'être spontané (et elle pensera que vous le faites parce qu'elle en a parlé), soit vous n'en offrez pas (et vous êtes vraiment un rustre). Coincé !

            Watzlawick résume beaucoup de double contraintes à cette phrase : Soit spontané !. Ainsi vous ne pouvez plus sourire si on vous demande de le faire, ou vous sentez bizarre quand quelqu'un vous dit : personne ne me regarde dans les yeux...
            On ne peut pas obéir à l'ordre "soit spontané". Et il y a de quoi devenir fou, en effet...

            Dans ses livres, si ça vous intéresse, vous verrez que Watzlawick se SERT de la double contrainte pour soigner les psychopathologies. On y parle aussi beaucoup du cerveau droit et du cerveau gauche (même si c'est un mythe), et c'est passionnant.


        La communication klaxon : tu tu tu tuuuuu...

        • En général, tout conflit avec une autre personne devient une communication klaxon. C'est un concept développé par J. Salomé, qui semble simpliste, mais qui est terriblement souvent vrai. Qui ne le détecte pas peut en devenir dingue, ce qui est courant.

        • La communication klaxon consiste à attaquer l'autre en le définissant. On vous dira tu es con, tu es folle, tu es vraiment impossible, tu es insupportable, tu ne sais pas dire non, tu ne sais pas élever un enfant, tu es compliquée, tu, tu, tuuuuu...

        • Pour celui qui fait ça, c'est extrêmement commode : pendant ce temps-là, il ne parle pas de LUI.

        • En général, celui qui en est la cible répond de la même façon. Non, c'est TOI qui est chiant, tu m'as trahi, tu n'es jamais là, tu n'es pas tendre, tu tu tuuuu...

        • Vous avez pigé, la communication klaxon consiste à définir l'autre pour ne pas à parler de ses propres sentiments.

        • Comment s'en défendre ?
            1) D'abord il faut REFUSER d'accepter que l'autre vous définisse, ou pense à votre place. Répondre "C'est TON opinion".
            2) Ensuite, il faut proposer à l'autre de parler de LUI, de dire enfin JE. "Tu me dis que je suis compliqué ? C'est une curieuse opinion. Et ça te fait quoi ?".
            3) Enfin, il faut VOUS-MEME cesser de dire TU à tout bout de champ, mais plutôt dire ce que vous ressentez, VOUS.
        • Bon, tout cela est dit de façon un peu simpliste. C'est expliqué un peu mieux dans les bouquins de Salomé (Attention je ne suis pas un fan de Salomé, mais il y a des choses à apprendre chez lui).

        • Pour conclure, sachez que si vous appliquez mal ces principes, vous allez devenir un TYRAN, ce qui un jour vous retombera sur la tête. Allez-y doucement !!!




        Remèdes Idiots



        Les autres, y sont plus malheureux.
          Oui, on peut toujours trouver pire que soi. M'enfin ça ne résoud pas votre problème, ni la compréhension de ce problème. Mais ça peut aider dans certains cas à relativiser un peu.

        Donner un sens à tout.

          C'est une forme de Wrong Way Up, et ça peut devenir très angoissant, c'est quand vous tentez de trouver un sens à tout ce qui vous arrive. Vous pouvez trouver que tout est un signe de Dieu (qui a sans doute d'autres trucs à faire qu'à vous envoyer des signes), ou de votre karma, ben dites donc...
          Naturellement, on peut se dire aussi que rien n'est signe, et que rien n'a de sens. Comme dirait l'ami, "Ce n'est pas l'océan qui pénètre la goutte...".

        Se distraire.

          ...ne marche pas. Ca vous coupe un peu de la douleur, éventuellement, et puis après, elle revient, la salooooope. Donc, oui, si vous êtes triste, allez QUAND MEME à cette soirée salsa. Après tout, qui je suis, moi, pour vous donner des conseils. C'est vrai quoi...

        Se gaver.

          Quand ça ne va pas, certains se mettent à manger tout le temps, d'autres se mettent à picoler, d'autres à faire du sport tout le temps, ou à travailler en permanence.

