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Photo : K. Molzen |
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Thomas Bernhard est un écrivain autrichien, connu à la fois comme auteur dramatique et comme romancier. Il est né en 1931 et est mort en 1989.
Son oeuvre est extrêmement originale. C'est son style qui frappe avant tout. Une sorte de coulée de mots en colère, mais toujours maîtrisés. Une prose endiablée, une "loghorrée infernale", un cynisme inimaginable et un sens de la "musique" des mots : Bernhard vous attrape, et ne vous lâche plus, comme on dit.
Il faut donc plonger là-dedans, et trouver le "rire bernhardien", cette joie qu'on ressent quand une intelligence supérieure se met, avec méchanceté, à EXAGERER.
Cette page n'a rien d'officiel. Elle n'a pour but que de vous présenter un peu l'écrivain. Je n'ai moi-même pas tout lu Bernhard, son théâtre m'est à peu près inconnu. Ce que je cherche, c'est à vous filer le virus, ha ha ! Mais méfiez-vous, après un livre de Bernhard, on a du mal à lire autre chose. Cela semble une formule, mais c'est vrai...
Les futurs maîtres n'existent pas et les maîtres passés sont morts.
EN CONSTRUCTION
Bientôt :
Pour commencer :
Le rédacteur en chef dit : "Hé, vous, il y a eu un accident, allez-y vite". Et puis alors on voit une tête coupée, on exagère, quand il y avait trois morts, moi j'en mettais toujours sept, et puis il avait un rectificatif trois jours après, "Nous avons le plaisir de vous informer qu'il n'y avait pas six morts, mais seulement deux". Mais ça faisait monter les tirages, c'était tout bénéfice. J'ai toujours aidé au succès du journal par des fausses nouvelles et des exagérations et j'ai conservé ça. J'exagère toujours et partout. Quand une maison avait brûlé je disais non pas "une maison", mais "six maisons avec cent cochons à l'intérieur". Alors ils disaient "Mais nous n'avons pas un seul cochon", et moi j'écrivais "Des cadavres carbonisés, et le pays était rempli de puanteur à vingt kilomètres à la ronde". Ils disaient "La maison était déserte, il n'y avait pas un chat". Mais il faut prendre le risque.
Entretiens avec Krista Fleischmann