        "Enfanter une étoile dansante avec le chaos qu'on porte en soi".

          C'est Nietzsche, qui dit ça. C'est une belle direction, mais il me semble que la douleur est une mauvaise boussole. Comme dirait Claude Roy : "J'ai des doutes sur les vertus éducatives des épreuves. Si les gens qui en ont vu de toutes les couleurs devenaient tous d'excellents coloristes, ça se saurait". L'idée que le génie habite les esprits malheureux me semble ce qu'on pourrait appeler un "lieu commun trompeur". Que faire de ça ?

        Chercher les coïncidences.

          ...Ce qui rejoint un peu "donner un sens à tout". Cette idée est un peu la base d'un livre qui s'appelle "La Prophétie des Andes" (achetez plutôt "Les Leçons de Vie de la Prophétie des Andes", plus précis, et qui se passe de la mauvaise histoire). Cela peut tourner à l'obsession (on passe son temps à repérer les coïncidences), et vous empêcher de vivre, d'"être là" sans jugement.




        Livres et Lianes diverses



        Connaissez-vous des "saving books" ?

          Chacun les siens n'est-ce pas ? Les librairies sont remplies de livres sur le deuil, le bonheur, et toutes les philosophies vous attendent; ils faut se bagarrer ou se faire consoler par les livres. Solitude ? Non ! Les livres sont écrits par des hommes ! Pour commencer, il existe deux livres dans la fabuleuse collection Autrement : La Consolation et Le Deuil (Vivre, c'est perdre)




        Textes & Citations



        Une parabole.
          Celle-ci m'a été copiée par Martine. Cette historiette est plus maline qu'elle en a l'air, et semble se moquer de ceux qui ont la manie de donner un sens à tout ce qui leur arrive.

            Il était une fois un vieux monsieur pauvre qui avait pour tout bien un vieux cheval. Un jour le vieux cheval s'enfuit... Les gens de déclarer au vieux : "Mais quel Malheur!!!".
            Et le vieux de répondre, impassible: "Va savoir.....?"
            Quelques temps après le vieux cheval réintègre son enclos suivi d'une horde de chevaux sauvages. Les gens de déclarer "Mais quel bonheur!!!!!"
            Et le vieux de répondre, impassible: "Va savoir......?"
            Le fils du vieux décide de monter l'un des chevaux sauvages, badaboum, une jambe et un bras cassés. Les gens de déclarer: "Quel malheur!!!!"
            Et le vieux de répondre " Va savoir......?"
            Quelques temps plus tard la guerre est déclarée, tous les jeunes hommes doivent rejoindre l'armée, sauf le fils tout cassé du vieux.
            Les gens de déclarer: "Mais quel bonheur!!!"
            ..Et le vieux de répondre "Va savoir.....?..."
            etc, etc...

        Un mot de Gaston Berger.

          ...qui m'a été donné par Valérie. Je ne sais pas si c'est la mise en page originale.

            Le mal que nous éprouvons
            L'angoisse qui parfois nous étreint
            Ne sont que les signes de notre croissance.
            Ces troubles que nous ressentons,
            Ces destructions que nous constatons,
            Cette reconstitution de notre être,
            Ce sont des ailes qui poussent...

        Laisse passer

          Un bout de paragraphe de Bernard Leblanc-Halmos.

            "Apprécie de vivre là, en parfait synchronisme avec tout ce qui se présente, comme cela se présente, aussi bien les troubles extérieurs qu'intérieurs, les bruits ou les pensées. Il n'y a rien à faire. Surtout ne fais rien. Si ton esprit s'agite parce qu'il est bloqué, laisse-le. Il se calmera bien de lui même. S'il se met à s'affoler, à se vexer, ne le suis pas. L'esprit tourmenté par toi-même cessera si tu ne nourris plus la tourmente. Le tourmentateur, c'est toi".




        Merci à David Renelt pour ses petits Bonhommes/Icônes.